Au revoir à un ami


Les documents, qui suivent me sont parvenus par l'intermédiaire de ma soeur Marie-France et de mon beau-frère Lokman.
J'ai eu ce prêtre, comme maître d'étude, il y a une quarantaine d'année. A l'époque il étudiait l'espagnol et le portugais, il a appris ensuite l'anglais et enfin l'arabe. Il a fait plusieurs séjours en Angleterre.Il a su faire bénéficier ses paroissiens de ses connaissances. Disparu au mois de janvier 2005, il aura oeuvré pour l'entente de toutes les communautés religieuses qui le regrettent énormément.
En 1992 le diocèse de Clermont le nomme au service du dialogue inter-religieux. En 1995, pour le neuvième centenaire de la première croisade prêchée à Clermont-Ferrand par le pape Urbain II, il travaille avec le service des migrants sous le thème " de conflits en dialogues" avec la Cimade et des associations du culte musulman. Depuis des années, sa santé s'était fragilisée.
Il est toujours resté en lien avec les réfugiés politiques, les demandeurs d'asile, les sans-papiers pour une aide et un soutien, souvent en lien avec le Secours Catholique. Il s'est donné à ce travail d'accueil et de dialogue vis-à-vis des communautés d'autres croyants.
"Vivre une fraternité avec des hommes de diverses origines et cultures
n'est-ce pas vivre de la dimension universelle de l'Église ? C'est le message que René nous laisse aujourd'hui."
Aux obsèques de René Mazenod, on notait la présence de nombreuses personnes de religions diverses, en particulier du quartier de Flamina où il résidait.
La Grande Mosquée de Clermont a exprimé son émotion à Monseigneur Simon par la voix de son Imam et Recteur Hocine Manhdjoub, en soulignant " son dévouement au service de l'amitié entre les peuples qui aura été exemplaire. Nous perdons en lui une grande figure du dialogue entre chrétiens et musulmans. Nous garderons du père René le souvenir d'un homme bon et généreux qui sa vie durant a oeuvré pour la paix et l'amitié".

Petit glossaire à l'usage des chrétiens.
Sounna:
Ce sont les faits et dires du prophète qui sont donnés en exemple pour les musulmans.


Djihad:
Etymologiquement: combat. Il est de deux sortes:
- un combat contre soi-même (le djihad majeur) pour être fidèle à la parole de Dieu dans le Coran,
- un combat lorsque la communauté musulmane est attaquée. C'est une formule défensive et guerrière (djihad mineur).
Charia:
C'est "la voie qui mène vers la source" (qui est Dieu). Elle est souvent confondue avec le droit musulman (le fikh, établi au cours des siècles par les juristes).


Fatwa:
C'est une espèce de loi, un diktat qui doit être exécuté et est édicté par un moufti. Il concerne la doctrine ou le plus souvent le droit religieux. Il poursuit ceux contre lesquels il est dirigé et personne ne peut l'annuler.

Mots
> Al-Azhar
L'université d'al-Azhar a été fondée au Caire en 988, à côté de la mosquée du même nom, inaugurée en 971 par la dynastie fatimide. Elle est considérée comme le centre de rayonnement de l'islam sunnite. L'Université d'al-Azhar comprend plusieurs départements, dont un institut de jurisprudence qui accueille des ulémas du monde entier: Les avis de son grand imam, le cheik d'al-Azhar, assisté du Conseil suprême, ont valeur de loi pour tous les sunnites.

> Calife
Littéralement « successeur » (du Prophète). Ce titre est utilisé par les musulmans sunnites pour désigner le chef de l'ensemble de la communauté, sur le double plan spirituel et temporel. Depuis l'abolition du califat en Turquie, le 3 mars 1924, il n'existe plus de calife.

> Charia
La « voie » tracée par la loi divine qui s'exprime dans le Coran. La charia ou loi islamique est le corpus législatif (règles, interdits et sanctions) élaboré par les exégètes à par-tir du Coran et des hadith, les propos du Prophète. Ce corpus touche tous les domaines de la vie, y compris le statut familial et le droit pénal. La plupart des pays musulmans s'en inspirent pour leur législation. Quelques-uns, dont l'Arabie saoudite, en ont une application stricte. Le régime afghan en fait un usage particulièrement rigoureux.

> Djihad
Littéralement « effort ». Le « petit djihad » est soit l'effort pour la conversion des infidèles, y compris par la guerre sainte, soit celui pour défendre la « maison de l'islam » menacée. Le « grand djihad », le plus important, est l'effort que doit accomplir chaque musulman pour sa propre conversion, à travers la prière et l'ascèse.

> Fatwa
Avis juridique donné par un spécialiste de la charia (et fondé, comme celle-ci, sur le Coran et les hadith) pour résoudre une situation nouvelle ou répondre à une question précise relative à n'importe quel domaine de la vie privée ou publique.

> Madrassa
Ecole coranique. Dans la plupart de ces écoles, les élèves se limitent à apprendre la récitation du Coran. D'autres écoles, de plus haut niveau, assurent des cours de sciences religieuses et juridiques islamiques.

> Madjlis ach-Choura
La choura est la pratique de la consultation que le Coran recommande à tous les souverains. Dans la tradition musulmane, ces derniers s'entourent donc
d'un madjlis ou « conseil » formé de juristes et de docteurs de la loi. Le madjliss ach-Choura est consulté par le dirigeant temporel avant les prises de décisions importantes.

> Mollah
L'islam chiite, contrairement à l'islam sunnite, est doté d'un clergé, apparu au Xvne siècle sous l'impulsion des rois safavides de Perse. Les lettrés qui ont appris le Coran sont des mollah, ou maîtres. C'est le premier degré de la hiérarchie religieuse du chiisme. Le titre a été repris par certains sunnites d'Afghanistan, le plus célèbre étant le mollah Omar, qui rappelle ainsi son passé d'enseignant (en fait de répétiteur) dans les écoles coraniques.

> Moudjahidin
Pluriel de moudjahid, souvent traduit par « combat-tant ». Ceux qui se livrent au djihad.


> Musulman
« Celui qui est soumis » (à Allah). De l'arabe aslama, « se rendre », les mots « musulman » et « islam » ont la même racine que salam, « paix ».

> Oumma
La communauté des croyants, c'est-à-dire l'ensemble des musulmans. On parle aussi de « oumma arabe » comme sous-groupe de la grande oumma islamique.


> Oulama
Pluriel de alem ou « érudit », en français « uléma ». Ce terme, partagé par les sunnites et les chiites, désigne ceux qui ont autorité en matière de sciences religieuses, notamment en matière de loi islamique.

 

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