2000 ans d'histoire octobre 2005


Diderot fut le principal artisan de la plus grande aventure intellectuelle du Siècle des Lumières. 
Cette Encyclopédie pour laquelle, avec Rousseau, d’Alembert, Voltaire et le baron d’Holbach, il a rassemblé
tout ce que le règne de Louis XV pouvait compter de philosophes, d’écrivains et d’artistes mobilisés au 
service d’une entreprise démesurée puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que « De rassembler, disait Diderot, 
toutes les connaissances éparses sur la surface de la terre, afin que les travaux des siècles passés n’aient pas été
inutiles pour les siècles qui suivront. » L’ambition, on le voit, était considérable.
A la mesure de l’admiration ou de l’indignation qu’inspirait Diderot dont le matérialisme et le goût de la liberté
remettaient en cause toutes les institutions établies.

 

Invité :

 

Raymond Trousson :
professeur émerite de Bruxelles, membre de l'Académie Royale de Belgique.

 

Vous pouvez télécharger deux livres de Denis Diderot: "Jacques le fataliste" et "Lettre aux aveugles à l'usage de ceux qui voient" sur la liste de livres à l'adresse :

Livres et extraits

 

 

 

2000 ans d'histoire le mardi 26 août 2008

 

Les intellectuels et le pouvoir au XVIIIème siècle Rediffusion du 22.05.07

 

« C’est l’opinion qui gouverne le monde, et c’est à vous de gouverner l’opinion. » Voltaire à d’Alembert en 1767

 

Ils s’appelaient Voltaire, d’Alembert, Rousseau et Diderot. Et ils ont inventé au XVIIIème siècle tous les principes sur lesquels reposent aujourd’hui les démocraties. En dénonçant sans relâche, toutes les intolérances tous les fanatismes et toutes les injustices de leur temps, ces intellectuels avant la lettre, ont fait du siècle de Louis XV qui ne les aimait pas, le siècle des Lumières. En dressant contre eux toutes les puissances de leur temps : le clergé, l’aristocratie, la magistrature et le pouvoir royal qui a essayé en vain de les faire taire en censurant leurs livres et en les envoyant dans ses prisons. A la Bastille où, en 1717, un écrivain à peine connu, François Marie Arouet, allait choisir le nom avec lequel il est devenu célèbre.

 

Invitée :

 

Elisabeth Badinter philosophe.

 

Vous pouvez télécharger deux livres de Denis Diderot: "Jacques le fataliste" et "Lettre aux aveugles à l'usage de ceux qui voient" sur la liste de livres à l'adresse :

Livres et extraits

 

Jacques le fataliste

Lettre aux aveugles à l'usage de ceux qui voient

 

 

 

2000 ans d'histoire le 27 août 2008

 

Les réseaux de résistance Rediffusion du 19.09.06

 

« On ne s’appuie que sur ce qui résiste. » Sénèque

 

Ils étaient de gauche ou de droite, ouvriers, paysans ou bourgeois. Certains croyaient au ciel et d’autres n’y croyaient pas mais ils avaient en commun le même idéal. Pendant plus de quatre ans, refusant l’armistice de 1940, ils ont pris des risques insensés pour chasser de France les troupes d’occupation allemandes. Les uns dans des mouvements de résistance comme Combat, Libération ou Franc-Tireur, pour mobiliser l’opinion contre l’occupant. Les autres, dans ce qu’on appelait des réseaux qui avaient des objectifs militaires : le renseignement, le sabotage, les liaisons avec l’Angleterre, les parachutages et l’évasion des prisonniers de guerre. Ils appartenaient à cette « armée des ombres » comme l’a appelée Joseph Kessel, et qui, dans la clandestinité a largement contribué à la défaite de l’Allemagne, à la libération de la France et à la lutte à laquelle les appelait un général de brigade encore à peine connu en juin 1940.

 

Invité :

 

Rémi Kauffer Ecrivain et journaliste, membre du comité éditorial du magazine Historia, professeur à Sciences Po Paris.

 

2000 ans d'histoire le jeudi 28 août 2008

 

De l'argot au verlan : le français de la rue Rediffusion du 17.03.06

 

« L’argot c’est la langue des chiourmes, des bagnes, de tout ce que la société a de plus abominable. La langue sournoise et cruelle de la misère. » Victor Hugo Les Misérables

 

Même s’il a compris et décrit mieux que d’autres les misérables du XIX° siècle, Victor Hugo n’aimait pas leur langage. En bon académicien, chargé de veiller sur la langue française, il n’aimait pas plus l’argot qu’il n’aimerait la langue des banlieues d’aujourd’hui. Zarma, dirait-il en verlan, le céfran natchave : ma parole, le français fout le camp. Hugo savait pourtant bien qu’en marge du Français châtié qu’on parlait dans les salons et dans les couloirs de son académie une autre langue a toujours existé. Que depuis les cours des miracles du Moyen-Âge, jusqu’aux banlieues du XXI° siècle, tous les jeunes de toutes les générations on su inventer un langage à eux. Même si, comme toute les langues vivantes elle doit un mourir un jour, comme ont disparu la langue de François Villon, l’argot de Bruant, le vocabulaire des héros de Michel Audiard, et comme mourra sans doute la langue des jeunes des cités d’aujourd’hui quand leurs enfants en auront inventée une autre.

 

Invité :

 

Pierre Merle Ecrivain, spécialiste du langage

 

2000 ans d'histoire le vendredi 29 août 2008

 

L'école au Moyen-Age Rediffusion du 03.09.07

 

« Qu’on rassemble non seulement les fils de condition modeste mais les fils bien nés. Que dans chaque évêché, chaque monastère, on établisse des écoles pour l’instruction des garçons. » Charlemagne

 

Parmi les 12 millions d’élèves qui retrouveront demain les chemins de l’école, combien connaissent son histoire ? Elle est pourtant aussi vieille que l’humanité. Bien avant que Jules Ferry ne rende l’école gratuite et obligatoire ou que, 11 siècles avant lui, par une ordonnance royale de 789, Charlemagne demande aux évêques et aux moines de créer des écoles dans tout son empire, les hommes ont toujours voulu transmettre leurs connaissances ou leur expérience à leurs enfants. C’est ainsi qu’il y a 24 siècles, Philippe de Macédoine avait confié l’éducation de son fils Alexandre à un des plus grands pédagogues de l’Antiquité.

 

Invitée :

 

Danièle Alexandre-Bidon historienne, ingénieur au centre de recherches historiques à l'EHESS.

 

2000 ans d'histoire le lundi premier septembre 2008

 

Pékin

 

Le 8 août dernier, à Pékin, le président chinois Hu Jintao annonçait solennellement l’ouverture des 29° Jeux Olympiques dans une ville qui n’avait jamais subi autant de transformations depuis qu’elle était devenue la capitale de la Chine il y a près de huit siècles. Ce qui restait des plus vieux quartiers de Pékin, avec leurs ruelles étroites et leurs petites maisons avait disparus pour laisser la place aux installations olympiques, et à 200 millions de m² d’habitations et de bureaux. Il ne restait plus de la vieille ville que les temples et la Cité interdite construite par les Ming et ce plan en damier qui avait émerveillé le premier visiteur occidental arrivé à Pékin en 1275. C’était dix ans à peine après que Kubilaï Khan (le petit fils de Gengis Khan) ait fait de cette ville la nouvelle capitale de son empire.

 

Invité :

 

Bernard Brizay historien et journaliste.

 

2000 ans d'histoire le mardi 2 septembre 2008

 

La Campagne de Russie

 

Invité :

 

Dominique de Villepin ancien Premier Ministre.

 

2000 ans d'histoire le mercredi 3 septembre 2008

 

Abd el-Kader « Les Français n’ont quitté leur pays que pour conquérir le nôtre. Mais je suis l’épine que Dieu leur a placée dans l’œil et, si vous m’aidez, je les rejetterai à la mer. » Abd-el-Kader

 

Lorsqu’en 1830, l’armée française du général de Bourmont débarquait en Algérie, il ne s’agissait pas encore de la coloniser mais de venger un affront. Ce fameux coup d’éventail donné trois ans plus tôt par le dey Hussein au consul de France à Alger. Personne n’imaginait encore que cette expédition marquait le début de 130 ans de présence française en Afrique du nord. Personne ne pensait non plus qu’il faudrait des années de guerre pour soumettre celui qui fut le premier adversaire de la colonisation française en Algérie. L’émir Abd-el-Kader. Pendant 15 ans, ce chef de guerre qui fut aussi un des plus grands mystiques de l’Islam a tenu tête à une des armées les plus puissante du monde avant de se rendre au général de Lamoricière le 23 décembre 1847.

 

Invité :

 

Ahmed Bouyerdene historien.

 

2000 ans d'histoire le jeudi 4 septembre 2008

 

4 septembre 1958 : la naissance de la Vème République

 

Il y a 50 ans jour pour jour, le 4 septembre 1958, Place de la République à Paris, le général de Gaulle présentait le projet d’une nouvelle constitution sur laquelle les Français étaient appelés à se prononcer par voie de référendum. Revenu au pouvoir 3 mois plus tôt, à la suite d’une révolte des pieds-noirs et de l’armée qui exigeaient la formation d’un gouvernement de salut public s’engageant à garder l’Algérie française,

de Gaulle avait obtenu les pleins pouvoirs pour mettre en place une nouvelle constitution. Car ce qui comptait pour, plus encore que l’aggravation de la situation en Algérie, c’était de mettre un terme au régime qui en était à ses yeux responsable. La IV ième République, que l’instabilité ministérielle et l’impuissance de l’Etat rendaient incapable de résoudre toutes les difficultés auxquelles la France était confrontée depuis 1945. Et c’est pourquoi, le 19 mai 1958, avant même de revenir au pouvoir, de Gaulle n’avait pas caché son intention de donner à la France de nouvelles institutions.

 

invité :

 

Serge Berstein
Professeur d'histoire contemporaine émérite à l'Institut d'études politiques de Paris et ancien président de la Société d'histoire moderne et contemporaine,s
pécialiste de l'histoire politique du XX ième siècle.

 

2000 ans d'histoire le vendredi 5 septembre 2008

 

D'Artagnan

 

Rediffusion du 17.01.2007.

 

« D’Artagnan en qui j’avais la plus grande confiance et m’était bon à tout. » Louis XIV

 

 

Le 25 juin 1673, parmi les cadavres des 50 mousquetaires qui venaient d’être tué devant la forteresse hollandaise de Maastricht, Louis XIV reconnut celui de leur chef : Charles de Batz de Castelmore, plus connu sous le nom de d’Artagnan. Le roi en fut tellement affecté qu’il écrivit aussitôt à la reine : « J’ai perdu d’Artagnan en qui j’avais la plus grande confiance et m’était bon à tout » Puis, à l’insu de tous, Louis fit célébrer une messe dans sa chapelle privée en l’honneur de ce soldat qu’il avait fait Maréchal de camp et capitaine lieutenant de la première compagnie de ses mousquetaires. Mais l’histoire aurait sans doute oublié d’Artagnan si, 170 ans après sa mort, Alexandre Dumas n’en avait fait le plus populaire de ses Trois mousquetaires qui, comme chacun sait, étaient en réalité quatre.

 

invité :

 

Jean-Christian Petitfils historien spécialiste de l'Ancien Régime.

 

2000 ans d'histoire le lundi 8 septembre 2008

 

La belle Otero

« La fortune vient en dormant ; mais pas en dormant seule. »

Caroline Otéro

 

Quelques jours avant sa mort à Nice en 1965, plus personne ne prêtait attention à une vieille dame de 96 ans qui se promenait une fois par semaine sur la Promenade des Anglais. On avait depuis longtemps oublié jusqu’au nom de cette danseuse espagnole qui avait défrayé la chronique au début du XX ième siècle.
La plus grande courtisane de son temps avait pris sa retraite 50 ans plus tôt après avoir séduit presque toutes les têtes couronnées d’Europe, des princes, des rois, des empereurs, mais aussi des ministres français, des écrivains célèbres et des milliardaires américains qui avaient mis leur fortune à ses pieds pour pouvoir passer une nuit avec elle. « La fortune vient en dormant, disait-elle, mais pas en dormant seule. » Mais en 1949, sur la Côte d’Azur il y avait déjà longtemps qu’elle avait dilapidé sa fortune au casino, et qu’elle dormait seule lorsqu’un un journaliste l’avait retrouvée pour lui faire raconter sa vie.

 

Invité :

 

Liesel Schiffer journaliste.

 

2000 ans d'histoire le mardi 9 septembre 2008

 

La Corée du Nord

 

Le 29 janvier 2002, dans son traditionnel discours sur l’état de l’union, Georges Bush accusait la Corée du Nord d’être, avec l’Iran et l’Irak, un des trois pays constituant un axe du mal et menaçant la paix du monde. Disposant aujourd’hui de l’arme nucléaire et de missiles capables de frapper le Japon, la Chine, la Russie, l’Australie et d’ici quelques années la côte ouest des Etats-Unis, la Corée du Nord fait aussi peur aujourd’hui qu’a sa naissance il y a soixante ans. Lorsqu’à la fin de la 2° guerre mondiale, les Etats-Unis et l’U.R.S.S. l’avaient divisée en deux zones d’occupation devenues en 1948 deux états distincts. Au sud une République de Corée alignée sur les Etats-Unis et au Nord, la République Populaire et Démocratique de Corée. Un état communiste qui deux ans plus tard déclenchait le premier grand conflit de la guerre froide en envahissant la Corée du Sud et en provoquant l’intervention des Nations Unies réclamée par le président américain Harry Truman.

 

Invité :

 

Pierre Rigoulot Directeur de l'Institut d'histoire sociale.

 

2000 ans d'histoire le mercredi 10 septembre 2008

 

Le Comte de Chambord « Je ne laisserai pas arracher de mes mains le drapeau blanc d’Henri IV. Il a flotté sur mon berceau, je veux qu’il ombrage ma tombe." Henri V, comte de Chambord

 

Le 25 août 1883, devant le corps du comte de Chambord qui était mort la veille au Château de Frohsdorf en Autriche, le comte de Blacas prononça les premiers mots que l’on entendait depuis des siècles devant la dépouille d’un roi de France : « le roi est mort ». Mais, pour la première fois, dans l’histoire de la monarchie française, on n’entendit pas « Vive le roi », la fin de cette phrase rituelle qui, après la mort d’un souverain annonçait le début du règne de son successeur. Le comte de Chambord n’avait pas de successeur. Il était le dernier descendant de la branche ainée des Bourbons qui régnait sur la France depuis Henri IV, et le dernier roi de France. Mais le roi sans couronne d’un royaume qu’il n’a pas connu. Vivant en exil depuis plus de 50 ans, refusant de revenir en France avec un autre drapeau que le drapeau blanc de ses ancêtres, détestant le drapeau tricolore qu’on voulait lui imposer parce qu’il représentait depuis la révolution les malheurs de sa famille, le comte de Chambord avait raté en 1871 l’occasion de revenir sur un trône qu’il n’a occupé que quelques jours. Lorsque son grand père Charles X lui avait légué sa couronne pendant la révolution de 1830.

 

Invité :

 

Daniel de Montplaisir conseiller à l'Assemblée nationale et historien.

 

2000 ans d'histoire le jeudi 11 septembre 2008

 

La Bretagne

 

Invité :

 

Alain Croix historien, universitaire.

 

2000 ans d'histoire le vendredi 12 septembre 2008

 

La conquête des pôles

 

Rediffusion du 19.12.2006.

 

« Le spectacle ressemblait aux débris d’un monde qui aurait volé en éclat » James Forster au large de l’Antarctique (Janvier 1774)

 

Ils s’appelaient James Cook, Dumont d’Urville, Barentz, Nansen, James Ross, Robert Peary, Ernest Shackleton, Roald Amundsen ou Charcot. Ils étaient Anglais, Français, Hollandais, Irlandais, Américains ou Norvégiens et pendant plus de deux siècles, ils ont pris des risques insensés pour découvrir les dernières terres inconnues de la planète. Affrontant dans un paysage de glace, le froid, le blizzard et la solitude dans laquelle beaucoup d’entre eux allaient mourir pour être les premiers à atteindre le pôle nord ou pour découvrir, à l’autre extrémité de la terre, ce continent mystérieux, dont parlaient déjà les Grecs il y a 2400 ans. L’Antarctique vers lequel, au XVIII° siècle, l’amirauté britannique avait envoyé un de ses plus célèbres marins : James Cook.

 

Invité :

 

Farid Abdelouahab Historien de l'art et commissaire de nombreuses expositions.

 

2000 ans d'histoire lundi 15 septembre 2008

 

Hans et Sophie Scholl : le complot de la Rose blanche

 

« Contre vents et marées, savoir se maintenir. » Goethe

 

Quelques mois plus tôt, avec sa sœur Sophie et une poignée d’étudiants, Hans Scholl avait créé un mouvement « La Rose blanche » qui avait prouvé que malgré la terreur, la propagande nazie, et la passivité de la majorité des Allemands qui ont soutenu le régime nazi jusqu’au bout, il existait en Allemagne une résistance. Elle venait de toutes les familles de pensée, de toutes les classes d’âge et de tous les milieux sociaux. De la bourgeoisie, de l’aristocratie et, du monde ouvrier mais aussi de ces étudiants chrétiens qui, derrière Hans et Sophie Scholl prenaient des risques insensés en rédigeant et distribuant en pleine guerre des tracts appelant les Allemands à se soulever contre le régime nazi. Ils le paieront de leur vie. Arrêtés le 18 février 1943, ils étaient traduits 4 jours plus tard devant le redoutable tribunal du peuple présidé par Roland Freisler.

 

Invité :

 

Pierre-Emmanuel Dauzat traducteur et écrivain.

 

2000 ans d'histoire mardi 16 septembre 2008

 

Le snobisme

 

« Au commencement, Dieu fit le monde, et avec lui les Snobs. Ils sont de toute éternité. » William Thackeray

 

En appelant The Snob le journal du Trinity College de Cambridge, en 1829, William Thackeray donnait son nom à un comportement aussi vieux que le monde. Il avait emprunté ce mot à l’argot des étudiants du collège qui appelaient snob un bourgeois par opposition aux étudiants. On dit aussi que le mot snob venait de l’abréviation du latin « Sine Nobilitas », c'est-à-dire sans noblesse. Une expression que l’on mettait sur les listes des élèves devant le nom de ceux qui n’étaient pas des aristocrates. C’était à une époque où, en Angleterre comme en France, on était prêts à tout pour avoir une particule. Comme deux siècles auparavant, ce bourgeois de Molière qui rêvait d’être un gentilhomme et qui était déjà snob, bien avant que le mot existe.

 

Invité :

 

Frédéric Rouvillois professeur de droit à l’Université Paris-V.


2000 ans d'histoire le mercredi 17 septembre 2008

 

La bête du Gévaudan

 

Invité :

 

Jean-Marc Moriceau
professeur d’histoire moderne à l’Université de Caen et président de l’Association d’histoire des sociétés rurales.

 

2000 ans d'histoire jeudi 18 septembre 2008

 

La Géorgie

 

« La perte de la Géorgie serait un des plus grands malheurs qui pourraient arriver à la Russie. » Edmund Spencer 1854

 

Dans l’antiquité, la Géorgie, était si riche que c’est là, dit on, que Jason et ses Argonautes étaient allés à la recherche de la toison d’or. Convoitée et soumise tour à tour par les Perses, les Grecs, les Romains et les Byzantins, puis devenue l’enjeu des rivalités entre l’Empire Ottoman, l’Iran et la Russie qui l’annexait en 1801, elle n’a pratiquement jamais été indépendante. Sauf à la fin du Moyen Age, quand elle avait réussi à soumettre tout le Caucase, de la mer Caspienne à la mer Noire et de l’Arménie jusqu’à la Russie ; et en 1918 lorsque la révolution russe lui avait rendu son indépendance. Mais quatre ans plus tard elle était annexée à l’U.R.S.S. qui lui a imposé pendant près de 70 ans un régime de fer. Jusqu’à ce qu’en 1989, les Géorgiens profitent de l’effondrement du bloc soviétique pour réclamer leur indépendance.

 

Invité :

 

Silvia Serrano Maître de conférence en sciences politiques à l'Université d'Auvergne et chercheur au centre d'études des mondes russes, caucasiens et centre-européens.

 

2000 ans d'histoire le vendredi 19 septembre 2008

 

Charles de Foucauld

 

Rediffusion du 15.03.2005.

 

Deux mois avant sa béatification le 15 mai prochain, une des figures les plus surprenantes du christianisme : Charles de Foucault.

 

« Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse ».

Charles de Foucauld 1886

Sa mort à Tamanrasset le 1° décembre 1916 est passée pratiquement inaperçue. Au pire moment de la première guerre mondiale, les Français pensaient à autre
chose qu’à la disparition de Charles de Foucault, tué par des Touaregs, très loin des tranchées de Verdun, quelque part en plein cœur du Sahara. Et ce
n’est que plus tard qu’on a mesuré la dimension de ce personnage hors normes, soldat, explorateur et missionnaire mais que rien, dans sa jeunesse ne prédisposait
à devenir un saint. Avant d’être ordonné prêtre, Charles de Foucault était plus connu pour ses conquêtes féminines et son goût pour les fêtes et le jeu
que pour son assiduité à la messe.

 

Invité :

Jean-François Six.

 

2000 ans d'histoire lundi 22 septembre 2008

 

L'Afghanistan depuis 2001

 

Le 18 août dernier, la mort de dix soldats français en Afghanistan nous a fait redécouvrir une guerre dont on ne parlait presque plus depuis 7 ans et qui commençait le 7 octobre 2001. Ce jour-là, devant les micros et les caméras du monde entier, le président des Etats-Unis annonçait le début de l’opération « Enduring Freedom » (liberté immuable). Au même moment, la flotte américaine qui croisait dans le golfe persique lançait une quarantaine de missiles Tomahawk sur les villes de Kandahar, Kaboul et Jalalabad et sur les camps d’entraînement d’El Qaïda en Afghanistan. Quelques jours après les attentats du 11 septembre, personne à l’époque ne contestait la légitimité de cette opération contre le terrorisme qui venait de frapper les Etats-Unis. Elle était soutenue par la quasi-totalité de la communauté internationale. Personne non plus ne doutait de son succès.

 

Invité :

 

Patrick Dombrowsky Directeur du centre européen de recherche de l'Asie médiane.

 

2000 ans d'histoire mardi 23 septembre 2008

 

Louis XIII

 

« Il semblait être né pour gouverner et pour commander aux autres ». Nicolas Vauquelin des Yveteaux, précepteur de Louis XIII

 

Devenu roi à l’âge de 9 ans, le jour de l’assassinat de son père Henri IV, pendant 32 ans, Louis XIII a profondément marqué l’histoire de France. « Il semblait être né pour gouverner et pour commander aux autres » disait son précepteur. Et pourtant on ne retient aujourd’hui de Louis XIII que le souvenir d’un roi faible, inconsistant, timide, au physique ingrat, à la santé fragile, et préférant la chasse à l’exercice du pouvoir qu’il a laissé entre les mains de Richelieu. Si bien que tout ce que le règne de Louis XIII a laissé de positif a été attribué à son ministre. « Il était le flambeau, écrivait Victor Hugo, le roi n’était que la lanterne. » Depuis 350 ans les historiens comme Michelet, des romanciers comme Alexandre Dumas et même le cinéma disent la même chose. Que Louis XIII n’aurait été qu’un jouet entre les mains de Richelieu.

 

Invité :

 

Jean-Christian Petitfils historien.

 

2000 ans d'histoire mercredi 24 septembre 2008

 

Histoire des universités en Europe

 

« Vivre en bonne société, collégialement, moralement et studieusement. » Robert de Sorbon (devise de la Sorbonne)

 

C’était en Italie il y a 800 ans. Quelques jeunes gens de Bologne mécontents de ce qu’ils apprenaient dans les écoles des monastères ou des cathédrales avaient décidés de choisir eux-mêmes leurs maîtres et de les rétribuer. Ils venaient de créer la première université ; celle qui, au début du XIII° siècle, allait servir de modèle à Montpellier, Oxford, Paris, Salamanque, Leipzig, Lisbonne, ou Prague. En quelques années toute l’Europe s’était couverte de ces communautés d’étudiants et de maîtres qui s’étaient associés pour enseigner et pour apprendre non seulement ce qu’on appelait les arts libéraux : la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l’arithmétique, la musique, l’astronomie et la géométrie, mais aussi, la médecine et le droit pour répondre aux besoins croissants des villes en juristes, en notaires et en médecins. Dès sa naissance l’université avait donc déjà une double vocation. L’acquisition et la diffusion des connaissances et la formation des cadres de la société. Une vocation contestée 800 ans plus tard par les étudiants de Nanterre et de la Sorbonne.

 

Invités :

 

Jean- Maurice de Montrémy Journaliste et romancier, chroniqueur à Livre Hebdo

 

Marie-Laure Le Foulon Journaliste.

 

2000 ans d'histoire jeudi 25 septembre 2008

 

Rediffusion du 15.02.2007.

 

Les procès de Moscou 1936-1938

 

Les procès de Moscou Le 2 mars 1938, dans une salle de la maison des syndicats de Moscou, transformée en tribunal, le procureur général Vychinski réclamait la mort de quelques unes des victimes de la plus grande répression policière du XX° siècle. Des hommes qui quelques mois plus tôt étaient au sommet du pouvoir. Boukharine que Lénine avait surnommé naguère « L’enfant chéri du parti », Rykov qui avait dirigé le gouvernement soviétique, Iagoda, l’ancien chef de la police politique de Staline. Ils allaient être condamnés à mort comme l’avaient été quelques mois plus tôt d’autres dirigeants du parti et les plus hauts responsables de l’Armée Rouge. Kamenev, Zinoviev, Radek ou le Maréchal Toukhachevski. Tous fusillés après avoir été forcé d’avouer les crimes absurdes dont les accusait Vychinski.

 

Invité :

 

Nicolas Werth Historien, spécialiste de l'histoire soviétique, directeur de recherche au CNRS.

 

2000 ans d'histoire le vendredi 26 septembre 2008

 

Pasteur

 

Rediffusion du 07.01.2005.

 

Invitée :

 

Corinne Maier.

 

2000 ans d'histoire lundi 29 septembre 2008

 

Heydrich

 

Au SS-Gruppenführer Heydrich : "Je vous charge de m’adresser sous peu un projet global concernant les mesures à prendre pour réaliser la solution finale de la question juive. »Hermann Göring, 31 juillet 1941

 

Le 27 mai 1942, sur la route qui le conduisait de sa résidence de Jungfern-Breshan, à son quartier général de Prague, Reinhard Heydrich avait demandé à son chauffeur de décapoter sa Mercédès. Il ignorait que depuis plusieurs semaines, trois résistants tchécoslovaques parachutés d’Angleterre surveillaient le moindre de ses déplacements. Vers 10h30, au moment où Heydrich entrait dans Prague, l’un d’entre eux, Jan Kubic, lançait une grenade sur le siège arrière de sa voiture. Grièvement blessé, Heydrich allait mourir 7 jours plus tard. Chef de la Gestapo, de la police criminelle et de la Police secrète d’Etat, bras droit de Himmler, il était un des plus hauts responsables du régime nazi. Celui qui, le 20 janvier 1942, à la demande de Göring, avait organisé et présidé la conférence de Wannsee au cours de laquelle avait été programmée l’extermination des Juifs dans toute l’Europe occupée par l’armée Allemande. Y compris en France où Heydrich s’était rendu moins d’un mois avant sa mort, le 7 mai 1942.

 

Invité :

 

Edouard Husson maître de conférences à Paris-Sorbonne.

 

2000 ans d'histoire mardi 30 septembre 2008

 

La fin des Romanov

 

« Le président Sverdlov annonce l’exécution de l’ex-tsar Nicolas Romanov. Le comité central a jugé que le soviet de l’Oural avait agi comme il fallait. » Le travailleur de l’Oural, juillet 1918 « Citoyen Romanov, levez-vous ». C’est ainsi qu’à deux heures du matin, dans une maison d’Ekaterinenbourg, la maison Ipatiev, où il était enfermé, le dernier Tsar de Russie était réveillé par son gardien Iakov Iourovski. Prisonnier depuis trois mois dans cette ville de l’Oural, il ignorait qu’à Moscou Lénine avait décidé de l’éliminer, effrayé par l’avance des armées blanches qui venaient de Sibérie, et qui risquaient de le délivrer. Lénine avait pris cette décision pour empêcher toute possibilité de retour du régime impérial. Il fallait en finir avec Nicolas II et cette dynastie des Romanov qui avaient gouverné la Russie pendant 300 ans. C’est ainsi que le 17 juillet 1918, vers 3 heures du matin, Nicolas II, sa femme et leurs cinq enfants étaient fusillés dans une petite pièce de la maison Ipatiev où Iourovski leur avait demandé de se rassembler. Avec Nicolas II disparaissait définitivement qui 4 ans plus tôt s’était cru assez fort pour s’engager dans une guerre qui allait le faire tomber.

 

Invité :

 

Jean des Cars écrivain et journaliste.

 

2000 ans d'histoire mercredi 1er octobre 2008

 

Coca-Cola

 

John Pemberton était un pharmacien d’Atlanta qui pour calmer le stress de ses clients et épancher leur soif voulait fabriquer une boisson à la fois tonique et apaisante. En 1886, après plusieurs tentatives, il eut un jour l’idée d’associer les vertus de deux plantes la cola d’Amérique et la coka d’Afrique pour fabriquer avec de l’eau gazeuse une boisson noire et pétillante dont il ne vendait que 13 verres par jour pour la modeste somme de 5 cents. Si bien qu’avant de mourir deux ans plus tard, en 1888, John Pemberton n’imaginait pas que son invention serait un jour universellement connue. Car si tout le monde a oublié son nom, tout le monde connaît celui de son Coca Cola. Il est vendu aujourd’hui dans 200 pays, par 1500 embouteilleurs qui en fabriquent des millions de litres par jour, à partir d’un sirop dont la composition est gardée comme un secret d’état dans le coffre fort d’une banque d’Atlanta.

 

Invité :

 

Didier Nourrisson Professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Lyon.

 

2000 ans d'histoire jeudi 2 octobre 2008

 

Le duel

 

« La lessive de l’honneur se lave dans le sang » Théophile Gautier, "Le capitaine Fracasse"

 

Qu’il soit le moyen de laver un affront, d’éliminer un rival ou de montrer son habileté avec une rapière, une épée, un sabre ou un pistolet, les duels ont fait naguère tant de ravages que dès le XVIème siècle tous les rois de France avaient tenté de les interdire. Mais ni Henri III, ni Louis XIII et Richelieu, ni même Louis XIV n’ont réussi à empêcher leur noblesse de se battre en duel. Encore moins la Révolution qui, en abolissant tous les édits royaux, avait du même coup supprimé ceux qui les interdisaient. Si bien que c’est au XIXème siècle que les duels ont fait le plus de victimes. On croisait le fer pour un oui et pour un non, jusqu’au 21 avril 1967. Ce jour là deux députés français s’étaient battus en duel tout simplement parce que l’un avait traité l’autre d’« abruti ».

 

Invité :

 

François Guillet agrégé de l'université et docteur en histoire, est spécialiste d'histoire culturelle.

 

2000 ans d'histoire le 3 octobre 2008

 

Marcel Duchamp Rediffusion du 23.01.2007

 

« Tout ce que l’on voit, c'est-à-dire tout objet, plus le fait de le regarder, c’est un Duchamp. » John Cage

 

Persuadé que n’importe quel objet pouvait être une œuvre d’art, il avait fait scandale en présentant une pissotière dans une exposition d’art moderne et en ajoutant une moustache et une barbiche sur le visage de La Joconde. Mais en dehors de ces provocations, que sait-on au juste de cet homme qui a marqué plus que d’autres l’art du XX° siècle. Depuis le 17 février 1913. Ce jour là, à l’exposition Internationale d’art moderne, ce peintre de 26 ans était devenu du jour au lendemain, le français le plus connu des Etats-Unis avec Sarah Bernardt et Napoléon. Il s’appelait Marcel Duchamp et sa peinture exposée à New York, le Nu descendant un escalier, avait divisé l’Amérique en deux. Les uns la considéraient comme un chef d’œuvre et pour d’autres c’était un tableau diabolique qui défiait l’idée que l’on se faisait du goût et de l’esthétique. Mais Marcel Duchamp s’en moquait. Il se faisait une autre idée de l’esthétique, de l’art et du goût.

 

Invitée :

 

Judith Housez.

 

2000 ans d'histoire lundi 6 ocobre 2008

 

Rediffusion du jeudi 4 janvier 2007

 

Le brigand Cartouche

« Peuples de France et de Paris,

Venez entendre de ma bouche,

Les cruautés et perfidies,

Commises par moi cruel Cartouche.

Je ne crois pas sous le soleil,

Qu’on pourrait trouver mon pareil. »

La vie de Cartouche 1721

 

Depuis le matin, devant l’Hôtel de Ville de Paris, la place de Grève était noire de monde. Ce 28 novembre 1721, personne ne voulait manquer le spectacle. Des vagabonds et des aristocrates, des bourgeois, des commerçants, des femmes en quête de sensations fortes et même des enfants, tous étaient venus voir mourir le bandit le plus recherché de la Régence. Il allait subir un châtiment atroce : le supplice de la roue. Attaché sur une roue par des chaines sur une roue de fer, il allait avoir les membres disloqués par une énorme barre de fer jusqu’à ce qu’il expire, les bras, les jambes brisés, l’estomac éclaté et le sang jaillissant de ses yeux, de sa bouche et de ses oreilles. C’est le supplice qu’allait subir ce jour là un homme de 28 ans. Louis Dominique Cartouche dont l’histoire avait commencé dix ans plus tôt par son engagement dans l’armée de Louis XIV.

 

Invité : Michel Ellenberger, critique d'art et journaliste.

 

2000 ans d'histoire mardi 7 octobre 2008

 

La Bataille d’Angleterre

 

Rediffusion du 31.01.2007.

 

« Jamais dans l’histoire des guerres, une dette aussi grande ne fut contractée par autant d’hommes envers un si petit nombre » Churchill

 

Le dix juillet 1940, quelque part au dessus de la Manche, un pilote du 66° escadron de chasse de la Royal Air Force aperçoit très loin devant lui une formation de 20 bombardiers allemands escortés par 50 chasseurs Messerschmitt. Dans le cockpit de son Spitfire, le sergent Robertson n’en revient pas. Jamais encore, depuis le début de la guerre, l’Allemagne n’avait lancé contre son pays une opération d’aussi grande envergure. C’était le début d’une des plus grandes batailles aériennes de tous les temps : la bataille d’Angleterre. Pendant quatre mois, entre juillet et octobre 1940, les 3000 avions de la Luftwaffe allemande allaient essayer d’atteindre l’objectif que leur avait fixé Hitler. Détruire l’aviation anglaise pour permettre l’invasion du seul pays qui lui résistait encore. Le Royaume Uni dont le Premier Ministre était déterminé à poursuivre la guerre, malgré la défaite française de juin 1940.

 

Invité :

 

Patrick de Gmeline Historien militaire.

 

2000 ans d'histoire mercredi 8 octobre 2008

 

Les dinosaures

 

Rediffusion du 20.09.2006.

 

« Une bête s’approchait de moi. Son cri féroce m’indiquait qu’elle appartenait à l’espèce des grands dinosaures. Les animaux les plus terribles qui aient jamais erré sur cette terre. » Conan Doyle

 

Il n’aura fallu que quelques secondes pour qu’une gigantesque météorite provoque la disparition d’une espèce qui aura régné pendant 160 millions d’années sur la terre. C’était bien avant l’apparition des premiers hommes et la découverte des premiers fossiles de ces animaux auxquels un paléontologue britannique, Richard Owen, a donné leur nom : Les dinosaures qui, depuis, nous fascinent plus que n’importe quelle espèce animale vivante. Peut-être à cause de leur poids et de leur taille, des 27 mètres et des trente tonnes du diplodocus. Peut-être aussi de la peur qu’inspire encore le plus féroce d’entre eux : le Tyrannosaure, ou peut-être enfin tout simplement à cause de l’âge de ces reptiles dont l’histoire à commencé quelque part sur un continent qui n’existe plus, il y a 220 millions d’années.

 

Invité :

 

Eric Buffetaut paléontologue, directeur de recherches au CNRS.

 

2000 ans d'histoire jeudi 9 octobre 2008

 

L'aventure des Normands

 

Rediffusion du 07.11.2006.

 

« Lorsque les Normands eurent pendant plusieurs siècles ravagé la France, ne trouvant plus rien à prendre, ils acceptèrent une province entièrement déserte et se la partagèrent ». Montesquieu

 

L’aventure des Normands a commencé il y a 1200 ans, quelque part sur la côte nord-est de l’Angleterre. Un jour de juin 793, les moines de l’abbaye de Lindisfarne ont vu venir du large, dans d’étranges bateaux longs et plats, quelques dizaines de guerriers qui, après avoir abandonné leurs rames, descendaient sur la plage et se ruaient sur le monastère. « Jamais on n’a vu pareille atrocité, écrivait un chroniqueur de l’époque; le lieu le plus sacré de l’Angleterre éclaboussé de sang et livré au pillage des païens. » C’était le début d’une aventure sanglante qui, en 300 ans, allait conduire les Vikings dans tous les pays de l’hémisphère Nord. Pour les piller d’abord, puis pour s’y installer et y fonder des états en Angleterre, en Russie, en Islande, mais aussi en France où l’un d’entre eux, Rollon, allait devenir le premier duc d’une région à laquelle ces hommes, venus du Nord, ont donné son nom : la Normandie.

 

Invité :

 

François Neveux historien.

 

2000 ans d'histoire vendredi 10 octobre 2008

 

Modigliani

 

Rediffusion du 24.11.2005.

 

Il était notre aristocrate. Il nous dessinait aux tables de La Rotonde, comme il nous jugeait, nous aimait ou nous contredisait. Son dessin était une conversation silencieuse. Jean Cocteau Jusqu’à sa mort à 36 ans, le corps ravagé par l’absinthe, la drogue et la tuberculose, Modigliani aura essayé de vendre pour une bouchée de pain des toiles qui valent aujourd’hui des fortunes. Il avait pourtant si profondément marqué ses contemporains que le jour de ses obsèques, le 27 janvier 1920, tout ce que Paris comptait de peintres, de sculpteurs, d’écrivains, et de poètes était venu au Père Lachaise pour lui rendre un dernier hommage. Il y avait Max Jacob, André Salmon, Kisling, Soutine, Brancusi, Léopold Survage, André Derain, Fernand Léger, Suzanne Valadon, Utrillo, Van Dongen, Vlaminck, Foujita et même Picasso qui murmura à l’oreille de Francis Carco : « Tu vois, maintenant il est vengé. » Picasso qui, juste avant de mourir 50 ans plus tard avait avait le nom de Modigliani. C’est dire à quel point, sans avoir adhéré à aucune école, sans avoir fondé aucun mouvement, cet artiste singulier avait fasciné tous ceux qui l’ont connu, comme à l’âge de 16 ans en 1902, il avait impressionné son professeur de peinture à l’Académie de Florence.

 

Invité :

 

Marc Restellini Commissaire de l'exposition de Modigliani en 2002/2003 au Musée du Luembourg et auteur du catalogue; directeur de la Pinacothèque. Commissaire de l'exposition 'Modigliani et le primitivisme' inaugurée à Tokyo en 2008.

 

2000 ans d'histoire lundi 13 octobre 2008

 

Rediffusion du 10.11.2006.

 

Les juifs d'Algérie « Il est possible d’être à la fois juif et français, tourné vers l’Occident et marqué à jamais par l’Algérie. » Benjamin Stora

 

Ils faisaient partie de ces centaines de milliers d’hommes et de femmes qui, en 1962 ont quitté l’Algérie pour la France. On les appelait les rapatriés mais pour eux, ce mot n’avait aucun sens. Le pays dans lequel ils arrivaient, la plupart d’entre eux ne le connaissaient pas. Pour ces juifs d’Alger, de Constantine ou d’Oran leur patrie, ils l’avaient laissée derrière eux. C’était l’Algérie où les plus lointains de leurs ancêtres s’étaient installés bien avant les premiers colons français et même, avant l’arrivée de l’Islam. Et l’on comprend le déracinement que fut pour les juifs d’Algérie l’exode de 1962 et l’émotion qu’ils éprouvent quand ils reviennent en pèlerinage sur les tombes de ceux qu’ils avaient laissés derrière eux il y a plus de 40 ans.

 

 

Invité :

 

Benjamin Stora Historien, spécialiste de l'histoire de l'Algérie et du Maghreb.

 

2000 ans d'histoire mardi 14 octobre 2008

 

Marie-Thérèse d'Autriche

 

« Elle est par tant d’attraits vainqueurs

Aussi bien la reine des cœurs

Comme, selon toute apparence,

Elle est reine à présent de France »

Jean Loret 1660

 

Jamais dans son histoire Saint Jean de Luz n’avait vu passer tant de monde. Depuis le mois d’août 1659, le cardinal Mazarin y négociait un traité qui mettait fin à plus de 20 ans de guerre entre la France et l’Espagne. Le traité des Pyrénées qui scellait aussi le destin d’une princesse de 21 ans, la fille du roi Philippe IV d’Espagne : Marie Thérèse d’Autriche. Pour consolider la paix, Mazarin avait inclus, dans ce traité, une clause prévoyant le mariage de cette infante d’Espagne avec le jeune Louis XIV. Un mariage politique, imposé par les circonstances comme cela se faisait à l’époque entre les princes et les princesses de sang royal. Si bien que personne, ni Marie-Thérèse, ni le jeune Louis XIV, qui ne se connaissaient pas, ne s’y sont opposés. Leur mariage symbolisait la réconciliation entre leurs deux pays comme le souhaitaient Mazarin et la mère de Louis XIV. La reine mère y tenait d’autant plus qu’elle était la sœur du roi d’Espagne Philippe IV et donc la tante de la mariée.

 

Invitée :

 

Joëlle Chevé historienne, journaliste pour "Historia".

 

2000 ans d'histoire mercredi 15 octobre 2008

 

Les origines de l'écriture

 

En partenariat avec "Les Cahiers de Science et Vie" : Les origines de l'écriture, en kiosque actuellement.

 

« L’écriture empêche que ce qu’ont fait les hommes s’efface de la mémoire ». Hérodote

 

Tout a commencé il y a plus de 5000 ans en Mésopotamie, quelque part entre le Tigre et l’Euphrate lorsque des habitants de Sumer ont commencé à graver des signes sur des tablettes d’argile. Pour la première fois des hommes exprimaient par écrit ce qu’ils disaient, ce qu’ils pensaient où ce qu’ils voyaient. Cette écriture dite cunéiforme car elle se faisait avec des coins, était la première de l’histoire. Avant l’apparition des hiéroglyphes Egyptiens, des caractères Chinois ou de l’écriture des peuples de l’Amérique précolombienne. Sur tous les continents ces signes représentaient les mêmes choses : des objets, ou des idées et même des sons comme l’alphabet inventé 2000 ans plus tard par les Phéniciens et les Grecs. « Il fallait, disait Hérodote, que ce qu’on fait les hommes ne s’efface pas de leur mémoire. » Et c’est ce qu’ils font depuis plus de 5000 ans. Sur des tablettes d’argile, de la pierre, du papyrus du parchemin ou du papier et même, en malmenant l’orthographe sur nos ordinateurs et nos téléphones d’aujourd’hui.

 

Invitée :

 

Anne-Marie Christin professeur à l’université Paris VII, responsable du Centre d’étude de l’écriture et de l’image.

 

2000 ans d'histoire jeudi 16 octobre 2008

 

L'élection de Jean-Paul II

 

Il y a trente ans, le 16 octobre 1978, la foule qui se trouvait sur la place Saint Pierre de Rome voyait s’échapper de la cheminée de la chapelle Sixtine, la fumée blanche qui, selon la tradition, annonce l’élection d’un nouveau pape. Mais personne ne connaissait encore le nom du 263° successeur de Saint Pierre, et le troisième pape en un an. Après la mort de Paul VI le 6 août 1978, le conclave avait élu Jean Paul 1°. Mais il n’avait régné que 33 jours avant de mourir le 29 septembre. Pour la deuxième fois donc, en moins de deux mois, il avait fallu réunir à nouveau le conclave pour élire un nouveau pape. Enfermés dans la chapelle Sixtine les cardinaux n’avaient mis que deux jours à se décider. Et le 16 septembre 1978, il y a trente ans jour pour jour, à 18 heures 45, le cardinal Felici apparaissait sur le balcon du Vatican, prononçait en latin la formule rituelle « Nous avons un pape », et donnait le nom de celui qui allait régner pendant 26 ans sur un milliard de catholiques.

 

Invité :

 

Henri Tincq responsable des questions religieuses au Monde.

 

2000 ans d'histoire vendredi 17 octobre 2008

 

Raymond Aron

 

Rediffusion du 22.03.2005

 

Invité Nicolas Baverez.

 

2000 ans d'histoire lundi 20 octobre 2008

 

Marie Curie

 

« De tous les êtres célèbres, Marie Curie est le seul que la gloire n’ait pas corrompu ». Albert Einstein

 

Elle est née à Varsovie à la fin du XIX° siècle, un peu avant le téléphone, la lampe à incandescence, le phonographe, le cinéma et l’automobile. A l’époque où Pasteur, Edison, Clément Ader et les frères Lumière donnaient le sentiment que rien ne pouvait arrêter le progrès. Mais dans ce monde d’hommes qu’est le milieu scientifique, personne ne pouvait imaginer que cette polonaise, arrivée à Paris en 1891, à l’âge de 24 ans, serait un jour la première femme à recevoir le prix Nobel, à entrer à l’académie de médecine et même cent ans plus tard au Panthéon avec son mari auprès duquel, en découvrant le radium, Marie Curie avait bouleversé l’histoire de la science et de la médecine.

 

Invité : Henry Gidel écrivain.

 

2000 ans d'histoire mardi 21 octobre 2008

 

Histoire de l'Humanitaire

 

« La vertu d’humanité est un noble enthousiasme qui se tourmente des peines des autres et du besoin de les soulager. » Diderot.

 

L’Encyclopédie L’histoire de l’humanitaire est aussi vieille que la charité qui depuis les Ordres Hospitaliers du Moyen-Age jusqu’aux Médecins sans Frontières d’aujourd’hui a poussé les hommes à venir en aide à toutes les victimes des guerres, des catastrophes naturelles ou de la misère. C’est l’aumône qu’impose l’Islam aux musulmans, Saint François d’Assise guérissant les lépreux, Saint Vincent ramassant les enfants perdus, ou sœur Emmanuelle dans les faubourgs du Caire. Pendant des siècles, l’humanitaire est resté presque toujours une affaire de religion. Jusqu’à ce qu’en 1863, Henri Dunant crée la Croix Rouge, la matrice de toutes ces O.N.G. que l’on voit partout dans le monde dès qu’un conflit, une famine ou une catastrophe naturelle nécessite leur intervention.

 

Invité :

 

Philippe Ryfman professeur et chercheur associé au Département de science politique de la Sorbonne –université Paris I Panthéon Sorbonne- et avocat.

 

2000 ans d'histoire mercredi 22 octobre 2008

 

Jacques Mesrine

 

Il y a 29 ans, le 2 novembre 1979, un homme et une femme quittaient leur domicile du 35 rue Belliard dans le 18° arrondissement de Paris. A bord de sa BMW, l’homme le plus recherché de France ne savait pas que chacun de ses gestes était observés par les policiers de la brigade antigang qui avaient découvert sa planque deux jours plus tôt. Arrivé porte de Clignancourt, il se laissait dépasser et bloquer par un camion bleu à bord duquel se trouvaient 4 hommes équipés de carabines à balles perforantes et d’un fusil mitrailleur UZI. Aussitôt la bâche du camion se soulevait, et les quatre policiers tiraient sur lui. C’était la fin de Jacques Mesrine, tué exactement comme il l’avait prévu lui-même dans une cassette enregistrée quelques jours plus tôt et destinée à sa compagne Sylvia Jeanjaquot. Dans ce document extraordinaire découvert quelques jours après sa mort, Jacques Mesrine en parlait comme si elle s’était déjà produite.

 

Invité :

 

Jean-Marc Simon Historien, romancier et directeur de collections.

 

2000 ans d'histoire le jeudi 23 octobre 2008

 

La propagande de Vichy

 

« On ne fait pas de révolution sans changer le vocabulaire. Car la force principale d’un mouvement politique n’est pas la vérité de sa doctrine, mais l’opportunité
de sa propagande. »

Denis de Rougemont, 24 avril 1939

Il n’y a pas de régime totalitaire ou autoritaire sans propagande. Surtout lorsqu’en temps de guerre il est nécessaire de mobiliser l’opinion publique pour
lui faire supporter les sacrifices et les privations qui lui seront imposés. Le régime de Vichy l’avait bien compris en donnant des moyens considérables
aux services de l’information et de la propagande créés en France dès 1938. Mais si, à la veille de la guerre, l’objectif de la propagande était de préparer
les Français à se battre contre l’Allemagne, après le désastre de 1940, il s’agissait exactement du contraire. Il fallait que, par une propagande efficace
l’opinion accepte la défaite, les souffrances qui allaient suivre, le renversement de la république remplacée par un régime autoritaire, et la soi-disant
révolution nationale que Pétain annonçait le 30 octobre 1940, juste après avoir rencontré Hitler à Montoire et engagé la France dans une politique de collaboration
avec l’Allemagne.

Invité :

Denis Peschanski
directeur de recherche au CNRS, historien de Vichy et de la Résistance.

 

2000 ans d'histoire le vendredi 24 octobre 2008

 

Averroès

 

Rediffusion du 12.01.2007 « Que la loi divine invite à une étude rationnelle de l’univers, c’est ce qui apparaît clairement dans plus d’un verset du Coran » Averroès

 

Au tout début de l’expansion de l’Islam, neuf ans à peine après la mort de Mahomet, en arrivant en Egypte en 641, le calife Omar décida de brûler les 300.000 livres de la bibliothèque d’Alexandrie. « Si ces livres sont conformes au Coran, dit-il, ils sont inutiles ; s’ils lui sont contraires, ils sont pernicieux. Dans les deux cas, il faut les faire disparaître. » Ce calife obscurantiste n’imaginait pas que, 500 ans plus tard, les émirs almohades qui gouvernaient l’Andalousie, y construiraient les plus grandes bibliothèques d’Europe. Ni qu’à Cordoue, un philosophe et théologien musulman redécouvrirait en Espagne la Métaphysique d’Aristote et Le banquet de Platon. Il s’appelait Averroès, et se faisait du Coran une autre idée que le calife Omar.

 

Invité :

 

Malek Chebel anthropologue, spécialiste du monde arabe et de l'Islam.

 

2000 ans d'histoire lundi 27 octobre 2008

 

Michael Collins

 

« Dans le panier de crabes des révolutions, il faut un tempérament de fer, un mépris total de la mort. Michael Collins possédait quelque chose de plus : la force intérieure que rien ne peut entamer. » Michel Déon

 

Le 22 août 1922, alors que sa voiture roulait sur une petite route du comté de Cork, où il était né 36 ans plus tôt, Michael Collins tombait dans une embuscade tendue par des dissidents de l’I.R.A. Au lieu de forcer le passage, il demandait à ses hommes de mettre pied à terre et d’engager le combat avant de s’écrouler, frappé par le ricochet d’une balle. Celui qui pendant 2 ans à la tête de l’I.R.A. s’était battu contre l’armée britannique pour l’indépendance de l’Irlande, était tué par une balle irlandaise. Un destin tragique pour celui qui un an plus tôt avait été chargé de négocier le premier traité conclu entre l’Angleterre et l’Irlande, après deux ans de guerre entre les deux pays.

 

Invité :

Pierre Joannon historien spécialiste de l’Irlande, président de l'Ireland Fund de France, rédacteur en chef de la revue Etudes irlandaises et docteur honoris causa de la National University of Ireland.

 

2000 ans d'histoire le mardi 28 octobre 2008

La ségrégation raciale aux Etats-Unis

Arrivés en Amérique du Nord en même temps que les premiers colons, pendant deux siècles, les Noirs y sont devenus des esclaves. Jusqu’à ce qu’en pleine guerre de Sécession Lincoln les libère en 1863. On ne les appelait plus désormais des esclaves mais des Noirs, des nègres, des gens de couleur et aujourd’hui des Afro-Américains. Mais s’ils étaient devenus libres et, en principe, les égaux des autres citoyens des Etats-Unis, ils en étaient séparés par un système qui leur interdisait l’accès à tous les lieux fréquentés par des Blancs. Cette ségrégation dans les transports, le logement, l’école ou le travail a duré cent ans. Jusqu’à ce qu’en 1964 la loi sur les droits civiques réalise le rêve de Martin Luther King de voir un jour ses quatre petits enfants vivre dans une nation où ils ne seraient plus jugés sur la couleur de leur peau. Un pays où, 44 ans après Martin Luther King, un noir pouvait même espérer entrer dans ce qui était resté jusque là, dans tous les sens du mot, la Maison Blanche.

 

Invitée :

 

Nicole Bacharan historienne et politologue.

 

2000 ans d'histoire mercredi 29 octobre 2008

 

Les légumes

 

« L’artichaut et la salade, L’asperge et la pastenade, Et les melons tourangeaux Me sont herbes plus friandes Que les royales viandes Qui se servent à monceaux. » Ronsard

 

Depuis que les omnivores que nous sommes les mangent et les cultivent, l’histoire des légumes se confond avec celle des hommes. Elle nous raconte l’invention et les progrès de l’agriculture, les inégalités sociales qui distinguent le pauvre qui n’a que des légumes pour se nourrir, du riche qui ne s’en sert que pour accompagner la viande. Elle nous raconte aussi la découverte d’autres continents et les voyages qu’ont fait la tomate, le poivron, le haricot où la pomme de terre venus d’Amérique pour arriver un jour sur nos tables. Les légumes y sont aujourd’hui si nombreux qu’on oublie à quel point leur goût nous manquerait si nous n’avions plus à manger que de la soupe en poudre, du maïs transgénique, de la pomme de terre lyophilisée, des tomates sans saveurs, ou, plus de tomates du tout. Comme dans ce film de Science Fiction où en guise de légumes, on ne mangeait plus qu’un produit étrange : le soleil vert.

 

Invitée :

 

Evelyne Bloch-Dano journaliste, écrivain auteur de plusieurs biographies et dirige aussi le séminaire « Histoires de goûts » à l’université populaire d’Argentan.

 

2000 ans d'histoire jeudi 30 octobre 2008

 

La poste

 

Invité :

 

Yves Lecouturier historien, directeur du musée de la poste de Caen.

 

2000 ans d'histoire le vendredi 31 octobre 2008

 

rediffusion de l'émission du jeudi 8 novembre 2007

 

Saladin et les Croisades

 

«Lorsqu’une ville se rendait, Saladin laissait les habitants sortir en liberté. En les voyant, le sultan souriait et pleurait mais ne leur faisait aucun mal. »

 

Boha el-Din, chroniqueur arabe du XII° siècle Le 2 octobre 1187, le baron Balian d’Higelin livrait Jérusalem au plus redoutable adversaire des croisés. Maître d’un immense empire qui s’étendait des sources du Nil aux confins de l’Arménie, et du désert tunisien jusqu’aux montagnes de Perse, Saladin s’emparait d’une ville sainte pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. En entrant dans la Mosquée el Aqsa, purifiée à l’eau de rose de Damas et reprenant sans combat une ville conquise cent ans plus tôt par les croisés qui en avaient fait la capitale d’un royaume chrétien d’orient, Saladin devenait alors, et jusqu’à aujourd’hui, une des plus grande figures de l’histoire du monde musulman.

 

Invité :

 

Thierry Delcourt directeur du Département des manuscrits de la BNF, spécialiste de l'histoire et de la littérature médiévales.

 

2000 ans d'histoire le lundi 3 novembre 2008

 

Les Années Bush

 

Le 20 janvier 2001, George Walker Bush devenait le 43° président d’un pays prospère, en paix et unanimement respecté dans le monde. 8 ans plus tard, au terme de son deuxième mandat il va léguer à son successeur un état enlisé dans une guerre interminable en Irak et en Afghanistan, et victime d’une crise économique et financière comme les Américains n’en ont pas connu depuis 1929. Et George Bush est devenu tellement impopulaire que même le candidat de son parti à la présidence des Etats-Unis ne manque pas une occasion de se démarquer de la politique qu’il mène depuis 8 ans à la Maison Blanche. Depuis qu’il y était entré presque par effraction, avec moins de voix que son adversaire Al Gore, et à la suite d’une des élections présidentielles les plus incertaines de l’histoire des Etats-Unis, puisqu’il avait fallu attendre plus d’un mois avant d’en connaître le vainqueur.

 

Invité :

 

Pierre Mélandri
Professeur des Universités à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.

 

2000 ans d'histoire le mardi 4 novembre 2008

 

Les pouvoirs du président aux Etats-Unis

 

« Aujourd’hui je ne suis rien, demain je peux être tout »

John Adams, 2ième président des Etats Unis

 

Parce que leur indépendance est née d’une guerre contre le roi d’Angleterre, les Américains se sont toujours méfiés de la monarchie. Si bien que dès la naissance des Etats-Unis, dans la hiérarchie des pouvoirs, leur constitution plaçait leur président au deuxième rang derrière le Congrès. Mais en 200 ans, les choses ont bien changé. Les 13 premiers états des Etats-Unis sont maintenant 50, et leur puissance économique, politique et militaire est telle que, par la force des choses, leur président est devenu l’homme le plus puissant de la planète. N’ayant plus au dessus de lui que deux textes : la Constitution des Etats-Unis et la Bible sur laquelle bientôt à Washington, un des deux candidats à la Maison Blanche, Barack Obama ou John McCain, prêtera le même serment que ses 43 prédécesseurs depuis George Washington.

 

Invité :

 

André Kaspi
historien spécialiste des Etats-Unis, professeur émérite à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

 

2000 ans d'histoire jeudi 6 novembre 2008

 

La guerre de Vendée et la chouannerie

 

"Il n’y a plus de Vendée. J’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux et massacré les femmes. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher." Général Westermann

 

Le 23 décembre 1793, après avoir massacré les débris de l’armée vendéenne à Savenay, le général Westermann pouvait se vanter de n’avoir pas fait de prisonnier. Il n’avait fait qu’appliquer les consignes de la Convention qui voulait en finir à n’importe quel prix avec une révolte qui depuis 9 mois menaçait la République. Au moment où la France, en guerre contre l’Autriche, la Prusse, l’Espagne et l’Angleterre était attaquée sur toutes ses frontières, elle devait aussi faire face à une autre guerre : le soulèvement de la Vendée. Une révolte provoquée par la politique anticléricale de la Convention, la condamnation à mort et l’exécution de Louis XVI, et par un décret de la Convention qui, le 13 février 1793, annonçait le recrutement, par tirage au sort, de 300.000 hommes. Il fallait compenser les pertes déjà subies par l’armée française qui se battait aux frontières. Une décision qui allait déclencher, en Vendée, la guerre civile la plus meurtrière de l’Histoire de France.

 

Invité :

 

Pierre Péan Ecrivain.

 

2000 ans d'histoire vendredi 7 novembre 2008

 

La croisière jaune Rediffusion du 17-10-2007

 

« J’écris la route des ruines, la route des conquêtes, la route de la soie, celle de la muraille de Chine, celle de Marco Polo. » Louis Audouin-Dubreuil, chef adjoint de la Croisière jaune

 

Ils s’appelaient Georges Marie Haardt, Louis Audouin Dubreuil et Victor Point et, dans les années 30, sur les traces de Marco Polo, ils ont fait rêver le monde entier en réalisant ce qui, à l’époque était un exploit. La traversée de l’Asie en voiture. Un défi lancé deux ans et demi plus tôt par le premier constructeur de voitures en série en France. André Citroën qui avait aussi le sens de la publicité. Après avoir inscrit son nom sur la tour Eiffel, il s’était lancé dans des projets insensés pour l’époque. Les premiers grands raids automobiles à travers les continents. Une expédition à travers le Sahara en 1923, et, un an plus tard la célèbre Croisière noire qui a traversé l’Afrique, de l’Algérie à Madagascar. Mais de tous les grands défis de Citroën, le plus risqué fut sans doute ce grand raid automobile de 12000 km qui devait atteindre Pékin en partant de Beyrouth en 1931. La Croisière jaune.

 

Invitée : Ariane Audouin-Dubreuil Fille de Louis Audoin-Dubreuil, chef-adjoint des missions Citroën Centre-Afrique 1924-1925 et Centre-Asie 1931-1932. Psychothérapeute et maire-adjoint de la ville de Boulogne-Billancourt.

 

2000 ans d'histoire le lundi 10 novembre 2008

 

La nuit de Cristal

 

« Je n’aimerais pas être un juif en Allemagne aujourd’hui. » Hermann Göring, 12 novembre 1938

 

Le 7 novembre 1938, un Juif polonais de 17 ans, Herschel Grinszpan se présentait à la porte de l’ambassade d’Allemagne à Paris. Venu de Hanovre en France trois ans plus tôt, il était sous le coup d’un arrêté d’expulsion, et venait d’apprendre que ses parents, comme beaucoup de Juifs de Pologne vivant en Allemagne, venaient d’en être chassés vers leur pays d’origine. Le 7 novembre, fou de colère et d’angoisse devant le sort réservé à sa famille, Grinszpan achetait un revolver, se rendait à l’ambassade d’Allemagne à Paris, où il était reçu par le troisième secrétaire de l’ambassade : Ernst vom Rath sur lequel il tirait deux coups de feu. Deux jours plus tard, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938, l’annonce de la mort de vom Rath déclenchait, dans toute l’Allemagne, le plus grand pogrom de l’Histoire depuis le Moyen-Âge.

 

Invitée :

 

Rita Thalmann Historienne, professeur émérite d’Histoire et de civilisation du monde germanique à l'université de Paris VII Denis Diderot.

 

2000 ans d'histoire le mardi 11 novembre 2008

 

L'armistice du 11 novembre 1918 Il y a 90 ans jour pour jour, à la 11ème heure, du 11ème jour du 11ème mois de l’année 1918, de part d’autre d’un front de 800 km de long, des centaines de milliers de soldats entendaient le clairon de leurs régiments sonner le cessez le feu. C’était la fin de la Première Guerre Mondiale. Après 1563 jours de combats meurtriers dans le froid et la boue des tranchées, l’Allemagne avait décidé d’arrêter la guerre. Abandonnée par ses alliés turcs, bulgares, autrichiens et hongrois, menacée à l’intérieur par une révolution, le gouvernement allemand avait confié à un député, Matthias Erzberger la direction d’une délégation chargée de négocier un armistice avec le commandant en chef allié : le maréchal Foch. Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1918, après avoir quitté la ville de Spa où se trouvait le grand état-major allemand, Erzberger franchissait le front à 21h30 et rencontrait celui qui devait le conduire en forêt de Compiègne, à Rethondes dans le train qui servait de quartier général à l’état major allié : le commandant de Bourbon-Busset.

 

Invité :

 

Marc Ferro Historien, directeur d'études à l'EHESS.

 

2000 ans d'histoire mercredi 12 novembre 2008

 

Les Grecs et la mer

 

Invité :

 

Jean-Nicolas Corvisier Professeur des universités, directeur du CRUSUDMA (cercle de recherches urbanisation, sociétés urbaines et démographies dans les mondes anciens).

 

2000 ans d'histoire jeudi 13 novembre 2008

 

Les séquelles de la Grande Guerre

 

En direct et en public du festival international du film d'Histoire de Pessac

 

Invités :

 

Jean-Jacques Becker historien, président de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne Bruno Cabanes chercheur associé à Sciences-Po Paris.

 

2000 ans d'histoire vendredi 14 novembre 2008

 

Léonard de Vinci Rediffusion du 12-12-2007

 

Comme la plupart des artistes de la Renaissance, Léonard de Vinci était polyvalent. Peintre, mais aussi sculpteur, architecte, ingénieur, musicien, passionné par les mathématiques et la géométrie pour lesquels disait-il, il aurait volontiers abandonné son pinceau, il a aussi dessiné, quatre siècle avant leur invention, des machines que personne n’avait encore imaginées : des avions, des sous marins, des automobiles et des chars d’assaut. Et pourtant, de ce touche-à-tout de génie, on retient surtout la quinzaine de peintures qu’il nous a laissées et ce sourire extraordinaire qui a fait d’une italienne inconnue une des femmes les plus célèbres du monde. Mona Lisa del Giocondo, la Joconde, dont le portrait au musée du Louvre, a vu défiler devant lui des millions de visiteurs depuis son achat par François 1° il y a 500 ans.

 

Invitée :

 

Sophie Chauveau Romancière.

 

2000 ans d'histoire lundi 17 novembre 2008

 

Bonaparte en Egypte

 

« Soldats, vous allez entreprendre une conquête dont les effets sur la civilisation sont incalculables. La première ville que nous allons rencontrer a été bâtie par Alexandre. Nous trouverons à chaque pas de grands souvenirs dignes d’exciter l’émulation des Français. » Bonaparte Le 19 mai 1798, 13 vaisseaux de ligne, 7 frégates, 6 corvettes et une centaine de navires de transport, quittaient le port de Toulon dans le plus grand secret. Les 45.000 soldats et marins et la centaine de savants qui étaient à bord ignoraient presque tous leur destination. Seuls les généraux Cafarelli et Berthier, et le mathématicien Gaspard Monge, étaient au courant des projets de Bonaparte. Il fallait à tout prix éviter qu’une indiscrétion permette à la flotte anglaise de l’amiral Nelson de trouver celle des Français, pour pouvoir traverser la Méditerranée jusque sur les côtes de l’Egypte. C’est là que, le 1er juillet 1798, dans une mer déchaînée quelque part au large d’Alexandrie, commençait une des plus extraordinaires campagne de l’épopée napoléonienne : la campagne d’Egypte.

 

Invité :

 

Thierry Lentz Directeur de la Fondation Napoléon.

 

2000 ans d'histoire mardi 18 novembre 2008

 

L'assassinat de Georges Mandel

 

« Mourir n’est rien. Ce qui est triste c’est de mourir avant d’avoir vu la libération de son pays et la restauration de la République. » Georges Mandel 7 juillet 1944

 

Le 7 juillet 1944, à 14 heures, trois voitures de la Milice s’arrêtent devant la prison de la santé à Paris. Elles viennent chercher un ancien ministre de la III ième République, Georges Mandel qui ne se fait aucune illusion sur son sort. Il sait bien que, sous prétexte de le conduire à Vichy, les miliciens qui sont venus le chercher ont reçu l’ordre de le tuer. « Mourir n’est rien, dit il au directeur de la Santé. Ce qui est triste c’est de mourir avant d’avoir vu la libération de son pays et la restauration de la République. » Une heure plus tard, après être entrée en forêt de Fontainebleau, la voiture où se trouve Georges Mandel s’engage dans un chemin de traverse et s’arrête. « Le carburateur ne marche pas » dit le chauffeur. Et au moment où Mandel sort de la traction avant en attendant qu’elle soit réparée, il tombe frappé par cinq balles de mitraillette tirées dans son dos. C’était quelques jours avant la libération de Paris et quatre mois avant cet hommage que lui rendait Jean Guignebert à la radio de la France libre le 4 novembre 1944.

 

Invité : François Delpla Historien.

 

2000 ans d'histoire mercredi 19 novembre 2008

 

Le chemin de fer à la conquête de l'ouest américain

 

« Nous avons unis l’Atlantique au Pacifique. Voici enfin accomplie l’œuvre de Christophe Colomb. » Général Dodge, ingénieur en chef de l’Union Pacific.

 

 

1869 L’une s’appelait la Jupiter, et l’autre, la 119, ne portait qu’un numéro. C’était deux locomotives qui, le 10 mai 1869, à Promontary Point dans un endroit perdu de l’Utah, se sont retrouvées face à face sur la même voie de chemin de fer, leurs pare-buffles à quelques mètres l’un de l’autre. La première venait de l’Ouest, de Sacramento en Californie, la seconde de l’Est, de la ville d’Omaha sur le Missouri. Elles appartenaient à deux compagnies L’Union Pacific, et la Central Pacific qui, ce jour là, à Promontary Point, venaient de réaliser un rêve insensé. Relier à travers tout un continent, les côtes est et ouest des Etats-Unis, séparées par 4500 kilomètres de montagnes, de plaines, de déserts et de fleuves. Jusque là, pour aller de New York à San Francisco, les Américains empruntaient des convois de chariots, des bateaux qui devaient passer par le Cap Horn, ou une voie ferrée qui s’arrêtait sur le Missouri. Mais il lui restait encore près de 3000 kms pour atteindre l’Océan Pacifique en traversant des montagnes de 4000 mètres de haut, les Montagnes Rocheuses. Une entreprise démesurée pour l’époque et qui n’a été rendue possible qu’en 1862, grâce à la volonté du Président des Etats-Unis.

 

Invité :

 

Alain Frerejean historien de l’industrie et des transports.

 

2000 ans d'histoire jeudi 20 novembre 2008

 

Serge Gainsbourg

 

« Je suis un mythe vivant, quelques degrés au dessus d’une star. » Serge Gainsbourg

 

« Je suis un mythe vivant » disait Gainsbourg qui était très conscient de son succès, mais aussi de ce qu’il lui avait coûté. « J’ai tout réussi sauf ma vie » disait-il peu de temps avant de mourir il y a 17 ans en laissant derrière lui des musiques et des chansons qui resteront encore longtemps dans nos mémoires. Celles pour lesquelles on lui avait tout pardonné : ses provocations, son exhibitionnisme, sa misogynie, ses films ratés et même quelques chansons bâclées. Des chansons « torchées » comme il disait lui-même, par opposition à ce qu’il appelait ses chansons « écrites » et qui l’ont rendu célèbre. La Javanaise, L’eau à la bouche, Je t’aime moi non plus, Jane B, Fuir le bonheur de peur qu’il se sauve, La chanson de Prévert où encore ce Poinçonneur des Lilas grâce auquel il y a déjà 50 ans, les Français ont un jour découvert son nom. C’était en 1958, aux Trois Baudets, où l’avait entraîné Jacques Canetti, et ou une jeune speakerine le présentait au public en lisant un texte écrit par Boris Vian.

 

Invité :

 

Arnaud Viviant Journaliste et romancier.

 

2000 ans d'histoire vendredi 21 novembre 2008

 

L'affaire des poisons

 

Rediffusion du vendredi 15 juin 2008

 

« Jamais on n’a vu tant de monde, ni Paris si ému et si attentif. » écrivait madame de Sévigné le 17 juillet 1676. Ce jour là, devant une foule énorme qui lui lançait des cris de haine, la marquise de Brinvilliers montait sur l’échafaud dressé la veille sur la place de Grève. Condamnée à mort pour avoir empoisonné son père et ses deux frères, elle n’a pas prononcé un mot quand le bourreau lui a bandé les yeux avant de placer sa tête sur le billot, le visage tourné vers les tours de Notre Dame. « Elle se tenait la tête fort droite, ajouta madame de Sévigné, quand l’épée la trancha si net qu’elle fut un moment sur le tronc sans tomber.» Puis tandis qu’on brulait le corps de la marquise avant de disperser ses cendres dans la Seine, chacun rentra chez soi, persuadé que cette affaire était terminée. Mais elle ne faisait que commencer et elle allait terroriser la France pendant six ans.

 

Invité :

 

Claude Quétel historien directeur de recherches honoraire au CNRS.

 

2000 ans d'histoire lundi 24 novembre 2008

 

Le noir

 

« Le noir est le refuge de la couleur ». Gaston Bachelard

 

Bien avant d’être une couleur à la mode, le noir avait très mauvaise réputation. C’était la couleur de la mort et du deuil, celles de Satan et des sorcières, la couleur du pavillon des pirates et du drapeau des anarchistes, de l’uniforme des fascistes et des S.S, ou du blouson des jeunes rockers des années 1960. Pour les savants comme Newton qui, en décomposant la lumière avait trouvé toutes les couleurs de l’arc-en-ciel mais pas de noir, ou pour un peintre, comme Léonard de Vinci, le noir n’était même pas une couleur. Il n’était que le néant, les ténèbres à partir desquelles, selon la Bible, Dieu avait créé la lumière.

 

Invité :

 

Michel Pastoureau historien spécialiste des couleurs, des emblèmes et des symboles, archiviste paléographe et directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de la Sorbonne, chaire d’histoire de la symbolique occidentale.

 

2000 ans d'histoire mercredi 26 novembre 2008

 

Bobby Sands

 

« L’espoir, c’est ce qui reste en dernier » Proverbe irlandais

 

Il n’avait que 27 ans et n’était pas un responsable important de l’I.R.A. Arrêté en 1976 et condamné pour port d’arme à 14 ans de prison, Bobby Sands n’était qu’un détenu parmi d’autres catholiques d’Irlande du Nord, qui moisissaient dans les blocs H de la sinistre prison de Long Kesh, à une dizaine de kilomètres de Belfast. Deux mois avant sa mort, le 5 mai 1981, presque personne n’avait encore entendu parler de lui jusqu’à ce qu’il commence une grève de la faim pour que les combattants de l’I.R.A. en prison y soient traités comme des prisonniers politiques. C’était le début d’un bras de fer avec Margaret Thatcher qui, en refusant les exigences de Bobby Sands, et en le laissant mourir de faim, allait faire de lui un martyr dont le calvaire pendant deux mois a fait la une des journaux du monde entier.

 

Invité :

 

Sorj Chalandon journaliste et romancier.

 

2000 ans d'histoire jeudi 27 novembre 2008

 

Claude Lévi-Strauss, pour son 100ème anniversaire

 

« Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses ; c’est celui qui pose les vraies questions. » Claude Lévi-Strauss

 

« Je hais les voyages et les explorateurs » C’est par cette phrase devenue célèbre que commence le livre le plus connu de Claude Lévi-Strauss. Tristes Tropiques est pourtant le récit des voyages que ce philosophe devenu ethnologue avait fait au Brésil à la fin des années 1930. Mais ce qu’il y cherchait, ce n’était pas l’exotisme, ni ce qui nous distingue des Indiens Bororos et Nambukwara du Mato Grosso. C’est au contraire ce qui nous en rapproche. « Un ethnologue, disait un jour Claude Lévi-Strauss, est une espèce d’astronome de l’humanité. Il étudie des populations qui sont très éloignées de nous, dans le temps et dans l’espace, mais c’est pour y retrouver la part d’humanité que nous partageons avec elles. » C’est ce qui a fait de lui l’ethnologue et l’anthropologue le plus original et le plus important de son temps.

Invité :

 

Marcel Hénaff philosophe et anthropologue, enseigne à l’Université de Californie à San Diego.

 

2000 ans d'histoire le vendredi 28 novembre 2008

 

La controverse de Valladolid

 

Rediffusion du 20 juin 2007.

 

« Depuis qu’ils sont aux Indes, les Espagnols ont fait plus de sacrifices à leur cupidité que les Indiens à leurs dieux. Grande devrait être notre honte
d’excuser des œuvres aussi abominables. »

Las Casas à Valladolid en 1552

On n’a pas attendu le XX° siècle et la fin des empires coloniaux pour que dès le début de la conquête de l’Amérique, un évêque qui y avait participé, Bartolomé de Las Casas, dénonce les crimes des conquistadors dans ce qu’on appelait encore les Indes. C’était en 1550, dans la vieille cité castillane de Valladolid où Charles Quint avait réuni les plus grands philosophes et théologiens de l’époque pour discuter de la légitimité de l’immense empire construit par les Espagnols en Amérique, 58 ans après sa découverte par Christophe Colomb en 1492.

Invité :

Nestor Capdevila
maître de conférences en philosophie à Paris X-Nanterre.

 

2000 ans d'histoire lundi ppremier décembre 2008

 

Le R.M.I

 

Il y a 20 ans, les députés français adoptaient une loi sans précédent dans l’histoire, et sans équivalent dans le monde. Certes, avant la naissance du R.M.I., et depuis le Moyen Âge, l’état s’était déjà préoccupé des pauvres. Des malades et des vieillards sans ressources, des handicapés, des orphelins et des femmes seules, mais jamais encore des adultes valides en âge de travailler et vivant en dessous du seuil de pauvreté. Ces « nouveaux pauvres » révélés par la crise et la montée du chômage des années 1970 et 80. Ceux pour lesquels a été créé le Revenu Minimum d’Insertion. Promis par François Mitterrand avant sa réélection en 1988, il allait être mis en place par son nouveau Premier Ministre. Michel Rocard qui, le 29 juin 1988, à l’Assemblée Nationale, faisait du R.M.I.la priorité de l’action de son gouvernement.

 

Invité :

 

Michel Rocard ancien premier ministre et député européen.

 

2000 ans d'histoire mardi 2 décembre 2008

 

Le Mont Saint-Michel

 

« Le Mont Saint Michel est pour la France ce que la Grande Pyramide est pour l’Egypte ». Victor Hugo

 

Tout a commencé il y a 1300 ans, le 16 octobre 708. Ce jour là, selon la légende, l’évêque d’Avranches, Aubert, aurait vu apparaître l’archange Saint Michel qui lui demandait de construire un sanctuaire sur un mont de 80 mètres de haut perdu en plein milieu de la baie : le mont Tombe. Aubert y fit donc venir les premiers moines d’une abbaye qui en quelques siècles allait devenir célèbre. Lieu de prière et de pèlerinage, le mont Saint Michel fut aussi une forteresse et même une prison. Mais si aujourd’hui, il ne reste plus rien de l’ancienne abbaye de l’évêque d’Avranches sur laquelle a été construit un des plus beaux lieu de culte du monde, si on n’y trouve plus de prisonniers, et s’il ne reste plus qu’une dizaine de moines au mont Saint Michel, avec plus de trois millions de touristes par an, il est devenu le site le plus visité de France après la Tour Eiffel et le Château de Versailles.

 

Invité :

 

Gérard Dalmaz journaliste et auteur.

 

2000 ans d'histoire mercredi 3 décembre 2008

 

Geronimo Rediffusion du 21.11.2007.

 

Geronimo « Autrefois, j’allais comme le vent. Aujourd’hui, je me rends à toi et tout est fini. » Geronimo au général Crook en 1886.

 

En février 1909, quelque part dans l’Oklahoma, un vieil indien de 80 ans rentrait chez lui après avoir acheté une dernière bouteille de Whisky. Arrivé près de Fort Still il perdit l’équilibre et tomba de son cheval la tête la première dans une flaque d’eau glacée. Incapable de se relever, il passa la nuit sur le sol gelé avant qu’on le retrouve le lendemain matin. Transporté chez lui, il allait y mourir quelques jours plus tard emporté par une pneumonie. C’est ainsi que le 17 février 1909 se terminait la vie de celui qui, à la tête des Apaches, avait résisté pendant plus de trente ans à l’armée des américains, le chef des derniers indiens à avoir refusé d’être enfermés dans les réserves où voulait les parquer, 37 ans plus tôt, le gouvernement des Etats-Unis.

 

Invité :

 

Olivier Delavault spécialiste du monde indien, directeur de la collection Nuage rouge aux éditions du Rocher.

 

2000 ans d'histoire 4 décembre 2008

 

La Révolution d’octobre rediffusion du 06.11.2007.

 

« Déclencher la révolution en Russie fut aussi facile que de ramasser une plume. » Lénine

 

90 ans après, on se demande encore comment, en, quelques heures, quelques centaines d’hommes à peine ont pu déclencher en Russie la plus grande révolution du XX° siècle. Contrairement à celle qui, quelques mois plus tôt avait renversé le régime impérial, la révolution d’octobre fut menée comme une opération militaire. C’était le 7 novembre 1917, le 25 octobre dans le calendrier russe de l’époque. Ce jour là, sur ordre d’un comité militaire révolutionnaire créé par Trotski quelques jours plus tôt, des soldats de la garnison de Petrograd, des marins de Kronstadt et des Gardes rouges s’emparaient de tous les points névralgiques de la capitale de la Russie. Les ponts, la grande poste, les banques, les gares, la centrale électrique et, en dernier lieu, le Palais d’hiver des anciens Tsars ou se trouvait le gouvernement d’Alexandre Kerensky. Tandis qu’à 9h45 du matin, ce 7 novembre 1917, Lénine pouvait transmettre à la presse la déclaration suivante : « L’autorité gouvernementale est passée aux mains de l’organe du soviet de Petrograd. L’objectif pour lequel le peuple a combattu est atteint. » C’est ainsi qu’en quelques lignes, Lénine annonçait le succès d’une révolution sans équivalent dans l’histoire, et qui, selon lui, devait servir de modèle au monde entier.

 

Invitée :

 

Marie-Pierre Rey Professeur d'histoire russe et soviétique à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, directrice du Centre de recherche en histoire des Slaves.

 

2000 ans d'histoire vendredi 5 décembre 2008

 

Franz Liszt Rediffusion du 14.02.2007.

 

« Vous n’êtes pas la femme qu’il me faut. Vous êtes celle que je veux. » Franz Liszt à Marie d’Agoult

 

Ils appartenaient tous les deux à cette génération de peintres, d’écrivains et de musiciens romantiques qui s’appelaient Victor Hugo, Delacroix, Musset, Berlioz, George Sand ou Chopin. Elle était née en 1805, à Francfort d’un père émigré pendant la révolution et d’une mère qui appartenait à une puissante famille de banquiers allemands. Devenue comtesse par son mariage, Marie d’Agoult était une des femmes les plus en vue de l’aristocratie parisienne, quand, en 1832 elle rencontrait celui pour lequel elle allait abandonner, son mari, ses enfants et une vie bien rangée. Né en 1811, quelque part aux confins de l’Autriche et de la Hongrie, ce pianiste virtuose avait six ans de moins qu’elle et était alors, à 21 ans, la coqueluche de tous les salons de Paris.

 

Invité :

 

Gonzague Saint-Bris Journaliste, écrivain, historien.

 

2000 ans d'histoire lundi 8 décembre 2008

 

Pablo Picasso

 

« La peinture est plus forte que moi, elle me fait faire ce qu’elle veut. » Picasso

 

« La peinture est plus forte que moi, disait il, elle me fait faire ce qu’elle veut. » Depuis ses premiers pigeons qu’il dessinait à Malaga à l’âge de 9 ans, jusqu’aux corridas de ses derniers tableaux, en passant par les « Demoiselle d’Avignon » et Guernica, Picasso n’a jamais cessé de peindre des tableaux qui ont bouleversé l’histoire de l’art et qui ont fait de lui, de son vivant, le peintre le plus célèbre et le plus riche de son temps. Mais l’argent l’intéressait moins que son œuvre. Il lui permettait simplement de peindre librement loin des difficultés et de la misère qu’il avait connu et partagé dans sa jeunesse avec ses amis du Bateau Lavoir. Cette maison de la butte Montmartre qui était le rendez vous de ce qu’on appelait « La bande à Picasso » De jeunes peintres et écrivains fauchés qui s’appelaient Max Jacob, Utrillo, Modigliani, Apollinaire où André Salmon et la compagne de Picasso Fernande Ollivier.

 

Invitée :

 

Marie-Laure Bernadac historienne de l’art spécialiste de Picasso, conservateur général chargée de l’art contemporain au Louvre, commissaire de l’exposition "Picasso et les maîtres".

 

2000 ans d'histoire mardi 9 décembre 2008

 

La route de la soie

 

-en partenariat avec « L’Atlas des migrations » Le Monde-La Vie «

 

A Giogiu, il y a très grande quantité de soie, car ils ont des mûriers et des vers à soie en abondance. » Marco Polo, "Le Livre des merveilles" Lorsqu’il y a 2000 ans les Romains qui en avaient les moyens ont commencé à porter des vêtements de soie, personne ne savait ni d’où, ni comment elle était arrivée en Europe. On disait qu’elle venait de Chine par une route mystérieuse qui traversait des déserts inconnus, les montagnes du Pamir au pied desquelles s’était arrêté Alexandre le Grand, les steppes de l’Asie Centrale, la Perse et la Syrie, avant d’arriver enfin dans les ports de Méditerranée. Après avoir parcouru des milliers de kilomètres, des caravanes y vendaient leur chargement de soie mais aussi d’épices, de perles, de papier, de porcelaine et d’ivoire à des marchands qui mettaient encore plusieurs jours avant d’arriver à Venise ou à Gênes. Là où se terminait la route la plus longue et le plus fascinante du monde : la route de la soie.

 

Invité :

 

Christian Grataloup professeur de géographie à l’université Paris VII-Denis Diderot.

 

2000 ans d'histoire mercredi 10 décembre 2008

 

Déclaration universelle des droits de l'homme, à l'occasion de son 60ème anniversaire

 

Il y a 60 ans jour pour jour, le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale de la toute nouvelle Organisation des Nations Unies votait les 30 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme. Trois ans après les atrocités de guerre, la communauté internationale voulait que le nouvel ordre mondial repose sur les droits de l’homme. « Puisque la guerre avait été une guerre des droits de l’homme, il fallait que la paix fut aussi une paix des droits de l’homme » disait René Cassin, un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 dont l’article 1° proclamait : « Tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit. » C’était presque dans les mêmes termes que commençait la déclaration des droits de l’homme votée 159 ans plus tôt par l’Assemblée Nationale de la Révolution française, le 26 août 1789. invité Emmanuel Decaux directeur du Centre de recherche sur les droits de l’homme et le droit humanitaire de l’université Panthéon-Assas Paris II; membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies Déclaration universelle des droits de l'homme, à l'occasion de son 60ème anniversaire Il y a 60 ans jour pour jour, le 10 décembre 1948, l’Assemblée générale de la toute nouvelle Organisation des Nations Unies votait les 30 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme. Trois ans après les atrocités de guerre, la communauté internationale voulait que le nouvel ordre mondial repose sur les droits de l’homme. « Puisque la guerre avait été une guerre des droits de l’homme, il fallait que la paix fut aussi une paix des droits de l’homme » disait René Cassin, un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 dont l’article 1° proclamait : « Tous les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit. » C’était presque dans les mêmes termes que commençait la déclaration des droits de l’homme votée 159 ans plus tôt par l’Assemblée Nationale de la Révolution française, le 26 août 1789.

 

Invité :

 

Emmanuel Decaux directeur du Centre de recherche sur les droits de l’homme et le droit humanitaire de l’université Panthéon-Assas Paris II; membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies!

 

2000 ans d'histoire jeudi 11 décembre 2008

 

L’assassinat d’Henri IV

 

« N’est-ce pas le fanatisme religieux qui seul s’arroge le droit de soulever les peuples, de les enivrer et de leur mettre en main le couteau des régicides » D’Holbach

 

Le 27 mai 1610, des milliers de Parisiens étaient venus sur la place de Grève pour voir mourir un homme qui deux semaines plus tôt avait assassiné Henri IV. Il s’appelait François Ravaillac et il avait 32 ans. Arrivé sur le lieu de son supplice, on commença à brûler le bras avec lequel il avait commis son crime, puis on lui arracha la poitrine avec des tenailles, versé du plomb fondu, de la résine brulante et du souffre sur ses plaies, avant de l’écarteler, les membres attachés par des cordes à quatre chevaux. C’était le supplice abominable qu’on réservait à l’époque aux régicides. Puis la foule se jeta sur son corps pour le mettre en morceau. Pendant 13 jours d’enquête, et jusqu’à son dernier souffle, on lui avait demandé sous la torture quel était le nom de ses complices. Mais jusqu’à sa mort Ravaillac avait affirmé qu’il avait agi seul, et qu’en tuant Henri IV, il n’avait fait qu’obéir à une mission divine.

 

Invitée :

 

Janine Garrisson professeur émérite à l'université de Toulouse-le-Mirail et de Limoges.

 

2000 ans d'histoire le vendredi 12 décembre 2008

 

L’Italie fasciste et les Juifs

Rediffusion du 14 mars 2007

 

« Les races humaines existent. Les juifs n’appartiennent pas à la race italienne. Il est temps que les Italiens se déclarent franchement racistes.»

Giornale d’Italia 14 juillet 1938

Jusqu’en 1938, personne ne pouvait prévoir l’anéantissement du quart de la communauté juive d’Italie. Bien intégrés depuis des siècles dans un pays qui n’avait jamais connu des persécutions antisémites aussi violentes qu’en Espagne, en Russie, en Pologne, en France, en Hongrie ou en Allemagne, les Juifs italiens imaginaient si peu le sort qui les attendait que beaucoup d’entre eux avaient adhéré au régime fasciste. Ils ne pensaient pas qu’après avoir éliminé de tous ses adversaires politiques (communistes, socialistes ou démocrates) Mussolini allait leur faire payer très cher son alignement sur l’Allemagne nazie dans tous les domaines. C’est même en Allemand que, devant 800.000 personnes, le dictateur italien répondait à Hitler qui l’accueillait à Berlin le 28 septembre 1937.

Invitée :

Marie-Anne Matard-Bonucci professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Grenoble III.

 

2000 ans d'histoire lundi 15 décembre 2008

 

Saint-Jacques-De-Compostelle

 

Quel est donc ce personnage si grand et si illustre que les Chrétiens aillent vers lui pour le prier d’au-delà des Pyrénées et de plus loin encore ? »

Un Musulman du XIXème siècle

Il y a 1200 ans, un ermite de Galice guidé par une étoile avait affirmé avoir découvert dans un champ le tombeau de Saint Jacques le Majeur mort martyrisé 800 ans plus tôt. Sur ce champ qu’il appela le champ de l’étoile (en latin campus stellae) qui est devenu Compostelle, le roi des Asturies, Alphonse II fit aussitôt construire une église, transformée plus tard en cathédrale et qui est devenue depuis le lieu de pèlerinage les plus célèbre de la chrétienté.
Saint Jacques de Compostelle sur les chemins de laquelle, depuis plus de dix siècles, marchent encore aujourd’hui des dizaines de milliers d’hommes et de femmes venus des quatre coins d’Europe.

 

Invité :

Danièle Bélorgey
professeur d'espagnol, auteur de plusieurs romans.

 

2000 ans d'histoire le mardi 16 décembre 2008

 

Le dimanche

« Au jour vénérable du soleil, que les habitants se reposent et que tous les ateliers soient fermés. »

Décret de l’empereur Constantin en 321

L’idée qu’il faut à l’homme un jour de repos hebdomadaire est aussi vieille que le monde. « Dans leur pitié pour notre race naturellement vouée à la peine, les dieux ont institué des haltes au milieu de nos travaux : c’est l’alternance des fêtes » disait déjà Platon il y a 23 siècles. Comme celle des Grecs, toutes les religions du monde ont toujours exigé qu’une fois par semaine au moins les hommes s’arrêtent de travailler : le vendredi chez les musulmans, le samedi chez les juifs et, dans les pays de tradition chrétienne, le sacro-saint dimanche. Le jour du seigneur où l’on consacre aujourd’hui moins de temps à la messe qu’à des activités profanes : le repas en famille, les loisirs ou le sport. Seul le travail restait prohibé jusqu’à ce qu’on remette aujourd’hui en cause le repos hebdomadaire du dimanche.

 

Invité :

 

Ronan Dantec
auteur spécialiste de la Belle Epoque et des images; il dirige ExpoNantes.

 

2000 ans d'histoire mercredi 17 décembre 2008

 

François Ier et la Renaissance

 

« Maintenant, toutes disciplines sont restituées, le monde est plein de gens savants, et m’est avis que ni au temps de Platon, ni de Cicéron n’était telle commodité d’études qu’on y voit maintenant » Rabelais, 1532

 

Du règne de François Ier, on connaît tous la date la plus célèbre de l’histoire de France. Mais 1515 n’est pas seulement l’année de la bataille de Marignan, c’est aussi le début d’un long règne de 33 ans pendant lequel la France est sortie du Moyen Âge pour entrer dans les Temps modernes. Le règne du père de la Renaissance française, François Ier qui ne fut pas seulement un roi chevalier réputé pour sa bravoure et ses conquêtes féminines, mais aussi celui qui a été avec Louis XIV, le plus grand mécène de l’Ancien régime. Non seulement parce qu’il aimait les arts et les lettres, mais, comme tous les princes de la Renaissance, pour affirmer la puissance de son pays par d’autres moyens que les armes. C’est pourquoi, en 1520, François Ier avait voulu éblouir le roi d’Angleterre qui se prétendait encore roi de France, en le recevant près de Calais dans un village de tentes décorées si somptueusement qu’on l’avait appelé le camp du drap d’or.

 

Invité : Gonzague Saint-Bris écrivain.

 

2000 ans d'histoire jeudi 18 décembre 2008

 

Les Ch'tis

 

« Ici la plaine humide et noire S’épanouit et livre au vent

L’inépuisable et chaste gloire Des lins bleus et des blés mouvants

Et oppose aux dômes blonds des meules Des montagnes de charbon noir. »

André de Guerne

 

Que peuvent avoir en commun Robespierre, Pétain et Line Renaud, le peintre Watteau et Margueritte Yourcenar, Maurice Thorez, Pierre Mauroy et Xavier Bertrand? Ils sont nés dans le Nord. Un pays sans frontières naturelles pour le protéger des guerres et des invasions. Celle des Romains qui l’ont intégré dans leur province de Belgique, des Germains et des Francs, des Anglais et des Français qui s’y sont battus à Azincourt, et des Espagnols de Charles Quint. Avant qu’en 1713, le traité d’Utrecht fixe définitivement les frontières du nord de la France, et intègre à son royaume un pays et un peuple qui, malgré les épreuves, les guerres, les occupations, et les difficultés économiques, est resté fidèle à ses traditions, à ses racines et à une langue étrange venue de Picardie: le Ch’ti.

 

Invitée : Pilar Hélène Surgers Historienne.

 

2000 ans d'histoire vendredi 19 décembre 2008

 

Rediffusion du 19 mars 2007

 

Guy de Maupassant Il n’aura fallu que dix ans pour que l’œuvre de Guy de Maupassant devienne une des plus populaires et des plus importantes du XIX° siècle. Sept romans, un recueil de poèmes et surtout près de 300 contes et nouvelles écrits entre 1880 et 1890 comme si Maupassant avait su qu’il mourrait jeune, victime de la même maladie qui avait emporté Baudelaire 26 ans avant lui : la syphilis. Enfermé en 1892 à la clinique du docteur Blanche à Passy, le corps entravé par une camisole de force, l’auteur de Boule de suif, de Bel ami et du Horla avait cessé d’écrire. Mais on dit que dans ses délires il se souvenait des premiers vers que lui avait inspiré à 15 ans une femme rencontrée sur les galets de la plage d’Etretat.

 

Invitée :

 

Nadine Satiat Docteur ès lettres, spécialiste du XIXème siècle.

 

2000 ans d'histoire lundi 22 décembre 2008

 

Les Momies

 

« Je posséderai mon corps pour toujours. Je ne me corromprai pas, je ne me désintègrerai pas, je ne serai pas la proie des vers ; j’existe, je suis vivant. Mon corps est permanent il ne périra pas. » Le livre des morts

 

Le 26 septembre 1976, un avion venu d’Egypte atterrissait à l’aéroport de Villacoublay avec à son bord un chef d’état qui venait se faire soigner en France. Comme le veut la tradition, le Président de la République avait voulu qu’il soit accueilli avec tous les honneurs dus à son rang. A ceci près que l’homme qui arrivait ce jour là d’Egypte n’était pas un contemporain de Valéry Giscard d’Estaing. Il était mort depuis plus de 3000 ans. C’était la momie de Ramsès II, et la maladie dont elle souffrait était la décomposition. Jamais, dans l’histoire, aucune civilisation n’a poussé aussi loin la croyance en l’immortalité que l’Egypte des Pharaons. Jamais non plus on n’avait réussi à garder le corps des morts dans un tel état de conservation que certains romanciers ont même imaginé que, dérangés par des pilleurs de tombe ou des archéologues, les momies pouvaient revenir à la vie. C’est même un des thèmes favoris des amateurs de films d’horreur.

 

Invité :

 

Francis Janot Egyptologue.

 

2000 ans d'histoire mardi 23 décembre 2008

 

Les tempêtes en mer

 

« La tempête n’avait été que terrible, elle devint horrible. La convulsion de la mer gagna le ciel. En bas, c’était la démence, en haut c’était la colère. Le ciel est le souffle, l’océan n’est que l’écume. » Victor Hugo,

 

"Les Travailleurs de la mer" Une légende de la mer raconte qu’il y a très longtemps les vents n’existaient pas et les bateaux avançaient à la rame. Jusqu’à ce qu’un marin, plus pressé que les autres, vende son âme au diable qui, en échange, lui donna des vents pour aller plus vite. Depuis ce jour, ils balayent toutes les mers du monde. La Méditerranée où Ulysse faillit en mourir sur la route qui le ramenait à Ithaque, dans l’Atlantique où, pendant son dernier voyage, Christophe Colomb paya d’une tempête sa découverte du Nouveau Monde, au sud du redoutable cap Horn et du cap de Bonne Espérance, qui s’appelait naguère le Cap des tempêtes, là où il n’y a plus aucune terre pour arrêter des vagues monstrueuses et des tempêtes qui font le tour du monde. Qu’il s’agisse de simples dépressions ou de cyclones, qu’on les appelle des typhons ou des ouragans, quand plusieurs tempêtes se réunissent elles peuvent même devenir de véritables monstres, comme celle qui a frappé le Nord-est de l’Atlantique en 1991.

 

Invité :

 

Christian Clères écrivain et scénariste.

 

2000 ans d'histoire mercredi 24 décembre 2008

 

Les débuts du christianisme

 

« On ne nait pas chrétien, on le devient » Tertullien

 

Ils s’appelaient Pierre, Jean, Jacques, Paul, Matthieu, Barthélémy, Philippe et Thomas. Il y a 2000 ans, ils quittaient Jérusalem pour aller, à travers l’empire romain jusqu’aux frontières de l’Inde, et de la Russie, et même en Ethiopie pour y enseigner la parole de celui qui leur a donné leur nom. En trois siècles à peine, ces premiers Chrétiens ont transformé ce qui n’était qu’une secte en une religion universelle. Ils en ont défini les dogmes et la liturgie, et construit les fondations d’une église qui compte aujourd’hui plus d’un milliard de fidèles qui tous les ans, au moment de l’Ascension célèbrent la naissance du christianisme. Ce moment où, selon les évangiles, après sa résurrection, Jésus apparaissait une dernière fois devant les apôtres pour leur demander de fonder une religion nouvelle.

 

Invités :

 

Gérard Mordillat et Jérôme Prieur écrivains et cinéastes.

 

2000 ans d'histoire jeudi 25 décembre 2008

 

Une Histoire de Noël Que l’on soit croyant ou non, que ce jour là on célèbre ou non la naissance du christ, Noël est devenu aujourd’hui une fête universelle dont les origines sont plus anciennes que l’on croit. Elles remontent à la fête païenne du solstice d’hiver, lorsque, dans l’antiquité les Romains saluaient l’allongement des jours en célébrant la fête des Saturnales. On y échangeait des vœux et des cadeaux, et on abolissait pour un jour les différences sociales. Il n’y avait plus ni riches, ni pauvres, ni maître ni esclaves. En transformant la fête païenne des saturnales en fête de la naissance de Jésus, les Chrétiens ont repris cette tradition. Et si, aujourd’hui, Noël n’est plus seulement une fête religieuse, elle reste ce moment unique où, comme à l’époque des Romains, les hommes oublient tout ce qui les distingue, les sépare et les oppose, même la guerre. Comme le 24 décembre 1918, lorsque des Allemands et des Français sont sortis de leurs tranchées non pour se battre, mais pour célébrer Noël ensemble.

 

Invitée:

 

Marie-France Noël Ethnologue et archéologue, ingénieur de recherche au Musée national des Arts et Traditions populaires-MUCEM.

 

2000 ans d'histoire vendredi 26 décembre 2008

 

Walt Disney

 

rediffusion du 14.12.2006.

 

Pour plus de renseignements sur cette émission, vous pouvez consulter sa page à la date de sa première diffusion depuis la rubrique "archives".

 

Invité :

 

Pierre Lambert

 

2000 ans d'histoire lundi 29 décembre 2008

 

Les Monstres

 

rediffusion du 06.02.2008.

 

Depuis les méduses, les gorgones ou les cyclopes de l’antiquité jusqu’aux mutants des films d’horreur aujourd’hui, les monstres n’ont jamais cessé de nous épouvanter. Toujours laids, difformes, repoussants et cruels, tantôt hommes, tantôt bêtes, tantôt dieux, ils viennent d’un autre monde, pour mieux expliquer celui dans lequel nous vivons. Sans le mal qu’ils incarnent, il n’y aurait pas le bien, sans le diable pas de dieu, sans leur laideur plus de beauté et sans les monstres de leur mythologie, les Grecs n’auraient pas inventé les héros. Mais d’où qu’ils viennent, les monstres inspirent la même chose : la peur qu’éprouvent toujours les hommes devant ce qu’ils ne comprennent pas.

 

Invité :

 

Stéphane Audeguy romancier, essayiste, enseigne l'histoire du cinéma et des arts au lycée à Boulogne-Billancourt.

 

2000 ans d'histoire mardi 30 décembre 2008

 

Esclave en Grèce et à Rome

 

rediffusion du 11.10.2006.

 

« L’esclave est un esclave parce qu’il est né esclave. En d’autres termes, il est esclave par nature. » Platon

 

Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, presque toutes les civilisations ont exploité des esclaves. Dans l’antiquité ils étaient même si nombreux qu’ils représentaient, dit-on, la moitié de la population d’Athènes et de Rome. Et si, à l’époque, leur statut n’a jamais indigné personne, s’ils se sont si rarement révoltés c’est qu’à l’époque tout le monde trouvait naturel d’acheter, de vendre, d’exploiter et de traiter des esclaves comme des marchandises ou des animaux domestiques. La démocratie grecque et la république romaine n’étant réservées qu’aux citoyens, les esclaves, qui ne l’étaient pas, n’avaient aucun droit. Et c’est sans le moindre scrupule que, pendant des siècles les phalanges grecques et les légions romaines revenaient des pays qu’elles avaient conquis avec des milliers d’esclaves capturés aux quatre coins du monde.

 

Invités :

 

Jean Andreau historien, spécialiste de l'Antiquité romaine

 

Raymond Descat historien, spécialiste de la Grèce antique

 

2000 ans d'histoire mercredi 31 décembre 2008

 

Mistinguett rediffusion du mercredi 13 décembre 2006

 

Mistinguett Pendant près de 50 ans, à l’affiche du Casino de Paris, du Moulin Rouge, de l’Olympia et des Folies Bergères, elle a régné sur le Music Hall. Avec sa voix des faubourgs, sa gouaille, ses célèbres gambettes, sa tête de gavroche, sa présence sur scène et des chansons que l’on fredonne encore aujourd’hui, celle que Colette appelait « Une propriété nationale, a fait chavirer le cœur de trois rois de quelque ministres de la III° république et de plusieurs milliardaires et inspiré Van Dongen et Cocteau qui écrivait un jour « Les larmes me montent à entendre cette voix mise à l’école des cris de la rue et des marchandes de journaux cette voix pour se plaindre » Cette voix, tous ceux qui l’ont entendue s’en souviennent encore cinquante ans après qu’elle se soit tue en 1956.

 

Invité :

 

Martin Pénet Historien de la chanson, journaliste et producteur à France Culture et à France Musique

 

2000 ans d'histoire jeudi premier janvier 2009

 

Les arts de la table rediffusion du 22.12.2006.

 

Histoire des Arts de la table « Un dîner réussi ne consiste pas tant dans les victuailles que dans la belle ordonnance de la table » Goldoni Depuis qu’ils ont inventé le feu et avec lui la cuisine, les hommes ont pris l’habitude de manger ensemble et en même temps. Mais les repas que les romains prenaient allongés sur leurs tricliniums n’ont pas grand-chose à voir avec ceux que servent les restaurants d’aujourd’hui. Les arts de la table n’ont jamais cessé d’évoluer en fonction des époques. Et on n’a jamais vu la même chose sur la table des puissants que sur celle des misérables. Comment comparer la maigre soupe que mangeaient les paysans du Moyen Âge dans la pièce unique qui leur servait à la fois de chambre et de salle à manger, avec les 14 couverts que s’était fait un jour servir Louis XIV dans un des nombreux salons du château de Versailles.

 

Invitée :

 

Jacqueline Queneau sociologue

 

2000 ans d'histoire vendredi 2 janvier 2009

 

Voltaire rediffusion du 18.09.2007.

 

« Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? » Voltaire (Dictionnaire philosophique)

 

En 2006, quand la publication de caricatures de Mahomet dans plusieurs journaux avait déchainé la colère des intégristes musulmans et envoyé le directeur de Charlie Hebdo devant un tribunal, France Soir avait titré : « Au secours Voltaire, ils sont devenus fous. » C’est dire à quel point, plus de deux siècles après sa mort, l’écrivain le plus célèbre du siècle des Lumières était encore d’actualité. « On n’emprisonne pas Voltaire » avait dit un jour le général de Gaulle quand on lui avait suggéré d’envoyer Sartre en prison parce qu’il avait signé le Manifeste des 121 contre la guerre d’Algérie. De Gaulle se souvenait peut être que, 250 ans plus tôt, en envoyant le jeune Voltaire à la Bastille à cause d’un pamphlet qu’il avait écrit contre lui, le Régent ne l’avait pas empêché de devenir pendant plus de 60 ans, le pire adversaire de la monarchie absolue et du fanatisme religieux.

 

Invité :

 

Pierre Milza professeur émérite à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.

 

2000 ans d'histoire lundi 5 janvier 2009

 

La révolution cubaine, à l'occasion du 50ème anniversaire

 

Il y a 50 ans, le 8 janvier 1959, Fidel Castro entrait triomphalement à La Havane après deux ans passés dans le maquis. C’était la fin d’une extraordinaire aventure commencée le 2 décembre 1956. Ce jour là, un petit bateau de plaisance, apparemment inoffensif, accostait quelque part sur la côte sud de Cuba. A son bord, une poignée de guérilleros barbus, bien décidés à abattre le régime du dictateur Batista. Personne alors ne pouvait imaginer que deux ans plus tard, les 12 survivants de cette aventure seraient devenus des milliers et que leur mouvement : le mouvement du 26 juillet arriverait au pouvoir. Personne non plus ne savait ce qui allait suivre. La mise en place du seul régime communiste du continent américain, aussi dictatorial que celui qui venait de tomber. Mais ce 8 janvier, personne encore ne pouvait le prévoir, et l’enthousiasme des Cubains qui accueillaient Castro dans leur capitale était partagé par tous les journalistes du monde. invité Alain Ammar grand reporter à TF1 spécialiste de l’Amérique latine lundi 5 janvier 2009 La révolution cubaine, à l'occasion du 50ème anniversaire Il y a 50 ans, le 8 janvier 1959, Fidel Castro entrait triomphalement à La Havane après deux ans passés dans le maquis. C’était la fin d’une extraordinaire aventure commencée le 2 décembre 1956. Ce jour là, un petit bateau de plaisance, apparemment inoffensif, accostait quelque part sur la côte sud de Cuba. A son bord, une poignée de guérilleros barbus, bien décidés à abattre le régime du dictateur Batista. Personne alors ne pouvait imaginer que deux ans plus tard, les 12 survivants de cette aventure seraient devenus des milliers et que leur mouvement : le mouvement du 26 juillet arriverait au pouvoir. Personne non plus ne savait ce qui allait suivre. La mise en place du seul régime communiste du continent américain, aussi dictatorial que celui qui venait de tomber. Mais ce 8 janvier, personne encore ne pouvait le prévoir, et l’enthousiasme des Cubains qui accueillaient Castro dans leur capitale était partagé par tous les journalistes du monde.

 

Invité :

 

Alain Ammar grand reporter à TF1 spécialiste de l’Amérique latine.

 

2000 ans d'histoire mardi 6 janvier 2009

 

Les Harems

 

« Le silence régnait autour de ce palais mystérieux qui, derrière les fenêtres du harem renferme tant d’ennuis et de langueur que je pensais à tous ces trésors de beauté perdus pour le regard humain. » Théophile Gautier

 

Coupés du reste du monde, avec ses jardins, ses hammams, ses eunuques et les dortoirs ou dormaient près de 400 femmes, le harem était l’endroit le plus secret du dernier palais des empereurs ottomans. Jusqu’à ce qu’en 1909, la révolution jeune turque en chasse le sultan Abdülhamid II. Parti en exil avec ses quatre épouses et quelques concubines, il laissait derrière lui des dizaines de femmes de 15 à 50 ans à charge du nouveau gouvernement. Jusqu’à ce que la république, proclamée en 1923 décide de mettre fin à ces prisons dorées où, pendant des siècles, des dizaines de milliers de femmes, raflées dans toutes les provinces de l’empire ottoman où capturées et vendues par ses pirates, avaient été enfermées pour satisfaire les désirs des sultans et leur donner une descendance.

 

Invité :

 

Altan Gokalp directeur de recherche au CNRS, anthropologue.

 

2000 ans d'histoire mercredi 7 janvier 2009

 

La Comtesse de Ségur

 

« N’écris que ce que tu as vu. » Comtesse de Ségur

 

En moins de 15 ans, de 1857 à 1871, la comtesse de Ségur a écrit une vingtaine de livres dont plusieurs générations d’enfants connaissent les héros. Les Petites filles modèles : Camille et Madeleine, le général Dourakine, l’âne Cadichon, la veuve Macmiche, Gribouille, et bien sur, Sophie dont les malheurs et les bêtises faisaient le désespoir de sa mère. Mais en commençant à écrire son premier livre, sous le Second Empire, à l’âge de 57 ans, la comtesse de Ségur n’imaginait surement pas qu’on les lirait encore aujourd’hui, et qu’avec plus de 30 millions d’exemplaire vendus, elle battrait tous les records de la littérature pour enfants. Elle ne faisait qu’écrire des livres destinés à ses petits enfants pour qu’ils y apprennent les bonnes manières de l’univers qui était le sien. Une société conservatrice, hiérarchisée, attachée à l’ordre établi et à la religion. Mais elle ne savait pas que 150 ans plus tard,dans un monde très différent de celui qu’elle avait décrit, ses arrières-arrières-arrières petites filles liraient encore ses livres.

 

Invité :

 

Hortense Dufour écrivain.

 

2000 ans d'histoire jeudi 8 janvier 2009

 

Srebrenica

 

Il était presque 14h. le 11 juillet 1995, quand le général Radko Mladic, commandant l’armée serbe de Bosnie, entrait dans la ville de Srebrenica qui était assiégée depuis plus de 3 ans. Exploitant la haine ancestrale qu’entretenaient depuis des années les responsables serbes contre les turcs qui les avaient autrefois occupés, Mladic livrait à ses hommes la population musulmane de la ville. Au total des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Des habitants de Srebrenica, ou des réfugiés qui y étaient venus pour échapper à la politique d’épuration ethnique du chef des Serbes de Bosnie : Radovan Karadzic. Théoriquement protégés par les casques bleus de l’O.N.U., qui avait fait de Srebrenica une zone de sécurité, ils ignoraient, ce 11 juillet 1995, qu’ils allaient être les victimes du plus grand massacre de masse qu’ait connu l’Europe depuis la 2° guerre mondiale. Un massacre dont les deux principaux responsables étaient inculpés 2 semaines plus tard, avant même qu’on découvre les horreurs qui s’étaient produites à Srebrenica.

 

Invité :

 

Sylvie Matton Ecrivain.

 

2000 ans d'histoire vendredi 9 janvier 2009

 

Gaston Fébus rediffusion du 12.09.2007.

 

« J’ai vu beaucoup de chevaliers, rois et princes, mais je n’en vis jamais d’aussi belle allure. » Froissart

 

C’était au Moyen Age, à l’époque où la France n’était qu’un ensemble de principautés plus ou moins dépendantes du pouvoir royal. La Bourgogne, la Bretagne, la Normandie, l’Armagnac, le Poitou, la Provence, l’Aquitaine ou Toulouse, dont les ducs, les comtes et les vicomtes étaient vassaux du roi de France. En 1331 un des plus singuliers d’entre eux, allait naître quelque part aux pieds des Pyrénées. Le futur comte de Foix Gaston III, plus connu sous le nom de Phébus, l’autre nom d’Apollon, le Dieu du soleil. Mais en cette année 1331 personne ne pouvait imaginer que le prince qui allait naître à la veille de la guerre de Cent Ans, allait faire du Béarn, du pays de Foix, de la Bigorre, de la Soule et du Nébouzan un des pays les plus paisibles et les plus riches de France.

 

Invitée :

 

Claudine Pailhès conservatrice en chef du patrimoine, directrice des archives départementales de l'Ariège, enseignante à l'université Toulouse-Le Mirail.

 

2000 ans d'histoire lundi 12 janvier 2009

 

Guerre froide et propagande au cinéma

 

Pendant plus de 50 ans, à l’ouest comme à l’est, le monde a vécu dans la peur de la bombe atomique. C’était au temps de la guerre froide quand, après avoir été des alliés contre l’Allemagne nazie, les Etats-Unis et l’U.R.S.S. ont divisé le monde en deux blocs antagonistes de part et d’autre de ce que Churchill avait appelé en 1946 le rideau de fer. Mais si les deux pays ne se sont jamais directement affrontés, si leur guerre est restée froide, et s’ils n’ont jamais utilisé leurs bombes, ils ont employé tous les moyens de la propagande pour mobiliser l’opinion publique. Et parmi eux le plus efficace : le cinéma. Pendant plus de 50 ans, à l’ouest comme à l’est, la guerre froide s’est faite aussi dans les salles de cinéma, pour le plus grand bonheur des amateurs des films d’espionnage. invité Jean-Pierre Bertin-Maghit historien, professeur d'études cinématographiques à Bordeaux III Guerre froide et propagande au cinéma Pendant plus de 50 ans, à l’ouest comme à l’est, le monde a vécu dans la peur de la bombe atomique. C’était au temps de la guerre froide quand, après avoir été des alliés contre l’Allemagne nazie, les Etats-Unis et l’U.R.S.S. ont divisé le monde en deux blocs antagonistes de part et d’autre de ce que Churchill avait appelé en 1946 le rideau de fer. Mais si les deux pays ne se sont jamais directement affrontés, si leur guerre est restée froide, et s’ils n’ont jamais utilisé leurs bombes, ils ont employé tous les moyens de la propagande pour mobiliser l’opinion publique. Et parmi eux le plus efficace : le cinéma. Pendant plus de 50 ans, à l’ouest comme à l’est, la guerre froide s’est faite aussi dans les salles de cinéma, pour le plus grand bonheur des amateurs des films d’espionnage.

 

Invité :

 

Jean-Pierre Bertin-Maghit historien, professeur d'études cinématographiques à Bordeaux III.

 

2000 ans d'histoire mardi 13 janvier 2009

 

Jacques Brel

 

« On ne réussit que ses rêves. C’est l’intensité de la vie, plus que sa durée qui compte. » Jacques Brel

 

« J’ai longtemps débuté » disait Brel en se souvenant un jour des années pendant lesquelles il était resté dans l’ombre avant de devenir célèbre. Auteur et compositeur de quelques uns des plus beaux titres de la chanson française, il aura passé plus de temps dans les coulisses que sur la scène qu’il abandonnait en 1966 pour faire du cinéma avant de partir au bout du monde, très loin des caméras, des micros et de la ferveur du public. Aux îles Marquises pour y passer les dernières années d’une vie courte mais aussi intense qu’il l’avait souhaitée. « C’est l’intensité de la vie plus que sa durée qui compte. » disait il avant de mourir à Paris d’un cancer du poumon. C’était il y a 30 ans, le 9 octobre 1978. invité Philippe Crocq et Jean Mareska Journaliste et ancien directeur artistique Jacques Brel « On ne réussit que ses rêves. C’est l’intensité de la vie, plus que sa durée qui compte. » Jacques Brel « J’ai longtemps débuté » disait Brel en se souvenant un jour des années pendant lesquelles il était resté dans l’ombre avant de devenir célèbre. Auteur et compositeur de quelques uns des plus beaux titres de la chanson française, il aura passé plus de temps dans les coulisses que sur la scène qu’il abandonnait en 1966 pour faire du cinéma avant de partir au bout du monde, très loin des caméras, des micros et de la ferveur du public. Aux îles Marquises pour y passer les dernières années d’une vie courte mais aussi intense qu’il l’avait souhaitée. « C’est l’intensité de la vie plus que sa durée qui compte. » disait il avant de mourir à Paris d’un cancer du poumon. C’était il y a 30 ans, le 9 octobre 1978.

 

Invités :

 

Philippe Crocq et Jean Mareska Journaliste et ancien directeur artistique.

 

2000 ans d'histoire mercredi 14 janvier 2009

 

L’île de Pâques

 

« Il est, au milieu du grand océan, une île mystérieuse et isolée. Elle est plantée de hautes statues monstrueuses, œuvre d’on ne sait quelle race aujourd’hui disparue, et son passé demeure une énigme. » Pierre Loti

 

Complètement perdue au milieu de l’océan Pacifique, à 3800 kilomètres des côtes du Chili et à 4000 à l’est de Tahiti, l’île de Pâques est tellement loin de tout qu’on s’est longtemps demandé comment et quand ses premiers habitants ont pu la découvrir et s’y installer, et d’où ils sont venus. C’est un des nombreux mystères de cette île comme celui de ses statues colossales, uniques au monde, qui ont impressionnés pendant plus de deux siècles tous les voyageurs occidentaux. Depuis le navigateur hollandais Jacob Roggeveen qui fut le premier à les voir lorsque le jour de Pâques de 1722, il avait découvert cette île oubliée et coupée du reste du monde depuis plus de 800 ans. Il était le premier d’une longue liste d’explorateurs, de missionnaires, de pêcheurs de phoques ou de baleines, d’aventuriers ou de scientifiques qui se sont succédés sur l’île de Pâques. Parmi eux, un célèbre anthropologue français d’origine suisse, Alfred Métraux qui y a vécu plusieurs mois en 1934. invité Michel Orliac archéologue et chercheur au CNRS, spécialiste des cultures du Pacifique sud, commissaire de l’exposition avec son épouse Catherine Orliac L’île de Pâques « Il est, au milieu du grand océan, une île mystérieuse et isolée. Elle est plantée de hautes statues monstrueuses, œuvre d’on ne sait quelle race aujourd’hui disparue, et son passé demeure une énigme. » Pierre Loti Complètement perdue au milieu de l’océan Pacifique, à 3800 kilomètres des côtes du Chili et à 4000 à l’est de Tahiti, l’île de Pâques est tellement loin de tout qu’on s’est longtemps demandé comment et quand ses premiers habitants ont pu la découvrir et s’y installer, et d’où ils sont venus. C’est un des nombreux mystères de cette île comme celui de ses statues colossales, uniques au monde, qui ont impressionnés pendant plus de deux siècles tous les voyageurs occidentaux. Depuis le navigateur hollandais Jacob Roggeveen qui fut le premier à les voir lorsque le jour de Pâques de 1722, il avait découvert cette île oubliée et coupée du reste du monde depuis plus de 800 ans. Il était le premier d’une longue liste d’explorateurs, de missionnaires, de pêcheurs de phoques ou de baleines, d’aventuriers ou de scientifiques qui se sont succédés sur l’île de Pâques. Parmi eux, un célèbre anthropologue français d’origine suisse, Alfred Métraux qui y a vécu plusieurs mois en 1934.

 

Invité :

 

Michel Orliac archéologue et chercheur au CNRS, spécialiste des cultures du Pacifique sud, commissaire de l’exposition avec son épouse Catherine Orliac.

 

2000 ans d'histoire jeudi 15 janvier 2009

 

Les Accords de Munich

 

« A Munich, vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre. » Winston Churchill après la conférence de Munich

 

Il y a 70 ans, dans la nuit du 29 au 30 septembre 1938 à Munich, le chef du gouvernement français, Edouard Daladier et le Premier Ministre Britannique, Neville Chamberlain, signaient avec Hitler et Mussolini un accord qui mettait fin à la crise la plus grave qu’ai connu l’Europe depuis la première guerre mondiale. Le matin du 29 septembre, une nouvelle guerre semblait encore inévitable et des millions d’hommes avaient été mobilisés sous les drapeaux en France, en Angleterre, en Allemagne et surtout dans le pays qui, depuis deux semaines, était malgré lui à l’origine de la crise la Tchécoslovaquie. Le 12 septembre, devant 200.000 personnes à Nuremberg, Hitler avait demandé au président tchécoslovaque, Edouard Bénès de permettre aux 3 millions d’Allemands qui vivaient dans son pays, dans la région des Sudètes, d’être rattachés au III° Reich. La Tchécoslovaquie étant l’alliée de la France, Hitler savait qu’en en formulant cette exigence, il pouvait provoquer une guerre. Mais il était prêt à en prendre le risque. invité Jean-Pierre Azéma historien \t\e Les Accords de Munich « A Munich, vous aviez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre. » Winston Churchill après la conférence de Munich Il y a 70 ans, dans la nuit du 29 au 30 septembre 1938 à Munich, le chef du gouvernement français, Edouard Daladier et le Premier Ministre Britannique, Neville Chamberlain, signaient avec Hitler et Mussolini un accord qui mettait fin à la crise la plus grave qu’ai connu l’Europe depuis la première guerre mondiale. Le matin du 29 septembre, une nouvelle guerre semblait encore inévitable et des millions d’hommes avaient été mobilisés sous les drapeaux en France, en Angleterre, en Allemagne et surtout dans le pays qui, depuis deux semaines, était malgré lui à l’origine de la crise la Tchécoslovaquie. Le 12 septembre, devant 200.000 personnes à Nuremberg, Hitler avait demandé au président tchécoslovaque, Edouard Bénès de permettre aux 3 millions d’Allemands qui vivaient dans son pays, dans la région des Sudètes, d’être rattachés au III° Reich. La Tchécoslovaquie étant l’alliée de la France, Hitler savait qu’en en formulant cette exigence, il pouvait provoquer une guerre. Mais il était prêt à en prendre le risque.

 

Invité :

 

Jean-Pierre Azéma historien.

 

2000 ans d'histoire vendredi 16 janvier 2009

 

Caligula rediffusion du 05.11.2007 .

 

« Qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent ». Caligula

 

Le 24 janvier 41, à Rome, le 3ème Empereur romain depuis Auguste, quittait le théâtre ou depuis plusieurs jours il assistait aux jeux palatins. Sous prétexte de le protéger, un centurion de sa garde prétorienne avait éloigné la foule et s’était approché de Caligula pour lui demander le mot d’ordre du jour. Quand l’empereur lui répondit « Jupiter », plusieurs soldats se ruèrent sur lui et le transpercèrent d’une trentaine de coups d’épée et de lance. C’était la fin d’un des règnes les plus extravagants de l’histoire. Celui d’un homme qui, en 4 ans à peine, à laissé le souvenir d’un tyran brutal, cynique, cruel, débauché et déséquilibré. Mais rien ne le laissait prévoir lorsque, le 18 mars 37, la mort de son prédécesseur plaçait Caligula à la tête de l’empire le plus grand et le plus puissant du monde.

 

Invité :

 

Pierre Renucci Auteur de biographies consacrées à "Auguste" et "Tibère".

 

2000 ans d'histoire le lundi 19 janvier 2009

 

Ces noirs qui ont fait la France Dans le cadre de la journée spéciale diversité sur Radio France Ils s’appelaient Joseph de Saint-George, Léon Delgrès, René Maran, Félix Eboué, Leopold Sédar Senghor, Aimé Césaire ou Gaston Monnerville. Ils étaient écrivains, musiciens ou soldats, ministres, députés ou sénateurs et, pendant 200 ans ils ont participé à l’histoire d’un pays qui a depuis oublié leur nom. Depuis que l’Afrique noire est devenue indépendante et la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion des départements d’outre mer, on ne parle plus beaucoup de ces Noirs qui ont fait la France, et dont les descendants sont plus nombreux sur les stades et les terrains de football que dans le gouvernement, au parlement, dans la haute fonction publique, dans les affaires ou dans les médias. Et quand en 1956, au premier congrès des écrivains et artistes noirs réuni à la Sorbonne en 1956, le poète martiniquais Aimé Césaire demandait, on vient de l’entendre, « qu’on laisse entrer le peuple noir sur la grande chaîne de l’histoire », ce n’était pas pour qu’il y fasse de la figuration.

 

Invité :

 

Benoît Hopquin grand reporter au journal "Le Monde".

 

2000 ans d'histoire mardi 20 janvier 2009

 

Barack Obama

 

Dans 4H.1/2, à 18 heures heure française, midi à Washington, sur les marches du Capitole, Barack Obama prêtera le serment traditionnel des présidents des Etats-Unis sur la même bible qui avait servi à l’intronisation d’Abraham Lincoln en 1861. Avant même que commence son mandat, ce président de 47 ans aura déjà plus profondément marqué l’histoire de son pays que la plupart de ses prédécesseurs. 150 ans après l’abolition de l’esclavage, et 46 ans après que Martin Luther King ait rêvé d’un pays dans lequel tous les américains auraient les mêmes chances, Barack Obama sera le premier président noir à entrer à la Maison Blanche. Ce sera l’aboutissement d’une campagne commencée il y a deux ans, lorsqu’en février 2007, ce jeune sénateur de l’Illinois, avait annoncé qu’il était candidat à la Maison Blanche.

 

Invité :

 

Jacques Portes historien professeur à Paris VIII Vincennes-Saint-Denis.

 

2000 ans d'histoire mercredi 21 janvier 2009

 

La bande à Bonnot

 

« Je suis un homme célèbre. La renommée claironne mon nom aux quatre coins du globe, et la publicité faite à mon humble personne doit rendre jaloux tous ceux qui se donnent tant de peine pour faire parler d’eux. » Jules Bonnot

 

Le 21 décembre 1911 à Paris, le jeune Pierre Brasseur se promène avec sa mère lorsqu’il voit une voiture garée devant le n° 150 de la rue Ordener. A cette époque, les automobiles sont encore rares, et tous les passants admirent cette Delaunay Belleville vert-bouteille à filet jonquille, qui se trouve juste en face d’une agence de la Société Générale. Mais personne n’imagine ce qui va se produire lorsqu’à 8h30 un encaisseur et un guichetier qui lui sert de garde du corps s’approchent de la banque avec une sacoche à la main. Aussitôt, deux hommes descendent de l’automobile, tirent deux coups de feu sur l’encaisseur, s’emparent de son sac et montent dans leur voiture. 60 ans plus tard, en 1972, Pierre Brasseur se souvenait encore de ce qui fut le premier hold-up motorisé de l’histoire. Le premier des nombreux crimes de la bande qui, pendant 4 mois, allait terroriser la France entière : la bande à Bonnot.

 

Invité :

 

Frédéric Lavignette journaliste.

 

2000 ans d'histoire jeudi 22 janvier 2009

 

Jupiter

 

« Tu as sur terre le nom que Jupiter porte au plus haut des cieux. Tu es Auguste, le père des hommes, il est le père des dieux. » Tacite

 

Dieu du ciel et père de tous les êtres vivants, appelé par les Romains Optimus Maximus (Le très bon, le très grand), pendant plus de mille ans, Jupiter a été associé au destin de Rome. Depuis sa fondation par Romulus il y a 2800 ans, jusqu’à ce que l’empereur Constantin se convertisse au Christianisme. Dès lors, les Romains ont commencé à se détourner du plus grand de leurs dieux. Et lorsqu’en 410, les Goths d’Alaric sont entrés dans Rome et l’ont mise à sac, il y avait déjà cent ans que, sur le Capitole, les généraux victorieux ne célébraient plus leurs triomphes devant le temple de Jupiter, que les empereurs n’y consultaient plus les augures, que la ville n’était plus la capitale de l’empire, et Jupiter, le premier de ses dieux.

 

Invité :

 

Jean-Maurice de Montremy journaliste.

 

2000 ans d'histoire vendredi 23 janvier 2009

 

L’affaire Jeanne d’Arc à l'occasion du 100e anniversaire de sa béatification le 24 janvier rediffusion du 13 septembre 2007.

 

« Il n’y a pas d’histoire plus connue, il n’y en a pas de plus mystérieuse » Philippe Erlanger à propos de Jeanne d’Arc

 

Peu d’histoires ont inspiré autant de livres ni mobilisé autant d’historiens. Une histoire que des générations d’écoliers connaissent par cœur. Celle d’une jeune fille de Domrémy qui, en pleine guerre de cent ans quittait la Lorraine pour rencontrer le roi de France, lui demander le commandement d’une armée, chasser les Anglais hors de France et faire sacrer Charles VII à Reims. « Il n’y a pas d’histoire plus connue écrivait l’historien Philippe Erlanger, mais il n’y en a pas non plus de plus mystérieuse. » Et elle continue de nous intriguer. Comment une bergère de 17 ans, qui ne savait ni lire ni écrire, ni monter à cheval, ni manier une épée a-t-elle pu en l’espace deux ans, rencontrer et convaincre le roi de France de lui confier le commandement d’une armée, vaincre les Anglais et tenir tête à ses juges avant d’être brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431 ? Autant de questions sans réponses et qui, près de 600 ans après sa mort, font de Jeanne d’Arc, un sujet encore très actuel.

 

Invité :

 

IGay .grand reporter à l'Est Républicain .

 

2000 ans d'histoire lundi 26 janvier 2009

 

La bande de Gaza

 

Le 29 décembre dernier, dans son journal de 13 heures, Claire Servajean dressait le premier bilan d’une offensive israélienne qui avait commencé 48 heures plus tôt et qui, en 22 jours, a ravagé une ville et une région chargés d’histoire. Convoitée et envahie successivement par les Philistins, il y a plus de 30 siècles, par les Hébreux qui lui ont donné le nom de Gaza, qui veut dire « fort, ou forteresse », par les grecs d’Alexandre, les Arabes, les Croisés, les armées de Saladin et les Ottomans qui l’ont inclus dans leur empire, Gaza a aussi vu passer les soldats de Bonaparte et de Lawrence d’Arabie, avant de devenir un des principaux enjeux du conflit qui, depuis plus de 60 ans, oppose Israël aux Palestiniens et aux états arabes.

 

Invité :

 

Alain Dieckhoff directeur de recherche au CNRS, CERI-Sciences Po.

 

2000 ans d'histoire mardi 27 janvier 2009

 

Le Mayflower

 

« Une petite chandelle peut en allumer des milliers. Et la lumière qui s’est allumée ici, s’est diffusée sur toute notre nation. » William Bradford, passager du Mayflower

 

Ils s’appelaient William Bradford, Samuel Fuller, Gilbert Winslow, William Button ou John Carver et faisaient partie des 102 passagers d’un bateau dont tous les Américains connaissent le nom. Le Mayflower qui, le 6 septembre 1620 quittaient le port anglais de Plymouth, et mettait le cap sur le Nouveau monde. Ces Pilgrim Fathers, (ces pères pèlerins) comme on les appelle aujourd’hui aux Etats-Unis, n’ont pas découvert l’Amérique, ils n’en ont même pas été les premiers colons. Les Espagnols en Amérique du Sud, les Français au Canada, les Hollandais à New York et même d’autres colons Anglais en Virginie l’avaient fait avant eux. Mais c’est pourtant leur histoire dont tous les Américains se souviennent aujourd’hui en fêtant tous les ans le Thanksgiving. Ce jour d’action de grâce qui commémore la première récolte réalisée en Amérique par les passagers du Mayflower un an après leur arrivée dans le nouveau monde, le 9 novembre 1620.

 

Invité :

 

André Kaspi professeur émérite à la Sorbonne, historien spécialiste de l'histoire de l'Amérique du Nord.

 

2000 ans d'histoire mercredi 28 janvier 2009

 

Stauffenberg et l’attentat contre Hitler

 

Le 20 juillet 1944 à 12h.30, dans son quartier général de Rastenburg en Prusse orientale, Hitler réunit comme tous les jours les officiers chargés de lui rendre compte de la situation militaire sur tous les fronts où est engagée l’armée allemande. Autour d’une lourde table de chêne, couverte de cartes d’état-major, personne ne remarque le geste du colonel von Stauffenberg quand il pose sa sacoche sous la table, avant de quitter discrètement la réunion. Quelques minutes plus tard, à 12h.42, la bombe à retardement qu’il avait dissimulée dans sa sacoche explose. Persuadé qu’Hitler a été tué, l’auteur de l’attentat est déjà loin, en route pour l’aéroport de Rastenburg où l’attend un avion pour Berlin. Stauffenberg ignore que le dictateur est indemne, que l’attentat a échoué, et que dans quelques heures il sera arrêté et fusillé avec trois autres conjurés d’un des complots les plus célèbres de l’histoire.

 

Invité :

 

Jean-Louis Thiériot historien et avocat.

 

2000 ans d'histoire vendredi 30 janvier 2009

 

Frida Kahlo rediffusion du 27/11/2007

 

Frida Kahlo « Ma peinture porte en elle le message de la douleur ». Frida Kahlo Rien au monde n’aurait pu l’empêcher de venir ce jour là à la galerie Lola Alvarez Bravo de Mexico. Le 13 avril 1953, souffrant le martyre après plusieurs opérations de la colonne vertébrale, enfermée depuis des années dans un corset de plâtre, Frida Kahlo s’était fait transporter dans son lit pour y assister à la première exposition qui lui était consacrée de son vivant. Elle ne savait pas que ce serait aussi la dernière. Un an plus tard, après avoir été amputée de la jambe droite atteinte par la gangrène, Frida Kahlo mourait dans les bras de son mari. Le peintre Diego Rivera, qu’elle avait rencontré 25 ans plus tôt, alors qu’il était aussi célèbre qu’elle était encore inconnue.

 

Invité :

 

Christina Burrus commissaire de nombreuses expositions, auteur de livres et catalogues d’expositions, restauratrice de peinture et sculpteur.

 

2000 ans d'histoire lundi 2 février 2009

 

Les famines

 

« On commence à pressentir l’approche de l’affreuse famine qui n’a vraiment plus d’excuse à notre époque où les paquebots et les chemins de fer seraient là pour apporter la nourriture à ceux qui meurent de faim. » Pierre Loti

 

L’Inde Jamais l’humanité n’a fait autant de progrès qu’au XXème siècle. Jamais non plus elle n’a compté autant d’hommes, de femmes et d’enfants sous-alimentés dans le monde. A la fin du XIXème siècle déjà, des voyageurs européens comme Pierre Loti ou le géographe Elysée Reclus avaient été choqués de voir des navires chargés de céréales quitter le port de Calcutta au moment où l’Inde subissait une des famines les plus meurtrières de son histoire. Aujourd’hui encore, malgré les progrès des transports et de l’agriculture, on estime qu’une personne au moins meurt toute les trois secondes de la faim ou des maladies qui lui sont associées. Ce qui fut pendant des siècles un des pires fléaux de l’humanité n’a toujours pas disparu, mais à la différence des grandes famines d’autrefois, celles d’aujourd’hui sont moins dues à des catastrophes naturelles qu’à des causes économiques où politiques, c'est-à-dire humaines.

 

Invité :

 

Etienne Thévenin historien, maître de conférences à l’université de Nancy 2.

 

2000 ans d'histoire mardi 3 février 2009

 

L'Alpinisme

 

« L’alpiniste est un homme qui conduit son corps là où, un jour, ses yeux ont regardé. » Gaston Rebuffat

 

Lorsqu’en 1760, Horace Bénédict de Saussure a découvert pour la première fois la vallée de Chamonix, cet étudiant genevois émerveillé par le Mont Banc, avait décidé d’en atteindre le sommet. Encore fallait-il convaincre les Savoyards de l’y conduire. A l’époque, la haute montagne faisait si peur que seuls les cristalliers et les chasseurs la fréquentaient. Ils appelaient le Mont Blanc, la Montagne Maudite, et personne n’avait osé s’y aventurer jusqu’à ce que Saussure propose une forte récompense à celui qui trouverait la voie permettant d’atteindre son sommet. C’est ainsi que le 8 août 1786, un médecin et un chasseur de Chamonix, Michel Gabriel Paccard et Jacques Balmat sont arrivés les premiers sur le plus haut sommet des Alpes. Ils n’avaient pas seulement découvert la voie que cherchait Horace Bénédict de Saussure, ils avaient sans le savoir inventé un nouveau sport qui, après le massif du Mont Blanc a permis de conquérir les plus hauts sommet du monde : l’Alpinisme.

 

Invités :

 

Olivier Hoibian historien, sociologue, guide de haute montagne

 

Michel Mestre maître de conférences à l’Université de Toulon et du Var.

 

2000 ans d'histoire mercredi 4 février 2009

 

Charles Darwin à l’occasion du bicentenaire de sa naissance le 12 février 1809, et 150 ans après la théorie de l'Evolution. « Les espèces qui survivent ne sont pas les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. » Darwin Le 27 décembre 1831, un trois-mâts quittait l’Angleterre en direction de l’hémisphère sud. Chargé par l’amirauté britannique de faire un relevé cartographique des côtes de l’Amérique du sud, il avait embarqué un jeune naturaliste de 22 ans, Charles Darwin qui, pendant cinq ans, au Brésil, en Argentine, en Terre de Feu, au Chili et aux îles Galápagos allait observer, recueillir et collectionner des fossiles et des spécimens de plantes, d’oiseaux, de poissons et de reptiles avec lesquels, de retour en Angleterre, il allait bouleverser l’idée que, pendant des siècles, l’homme s’était fait de ses origines. Parce que c’était écrit dans la Bible, nous étions convaincus jusque là que les êtres vivants n’avaient pas changé depuis la création. En affirmant au contraire que les espèces animales et végétales ont évolué en s’adaptant au milieu, Darwin allait provoquer un scandale. Ainsi donc, disait-on pour le caricaturer, l’homme pouvait descendre du singe ? Et pourquoi pas l’inverse pendant qu’on y est ?

 

Invité :

 

Pascal Picq paléoanthropologue, professeur au Collège de France.

 

2000 ans d'histoire jeudi 5 février 2009

 

La Cagoule

 

« Je crois vraiment que pendant la période où j’étais le chef du gouvernement, la menace d’un putsch fasciste dont la Cagoule était l’élément le plus actif, était réel. » Léon Blum

 

On l’appelait la Cagoule, mais son vrai nom était le CSAR, le comité secret d’action révolutionnaire. Pour certains, elle a failli faire tomber la IIIème République. Pour d’autres elle n’était qu’une conspiration d’opérette qui aurait fait sourire s’il n’y avait pas eu mort d’homme, et si on n’avait pas découvert les complicités dont elle avait bénéficié, au plus haut niveau, dans les milieux d’affaires, de la politique et de l’armée. Des complicités qui, après l’échec du coup d’état qu’elle avait tenté en 1937, ont permis à la plupart de ses membres d’échapper à la justice et de se réfugier à l’étranger, ou dans les conseils d’administration de quelques grandes entreprises françaises en attendant qu’on les oublie, et avec eux la Cagoule. Cette organisation secrète dont l’histoire commence après l’échec d’une manifestation d’extrême droite contre la IIIème République le 6 février 1934.

 

Invité :

 

Frédéric Monier professeur d’histoire contemporaine à l’Université d'Avignon.

 

2000 ans d'histoire vendredi 6 février 2009

 

Akhenaton rediffusion du 02.01.2006.

 

« Tu te lèves magnifique à l’horizon, Aton. Tes rayons enveloppent toute la terre pour ton fils aimé Akhénaton. » Grand hymne au soleil (XIV° siècle avant Jesus Christ)

 

Le 17 novembre 1714, sur la rive droite du Nil, à 200 km. au sud du Caire, un jésuite, le père Sicard trouvait par hasard une pierre étrange sur laquelle était gravé un disque solaire dont chacun des rayons se terminait par une main. Sans le savoir, le père Sicard venait de découvrir une cité disparue depuis plus de 3000 ans : la capitale d’un des pharaons les plus singuliers de l’Antiquité : Akhénaton. Successeur d’Amhénotep III, monté sur le trône d’Egypte quand elle était à l’apogée de sa puissance il en avait bouleversé la religion polythéiste en établissant pour la première fois de l’histoire le culte d’un Dieu unique Aton (le disque solaire) et en prenant le nom d’Akhénaton (celui qui est agréable à Aton).

 

Invité :

 

Marc Gabolde Egyptologue, maitre de conférence à l'Université Paul Valéry à Montpellier III Effectue des foulilles dans la nécropole royale Tell el Amarn.a

 

2000 ans d'histoire lundi 9 février 2009

 

Il y a 30 ans, la Révolution iranienne

 

Il y a trente ans, le 1er février 1979, ils étaient 4 millions dans les rues de Téhéran à attendre l’Ayatollah Khomeiny de retour dans son pays après avoir passé 14 ans en exil. Depuis plus d’un an, des centaines de milliers d’hommes et de femmes défilaient dans les rues de toutes les villes d’Iran en criant son nom et en brandissant son portrait. A Qom, à Tabriz, à Ispahan, à Yazd, à Masshad et à Téhéran où le 8 septembre 1978, l’armée avait tiré sur la foule provoquant la mort de plusieurs centaines de manifestants. En un an, l’ayatollah Khomeiny avait rassemblé derrière son nom toutes les oppositions au régime du Shah d’Iran. Les nationalistes qui lui reprochaient d’être inféodé aux Américains, les libéraux qui réclamaient la démocratie, les communistes, les commerçants du bazar et les paysans et surtout le très puissant clergé chiite qui voulait la mise en place d’un nouveau régime fondé sur les grands principes de l’Islam. Une révolution sans équivalent dans l’histoire et qui, le 16 janvier 1979 allait provoquer le départ du Shah d’Iran.

 

Invité :

 

Bernard Hourcade géograph directeur de recherches au CNRS, membre de l’unité de recherche « Mondes iranien et indien » - il a vécu en Iran pendant la Révolution islamiste.

 

2000 ans d'histoire mardi 10 février 2009

 

Mazarin et Anne d’Autriche

 

« Je voudrais dire bien des choses de vive voix qui ne se peuvent écrire, mais il faut avoir patience de votre retour que je souhaite de tout mon cœur. » Anne d’Autriche à Mazarin en août 1658

 

Quelles étaient donc « ces choses qui ne se peuvent écrire » dont parlait Anne d’Autriche à Mazarin dans une lettre qu’elle lui avait envoyée en 1658 ? S’agissait-il d’amour ou d’un secret d’Etat ? Personne n’en sait rien. Mais depuis plus de 3 siècles qu’ils sont morts, les historiens se demandent quelle était la véritable nature des rapports de cette reine et de ce cardinal qui ont gouverné la France pendant 18 ans. Elle était arrière-petite-fille de l’empereur d’Autriche Charles Quint, fille du roi d’Espagne Philippe IV et reine de France par son mariage avec Louis XIII. Lui était le fils d’un petit noble Sicilien, né en Italie en 1602, et venu en France à 37 ans pour se mettre au service du principal ministre de Louis XIII, le cardinal de Richelieu. Rien ne destinait Anne d’Autriche et Mazarin à se rencontrer, ni à se trouver ensemble à la tête de l’Etat le plus puissant d’Europe. Jusqu’à ce qu’avant de mourir, en 1642, Richelieu recommande à Louis XIII et à Anne d’Autriche de garder Mazarin auprès d’eux.

 

Invité :

 

Jacques Santamaria scénariste et réalisateur.

 

2000 ans d'histoire mercredi 11 février 2009

 

La gendarmerie

 

« Le corps de la gendarmerie nationale est une force instituée pour assurer, le maintien de l’ordre et l’exécution des lois. » 28 germinal an 6, 17 avril 1798

 

Depuis plus de 200 ans, la gendarmerie remplit les deux missions que lui avait confiées la République par la loi du 17 avril 1798. Dans les campagnes françaises, au bord des routes, où dans les tribunaux, assurant la protection des édifices publics et du président de la République où la sécurité en montagne et sur les plages, dans tous les lieux et a tous les moments de l’histoire de France, les champs de batailles ou les révolutions, les gendarmes sont partout pour assurer le maintien de l’ordre et l’exécution des lois comme le lui demandait la loi en 1798. Et comme le faisait avant elle la maréchaussée de l’Ancien Régime, quand les gendarmes existaient déjà, avant la naissance de la gendarmerie.

 

Invité :

 

Jean-Noël Luc professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne-Paris IV. Jean-Noël Luc

 

2000 ans d'histoire jeudi 12 février 2009

 

Abraham Lincoln

 

A l'occasion du bicentenaire de sa naissance

 

« Lincoln nous dit qu’au-delà de toutes les différences de race, de religion et de condition, nous sommes un seul peuple. » Barack Obama à Springfield en 2007

 

Avant d’entrer à la Maison Blanche le 20 janvier dernier, Barack Obama avait tenu à rendre solennellement hommage à celui de ses prédécesseurs qui l’a le plus profondément marqué. Le 17 janvier, il faisait en train le même trajet que celui qui autrefois avait conduit Abraham Lincoln, de Philadelphie à Washington quand il était devenu le 16° Président des Etats-Unis au pire moment de leur histoire. C’était 150 ans plus tôt, le 4 mars 1861. La guerre de sécession venait de commencer entre le Nord et les états du sud des Etats-Unis qui refusaient d’accepter l’élection de ce président qui voulait abolir l’esclavage. Elle allait durer quatre ans et faire plus de 600.000 morts. Mais sans que jamais Lincoln ne perdre l’espoir de préserver l’Union des Etats-Unis. Il le disait le 19 novembre 1863, à Gettysburg, sur le lieu de la bataille la plus sanglante de la guerre civile en prononçant le plus célèbre de ses discours. En quelques mots qui sont aujourd’hui gravé sur le Lincoln Mémorial à Washington.

 

Invité :

 

Bernard Vincent professeur émérite d’histoire et civilisation américaines à l’université d’Orléans.

 

2000 ans d'histoire lundi 16 février 2009

 

La Mafia (première partie) rediffusion de l'émission du 28/01/2008.

 

« En Sicile existe une secte de voleurs dont les membres ne craignent ni la police ni la justice. Ils s’enorgueillissent du fait que les preuves à charge ne sont jamais produites devant les tribunaux en raison des pressions exercées sur les témoins. » Baron Turrisi Colonna, 1864

 

En 1863, quelque part sur une route près de Palerme, le baron Turrisi Colonna était attaqué par une bande de cinq hommes qui tentaient de l’assassiner. Dans l’anarchie qui régnait alors en Sicile, l’affaire serait restée sans suite si le baron n’avait pas publié un an plus tard un livre dans lequel il révélait l’existence de ce qu’il appelait une secte qui volait et rançonnait les Siciliens. Sans le savoir, Turrisi Colonna était le premier à parler d’une organisation qui allait terroriser l’Italie pendant plus de cent ans. Vivant de la contrebande, du racket et plus tard du trafic de la drogue, assassinant tous ceux qui lui résistaient, la trahissaient ou la menaçaient, étendant son influence jusqu’en Amérique, s’infiltrant dans tous les rouages de l’économie et de l’Etat italien, la mafia allait devenir si puissante qu’elle pouvait s’en prendre aux plus hauts responsables de l’armée, de la police ou de la justice italiennes lorsqu’en 1992 elle assassinait le juge anti-mafi Giovanni Falcone, à l’endroit même où, 130 ans plus tôt, elle avait tenté de tuer le baron Colonna.

 

Invitées :

 

Clotilde Champeyrache économiste maître de conférences à l’université de Paris-VIII

 

Marie-Anne Matard-Bonucci professeur d’histoire contemporaine à l’université de Grenoble III, spécialiste de l’Italie.

 

2000 ans d'histoire mardi 17 février 2009

 

La Mafia -deuxième partie- rediffusion du 29/01/2008.

 

« La mafia est un phénomène humain. Elle a un commencement, une évolution et elle connaîtra aussi une fin. » Giovanni Falcone, assassiné par la mafia en 1992

 

On l’appelle la Mafia, Cosa Nostra, l’honorable société ou la pieuvre. Quatre noms pour l’organisation criminelle la plus célèbre de l’histoire. La plus mystérieuse aussi. Jusqu’à ce que, dans les années 80, plusieurs repentis enfreignent la loi du silence, la sacro-sainte Omertà, en révélant tous les secrets de la mafia. Son organisation, ses méthodes, ses liens avec la classe politique et les milieux d’affaires italiens et ses ramifications très loin de sonberceau sicilien, jusqu’aux Etats-Unis où quelques Américains d’origine italienne allaient la rendre tristement célèbre. Ils s’appelaient Jo Bonnano, Al Capone, Vito Genovese, Franck Costello ou Lucky Luciano, né en Sicile, immigré aux Etats-Unis en 1906 et, après avoir fait fortune dans le trafic de la drogue, revenu dans son pays d’origine où il est mort d’une crise cardiaque en 1962.

 

Invitées :

 

Marie-Anne Matard-Bonucci professeur d’histoire contemporaine à l’université de Grenoble III, spécialiste de l’Italie

 

Clotilde Champeyrache économiste maître de conférences à l’université de Paris-VIII.

 

2000 ans d'histoire mercredi 18 février 2009

 

Les fées rediffusion du 21/12/2005.

 

« Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées Neiger des blancs bouquets d’étoiles parfumées. » Mallarmé

 

Venues du fond des âges, les fées continuent de peupler nos rêves. Diabolisées par le Christianisme qui a essayé en vain de faire disparaître ces dernières survivantes du paganisme en les assimilant à des sorcières, les fées ont laissé derrière elles des traces de leurs passage dans des noms de lieux, des traditions locales mais aussi dans ces contes et ces légendes avec lesquels Perrault, Grimm, Andersen, Walter Scott, James Barrie ou Tolkien ont fait rêver des générations d’enfants. Ils ont tous entendu parler de la fée Clochette de Peter Pan, de la fée Morgane, de la fée bleue qui avait donné la vie à Pinocchio, de la fée Marraine de Cendrillon ou encore de cette fée des Lilas qui avait permis à Peau d’Âne d’échapper à son père qui voulait se marier avec elle.

 

Invitée : Marie-Charlotte Delmas spécialiste des fées et des croyances populaires.

 

2000 ans d'histoire jeudi 19 février 2009

 

Colbert

 

rediffusion du 10/12/2007.

 

« Si j’avais fait pour Dieu ce que j’ai fait pour le roi, je serais sauvé dix fois. » Colbert

 

Jamais en France aucun ministre, ni aucun chef de gouvernement, n’eut autant de pouvoir que Colbert. Responsable à la fois de l’économie, des finances, de l’industrie, du commerce, de la marine, des colonies, de la maison du roi, des arts et des grands travaux, pendant 22 ans, il allait donner à Louis XIV les moyens d’une politique qui a fait de la France la plus grande puissance du XVIIème siècle. Ancien intendant de Mazarin auprès duquel il avait appris toutes les ficelles de la politique, et les moyens de s’en servir pour faire fortune, Colbert avait accumulé entre ses mains tous les pouvoirs, depuis celui que lui confiait Louis XIV, le lendemain de la mort de Mazarin, le 10 mars 1661.

 

Invité :

 

Daniel Dessert historien.

 

2000 ans d'histoire vendredi 20 février 2009

 

rediffusion du 12/02/2007.

 

Les crimes du Japon pendant la 2ème guerre mondiale Le Japon en guerre « Je voudrais m’excuser de tout mon cœur pour les atrocités qui ont été commises » Général Tojo, premier ministre du Japon de 1941 à 1944 Le 3 mai 1946, dans une salle de l’ancien état-major de l’armée japonaise, s’ouvrait à Tokyo l’équivalent asiatique du procès de Nuremberg. « Il n’y a pas eu de procès criminel plus important que celui-ci dans toute l’histoire » disait ce jour là le président australien du tribunal, William Webb, avant d’énumérer la longue liste des crimes dont étaient accusés les 28 japonais qui comparaissaient devant lui. Le massacre de plusieurs centaines de milliers de civils, des populations entières réduites en esclavage, l’utilisation de cobayes humains pour d’abominables expériences médicales, où la mort de dizaines de milliers de prisonniers de guerre chinois, américains, anglais, néerlandais, australiens ou français dans une guerre qui avait commencé en Asie, deux ans avant son déclenchement en Europe. Quand l’armée japonaise avait envahi la Chine en novembre 1937.

 

Invité :

 

Jean-Louis Margolin Spécialiste de l'histoire de l'Asie, maître de conférence à l'Université de Provence et directeur adjoint de l'Institut pour la recherche sur le sud-est asiatique.

 

2000 ans d'histoire lundi 23 février 2009

 

Vérités et légendes : Jeanne d’Arc

 

« Il n’y a pas d’histoire plus connue, il n’y en a pas non plus de plus mystérieuse » écrivait l’historien Philippe Erlanger en parlant de Jeanne d’Arc.

 

Comment, une jeune fille de 17 ans a-t-elle pu devenir en deux ans un des personnages les plus importants de l’Histoire de France ? Comment une petite paysanne sans aucune expérience militaire ou politique a-t-elle pu rencontrer le roi de France Charles VII et le convaincre de lui confier une armée ? Pourquoi après l’avoir couverte d’honneurs, Charles VII l’a-t-il abandonnée quand elle a été livrée aux Anglais et brûlée vive à Rouen en 1431 ? Autant de mystères qui, depuis plus de 500 ans ont alimenté toutes les spéculations, les affabulations et les polémiques sur les origines de Jeanne d’Arc, sur les circonstances de sa mort et sur ces voix qui, en pleine guerre de cent ans, avaient révélé à une simple bergère qu’elle allait sauver la France occupée par les Anglais.

 

Invitée :

 

Colette Beaune historienne

 

2000 ans d'histoire mardi 24 février 2009

 

L’évasion de Louis XVI

 

« A Varennes, l’infortuné Louis XVI mettait le pied sur le premier degré de l’échafaud » Alexandre Dumas

 

Il est 7 heures du matin le 21 juin 1791 lorsqu’en entrant dans la chambre du roi, le valet de Louis XVI s’aperçoit que le lit de son maître est vide. La nouvelle se répand aussitôt dans tout le palais des Tuileries où l’on découvre aussi que la reine, ses enfants, la sœur du roi et son frère, le futur Louis XVIII ont disparu. Toute la famille royale s’est envolée vers une destination inconnue. A 11 heures du soir, dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, fuyant le château des Tuileries d’où il ne pouvait pratiquement plus sortir, Louis XVI était parti à Montmédy rejoindre l’armée du marquis de Bouillé. Mais il n’y est jamais arrivé. Reconnu par le maitre de poste de Sainte-Menehould, Jean Baptiste Drouet, Louis XVI était arrêté dans un petit village de l’Argonne dont tout le monde connaît aujourd’hui le nom. C’était à Varennes à 23 heures, le 21 juin 1791, à la fin d’une journée qui a bouleversé l’histoire de la France et de la Révolution.

 

Invité : Jean-Christian Petitfils Ecrivain.

 

2000 ans d'histoire mercredi 25 février 2009

 

Le Chevalier d’Eon

 

« Ce n’est pas ma faute si j’existe tel que la nature m’a fait. Bien ou mal conformé, j’ai toujours et de tout mon cœur, fidèlement servi le roi ». Charles Geneviève chevalier d’Eon

 

Pendant toute sa vie on s’est demandé si le chevalier d’Eon était un homme ou une femme. Le jour de sa naissance à Tonnerre en 1728, le médecin de la ville était lui-même incapable de le dire. « Je ne peux vérifier si le nouveau né est une fille ou un garçon » dit-il au père. Et pour cause, l’enfant était couvert de membranes fœtales appelées à disparaître. Trois jours plus tard, n’étant toujours pas fixés sur le sexe de leur enfant, ses parents lui ont donné autant de prénoms masculins que féminins en le faisant baptiser sous le nom de Charles, Geneviève, Louise, Auguste d’Eon. C’était au début d’une vie extravagante pendant laquelle ce chevalier habillé tantôt en homme, tantôt en femme a servi la politique de Louis XV aussi bien dans l’armée comme capitaine de dragon, que dans la diplomatie ou dans les services secrets du roi. Mais sans que personne ne sache vraiment de quel sexe il était. Pas même Beaumarchais lorsque sous un faux nom, il avait été envoyé à Londres par le roi pour y rencontrer discrètement le, ou la, chevalière d’Eon.

 

Invitée :

 

Evelyne Lever Historienne et chercheur au CNRS.

 

2000 ans d'histoire jeudi 26 février 2009

 

La politique africaine de la France

 

Il y a un an au Cap, Nicolas Sarkozy annonçait sa volonté de rompre avec une politique qui date d’il y a 50 ans. C’était en 1960 lorsque, la même année les anciennes colonies françaises en Afrique noire accédaient à l’indépendance pacifiquement contrairement à ce qui s’est passé en Algérie et en Indochine. Si bien que la France pu y préserver ses intérêts et y maintenir sa présence. A la colonisation succédait alors une politique de coopération politique, économique, militaire et culturelle voulue aussi bien par la France que par ses partenaires africains. Mais 50 ans après, dans un contexte différent, ce qu’on appelle péjorativement la françafrique, la présence et les interventions de l’armée française en Afrique, le soutien qu’elle y apporte parfois à des régimes autoritaires, et le détournement de l’aide au développement, sont de plus en plus critiqués. Même au plus haut niveau de l’état.

 

Invité :

 

Maurice Vaïsse professeur des universités à Sciences Po.

 

2000 ans d'histoire vendredi 27 février 2009

 

L'esclavage aux Antilles rediffusion du 15.05.2007.

 

« Le sucre serait trop cher si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. » Montesquieu Lorsqu’au XVIIème siècle, la France a colonisé les Antilles il n’y était pas encore question du sucre qui allait faire la fortune des planteurs et le malheur des esclaves qui y travaillaient. Après la disparition des indiens, décimés par le travail forcé et les maladies, il fallait aux premiers exploitants de canne à sucre une main d’œuvre bon marché, robuste et docile. Ils ont été la chercher très loin, en Afrique où la traite des noirs a arraché de leur continent d’origine des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui, après avoir traversé l’Atlantique, étaient aussitôt vendus, comme des bêtes de somme, sur les marchés aux esclaves des Antilles. Ils y ont subi la pire des exploitations et, malgré son abolition en 1848, elle a marqué jusqu’à aujourd’hui l’histoire et la société de la Martinique, de la Guadeloupe et de Haïti.

 

Invitée : Myriam Cottias historienne du fait colonial au CNRS, à l'université des Antilles-Guyane et à l'EHESS, directrice du Centre international de recherche sur les esclavages au CNRS.

 

2000 ans d'histoire lundi 2 mars 2009

 

Le Ministère de la Culture

 

« Le ministère des affaires culturelles a pour mission de rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité au plus grand nombre et de favoriser la création des œuvres d’art et de l’esprit. » Décret du 26 juillet 1959

 

« Rendre la culture accessible à tous et favoriser la création des œuvres d’art et de l’esprit », c’était la mission du ministère de la culture quand, il y a 50 ans le général de Gaulle en avait confié la responsabilité à André Malraux. Mais ce qu’il y avait de nouveau en 1959, ce n’était pas le ministre, c’était le ministère. Jamais encore, ni en France ni dans le reste du monde, il n’y avait eu de ministre et de ministère de la culture. Et tout ce qui en relève encore aujourd’hui, les arts et les lettres, les musées, l’architecture, le patrimoine, les archives, tout ce qu’on appelait alors, les beaux-arts, dépendait pour l’essentiel du ministère de l’éducation nationale. Le ministère de la culture n’existait pas. Jusqu’à ce qu’en nommant André Malraux ministre d’Etat chargé des affaires culturelles, le général de Gaulle montre l’importance qu’il entendait désormais donner à la culture, dans le premier gouvernement de la V ième République.

 

Invitée :

 

Maryvonne de Saint-Pulgent Conseillère d’Etat, Présidente du Comité d’Histoire du ministère de la culture.

 

2000 ans d'histoire mardi 3 mars 2009

 

Henri II

 

« La majesté de son front illustre

Entre les rois apparaît ainsi

Que l’or auprès de l’argent, et son lustre

Eclaire l’obscurité de ce beau siècle ici. »

Du Bellay

 

Célébré en son temps par du Bellay, Ronsard, Montaigne et La Boétie, Henri II n’a régné que 12 ans, mais il a profondément marqué l’histoire de France. Pour le meilleur, en mettant fin à des années de guerre contre l’Espagne et l’Angleterre, mais aussi pour le pire en provoquant le début des guerres de religion. Et pourtant, 450 ans après sa mort atroce dans un duel, Henri II est aujourd’hui un roi oublié. Moins connu que son père François 1°, que sa femme Catherine de Médicis ou que sa favorite, Diane de Poitiers qui, en 1530, était arrivée à la cour de François 1°qui lui avait confié l’éducation de son deuxième fils, le futur Henri II.

 

Invité :

 

Didier Le Fur historien spécialiste du XVIème siècle.

 

2000 ans d'histoire mercredi 4 mars 2009

 

Soljenitsyne

 

« Je viens d’un monde où il est interdit de parler. J’arrive dans un monde où l’on peut tout dire, et où ça ne sert à rien. » Alexandre Soljenitsyne, en exil aux Etats-Unis Même si le Goulag tel que Soljenitsyne l’a connu et décrit n’existait plus depuis la déstalinisation, même si, avant lui d’autres en avaient déjà révélé l’existence, la publication en 1973 de L’archipel du Goulag a été le réquisitoire le plus sévère jamais lancé contre le régime soviétique depuis sa naissance en 1917. Car c’est bien de cela qu’il s’agissait. Le Goulag que Soljenitsyne décrivait dans son livre, et dans lequel il avait été lui-même enfermé pendant 8 ans, ce n’était pas seulement selon lui l’instrument de la tyrannie de Staline. C’était l’inévitable conséquence de la révolution de 1917 et du régime qu’elle avait mis en place. Et c’est pourquoi, quelques semaines après la publication de son livre en France, ne pouvant plus vivre ni écrire en U.R.S.S., Soljenitsyne en a été chassé pendant vingt ans. Jusqu’à ce qu’après l’effondrement du communisme, le plus célèbre des dissidents soviétiques puisse y revenir en 1994.

 

Invité :

 

Georges Nivat historien de la littérature russe et traducteur de Soljenitsyne; professeur honoraire de l’université de Genève.

 

2000 ans d'histoire jeudi 5 mars 2009

 

Histoire de l'adultère

 

« Il est des femmes dont l’adultère est le seul lien qui les attache encore à leur époux. » Sacha Guitry

 

Que seraient la littérature, le théâtre ou le cinéma sans le trio que forment depuis des siècles le mari, la femme et l’amant. De Shakespeare à Tolstoï, de Flaubert à Maupassant, de Sade à Laclos, de Feydeau à Sacha Guitry, l’adultère a inspiré tant de drames et de vaudevilles qu’on en regrette que le mot soit passé de mode. Sans parler d'une autre littérature, plus technique celle là, qui par des textes de loi, des codes et des règlements essaie en vain de réprimer ce que les églises et les états ont toujours considéré comme un crime, dangereux pour la société, la paix des ménages et même la paix du monde. Pâris n’a-t-il pas déclenché la guerre de Troie en enlevant une Hélène plus consentante que ne le croyait son époux ? On voit par là que l’adultère est aussi vieux que le monde, même s’il utilise aujourd’hui des techniques beaucoup plus modernes qu’à l’époque d’Homère.

 

Invitée :

 

Agnès Walch Maître de conférences en Histoire moderne à l’université d’Artois.

 

2000 ans d'histoire vendredi 6 mars 2009

 

Les Papes d’Avignon

 

rediffusion du 19/10/2006.

 

« Avignon c’est Babylone, l’enfer des vivants, la sentine des vices, l’égout de la terre. Alors que la résidence du souverain pontife en aurait du faire le sanctuaire de la religion. » Pétrarque

 

Le 9 mars 1309, alors qu’il était de passage dans la région, un pape français, Clément V, décidait de s’installer provisoirement à Avignon. Il venait, sans le savoir, de choisir la ville dont ses successeurs feront pendant cent ans la capitale de la chrétienté. Mais cela, Clément V l’ignorait. Il n’était venu à Avignon que pour y attendre les travaux d’un concile qui allait interdire l’ordre des Templiers. Cinq ans plus tard, le 18 mars 1314, alors que Clément V était encore à Avignon le grand maître des Templiers, Jacques de Molay était brulé vif à Paris sur ordre de Philippe le Bel. On a dit que sur son bûcher Jacques de Molay était mort en maudissant, le pape, le roi de France et son principal conseiller Guillaume de Nogaret. Un mois plus tard, on annonçait à Philippe le bel la mort du le premier pape d’Avignon.

 

Invité :

 

Jean Favier historien

 

2000 ans d'histoire lundi 9 mars 2009

 

Le Baron Rouge

 

« Le baron vaut à lui seul deux division de l’infanterie allemande. » Général Ludendorff

 

Le 22 avril 1918, dans le petit cimetière de Bertangles près d’Amiens, des soldats anglais et australiens enterraient un des très nombreux pilotes qui ont été tués pendant la 1ère guerre mondiale. Tandis qu’une escadrille d’avions passait à basse altitude au-dessus du cercueil porté par 6 officiers australiens, une garde d’honneur tirait en l’air une salve pour rendre hommage au pilote disparu. La cérémonie aurait été presque banale si celui auquel les australiens et les britanniques rendaient les honneurs n’avait pas été un de leurs pires adversaires. Celui qui, en abattant 80 avions alliés était devenu l’as des as de l’aviation allemande, le capitaine Manfred von Richthofen qui était déjà célèbre lorsqu’un an plus tôt, il avait pris le commandement de l’escadrille de chasse, la Jagstaffel 11, à la tête de laquelle, aux commandes de son Fokker triplan peint en rouge, il allait être, avec le Français Guynemer, le pilote le plus célèbre de toute la 1ère guerre mondiale. invité Stéphane Koechlin journaliste Le Baron Rouge « Le baron vaut à lui seul deux division de l’infanterie allemande. » Général Ludendorff Le 22 avril 1918, dans le petit cimetière de Bertangles près d’Amiens, des soldats anglais et australiens enterraient un des très nombreux pilotes qui ont été tués pendant la 1ère guerre mondiale. Tandis qu’une escadrille d’avions passait à basse altitude au-dessus du cercueil porté par 6 officiers australiens, une garde d’honneur tirait en l’air une salve pour rendre hommage au pilote disparu. La cérémonie aurait été presque banale si celui auquel les australiens et les britanniques rendaient les honneurs n’avait pas été un de leurs pires adversaires. Celui qui, en abattant 80 avions alliés était devenu l’as des as de l’aviation allemande, le capitaine Manfred von Richthofen qui était déjà célèbre lorsqu’un an plus tôt, il avait pris le commandement de l’escadrille de chasse, la Jagstaffel 11, à la tête de laquelle, aux commandes de son Fokker triplan peint en rouge, il allait être, avec le Français Guynemer, le pilote le plus célèbre de toute la 1ère guerre mondiale.

 

Invité :

 

Stéphane Koechlin journaliste.

 

2000 ans d'histoire mardi 10 mars 2009

 

L’Histoire du violon

 

« Le violon nous dit le désir de pureté qui vibre au fond de tout homme. Il nous permet de retrouver le chemin par lequel les choses peuvent s’assembler en nous, et entre nous. » Yehudi Menuhin

 

Comment 400 grammes de bois, de crin, de boyaux et de vernis ont-ils pu bouleverser l’histoire de la musique comme l’a fait le violon. Personne ne le sait. Mais depuis sa naissance il y a plus de quatre siècles, il a fait le tour du monde. De la musique classique au jazz, de Vivaldi à Stéphane Grapelli en passant par les danses Tziganes et hongroises, le folklore des cajuns de Louisiane, et même le rock, le violon est présent partout. Et s’il a fallu des siècles pour l’inventer, il n’a pratiquement plus changé depuis qu’il y a 450 ans, un luthier italien de Crémone, Andréa Amati lui donnait le nom, la forme et le son que nous connaissons aujourd’hui. Celui qui avait fait le succès de cet instrument révolutionnaire quand, au XVI siècle, les princes de l’église et les rois, étaient prêts à dépenser des fortunes pour acheter les violons d’Amati.

 

Invité :

 

Jean-Michel Molkhou critique musical.

 

2000 ans d'histoire mercredi 11 mars 2009

 

Saint François d’Assise

 

« Si tu veux être parfait, vas, vend tout ce que tu possèdes et donne le aux pauvres. » François d’Assise

 

Il était le fils d’un riche marchand d’Assise où il est né à la fin du XIIème siècle dans une Italie en pleine prospérité. Une richesse dont l’Eglise elle-même profitait au point de vivre dans un luxe qui avait encouragé le développement des hérésies qui, comme celle des Vaudois et des Cathares qui préconisaient un retour à l’idéal de pauvreté des débuts du christianisme. Il en serait peut-être mort sans l’apparition de deux ordres créés pour lutter contre ces hérésies. Les Dominicains et les Franciscains. Mais si les premiers sont associés dans les mémoires, à la rigueur de l’Inquisition, les Franciscains ont su par leur exemple, en vivant dans le dénuement, faire taire les critiques, juguler les hérésies et devenir aujourd’hui avec les Jésuites l’ordre religieux le plus important du Christianisme. Ils sont aujourd’hui plus de 20.000 qui suivent une règle fixée il y a 800 ans par un homme que rien dans sa jeunesse ne prédisposait pourtant à devenir un saint. invité le Père Stan Rougier Saint François d’Assise « Si tu veux être parfait, vas, vend tout ce que tu possèdes et donne le aux pauvres. » François d’Assise Il était le fils d’un riche marchand d’Assise où il est né à la fin du XIIème siècle dans une Italie en pleine prospérité. Une richesse dont l’Eglise elle-même profitait au point de vivre dans un luxe qui avait encouragé le développement des hérésies qui, comme celle des Vaudois et des Cathares qui préconisaient un retour à l’idéal de pauvreté des débuts du christianisme. Il en serait peut-être mort sans l’apparition de deux ordres créés pour lutter contre ces hérésies. Les Dominicains et les Franciscains. Mais si les premiers sont associés dans les mémoires, à la rigueur de l’Inquisition, les Franciscains ont su par leur exemple, en vivant dans le dénuement, faire taire les critiques, juguler les hérésies et devenir aujourd’hui avec les Jésuites l’ordre religieux le plus important du Christianisme. Ils sont aujourd’hui plus de 20.000 qui suivent une règle fixée il y a 800 ans par un homme que rien dans sa jeunesse ne prédisposait pourtant à devenir un saint.

 

Invité :

 

le Père Stan Rougier.

 

2000 ans d'histoire jeudi 12 mars 2009

 

Le marché noir pendant l’Occupation

 

rediffusion du 19/05/2008.

 

« Les paysans tenaient la dragée haute aux habitants des villes ; ceux-ci, en retour, les accusaient d’alimenter le marché noir et d’affamer les populations urbaines. » Jean Paul Sartre

 

Situations Qu’ils en aient profité ou non, pendant plus de 4 ans, de 1940 à 1944, le marché noir a fait partie de la vie quotidienne des Français. Pour compenser la pénurie de produits agricoles et industriels provoquée par la guerre et l’Occupation, presque tous, à un moment ou à un autre, ont eu recours à ce marché parallèle grâce auquel ils pouvaient manger plus et mieux que ce que leur permettait les tickets de rationnement. Il suffisait de chercher à la campagne le paysan qui vendait directement les produits de sa ferme, ou d’aller chez des commerçants sans scrupules, les fameux B.O.F., chez lesquels on pouvait trouver du beurre, des œufs, du fromage, mais aussi de l’huile, du chocolat, du vrai café, vendus sous le manteau, sans ticket de rationnement, et jusqu’à dix fois plus cher que le prix officiel. Certains se sont ainsi enrichis sur le dos des consommateurs. De gros trafiquants où de petits intermédiaires comme Jean Gabin et Bourvil qui, dans un film de Claude Autant-Lara, avaient traversé Paris avec la viande d’un cochon cachée dans leurs valises.

 

Invité :

 

Fabrice Grenard historien chargé de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris.

 

2000 ans d'histoire vendredi 13 mars 2009

 

Rediffusion du 24 février 2006.

 

L’affaire des possédées de Loudun « Dans leur interrogatoire, les dames Ursulines de Loudun, déclarent qu’elles ont le diable au corps, et que le chanoine Urbain Grandier le leur a mis. » Légende d’une gravure du XVII° siècle. Le 18 août 1634, sur la place Sainte-Croix de Loudun, 6000 personnes étaient venues assister à l’exécution du curé de la ville. Après avoir été condamné à mort puis soumis à la question, c'est-à-dire torturé, il avait été porté, les jambes brisées sur le bûcher, attaché sur une sellette de fer et le dos tourné à l’église comme on le faisait toujours pour les sorciers. Puis on mit le feu aux fagots et les flammes montèrent si vite que le condamné mourut instantanément sans avoir le temps de crier une fois de plus son innocence. C’était la fin d’un des plus grands procès en sorcellerie de l’histoire et d’une affaire qui, pendant 7 ans, sous le règne de Louis XIII, allait bouleverser la France entière.

 

Invité :

 

Jacques-Antoine Malarewicz Psychiatre et psychotérapeuthe.

 

2000 ans d'histoire lundi 16 mars 2009

 

La N.R.F.

 

« Vous avez fait de la N.R.F. la première revue qu’il y ait au monde. Vous pouvez être fiers ». Marcel Proust

 

Jamais une revue n’a exercé autant d’influence sur la littérature. La N.R.F. disait Mauriac c’était « La rose des vents de la culture française ». De Gide il y a cent ans, jusqu’à Jean Marie le Clézio aujourd’hui, les plus grands auteurs français du XXème siècle y ont écrit ou ont été publiés par les éditions Gallimard qui en étaient le prolongement : Claudel, Valéry, Proust, Cocteau, Aragon, Artaud, Breton, Giraudoux, Morand, Malraux, Montherlant, Giono, Camus, Sartre, Marguerite Duras, Robbe Grillet, ou Modiano. Presque tous ont été révélés par cette Nouvelle Revue Française dont personne n’imaginait l’importance qu’elle prendrait lorsqu’il y a cent ans, le 1er février 1909, elle avait été créée par une poignée de jeunes écrivains. Autour d’André Gide, ils voulaient défendre et promouvoir, disaient-ils, une « littérature pure » indépendante de toutes les écoles et de toutes les familles de pensées. Beaucoup moins connus que les auteurs qu’ils ont découverts, ils s’appelaient Henri Ghéon, André Ruyters, Marcel Drouin, Jacques Copeau ou Jean Schlumberger qui, en 1959, rappelait comment et pourquoi, 50 ans plus tôt, ils avaient créé la Nouvelle Revue Française : la N.R.F.

 

Invité :

 

Alban Cerisier archiviste-paléographe aux éditions Gallimard.

 

2000 ans d'histoire mardi 17 mars 2009

 

Le Dalaï-Lama

 

Il a beau le répéter depuis des années, tout le monde le sait bien, Tenzin Gyatso est beaucoup plus qu’un simple moine bouddhiste. Depuis plus de 70 ans, il est le 14° Dalaï-lama. Depuis le jour où il a été reconnu par les autorités religieuses de son pays comme la réincarnation humaine du protecteur du Tibet : le Bouddha de la compassion. A la fois chef spirituel et temporel des Tibétains, il n’avait que 15 ans lorsque le 7 octobre 1950, 40.000 soldats chinois partaient à l’assaut de son pays. Sous prétexte disait-il de libérer le Tibet, Mao Zédong qui venait à peine d’arriver au pouvoir un an plus tôt à Pékin avait décidé de le rattacher à la Chine. Au moment où commençait la guerre de Corée, l’événement est passé inaperçu. Le sort de quelques centaines de milliers de Tibétains n’avait pas assez d’importance pour émouvoir la communauté internationale et mobiliser les journalistes. Et ce n’est que devant un seul témoin étranger, un opérateur radio anglais, que l’armée chinoise envahissait le Tibet. Tandis que dans son Palais du Potala à Lhassa, le jeune Dalaï-lama apprenait la nouvelle.

 

Invitée :

 

Katia Buffetrille tibétologue.

 

2000 ans d'histoire mercredi 18 mars 2009

 

Les origines du vin

 

En public et en direct du Salon du livre

 

« Ô bouteille pleine de mystères, d’une oreille je t’écoute. Et la tant divine liqueur qui est dedans tes flancs reclose, tient toute vérité enclose ». Rabelais

 

Qui a inventé et bu le premier vin de l’histoire ? On ne le saura sans doute jamais. Mais le raisin étant un des seuls fruits qui fermente naturellement, on peut imaginer que le vin a été découvert par hasard, il y a des milliers d’années, par quelqu’un qui aurait oublié dans un récipient quelques grains de raisin sauvage. C’était avant l’apparition des premiers vignobles cultivés en Géorgie, quelque part au pied du Caucase, là où Noé après le Déluge aurait planté les premiers ceps de vigne de l’histoire. C’était le début d’un long voyage dans le temps et dans l’espace qui a fait du vin une boisson universelle. Même si celui que l’on produit et que l’on boit aujourd’hui partout dans le monde n’a pas grand-chose à voir avec le vin que buvaient autrefois les Grecs et les Romains.

 

Invité :

 

Jean-Robert Pitte géographe, membre de l'Académie des sciences morales et politiques.

 

2000 ans d'histoire vendredi 20 mars 2009

 

Homère

 

rediffusion du 29.01.2007.

 

« Le présent est pour les forts et les riches, et l’avenir est pour les vertueux et les habiles. Homère est encore et sera toujours actuel. » La Bruyère

 

C’est une histoire que tout le monde connaît. Celle d’une ville assiégée pendant dix ans pour les beaux yeux d’une femme, et l’aventure d’un homme qui fit un très long voyage pour revenir dans son royaume et retrouver sa femme. L’Iliade et l’Odyssée dont les héros s’appellent Hélène, Achille, Priam, Hector, Pâris, Agamemnon, Ulysse, Télémaque et Pénélope. Les personnages du plus vieux poème connus de la littérature occidentale. 26000 vers écrits par un aveugle dont on ne sait presque rien et qui, il y a 3000 ans, avait imaginé cette histoire d’amour et de guerre qui commençait par une gigantesque expédition lancée contre la ville de Troie, par le roi de Mycènes: Agamemnon.

 

Invité :

 

Patrick Morantin chargé des collections de littérature grecque et latine au département Littérature et Art de la BNF.

 

2000 ans d'histoire lundi 23 mars 2009

 

Moïse

 

« Et debout devant Dieu, Moïse ayant pris place lui parlait face à face. « Que vous ai-je donc fait pour être votre élu ? » Alfred de Vigny

 

Qu’ils soient Juifs, Chrétiens ou Musulmans, les croyants des trois plus grandes religions monothéistes du monde connaissent tous cette histoire. Moïse sauvé des eaux, le buisson ardent devant lequel Dieu lui a demandé de libérer les Juifs d’Egypte et de les conduire vers le pays de Canaan, la traversée de la mer Rouge et les dix commandements. Mais si on ignore à quelle époque exactement Moïse à vécu, et si on se demande même encore s’il a vraiment existé, son histoire est écrite par lui-même dans le pentateuque, les cinq premiers livres de la Bible que les Juifs appellent la Torah. Moïse y raconte sa vie, depuis sa naissance en Egypte, à l’époque où un pharaon avait décidé de tuer tous les garçons nouveaux nés des Juifs, et comment sa mère l’avait sauvé en l’abandonnant dans un panier qu’elle avait déposé sur le Nil, là où se baignait la fille du pharaon.

 

Invité :

 

Charles Szlakmann journaliste et historien.

 

2000 ans d'histoire mardi 24 mars 2009

 

La guerre de 1870

 

« Après l’invasion prussienne, il n’y a plus de malheur possible. Ce fut le fond de l’abîme, le dernier degré de la rage et du désespoir. » Gustave Flaubert

 

Parce qu’elle est à l’origine de la chute du second Empire, de la proclamation de la IIIème République, de l’unité allemande, de la Commune de Paris, de la perte par la France de l’Alsace et de la Lorraine, et d’un contentieux franco-allemand qui allait durer jusqu’en 1945, rarement une guerre n’a eu autant de conséquences que celle que Napoléon III déclarait à la Prusse le 19 juillet 1870. Sûr de la victoire de son armée, il n’imaginait pas ce jour là que, 6 semaines plus tard, il serait fait prisonnier par les Allemands à Sedan, et que son empire serait renversé par une révolution parisienne. « Nous sommes archi-prêts, il ne manque pas un bouton de guêtre » lui avait affirmé son ministre de la guerre, le général Lebœuf. Et c’est pourquoi, ce 19 juillet 1870, Napoléon III était persuadé que son armée serait à Berlin avant la fin de l’été.

 

Invité :

 

Pierre Milza professeur émérite à l’IEP de Paris.

 

2000 ans d'histoire mercredi 25 mars 2009

 

Les sirènes

 

« L’amiral vit trois sirènes qui sautèrent hors de la mer. Mais elles n’étaient pas aussi belles qu’on les dépeint, et en aucune façon elles n’avaient forme humaine de visage. » Christophe Colomb

 

Journal de bord Le 9 janvier 1493, quelque part au large d’Haïti Christophe Colomb écrivait dans son journal de bord qu’il avait vu trois sirènes. C’était en fait des lamantins dont la ressemblance avec les humains est à l’origine d’une très vieille légende. Elle est née il y a près de 3000 ans de l’imagination d’Homère qui, dans l’Odyssée, parlait pour la première fois des sirènes. A quoi ressemblaient-elles ? Avaient-elles une tête humaine, un corps de poisson ou des ailes et des griffes d’oiseau comme on les a représentées plus tard ? L’Odyssée ne le précise pas. Tout ce qu’en dit Homère, c’est que le chant des sirènes est un piège mortel pour tous les marins qui osent s’approcher de leur île. « Vous ne pouvez éviter l’île des sirènes, écrit il, mais quiconque écoute leur chant est perdu. Leur séjour est bordé d’un rivage blanchi d’ossements et de débris humains dont les chairs se corrompent. »

 

Invité : Pierre Chavot historien des religions.

 

2000 ans d'histoire jeudi 26 mars 2009

 

Beria

 

« Quiconque voulait être sur de rester dans les bonnes grâces de Staline devait lécher les bottes de Beria » Nikita Khrouchtchev

 

Pendant plus de 15 ans, Beria a incarné plus que d’autres la violence, les crimes et la terreur du régime stalinien. Au point que Staline avait dit un jour à Roosevelt que Beria était pour lui ce qu’Himmler était pour Hitler. Entré au parti communiste en 1917, juste après la Révolution russe, Beria en a gravi tous les échelons pour devenir un des hommes les plus puissants d’U.R.S.S. Chef des services secrets et de la police politique, le N.K.V.D., organisateur consciencieux du Goulag, responsable du programme nucléaire qui allait donner à l’Union Soviétique la bombe atomique en 1949, et vice président du conseil des ministres, Beria avait accumulé entre ses mains tant de pouvoirs qu’il faisait peur à tout le monde. D’autant plus que le jour même de la mort de Staline, il ne cachait ni son soulagement, ni son ambition de lui succéder alors qu’en U.R.S.S. la nouvelle avait provoqué la stupeur et la consternation dans tout le pays.

 

Invitée : Hélène Blanc politologue et criminologue au CNRS.

 

2000 ans d'histoire vendredi 27 mars 2009

 

Muhammad Ali

 

rediffusion du 07.01.2008.

 

« Je vole comme un papillon, je pique comme une abeille. » Devise de Muhammad Ali

 

Rien ne distinguait Cassius Clay des autres gamins de la communauté noire de Louisville où il est né en 1942. Elève médiocre et bagarreur du Nazareth College il y avait appris un jour qu’il portait le nom d’un général abolitionniste de l’armée des Etats-Unis, Cassius Marcellus Clay qui, au XIXème siècle, avait défrayé la chronique du Kentucky en affranchissant ses esclaves. Mais personne ne pouvait imaginer que, sous le nom de Muhammad Ali, Cassius Clay deviendrait un jour beaucoup plus célèbre que son homonyme du XIXème siècle. Un poids lourd dont le style incomparable et le tempérament allaient si profondément marquer l’histoire, qu’aujourd’hui encore son nom est plus connu que celui de tous ceux qui l’ont précédé ou succédé au sommet de la hiérarchie de la boxe.

 

Invité :

 

Patrice Lelorain romancier.

 

2000 ans d'histoire Lundi 30 mars 2009

 

Le Sida

 

En 1981 aux Etats-Unis, le Centre de Contrôle des Maladies d’Atlanta recevait de deux médecins des informations inquiétantes sur le développement d’une maladie inconnue. Mickaël Gottlieb à Los Angeles et Alvin Friedmann-Kien à New-York avaient découvert, dans les milieux homosexuels, la multiplication de deux maladies rares : une forme de pneumonie, la pneumocystose, et un cancer de la peau très rare : le sarcome de kaposi. Deux pathologies favorisées par la défaillance inexpliquée du système de défense immunitaire des malades. Le 5 juin 1981, le centre de contrôle des maladies publiait les premières données de ce qui allait devenir selon l’O.M.S. « La plus grande catastrophe sanitaire de l’humanité ». Mais en 1981 on ignorait encore les causes et la gravité de cette nouvelle maladie.

 

Invité :

 

Eric Favereau journaliste à Libération.

 

2000 ans d'histoire mardi 31 mars 2009

 

La vie amoureuse de Catherine II de Russie

 

« Aucun pays ne manque d’hommes. Le problème n’est pas de savoir les trouver, mais d’utiliser ceux qu’on a sous la main. » Catherine II

 

Pendant 34 ans à la tête du plus grand empire du monde, Catherine II à plus profondément marqué l’histoire de la Russie que n’importe quel autre tsar depuis Pierre le Grand. Comme lui, elle a fait de la Russie une grande puissance, et de Saint Petersburg, une des capitales les plus brillantes du XVIII° siècle. Catherine II y accueillait les plus grands artistes, les écrivains et les philosophes les plus célèbres du siècle des lumières, mais aussi ses amants qu’elle couvrait de gloires, d’argent et de titres comme le faisaient les rois de France avec leurs favorites. « Aucun pays ne manque d’hommes, a-t-elle écrit un jour au comte de Grimm. Le problème n’est pas de savoir les trouver, mais d’utiliser ceux qu’on a sous la main. » C’est ce que Catherine II avait fait très tôt, bien avant d’être impératrice, lorsqu’en 1745, cette jeune fille venue d’Allemagne était arrivée en Russie pour y épouser sans amour le prince héritier du trône de Russie, le futur tsar Pierre III.

 

Invité :

 

Vladimir Fédorovski écrivain.

 

2000 ans d'histoire mercredi 1er avril 2009

 

Et si on refaisait l’histoire ? « Qui voudra connaître la vanité de l’homme, n’a qu’à considérer les causes et les effets de l’amour. Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus court, toute la face de la terre en eut été changée. » Pascal En affirmant dans ses Pensées que si le nez de Cléopâtre avait été plus court, la face du monde aurait changé, Blaise Pascal faisait de l’uchronie sans le savoir. Inventé au XIX° siècle par le philosophe Charles Renouvier, l’uchronie est une manière de refaire l’histoire en modifiant un événement du passé et en imaginant les conséquences qu’il aurait pu avoir. Certes, on ne fait pas l’histoire avec des si, mais rien n’empêche, surtout un 1° avril, d’imaginer ce qui se serait produit si Jeanne d’Arc avait été tuée avant de pouvoir faire sacrer Charles VII à Reims, si Louis XVI n’avait pas été arrêté à Varennes, si les Allemands avaient gagné la guerre de 14-18 et si, pendant les événements de mai 68, de Gaulle avait été victime d’un accident dans l’hélicoptère qui le conduisait à Baden. invités Fabrice d’Almeida professeur à Paris II Anthony Rowley professeur à l’IEP de Paris Et si on refaisait l’histoire ? « Qui voudra connaître la vanité de l’homme, n’a qu’à considérer les causes et les effets de l’amour. Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus court, toute la face de la terre en eut été changée. » Pascal En affirmant dans ses Pensées que si le nez de Cléopâtre avait été plus court, la face du monde aurait changé, Blaise Pascal faisait de l’uchronie sans le savoir. Inventé au XIX° siècle par le philosophe Charles Renouvier, l’uchronie est une manière de refaire l’histoire en modifiant un événement du passé et en imaginant les conséquences qu’il aurait pu avoir. Certes, on ne fait pas l’histoire avec des si, mais rien n’empêche, surtout un 1° avril, d’imaginer ce qui se serait produit si Jeanne d’Arc avait été tuée avant de pouvoir faire sacrer Charles VII à Reims, si Louis XVI n’avait pas été arrêté à Varennes, si les Allemands avaient gagné la guerre de 14-18 et si, pendant les événements de mai 68, de Gaulle avait été victime d’un accident dans l’hélicoptère qui le conduisait à Baden.

 

Invités :

 

Fabrice d’Almeida professeur à Paris II

 

Anthony Rowley professeur à l’IEP de Paris.

 

2000 ans d'histoire jeudi 2 avril 2009

 

La France et l’OTAN

 

« Si la France doit faire la guerre, il faut que ce soit la sienne. » Charles de Gaulle

 

Le 7 mars 1966, c’est par une simple lettre au président des Etats-Unis, Lindon Johnson, que le général de Gaulle annonçait le retrait de la France des structures militaires intégrées de l’OTAN. Bras armé de l’Alliance Atlantique qui avait été signée 17 ans plus tôt par 12 pays qui s’engageaient à se défendre mutuellement en cas d’agression contre l’un d’entre eux, l’OTAN était placé sous commandement américain et son quartier général se trouvait en France. Jusqu’à ce qu’en 1966, de Gaulle décide d’en quitter les structures militaires intégrées. En pleine guerre froide cette décision a provoqué une dégradation des rapports franco-américains, mais aussi une des crises les plus graves qu’ait connue l’Alliance Atlantique depuis sa naissance le 4 avril 1949, il y a 60 ans à deux jours près.

 

Invité :

 

Maurice Vaïsse professeur des universités à Sciences Po.

 

2000 ans d'histoire vendredi 3 avril 2009

 

Palmyre

 

rediffusion du 29 avril 2008.

 

Forêts de colonnes dans l’immensité du désert Qu’êtes vous devenues ? » Hölderlin Lorsqu’au XVII siècle les premiers voyageurs européens ont découvert ses ruines, Palmyre n’était plus qu’un village perdu quelque part au milieu du désert Syrien. Et personne n’aurait pu imaginer que 14 siècles plus tôt, cette oasis était un empire. Il n’en restait plus que les temples et les tombeaux d’une ville qui au III° siècle avait été une des cités les plus prospères de son temps à l’extrémité orientale de l’empire romain auquel elle avait été annexée. Jusqu’au règne d’une des femmes les plus célèbres de l’Antiquité. Devenue reine de Palmyre après l’assassinat de son mari en 267, Zénobie avait décidé de rendre à son royaume la puissance, le faste et la grandeur qu’il avait avant de devenir une province romaine.

 

Invités :

 

Annie Sartre - Fauriat Professeur d'histoire ancienne, spécialiste du Proche Orient antique.

 

Maurice Sartre Professeur d'histoire ancienne, membre Senior de l'Institut Universitaire de France, spécialiste du Proche Orient antique.

 

2000 ans d'histoire lundi 6 avril 2009

 

Elisabeth Ière d’Angleterre

 

« Elle sera le modèle de tous les princes de son temps et de tous ceux qui lui succèderont. » Shakespeare

 

Le 15 janvier 1559, dans l’abbaye de Westminster, une femme recevait solennellement de l’évêque de Carlisle la tunique, les éperons, l’épée, le sceptre et la couronne qui faisait d’elle la nouvelle reine d’Angleterre. Dans un monde d’hommes, régi et gouverné par les hommes, personne ne pouvait imaginer que cette femme de 25 ans pourrait gouverner seule et aussi longtemps, un royaume qui, au début de son règne était menacé de toutes parts. A l’extérieur par l’Espagne et la France, et à l’intérieur par le schisme religieux qu’avait provoqué son père Henry VIII en refusant quelques années plus tôt l’autorité du pape et en se proclamant chef suprême de l’Eglise d’Angleterre. C’est ce qu’a pourtant fait Elisabeth Ière pendant un des plus longs règnes de l’histoire. 45 ans pendant lesquels, sans mari et sans enfant, elle allait profondément et durablement marquer l’histoire de son pays en faisant de l’Angleterre une des plus grandes puissances maritime, coloniale et commerciale du monde. invité Bernard Cottret historien spécialiste des civilisations anglo-saxonnes, professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin Elisabeth Ière d’Angleterre « Elle sera le modèle de tous les princes de son temps et de tous ceux qui lui succèderont. » Shakespeare Le 15 janvier 1559, dans l’abbaye de Westminster, une femme recevait solennellement de l’évêque de Carlisle la tunique, les éperons, l’épée, le sceptre et la couronne qui faisait d’elle la nouvelle reine d’Angleterre. Dans un monde d’hommes, régi et gouverné par les hommes, personne ne pouvait imaginer que cette femme de 25 ans pourrait gouverner seule et aussi longtemps, un royaume qui, au début de son règne était menacé de toutes parts. A l’extérieur par l’Espagne et la France, et à l’intérieur par le schisme religieux qu’avait provoqué son père Henry VIII en refusant quelques années plus tôt l’autorité du pape et en se proclamant chef suprême de l’Eglise d’Angleterre. C’est ce qu’a pourtant fait Elisabeth Ière pendant un des plus longs règnes de l’histoire. 45 ans pendant lesquels, sans mari et sans enfant, elle allait profondément et durablement marquer l’histoire de son pays en faisant de l’Angleterre une des plus grandes puissances maritime, coloniale et commerciale du monde.

 

Invité :

 

Bernard Cottret historien spécialiste des civilisations anglo-saxonnes, professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin.

 

2000 ans d'histoire mercredi 8 avril 2009

 

Les réfugiés de la guerre d’Espagne

 

« Tu seras obligé d’abandonner ce qui te sera le plus cher ;

c’est la première flèche de l’exil.

Et tu apprendras combien le pain de l’étranger est amer. » Dante "La Divine Comédie"

 

Si en août 1944, les premiers chars de la 2° D.B. qui sont entrés dans Paris le jour de sa libération s’appelaient Teruel, Guernica, Guadalajara ou Don Quichotte, ce n’était pas par hasard. Ils appartenaient à une compagnie du 3° bataillon de marche du Tchad entièrement composé d’Espagnols. Cinq ans plus tôt, ils faisaient partie de ces dizaines de milliers de réfugiés républicains qui, à la fin de la guerre d’Espagne, avaient fui leur pays pour échapper aux représailles du général Franco. Cet exode ils l'avaient appelé la Retirada, la retraite. Car pour eux, il n’était pas question d’abandonner le combat contre le fascisme. Après avoir passé des mois dans des camps du Sud Ouest de la France, certains avaient donc repris le combat dans la résistance et dans la France libre. En participant à la libération de la France ils prenaient ainsi leur revanche sur un autre fascisme, et sur la défaite que leur avait infligé le général Franco 5 ans auparavant, lorsqu’en annonçant la fin de la Guerre d’Espagne, il avait provoqué un exode sans précédent dans l’histoire de l’Europe.

 

Invité :

 

Bartolomé Bennassar historien spécialiste de l’Espagne.

 

2000 ans d'histoire jeudi 9 avril 2009

 

Il y a 40 ans, la naissance du Parti socialiste

 

« Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre établi…avec la société capitaliste, celui là, je vous le dit, ne peut pas être au Parti Socialiste. » François Mitterrand en 1971

 

Le 10 mai 1981, en devenant le premier Président socialiste de la V° République, François Mitterrand portait au pouvoir un parti qui en avait été écarté depuis 1958, 23 ans plus tôt. A cette époque là, le Parti Socialiste s’appelait la S.F.I.O. (la Section Française de l’Internationale Ouvrière). Créée par Jean Jaurès en 1905, elle avait connu son heure de gloire avec la victoire du Front Populaire en 1936. Mais, après la 2° guerre mondiale, sous l’autorité de Guy Mollet, elle n’avait cessé de perdre son électorat populaire au profit du Parti Communiste. Et à la fin des années 60, la S.F.I.O. était devenue si faible que certains de ses membres en avaient tiré la conclusion qu’il lui fallait changer de programme, de stratégie, de dirigeants et même de nom. C’est ce qui allait se produire en 1969, il y a 40 ans.

 

Invité :

 

Denis Lefebvre secrétaire général de l’Office universitaire de recherche socialiste et historien.

 

2000 ans d'histoire vendredi 10 avril 2009

 

Le Grand Condé

 

rediffusion du 12 février 2007.

 

« Cet autre Alexandre. Le voyez vous comme il vole, à la victoire ou à la mort ? » Bossuet, Oraison funèbre du prince de Condé

 

Le 19 mai 1643, Louis XIII venait de mourir et son fils, Louis XIV n’avait que cinq ans au moment où l’on apprenait qu’une petite ville des Ardennes, Rocroi, était assiégée par 25000 soldats espagnols qui se dirigeaient vers Paris. Jamais, depuis le début de la guerre contre l’Espagne, la France n’avait été autant menacée. Et tout dépendait des 11.000 hommes de l’armée de Picardie. Elle était commandée par un jeune prince de 21 ans dont personne n’avait encore entendu parler. Il s’appelait Louis de Bourbon, il était alors duc d’Enghien, et futur prince d’une des plus grandes familles du royaume. Le Grand Condé qui ce jour là, entrait dans l’histoire en offrant au tout jeune Louis XIV et à son premier ministre, Mazarin, la première grande victoire d’un règne qui venait tout juste de commencer.

 

Invité :

 

Jean-Christian Petitfils historien spécialiste de l'Ancien Régime

 

2000 ans d'histoire lundi 13 avril 2009

 

Pompéi

 

« Le Vésuve brillait de grandes colonnes de feu dont l’éclat était avivé par les ténèbres. Déjà le jour s’était levé, mais à Pompéi c’était la nuit, plus épaisse que toutes les autres nuits. » Pline le Jeune

 

C’était il y a 2000 ans, dans une région si prospère que les Romains l’appelaient : la Campania Felix (La Campanie heureuse.) Le long du golfe de Naples, les plus grandes familles romaines venaient s’y reposer dans leurs villas d’Herculanum, de Boscoréale, de Stabies et de Pompéi, aux pieds d’un volcan qu’on croyait éteint. Jamais, depuis 1500 ans, le Vésuve ne s’était manifesté lorsqu’en 79 commençait une de plus violentes éruptions volcaniques de l’histoire. En quelques heures, elle allait faire disparaître cinq villes et leurs habitants transformés pour l’éternité en statues de cendre, sous les yeux d’un des plus grands écrivains romains de l’époque. Ce jour là, Pline le jeune se trouvait chez son oncle à Misène, à 20 km. du Vésuve, de l’autre côté du golfe de Naples.

 

Invitée :

 

Catherine Salles maître de conférences à Paris X-Nanterre, spécialiste de l’Antiquité.

 

2000 ans d'histoire mardi 14 avril 2009

 

François Mauriac

 

« Je pleure mes péchés, et ceux que j’ai commis, et ceux que j’eusse aimé commettre. » François Mauriac

 

Pendant toute sa vie, dans son œuvre et dans ses engagements politiques, François Mauriac a toujours fait le contraire de ce qu’on attendait de lui. « Je rigole mon cher Mauriac quand on fait de vous un écrivain du catholicisme, lui disait un jour Roger Martin du Gard. Il n’y a pas une œuvre d’incrédule où d’athée où le péché soit plus exalté. Ce sont des livres à damner des saints. » Comment en effet ce pur produit de la bourgeoisie bordelaise, ce catholique pratiquant qui vivait dans la hantise du péché, « ceux que j’ai commis et ceux que j’eusse aimé commettre » disait-il, comment ce fils, père et mari modèle a-t-il pu écrire Le nœud de Vipère, Génitrix ou Thérèse Desqueyroux dans lesquels il faisait le portrait d’un famille haineuse, d’une mère aussi castratrice qu’était la sienne où d’une femme qui avait tenté d’empoisonner son mari. Comment cet homme de droite, prix Nobel, académicien et chroniqueur au Figaro a-t-il pu être aussi un des premiers à dénoncer le colonialisme et la torture en Algérie ? Jusqu’à sa mort en tous cas Mauriac aura déconcerté ses lecteurs.

Invité :

 

Jean-Luc Barré

 

2000 ans d'histoire mercredi 15 avril 2009

 

Le mythe James Bond

 

Il était 9 heures du matin lorsque, dans sa villa de la Jamaïque, Ian Flemming s’est assis devant sa machine à écrire pour taper les premières lignes de Casino Royale. C’était le premier des douze romans d’espionnage qui allaient le rendre célèbre. Mais, ce 17 février 1952 il ne savait pas encore quel nom donner à son héros. « Je cherchais le nom le plus anonyme possible, disait il, quand, sur ma table de chevet j’ai vu l’ouvrage d’un ornithologue américain qui s’appelait James Bond. Le nom sonnait juste et je l’ai choisi. » Mais personne ne pouvait imaginer que le nom de cet ornithologue deviendrait celui de l’espion le plus célèbre du monde. Même pas Ian Flemming. Pour cet ancien agent des services secrets britanniques, l’intrigue de Casino Royale avait plus d’importance que son personnage principal.

 

Invités :

 

Vincent Chenille historien -département audiovisuel de la BNF

 

Fabien Boully maître de conférences en études cinématographiques à Paris 10-Nanterre.

 

2000 ans d'histoire jeudi 16 avril 2009

 

La lingerie

 

Invitées :

 

Chantal Thomass Styliste

 

Catherine Ormen Historienne de la mode.

 

2000 ans d'histoire vendredi 17 avril 2009

 

Le sport pendant l'Occupation

 

Invité :

 

Philippe Tétard

 

2000 ans d'histoire lundi 20 avril 2009

 

Michel Debré

 

« La meilleure fonction publique ne sert à rien quand la grandeur nationale n’inspire pas les animateurs de la politique. Qu’importe la qualité des serviteurs quand un bon maître fait défaut. » Michel Debré

 

Peu d’hommes ont autant marqué l’histoire de la France contemporaine autant que Michel Debré. 1° Premier ministre de la V° République et quatre fois membre du gouvernement dans des ministères aussi différents que la Justice, l’Economie et les finances, les Affaires étrangères et la Défense nationale, il n’était pourtant pas un politicien comme les autres. Au service de l’état sans chercher à s’en servir pour y satisfaire des ambitions personnelles, Michel Debré y a entrepris des réformes qui ont profondément marqué la vie des Français et leurs institutions jusqu’à aujourd’hui. En commençant par la plus importante d’entre elles : la constitution de la V° République. C’est lui qui, en tant que garde des Sceaux, et sous l’autorité du général de Gaulle avait été le principal rédacteur de ce texte qui donnait à la France le régime le plus stable de son histoire depuis la révolution. C’était quelques jours après le référendum par lequel les Français avaient approuvé par référendum les institutions de la nouvelle République.

 

Invité :

 

Jean-Louis Debré président du Conseil Constitutionnel.

 

2000 ans d'histoire mardi 21 avril 2009

 

Coco Chanel

 

« J’ai rendu au corps des femmes sa liberté. » Coco Chanel

 

C’était en 1895, quelque part sur une route de Corrèze. Dans une vieille carriole Albert Chanel, transportait ses trois filles : Julia, Gabrielle et Antoinette vers le village d’Aubazine. Quelques jours après la mort de leur mère, ce colporteur avait décidé de les abandonner aux bonnes sœurs de l’orphelinat du Saint Cœur de Marie. « Je reviendrai vous chercher un jour » leur dit-il en partant. Mais elles ne l’ont jamais revu. « J’avais 12 ans, a dit plus tard Gabrielle, en se rappelant de ce jour où son père l’a abandonnée, on m’a tout arraché et je suis morte. » Mais entretemps, sous le nom de Coco Chanel, elle était devenue la couturière la plus célèbre du monde. Libérant les femmes des corsets, avec des robes simples, ses célèbres tailleurs, ses chapeaux, et son parfum, jamais une femme n’a autant, ni aussi longtemps bouleversé la mode que Coco Chanel. Jusqu’à sa mort à Paris à l’âge de 87 ans.

 

Invité :

 

Henry Gidel écrivain.

 

2000 ans d'histoire mercredi 22 avril 2009

 

Savoirs de l’Egypte antique

 

En partenariat avec "Les Cahiers de Science et Vie"

 

« En Egypte, les médecins l’emportent en habileté sur tous les autres hommes. » Homère

 

Il y a 7 ans, à Louxor, dans le temple du Ramesseum de Louxor, ce « Château de millions d’années » comme l’appelaient les Egyptiens, le directeur d’une mission archéologique française découvrait une des plus vieilles écoles du monde. C’était un bâtiment de 700 m² où, il y a 33 siècles de jeunes Egyptiens venaient apprendre l’écriture hiéroglyphique, les mathématiques, l’astronomie, la géographie, la médecine, et l’architecture. Destinés à être des scribes, des savants ou des prêtres, c’est grâce aux connaissances scientifiques que leur fournissaient ces écoles que l’Egypte a été en avance pendant des siècles dans presque tous les domaines de la science. Non seulement dans la médecine comme l’avait observé Homère, mais aussi dans l’art de naviguer, de mesurer le temps et l’espace, de maîtriser l’eau, de fondre les métaux et de construire il y a plus de 4.500 ans le plus grand et le plus célèbre tombeau de l’histoire : la pyramide de Chéops.

 

Invité :

 

Sydney Aufrère directeur de recherche au CNRS.

 

2000 ans d'histoire jeudi 23 avril 2009

 

La Société des Nations

 

« Il faudra constituer une association générale des nations visant à offrir des garanties d’indépendance et d’intégralité territoriale, aux grands comme aux petits états. » Woodrow Wilson, président des Etats-Unis 8 janvier 1918

 

Il y a 90 ans, le 28 avril 1919 à Paris, les vainqueurs de la 1ère guerre mondiale décidaient la création d’une organisation internationale sans précédent dans l’histoire : la S.D.N.,la Société ses Nations. Son principal objectif, empêcher une guerre comme celle qui venait de ravager l’Europe. L’idée n’était pas nouvelle. Mais le carnage de la Grande Guerre l’avait rendue à la fois urgente et indispensable. Elle était reprise par le président des Etats-Unis, Woodrow Wilson qui, le 8 janvier 1918, devant le Congrès, avait défini les 14 conditions sur lesquelles selon lui devait reposer la paix future. Non plus sur la diplomatie traditionnelle fondée sur les rapports de force, mais sur une organisation internationale garantissant la sécurité collective de tous les Etats. Il ne restait plus qu’à lui donner un nom. Ce sera celui qu’un juriste français avait trouvé en imaginant dans un livre une juridiction internationale qui s’appellerait la Société des Nations. Il s’appelait Léon Bourgeois et avant même que la guerre ne soit finie, il travaillait déjà sur l’organisation dont il fut un des pères fondateurs.

 

Invité :

 

Jean-Michel Guieu maître de conférences à Paris I-Panthéon-Sorbonne.

 

2000 ans d'histoire vendredi 24 avril 2009

 

L’esclavage et l’Islam

 

rediffusion du 20.09.2007.

 

« Dieu a élevé les uns au dessus des autres afin que les premiers prennent les autres à leur service, tels des serviteurs. » Le Coran

 

Quand Mahomet fit construire à Médine la première mosquée de l’Islam, il fallait y rassembler les fidèles. Ayant remarqué que la voix de l’un d’entre était plus belle que les autres, il lui demanda de monter sur le minaret pour lancer l’appel à la prière que l’on peut entendre aujourd’hui dans toutes les mosquées du monde. Ce premier Muezzin de l’histoire s'appelait Bilal. C’était un esclave noir dont la famille venue d’Abyssinie avait appartenu au chef d’une grande tribu de la Mecque. Là où est née une religion qui, malgré le Coran, n’a jamais pu faire disparaître la forme le plus monstrueuse de l’exploitation des hommes.

 

Invité :

 

Malek Chebel anthropologue.

 

2000 ans d'histoire lundi 27 avril 2009

 

Sissi

 

Rediffusion du 02.04.2008.

 

« J’ai aimé, j’ai vécu, J’ai parcouru l’univers Mais jamais je n’ai atteint ce que je désirais » Elisabeth d’Autriche

 

Il y a 110 ans, le 10 septembre 1898, un anarchiste italien de 26 ans, Luigi Luchini était assis sur un banc près des embarcadères au bord du lac de Genève. Arrivé en Suisse quelques mois plus tôt, il rêvait de changer le monde par une action d’éclat. « J’aimerais bien, avait il dit, tuer un personnage important pour qu’on en parle dans les journaux ». Il voulait assassiner le prétendant au trône de France. Mais Henri d’Orléans ayant annulé son voyage en Suisse, il cherchait une autre victime, lorsqu’il apprit la présence à Genève d’une des têtes couronnées les plus célèbres d’Europe : l’impératrice Elisabeth d’Autriche. A 61 ans, elle avait fui depuis longtemps la cour de Vienne et son mari, l’Empereur François Joseph pour voyager à travers toute l’Europe, désabusée de tout et parlant constamment de la mort, comme si elle l’attendait.

 

Invité :

 

Philippe de Monjouvent historien et généalogiste.

 

2000 ans d'histoire mardi 28 avril 2009

 

La conquête de l’Ouest, 1ère partie

 

Rediffusion du 06.02.2007.

 

Le 17 novembre 1805, quelque part au Nord Ouest de l’Amérique, le capitaine Meriwether Lewis et le lieutenant William Clark prenaient possession au nom du gouvernement des Etats-Unis, de tous les territoires qu’ils venaient de découvrir. Parti 7 mois plus tôt de Saint Louis, sur le Mississippi, ils avaient traversé les grandes plaines du Middle West et les montagnes Rocheuses avant d’atteindre l’Océan Pacifique. C’était le premier chapitre d’une épopée qui a marqué l’histoire des Etats Unis : la conquête de l’Ouest. Le vieux rêve d’un président Thomas Jefferson qui pensait que l’avenir de son pays n’était pas à l’Est mais à l’Ouest du continent américain. Sur les côtes du Pacifique, que bien avant lui, les Français et les Anglais avaient rêvé d’atteindre par ce qu’on appelait : le Grand Passage. Cette route mythique qui, par la mer ou par la terre devait permettre de traverser tout le nord de ce qui allait devenir les Etats Unis.

 

Invitée :

 

Annick Foucrier professeur à l'Université Paris I-Sorbonne, directrice du CRHNA (Centre de Recherches d'Histoire Nord-Américaine).

 

2000 ans d'histoire mercredi 29 avril 2009

 

Rediffusion du 7 février 2007

 

« Je ne vais vers l’est que forcé. Mais dans l’autre direction, je me sens libre. C’est vers l’Oregon et non vers l’Europe que j’ai besoin de marcher. » Henry Thoreau

 

Entre la traversée de l’Amérique par Lewis et Clark en 1805 et l’annexion des îles Hawaii en 1898, en moins d’un siècle les Etats-Unis ont vécu une épopée qui a marqué leur histoire jusqu’à aujourd’hui. La conquête de l’Ouest. L’aventure de centaines de milliers de pionniers qui, à partir de la côte atlantique des Etats-Unis, ont tourné le dos à l’Europe d’où ils venaient, pour aller toujours plus loin vers l’Ouest. Traversant les grandes plaines de l’ancienne Louisiane Française, et les montagnes Rocheuses, ils y croisaient les indiens dont les bisons étaient remplacés par des vaches, les chevaux par des chemins de fer, les terrains de chasse par des champs de maïs et de blé, et les villages de tentes par les usines et les villes de ce qui allait devenir, grâce à eux, le pays le plus puissant du monde.

 

Invité :

 

André Kaspi professeur émérite à la Sorbonne, spécialiste de l'histoire des Etats-Unis.

 

2000 ans d'histoire jeudi 30 avril 2009

 

Tibère

 

Rediffusion du 27.02.2008.

 

« Après moi, que le feu fasse disparaître la terre » Tibère

 

« Après moi, que le feu fasse disparaître la terre » avait dit Tibère peu de temps avant de mourir dans une villa de la baie de Naples le 16 mars 37. On raconte, que, sentant sa dernière heure arriver, ce vieil empereur de 76 ans avait retiré sa bague pour la donner à son successeur Caligula. Puis, il l’aurait remise à son doigt, comme s’il ne voulait pas renoncer au pouvoir qu’il exerçait depuis 23 ans sur l’empire le plus puissant du monde. On dit aussi que pour accélérer sa mort Caligula l’aurait fait étouffer dans son lit. Cela fait partie des légendes qui ont fait de Tibère un tyran, tellement détesté par les Romains qu’en apprenant sa mort ils voulaient qu’on jette son corps aux gémonies, ce rocher du capitole où les cadavres des condamnés étaient livrés à la foule avant d’être jetés dans le Tibre. C’était la fin pitoyable d’un des règnes les plus tragiques de l’empire romain.

 

Invitée :

 

Catherine Salles Maître de conférence à Paris X-Nanterre, spécialiste de l'Antiquité.

 

2000 ans d'histoire vendredi premier mai 2009

 

La manifestation

 

Rediffusion du 29.10.2004.

 

Invité :

 

Danielle Tartakowsky.

 

2000 ans d'histoire lundi 4 mai 2009

 

Les Templiers

 

Rediffusion du 30.10.2007

 

« Le chevalier du Christ donne la mort en toute sécurité et la reçoit avec plus d’assurance encore. S’il meurt c’est pour son bien, s’il tue c’est pour le Christ. » Saint Bernard

 

En créant après la première croisade l’ordre du Temple, son premier grand maître Hugues de Payne, inventait une nouvelle forme de chevalerie. Car, dans la société féodale qui établissait une distinction rigoureuse entre ceux qui se battent, ceux qui prient et ceux qui travaillent, les Templiers étaient en même temps des moines et des soldats. Et il a fallu toute l’autorité de Saint Bernard pour que puisse apparaître ceux qu’on a d’abord appelé les « Pauvres chevaliers du Christ » « Qui donnent la mort en toute sécurité disait Saint Bernard et qui la reçoivent avec plus d’assurance encore ». C’était le début d’une extraordinaire épopée, commencée en Palestine avec les Croisés et qui s’est terminée 200 ans plus tard en France, quand Philippe le Bel décidait d’interdire les Templiers qui avait accumulé tant de richesse qu’ils étaient devenus presque aussi puissants que le roi.

 

Invité :

 

Patrick Huchet Spécialiste du Moyen-Age, journaliste.

 

2000 ans d'histoire mardi 5 mai 2009

 

La Tour Eiffel

 

« Les concurrents devront étudier la possibilité d’élever sur le champ de mars une tour de 300 mètres de haut. » Journal officiel. Concours pour l’Exposition Universelle de 1889.

 

En lançant en 1886 le concours qui devait attribuer à Gustave Eiffel la construction de la tour qui porte son nom, le ministre du commerce Edouard Lockroy ne pensait pas que 123 ans plus tard elle serait encore debout. Elle n’était destinée qu’a être le clou de l’Exposition Universelle qui devait se tenir à Paris en 1889. Après quoi, elle serait sans doute démontée. Mais, pour le 100ème anniversaire de la Révolution Française, il fallait, en construisant cette tour, que la IIIème République montre au monde entier la puissance de son industrie, le savoir faire de ses ouvriers et le génie de ses architectes, capables de construire en un peu plus de deux ans, ce qui était à l’époque le plus haut bâtiment du monde. Mais si cette tour porte le nom de Gustave Eiffel, si chacune de ses 18.000 pièces provenait de ses ateliers, s’il en fut le maître d’œuvre, elle aurait pu aussi porter le nom d’un de ses ingénieurs, celui qui a dessiné la Tour Eiffel : Maurice Koechlin.

 

Invitée : Caroline Mathieu Conservateur en chef du musée d’Orsay, responsable des collections d'architecture. Commissaire de l’exposition "Gustave Eiffel le magicien du fer".

 

2000 ans d'histoire mercredi 6 mai 2009

 

Les femmes tondues

 

C’était pendant l’été et l’automne 1944. Quand, après 4 ans d’occupation les Français accueillaient triomphalement les soldats de Patton, de Leclerc, du général de Lattre et les résistants qui les avaient libérés. Les Allemands étaient partis, en abandonnant tous ceux qui s’étaient plus ou moins compromis avec eux. Miliciens, trafiquants du marché noir, écrivains ou artistes qui avaient continué de se produire pendant l’occupation, mais aussi des milliers de femmes accusées, ou simplement soupçonnées, d’avoir fait ce qu’on appelait à l’époque de « la collaboration horizontale ». Parce qu’elles avaient couché avec des Allemands, par intérêt ou par amour, ou qu’elles avaient seulement travaillé à leur service pour gagner leur vie, 20.000 d’entre elles ont été victimes d’une des formes les plus humiliante de l’épuration. Trainées dans les rues, insultées, battues et parfois violées, elles étaient tondues en public devantune population hostile qui se défoulait sur ces boucs émissaires sans défense, de 4 ans d’humiliations, de souffrances et de frustrations.

 

Invité :

 

Patrick Buisson Politologue et directeur de la chaîne Histoire.

 

2000 ans d'histoire jeudi 7 mai 2009

 

Diên Biên Phu

 

Le 8 mai 1954, à Genève, au moment où commençait une conférence internationale qui devait mettre fin à 7 ans de guerre en Indochine, on apprenait que la veille, à 12.000 km. de là, l’armée française venait d’être battue par l’armée vietnamienne à Diên-Biên-Phu. C’était la fin d’une bataille qui, depuis 56 jours, faisait la une des journaux du monde entier. Jamais pourtant, les Français ne s’étaient intéressés jusque là à cette guerre. L’Indochine c’était si loin, et on avait évité d’y envoyer des appelés. L’armée française qui s’y battait était une armée de métier, si sure d’elle que personne ne pouvait imaginer le désastre qui l’attendait lorsque, six mois plus tôt, le 20 novembre 1953, 3000 parachutistes français étaient largués sur un village perdu du Vietnam dont personne jusque là n’avait encore entendu parler.

 

Invité : Eric Deroo Chercheur associé au CNRS et cinéaste.

 

2000 ans d'histoire vendredi 8 mai 2009

 

Le 8 mai 1945, la reddition allemande

 

Invités: Philippe Buton Marc Bouxin.

 

2000 ans d'histoire lundi 11 mai 2009

 

La campagne de France mai-juin 1940

 

« La France a perdu une bataille, mais elle n’a pas perdu la guerre. » Charles de Gaulle, juillet 1940

 

Le 10 mai 1940, après avoir envahi la Pologne, le Danemark et la Norvège, Hitler avait concentré l’essentiel de ses forces sur le front de l’ouest, derrière la Ligne Siegfried et les frontières des Pays bas, de la Belgique et du Luxembourg. En face des 135 divisions allemandes des généraux Von Leeb et Von Bock, la France avait rassemblé la plus grande armée de son histoire. 5 millions d’hommes, 2400 chars et plus de 2000 avions qui, sous les ordres du général Gamelin, attendaient depuis 9 mois l’offensive allemande. C’était « la drôle de guerre. » Mais, du côté français, on était tellement persuadé de la victoire, et de l’invulnérabilité de la ligne Maginot, que c’est presque avec soulagement que, le 10 mai 1940, il y a 69 ans, on apprenait que les forces armées allemandes étaient entrées en Belgique et aux Pays Bas. Personne n’imaginait qu’en 47 jours à peine, elles allaient infliger à la France plus grand désastre militaire de son histoire.

 

Invité : Jean-Pierre Richardot Journaliste et historien.

 

2000 ans d'histoire mardi 12 mai 2009

 

Marie de Médicis

 

« La voici, la belle Marie

Qui fait confesser au soleil

Que du ciel depuis qu’il y monte

Il ne vint jamais rien de pareil. »

François Malherbe Ode à Marie de Médicis

 

Peu de reines ont autant qu’elle marqué l’histoire de France. Pour le meilleur et pour le pire. Mariée à Henri IV qui l’avait épousée pour renflouer les caisses de l’Etat, devenue régente après son assassinat par Ravaillac en 1610, mère indigne de Louis XIII contre lequel elle a comploté pendant des années puis exilée par son propre fils avant de mourir oubliée à Cologne en 1642, Marie de Médicis était aussi un mécène. Femme de culture, elle avait un goût pour les arts qu’elle avait rapporté de Florence lorsqu’en 1600, elle était venue en France pour y devenir, auprès d’Henri IV, la reine d’un peuple écrasé par l’impôt et épuisé par des années de guerres de religion.

 

Invité :

 

Jean-François Dubost Professeur d'Histoire moderne à l'Université de Paris 12 Val de Marne.

 

2000 ans d'histoire mercredi 13 mai 2009

 

Histoire des ordures

 

« Par la fenêtre ouverte, de l’ordure venait d’être jetée à pleine main. Une volée de merde ramassée au pied de la haie. » Emile Zola, La terre

 

On est loin aujourd’hui de l’époque où, quand ils se promenaient dans les rues de Paris, les contemporains de Zola risquaient à tout moment de recevoir des ordures sur la tête. Du temps où, en mangeant les restes des Français du Moyen Age, les cochons faisaient office d’éboueurs, quand les paysans venaient chercher en ville les ordures qu’ils transformaient en fumier dans leur campagne. « Ces tas d’ordures, ces tombereaux de boue, savez vous ce que c’est ? Ecrivait alors Victor Hugo, c’est de la prairie en fleur, du pain sur votre table, c’est de la vie. » C’était bien avant que nos sociétés de consommation, avec leurs emballages, leurs sacs en plastique et leurs produits jetables multiplient les quantités d’ordures que nous produisons, et avec elles, les problèmes qu’ont toujours posé les déchets et leur stockage jusqu’à aujourd’hui.

 

Invitée :

 

Catherine de Silguy Agronome.

 

2000 ans d'histoire jeudi 14 mai 2009

 

Les Hachémites

 

« Nous, les Arabes, reconnaissons sa Majesté notre seigneur Hussein Ibn Ali comme notre roi. » Proclamation d’indépendance des Arabes, Juin 1916

 

Il s’appelait Hussein Ibn Ali. Proclamé roi des Arabes en 1916, il appartenait à une famille, les hachémites qui, au XX° siècle a incarné l’indépendance et l’unité dont rêvaient les arabes depuis qu’ils étaient passé sous la domination des Turcs à partir du XVI° siècle. Descendants de Mahomet, gardiens des lieux saints de l’islam, les Hachémites avaient profité de la 1° guerre mondiale pour proclamer l’indépendance des Arabes et se battre avec les Anglais contre les Turcs, alliés de l’Allemagne. En cas de victoire, ils espéraient pouvoir créer un grand royaume arabe, sur les ruines de l’Empire Ottoman. Mais les intérêts français et anglais dans la région ont brisé ce rêve d’unité. Et sur les ruines de l’empire Ottoman, on a laissé se créer plusieurs états dont deux royaumes gouvernés par des fils d’Hussein : L’Irak et la Jordanie. Le seul pays où règne aujourd’hui le dernier représentant de la dynastie des hachémites : Abdallah, devenu roi, à la mort de son père Hussein en 1999.

 

Invité :

 

Rémi Kauffer Ecrivain et journaliste.

 

2000 ans d'histoire vendredi 15 mai 2009

 

Lyndon Johnson rediffusion du 19.02.2007.

 

Aucun président américain n’est entré à la Maison Blanche dans des circonstances aussi dramatiques. Le 22 novembre 1963, c’est dans l’avion qui le ramenait à Washington qu’à 14h38, Lyndon Johnson prêtait le serment qui faisait de lui le 36° président des Etats-Unis. A côté de lui, Jackie Kennedy portait encore le tailleur rose taché du sang de son mari assassiné à Dallas 1h 1/2 plus tôt. Dans le monde entier, bouleversé par la mort d’un des chefs d’état les plus populaires du XX° siècle, on se demandait alors qui était ce vice-président américain qui vivait depuis 3 ans dans l’ombre de Kennedy. Et ce qu’allait dire Johnson le 28 novembre 1963 en prononçant, devant le Congrès, son premier discours de président des Etats-Unis.

 

Invité :

 

Jacques Portes Historien, professeur d'histoire nord-américaine à l'Université de Paris-VIII, président de l'Association des professeur d'histoire et de géographie.

 

2000 ans d'histoire lundi 18 mai 2009

 

Les Ballets Russes

 

« Je compris tout de suite que je me trouvais devant un miracle. Je voyais ce qui n’avait pas existé encore. » Anna de Noailles, 19 mai 1909

 

Le 18 mai 1909, le rideau du théâtre du Châtelet se levait sur un spectacle comme on n’en avait encore jamais vu. Dans sa loge, Serge Diaghilev se demandait quelle serait la réaction du public. En créant les Ballets Russes, il avait entrepris de faire découvrir aux Français une nouvelle génération de peintres, de musiciens, de chorégraphes et d’écrivains russes qui allaient placer leur pays à l’avant-garde de l’art et de la littérature en Europe. Une extraordinaire collection de talents réunis pour écrire les livrets, dessiner les décors ou mettre en scène un corps de ballet qui a marqué jusqu’à aujourd’hui l’histoire de la danse : Les Ballets russes. « Je compris tout de suite que je me trouvais devant un miracle, écrivait le lendemain la comtesse de Noailles je voyais ce qui n’avait pas existé encore. » « Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau » s’exclamait Marcel Proust. Tandis que Cocteau ajoutait : « Le rideau rouge s’est levé sur des fêtes qui bouleversent la France et qui entraine une foule en extase. » C’était le début d’une aventure qui allait révéler quelques uns de plus grands artistes et écrivains du XXème siècle. A peine connus à l’époque, ils s’appelaient Cocteau, Stravinsky, Prokofiev, Picasso, Apollinaire, Satie, Matisse, Nijinski ou le danseur et chorégraphe Serge Lifar qui n’avait que 4 ans en 1909, mais qui connaissait par cœur l’histoire de ces ballets russes où il avait fait ses débuts. invité Jean Pierre Pastori journaliste spécialiste de la danse et de son histoire Les Ballets Russes « Je compris tout de suite que je me trouvais devant un miracle. Je voyais ce qui n’avait pas existé encore. » Anna de Noailles, 19 mai 1909 Le 18 mai 1909, le rideau du théâtre du Châtelet se levait sur un spectacle comme on n’en avait encore jamais vu. Dans sa loge, Serge Diaghilev se demandait quelle serait la réaction du public. En créant les Ballets Russes, il avait entrepris de faire découvrir aux Français une nouvelle génération de peintres, de musiciens, de chorégraphes et d’écrivains russes qui allaient placer leur pays à l’avant-garde de l’art et de la littérature en Europe. Une extraordinaire collection de talents réunis pour écrire les livrets, dessiner les décors ou mettre en scène un corps de ballet qui a marqué jusqu’à aujourd’hui l’histoire de la danse : Les Ballets russes. « Je compris tout de suite que je me trouvais devant un miracle, écrivait le lendemain la comtesse de Noailles je voyais ce qui n’avait pas existé encore. » « Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau » s’exclamait Marcel Proust. Tandis que Cocteau ajoutait : « Le rideau rouge s’est levé sur des fêtes qui bouleversent la France et qui entraine une foule en extase. » C’était le début d’une aventure qui allait révéler quelques uns de plus grands artistes et écrivains du XXème siècle. A peine connus à l’époque, ils s’appelaient Cocteau, Stravinsky, Prokofiev, Picasso, Apollinaire, Satie, Matisse, Nijinski ou le danseur et chorégraphe Serge Lifar qui n’avait que 4 ans en 1909, mais qui connaissait par cœur l’histoire de ces ballets russes où il avait fait ses débuts.

 

Invité :

 

Jean Pierre Pastori journaliste spécialiste de la danse et de son histoire.

 

2000 ans d'histoire mardi 19 mai 2009

 

Valéry Giscard d’Estaing

 

Il y a 35 ans, le 19 mai 1974 à 20 heures, les Français découvraient le nom du 3° président de la V° République. Jamais une élection présidentielle n’avait connu autant de rebondissements ni réservé autant de surprises que celle de 1974. Jamais non plus une campagne électorale n’avait été aussi courte puisque 35 jours à peine ont séparé l’élection de Valéry Giscard d’Estaing de ce qui l’avait provoqué : la mort de son prédécesseur le 2 avril 1974. Certes, tout le monde savait que Georges Pompidou était malade, mais jusqu’à la dernière minute, il avait caché la gravité de sa maladie si bien que l’annonce de sa mort avait pris tout le monde au dépourvu. Y compris celui qui allait lui succéder. Ce soir là, Valéry Giscard d’Estaing dinait chez des amis lorsque, quelques minutes avant 22 heures on lui annonçait la nouvelle en même temps qu’elle arrivait dans les rédactions de toutes les télévisions et les radios de France.

 

Invité :

 

Frédéric Abadie journaliste.

 

2000 ans d'histoire mercredi 20 mai 2009

 

La mort de Napoléon

 

« Je meurs prématurément, assassiné par l’oligarchie anglaise et par son sicaire ». Testament de Napoléon

 

Que voulait dire Napoléon lorsqu’avant de mourir à Sainte-Hélène le 5 mai 1821, il avait écrit dans son testament qu’il était mort « assassiné par l’oligarchie anglaise et par son sicaire »? On n’en sait rien. Ce que l’on sait, c’est que le sicaire, c’était le gouverneur anglais de l’île, Hudson Lowe, qui avait été chargé d’y surveiller pendant cinq ans le prisonnier le mieux gardé du monde. Dans de telles conditions qu’à la mort de Napoléon, on l’avait soupçonné d’avoir voulu l’éliminer. Mais faute de preuves, on s’en était tenu à la version officielle. Napoléon était mort d’un ulcère ou d’un cancer à l’estomac. Jusqu’à ce que, cent quarante ans plus tard, un médecin suédois, puis un homme d’affaire canadien, la remettent en cause en affirmant que Napoléon avait bel et bien été assassiné. Ils s’appuyaient sur le taux anormalement élevé d’arsenic qu’on avait découvert dans ses cheveux.

 

Invité :

 

Thierry Lentz directeur de la Fondation Napoléon.

 

2000 ans d'histoire jeudi 21 mai 2009

 

Sherlock Holmes

 

Avec sa casquette à double visière, sa pipe recourbée, et son fidèle ami Watson, il est depuis plus de cent ans le détective le plus célèbre du monde. Depuis le jour où, en 1886, à South Sea, près de Portsmouth, un médecin désœuvré, Arthur Conan Doyle, avait décidé de tromper son ennui en écrivant un roman policier : « Une étude en rouge ». L’histoire d’une enquête menée par un détective comme il n’en existait pas encore dans la littérature policière. Son héros, Sherlock Holmes, ne s’appuyait sur un sens de l’observation et de la déduction hors du commun pour résoudre les affaires criminelles les plus compliquées. En inventant dans ce roman, le personnage de Sherlock Holmes, Conan Doyle s’était souvenu d’un de ses professeurs de médecine quand il faisait ses études à la faculté d’Edimbourg. C’est lui, disait il, qui était à l’origine du héros le plus célèbre de la littérature policière.

 

Invité :

 

Bernard Oudin journaliste, essayiste, historien, vice-président de la Société Sherlock Holmes de France, membre de la Sherlock Holmes Society of London et de la Société des Baker Street Irregulars de New-York.

 

2000 ans d'histoire vendredi 22 mai 2009

 

Une histoire de la politesse

 

rediffusion du 24.10.2006

 

« Sans la politesse, on ne se réunirait que pour se battre. Il faut donc vivre seul ou être poli » Alphonse Karr

 

Qu’on l’appelle le savoir-vivre, la civilité, la bienséance, les bonnes manières ou la courtoisie, tout le monde sait depuis toujours que sans la politesse la vie en société serait insupportable. La politesse a donc une histoire et les règles qu’elle impose n’ont jamais cessé de changer. Mais même si on ne mange plus avec ses doigts depuis l’invention de la fourchette, si le baisemain venu d’Angleterre nous parait aujourd’hui démodé, si on ne vouvoie plus ses parents, ses enfant ou son conjoint, et si on ne demande plus la main de sa promise en gant blanc et en pantalon beurre frais, on apprend toujours qu’il ne faut pas mettre ses coudes sur la table ni ses doigt dans son nez, et que même si on a une furieuse envie de mettre son poing sur la figure de quelqu’un, il faut savoir lui dire bonjour ou merci. Ce sont autant de règles toutes simples qui nous permettent de pouvoir vivre ensemble sans avoir envie de s’entretuer.

 

Invité :

 

Frédéric Rouvillois professeur de droit à l'Université de Paris V.

 

2000 ans d'histoire lundi 25 mai 2009

 

L’arbre

 

« L’arbre est le cadre du ciel » Jacques Le Roy Ladurie

 

Parce qu’ils vivent plus longtemps qu’eux et que pendant des siècles ils ont joué un rôle essentiel dans leur histoire et leur vie quotidienne, les arbres ont toujours été vénérés par les hommes. Considérés comme des dieux avant que le christianisme interdise le culte des arbres sacrés, leur bois ont été pendant des siècles la principale source d’énergie de l’humanité et une matière première indispensable. Fournissant du bois de feu pour le chauffage domestique où pour l’artisanat et la métallurgie, ou du bois d’œuvre pour la construction des maisons et les chantiers navals, la forêt servait aussi à l’élevage des moutons ou des porcs qui se nourrissaient des glands de ses chênes. On comprend pourquoi les hommes ont toujours redouté tout ce qui pouvait la menacer. Comme le feu qui, en 1949, a provoqué le plus grand incendie de forêts qu’ait connu la France au XX° siècle.

 

Invitée :

 

Andrée Corvol directrice de recherche au CNRS, présidente du Groupe d’histoire des forêts françaises.

 

2000 ans d'histoire mardi 26 mai 2009

 

La Malibran

 

« Si je devais renaître sur la terre, je demanderai de renaître avec le génie de Mozart et la voix de la Malibran ». Lamartine

 

Lorsque, le 14 septembre 1836, elle s’est évanouie, dans la salle archicomble du théâtre de Manchester, personne n’imaginait qu’on n’entendrait plus jamais sa voix. Neuf jours plus tard, la plus grande diva du XIXème était morte, à peine âgée de 28 ans. Pendant dix ans, à Paris, à Rome, à la Scala de Milan, à Venise ou à Londres, sa voix et sa beauté avait bouleversé des centaines de milliers de spectateurs et inspiré les plus grands artistes et les plus grands écrivains romantiques du début du XIXème siècle. Chateaubriand, Victor Hugo, Berlioz, Musset, George Sand, Chopin, Liszt, Delacroix ou Lamartine qui a fait graver sur sa tombe tout ce qui avait fait d’elle une des femmes les plus fascinantes de son époque: « Beauté, amour, génie, furent son nom de femme/ Ecrit dans son regard, dans son cœur dans sa voix/ Sous trois formes au ciel appartenait cette âme/ Pleurez terre, et vous, cieux accueillez la trois fois. » Elle s’appelait Maria de la Felicidad Garcia, jusqu’à ce qu’en 1825, à New York, un Français lui donne le nom avec lequel elle est devenue célèbre.

 

Invité :

 

Gonzague Saint Bris écrivain.

 

2000 ans d'histoire mercredi 27 mai 2009

 

Vivre avec l’occupant en 1940 (1ère partie)

 

« Nous nous trouvons aujourd’hui dans cette situation affreuse que le sort de la France a cessé de dépendre des Français. » Marc Bloch, juin 1940

 

Jamais dans leur histoire les Français n’ont vécu un drame comme celui de 1940. Une défaite militaire sans précédent, près de deux millions de prisonniers dont plus de la moitié allaient rester 5 ans en Allemagne, l’exode vers le sud de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui fuyaient les combats, tandis que d’autres étaient restés dans leurs villes et leurs villages ignorant la réalité de la situation militaire. Ce drame, on en connaît les principaux responsables politiques et militaires, mais on parle beaucoup moins de ses victimes. Et de ces millions de Français anonymes, qui, loin de Paris ou de Vichy, abandonnés par un gouvernement dépassé par les événements, et livrés à eux même, se sont demandés comment vivre avec les Allemands lorsqu’en juin 1940, ils les ont vu arriver dans les villes et les villages de France qu’ils allaient occuper pendant 4 ans.

 

Invité :

 

Jean-Pierre Azéma historien professeur émérite IEP.

 

2000 ans d'histoire jeudi 28 mai 2009

 

Vivre avec l'occupant en 1940 (2ème partie)

 

Invité :

 

Jean-Pierre Azéma historien professeur émérite IEP et conseiller historique de la série « Un village français ».

 

2000 ans d'histoire vendredi 29 mai 2009

 

Les années 60 Rediffusion du 11 mars 2004.

 

Invité :

 

Jean-Pierre Rioux.

 

2000 ans d'histoire lundi 1er juin 2009

 

Les Monastères

 

Rediffusion du 17/10/2005.

 

Invité :

 

Pierre Chavot.

 

2000 ans d'histoire mardi 2 juin 2009

 

Une histoire du tennis

 

« Aujourd’hui on rencontre partout des hommes et des femmes portant à la main une raquette. Ces gens sont atteints d’un mal d’origine anglaise qu’on appelle le tennis. » Guy de Maupassant en 1887

 

En 1874, un ancien officier de l’armée des Indes, Walter Clopton Wingfield faisait breveter le kit d’un jeu qu’il avait inventé, et dans lequel on trouvait quatre raquettes, des balles creuses en caoutchouc, et un filet. Il avait appelé ce jeu le Sphairistiqué ce qui veut dire en grec : « L’art de la balle ». Trop compliqué, le nom fut vite abandonné, et remplacé par celui de lawn-tennis. Le but du jeu était de faire passer, une fois de plus que son adversaire, une balle de 58 grammes au dessus d’un filet situé à 91 centimètres du sol. Le principe était simple, mais il n’était pas nouveau. Bien avant le tennis, les Français avaient déjà inventé un jeu, le jeu de paume dont s’est inspiré le major Wingfield, jusque dans la manière étrange dont on comptait les points, comme on le fait aujourd’hui encore sur tous les terrains de tennis du monde.

 

Invité :

 

Patrick Clastres chercheur rattaché au centre d’histoire de Science Po.

 

2000 ans d'histoire mercredi 3 juin 2009

 

Le Printemps de Pékin

 

Il y a 20 ans, dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 à Pékin, les blindés de trois corps d’armée recevaient l’ordre d’écraser la révolte qui depuis sept semaines faisait vaciller le régime communiste chinois. A deux heures et demie du matin, l’armée ouvrait le feu sur les milliers de manifestants qui occupaient les 50 hectares de l’immense Place de la Paix Céleste, la Place Tian An Men, à l’endroit même où, quarante ans plus tôt, Mao Zedong avait proclamé la naissance de la République Populaire de Chine. Mais ce 4 juin, l’armée n’était plus là pour faire triompher une révolution. Elle était entrée dans Pékin pour écraser une révolte qui avait commencé quelques semaines plus tôt. Le 22 avril 1989, à l’occasion des funérailles d’un ancien chef du Parti Communiste Chinois, le réformateur Hu Yaobang, les étudiants de Pékin étaient venus sur la place Tian An Men pour réclamer la liberté d’expression, l’abolition de la censure et la démocratie. Ils allaient y rester 6 semaines. C’était le début des plus grandes manifestations spontanées qu’ait jamais connu le régime communiste chinois.

 

Invitée :

 

Marie Holzman sinologue, présidente de l’association Solidarité Chine créée en 1989 au lendemain des massacres de Tiananmen.

 

2000 ans d'histoire jeudi 4 juin 2009

 

Le Parlement Européen

 

Il y a 30 ans, le 18 juillet 1979 à Strasbourg, Simone Veil ouvrait la première séance du premier Parlement européen élu au suffrage universel direct. Jusque là, ses députés étaient désignés par les Parlements nationaux. Mais en 1979, en permettant à ses habitants de désigner directement leurs représentants, l’Europe donnait à son Parlement une plus grande légitimité. Celle dont rêvaient les pionniers de la construction européenne lorsqu’au lendemain d’une guerre qui les avait opposés, ils avaient rassemblé les peuples d’Europe dans une organisation nouvelle : le Conseil de l’Europe. Chargé de défendre les droits de l’homme et la démocratie, il disposait d’une assemblée parlementaire qui siégeait à Strasbourg. C’est là que le 12 août 1949, un des principaux artisans de la construction européenne, Winston Churchill, annonçait en Français la naissance de ce qui fut le premier Parlement de l’Europe. invité Fabrice Serodes professeur au lycée français de Bruxelles et l'IEP Sciences Po Lille. Le Parlement Européen Il y a 30 ans, le 18 juillet 1979 à Strasbourg, Simone Veil ouvrait la première séance du premier Parlement européen élu au suffrage universel direct. Jusque là, ses députés étaient désignés par les Parlements nationaux. Mais en 1979, en permettant à ses habitants de désigner directement leurs représentants, l’Europe donnait à son Parlement une plus grande légitimité. Celle dont rêvaient les pionniers de la construction européenne lorsqu’au lendemain d’une guerre qui les avait opposés, ils avaient rassemblé les peuples d’Europe dans une organisation nouvelle : le Conseil de l’Europe. Chargé de défendre les droits de l’homme et la démocratie, il disposait d’une assemblée parlementaire qui siégeait à Strasbourg. C’est là que le 12 août 1949, un des principaux artisans de la construction européenne, Winston Churchill, annonçait en Français la naissance de ce qui fut le premier Parlement de l’Europe.

 

Invité :

 

Fabrice Serodes professeur au lycée français de Bruxelles et l'IEP Sciences Po Lille.

 

2000 ans d'histoire vendredi 5 juin 2009

 

Le jour J : le 6 juin 1944

 

Rediffusion du 04.06.2004

 

2000 ans d'histoire lundi 8 juin 2009

 

Le naufrage du Titanic

 

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, un radio amateur de New York, David Snarnof recevait en morse un message de trois lettres : C.Q.D., « come quickly danger » « venez vite, nous sommes en danger ». Un appel de détresse suivi d’un message plus précis : « Avons heurté iceberg, position 41°44’ nord, 50°24’ ouest. » Ce message était signé M.G.Y. C’était l’indicatif du Titanic. Le plus grand, le plus luxueux paquebot de l’époque, l’orgueil de la White Star Line dont le président, Joseph Bruce Ismay était à bord. Quelques jours plus tôt, il était venu à Belfast, où le Titanic avait été construit, pour assister aux premiers essais du paquebot en mer d’Irlande. C’était le 1er avril 1912. Le Titanic était fin prêt pour effectuer quelques jours plus tard sa première traversée de l’Atlantique Nord. Mais ni son commandant, Edward John Smith, ni Bruce Ismay ne pouvaient imaginer que ce serait aussi la dernière.

Invité :

 

Gérard Piouffre journaliste et écrivain, spécialiste de l’histoire de l’aviation et de la marine.

 

2000 ans d'histoire mardi 9 juin 2009

 

Marie-Antoinette à Versailles

 

rediffusion du 8 avril 2008

 

Le 16 octobre 1793 quelques heures après son exécution, les Parisiens pouvaient encore voir le corps décapité de Marie Antoinette, exposé au cimetière de la Madeleine, la tête jetée entre ses jambes. Comme si sa mort n’avait pas suffi à apaiser la haine qu’avait cristallisé sur elle cette reine de France venue de Vienne à Versailles 23 ans plus tôt. Elle avait alors à peine 14 ans et avait été envoyée en France pour épouser le futur Louis XVI. Pour sa mère, l’impératrice Marie Thérèse, la plus jeune de ses filles n’était qu’un pion destiné à sceller par son mariage l’amitié entre l’Empire d’Autriche et la France où Marie Antoinette arrivait le 7 mai 1770 Ce jour là, elle découvrait pour la première fois le pays dont elle allait devenir la reine et les contraintes du protocole de Versailles ou elle allait vivre pendant 19 ans.

 

Invitée :

 

Evelyne Lever historienne chercheur au CNRS, spécialiste de l’Ancien Régime et de la Révolution.

 

2000 ans d'histoire mercredi 10 juin 2009

 

Les créatures artificielles

 

rediffusion du 12 mars 2008

 

« Je ne doute pas que dans cent ans, on en vienne à arranger la vie de façon telle qu’un automate puisse en remplir les fonctions. » Théophile Gautier en 1830 Depuis les peintures pariétales de Lascaux et de la grotte Chauvet, jusqu’aux robots industriels d’aujourd’hui les hommes ont toujours cherché à reproduire la vie. Fabriquer des créatures animées à partir de la matière inerte c’est un des plus vieux rêves de l’humanité. Celui des inventeurs d’automates au siècle des lumières et des cerveaux électroniques d’aujourd’hui, celui du docteur Frankenstein de Mary Shelley ou des réalisateurs de la Guerre des étoiles et de Terminator. Mais c’était aussi le rêve des grecs de l’Antiquité dont la mythologie a imaginé les premiers robots de l’histoire. Galatée, cette statue d’ivoire sculptée par Pygmalion à laquelle Aphrodite avait donné la vie, ou encore ces robots de métal que le dieu des forgerons, Hephaïstos avait fabriqué dans son atelier au fond d’un volcan.

 

Invité :

 

Jean-Claude Heudin directeur du laboratoire de recherche de l’Institut international du multimédia-Association Léonard de Vinci.

 

2000 ans d'histoire jeudi 11 juin 2009

 

Drieu La Rochelle, Aragon, et Malraux

 

rediffusion du 16 avril 2008

 

« C’est peu vivre de ne faire qu’un personnage » Maurice Barrès

 

C’est une amitié comme on n’en a rarement vue dans l’histoire littéraire. Celle qui, au début du XX° siècle a rapproché trois écrivains qui, comme Barrès qu’ils admiraient, voulaient vivre plusieurs vies en une seule : Pierre Drieu la Rochelle, Louis Aragon et André Malraux. Un fasciste, un communiste et un gaulliste, attachés par une amitié si forte que, pendant la 2ième guerre mondiale, alors que leurs choix politiques les avaient séparés, aucun d’eux ne l’avait reniée. Ni le fasciste Drieu qui continuait de faire l’éloge des romans du communiste Aragon, ni le gaulliste Malraux qui, avant de rejoindre la résistance avait demandé à Drieu d’être le parrain de son fils, ni Aragon qui au même moment, écrivait un roman dont le héros, Aurélien, était le portrait de Drieu la Rochelle qui avait été son ami avant de devenir fasciste. Puis Aragon ne parla plus jamais de lui pendant 20 ans. Jusqu’en 1963, au micro de Francis Crémieux.

 

Invité :

 

Maurizio Serra Diplomate, professeur de relations internationales à l'Université de Rome - LUISS, il dirige l'Institut diplomatique du ministère des Affaires étrangères italien.

 

2000 ans d'histoire vendredi 12 juin 2009

 

Le bagne en Guyane

 

rediffusion du 04.03.2008

 

« On peut condamner un coupable à la détention perpétuelle ou le condamner à mort ; mais pas le condamner à descendre plus bas qu’il n’est ». Marc Rucart, ministre de la justice du Front Populaire

 

Au début de l’été 1936, le garde des Sceaux du Front Populaire, Marc Rucard, demandait la suppression du bagne de Guyane. « La peine doit être exemplaire et moralisatrice, lui avait dit le premier président de la Cour de Cassation, Paul Matter, or le bagne n’est ni l’un ni l’autre ». Deux ans plus tard, le 17 juin 1938, le Président de la République Albert Lebrun supprimait par décret la peine de travaux forcés en Guyane. C’était la fin d’un système qui en moins d’un siècle avait envoyé plus de 70.000 hommes dans les pénitenciers de Cayenne, de Saint Laurent du Maroni ou des Îles du Salut. Condamnés de droit commun ou déportés politiques, certains sont entrés dans la légende du bagne comme le capitaine Dreyfus, Guillaume Seznec ou Henri Charrière dit Papillon, mais la plupart d’entre eux y sont mort oubliés dans ce qu’Albert Londres appelait « l’usine à malheur. »

 

Invitée :

 

Marion Godfroy historienne, doctorante à l’Ecole des hautes études en sciences sociales de Paris.

 

2000 ans d'histoire lundi 15 juin 2009

 

Les colonies de vacances

 

Rediffusion du 30 juin 2006.

 

« Regardez-moi ces pauvres petits êtres chétifs et pâles. Que leur faudrait-il ? Un mois de bon air loin de l’infect ruisseau de leur rue, en pleine montagne ou en pleine forêt. » Edmond Cottinet.

 

Fondateur des colonies scolaires en 1883

 

Parce qu’elles font penser aux vacances et à l’enfance, les colos, comme on les appelle, font partie de nos plus beaux souvenirs. Même ceux qui n’y sont jamais allés ont vu le bonheur de ces enfants qui, grâce à elles, ont découvert un jour la mer, la montagne, l’amitié, les premiers amours et d’autres univers que celui de leur ville, de leur quartier et de leur famille. Voilà pourquoi les colos ont tant marqué des générations de Français. Même si, avec l’évolution de la société, les enfants d’aujourd’hui n’ont pas gardé de leurs colonies de vacances le même souvenir que ceux qui les avaient découvertes quand elles ont été inventées au XIX° siècle.

 

Invité :

 

Jean Houssaye

 

2000 ans d'histoire mardi 16 juin 2009

 

La Comédie Française

 

Rediffusion du 11 mai 2007.

 

La Comédie-Française Installée d’abord rue Guénégaud à Paris puis, successivement rue de L’Ancienne Comédie, au Tuileries, à l’Odéon et enfin dans la salle qu’elle occupe depuis 1799 rue de Richelieu, la Comédie Française est née il y a plus de 300 ans d’une volonté politique. La décision de Louis XIV de réunir deux troupes parisiennes dans un seul théâtre qui est aujourd’hui, avec l’Académie Française et la Cour des comptes, une des plus vieilles institutions française, la troupe permanente de comédiens la plus ancienne du monde et la seule à fonctionner comme une société d’acteurs. Comme à l’époque où Jean Baptiste Poquelin, dit Molière, avait créé sa troupe en 1643, 37 ans avant la naissance de la Comédie Française.

 

Invité :

 

André Blanc Professeur émérite de l'Université de Paris X-Nanterre.

 

2000 ans d'histoire mercredi 17 juin 2009

 

Le Coran

 

« Allah a fait descendre le plus beau des récits contenu dans un livre. A l’entendre, la peau de ceux qui craignent leur seigneur se hérisse et frissonne. » Le Coran

 

Il y a 1400 ans, le 6 août 610, quelque part dans le désert d’Arabie, un caravanier de La Mecque qui ne savait ni lire ni écrire se trouvait seul dans une grotte du mont Hirab lorsqu’il entendit un ange lui dire : « Lis, au nom de ton seigneur qui a créé l’homme d’un caillot de sang. » « Mais je ne sais pas lire lui répondit le caravanier. » L’ange lui tendit quand même ce qui allait devenir la 96° sourate d’un des livres les plus célèbres du monde. Livre sacré de l’Islam dont il définit les rites, les lois, les dogmes et les règles de la vie sociale et politique des Musulmans, le Coran qui veut dire en arabe « récitation » est aujourd’hui récité par plus d’un milliard d’hommes et de femmes, dans la langue où il a été révélé à Mohammed il y a 1400 ans. Même dans les pays où on ne parle pas l’arabe.

 

Invité :

 

Malek Chebel anthropologue des religions.

 

2000 ans d'histoire jeudi 18 juin 2009

 

William Wallace

 

« Nous ne sommes pas ici pour faire la paix mais pour faire la guerre afin de nous défendre et de libérer notre royaume. » William Wallace à la bataille de Stirling le 11 septembre 1297

 

Le 23 août 1305 à Londres, les Anglais étaient venus par milliers pour assister à l’exécution d’un Ecossais qui avait infligé à leur armée une des défaites les plus humiliantes de leur histoire. Traîné nu, à plat ventre dans les rues de la ville attaché à la queue de deux chevaux, William Wallace fut éviscéré vivant avant que sa tête soit tranchée, plantée sur une pique et exposée pendant plusieurs jours sur le Pont de Londres. Tandis que le reste de son corps coupé en 4 était envoyé aux quatre coins du royaume. Par ce supplice, il fallait briser définitivement la révolte qu’il avait déclenchée 8 ans plus tôt, lorsqu’en mai 1297, avec une poignée d’hommes, il avait attaqué et massacré la garnison anglaise qui occupait la petite ville écossaise de Lanark. William Wallace n’avait épargné que quelques hommes pour que le roi d’Angleterre, Edouard 1° sache que les Ecossais se battraient jusqu’au bout pour leur indépendance.

 

Invitée :

 

Béatrice Balti écrivain.

 

2000 ans d'histoire vendredi 19 juin 2009

 

Boris Vian

 

rediffusion du 31.05.2007

 

« Je voudrais pas mourir sans qu’on ait inventé les roses éternelles, la fin de la douleur, tous les enfants contents et tant de choses encore qui dorment dans les crânes. Je voudrais pas crever avant d’avoir goûté la saveur de la mort. » Boris Vian

 

Il est mort dans une salle de cinéma le 23 juin 1959 à l’âge de 39 ans, en assistant à l’adaptation du livre qui l’avait fait connaître douze ans plus tôt. Lorsqu’en en 1947, avec J’irai cracher sur vos tombes, Boris Vian venait de publier le premier et le plus sulfureux de ses romans. Encore inconnu du grand public, il incarnait alors la rage de vivre d’une génération que la guerre avait privé de jeunesse, et qui se défoulait dans les caves et les bars de Saint Germain des Prés. Au café de Flore, au Tabou ou au club Saint Germain, elle venait boire et danser sur des musiques interdites pendant l’occupation et entendre ce touche-à-tout de génie, qui, entre deux romans, jouait de la trompette au Quartier Latin.

 

Invitée :

 

Claire Julliard écrivain et journaliste.

 

2000 ans d'histoire lundi 22 juin 2009

 

Johnny Hallyday

 

Il y a les yéyés des années 60 qui, avec lui, ont découvert le rock au Golf Drouot, et le premier concert géant sur la Place de la Nation en 1963. Il y a leurs enfants qui l’ont vu au Palais des Sports ou à Bercy dans les années 80. Et il y a leurs petits enfants qui étaient avec leurs parents et leurs grands parents venus l’écouter avec 400.000 spectateurs au pied de la Tour Eiffel le 10 juin 2000. Il y a même ceux qui ne l’ont jamais aimé, qui n’ont jamais acheté un de ses disques, et qui ne l’ont jamais vu en concert, mais qui sont bien obligés de reconnaître qu’aucun chanteur n’a eu autant de succès que lui et depuis si longtemps qu’il est le seul à avoir marqué plusieurs générations de Français. Jusqu’à ce qu’il décide un jour de tirer sa révérence après 800 chansons, et 50 ans passés sur la scène.

 

Invité :

 

Philippe Boggio journaliste, ancien grand reporter au Monde.

 

2000 ans d'histoire mardi 23 juin 2009

Le 14 Juillet 1789

 

En partenariat Le Monde hors série « la Révolution française »

 

Il était huit heures du matin à Versailles, le 15 juillet 1789 lorsque le duc de La Rochefoucauld-Liancourt annonçait à Louis XVI que, la veille, les Parisiens avaient pris la Bastille. Surpris que l’on s’attaque à une prison qui n’avait plus que sept détenus (deux fous, quatre faussaires et un fils de famille enfermé à la demande de ses parents), Louis XVI, on le sait avait demandé si c’était une révolte. « Non, sire, lui répondit le duc, c’est une révolution.
» Elle avait commencé en réalité quelques mois plus tôt, lorsqu’en 1788, Louis XVI avait décidé de réunir les Etats Généraux. En faisant ce qu’aucun roi n’avait osé faire avant lui depuis plus de 150 ans, il ouvrait sans le savoir une boîte de Pandore. Le roi avait convoqué les Etats Généraux pour résoudre une situation financière catastrophique, mais le 5 mai 1789, leurs députés étaient venus à Versailles avec bien d’autres revendications. Celles qu’exprimaient les cahiers de doléance qui avaient été rédigés au printemps, dans toutes les villes et tous les villages de France, juste avant la réunion des Etats Généraux.

 

Invité :

 

Jean-Paul Bertaud professeur émérite des universités.

 

2000 ans d'histoire mercredi 24 juin 2009

 

Henry Dunant et la naissance de la Croix-Rouge

 

« Seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent » Henry Dunant

 

Quand il est mort en 1910, dans l’hôpital du petit village de Heiden, en Suisse, tout le monde avait oublié celui qui 47 ans plus tôt avait inventé l’organisation humanitaire la plus célèbre du monde. Celle qui, avec 100 millions de bénévoles dans 186 pays est présente aujourd’hui partout pour soulager les victimes des catastrophes naturelles, des épidémies, de la précarité, de la famine mais aussi celles pour lesquelles elle avait été créée, les victimes des guerres. C’est d’abord pour elles qu’Henry Dunant avait inventé la Croix-Rouge. Certes, l’idée de soigner les blessés sur les champs de bataille, quelle que soit leur nationalité, n’était pas nouvelle. En 1745, le soir de la bataille de Fontenoy, quand un officier avait demandé à Louis XV comment il fallait traiter les ennemis blessés. Comme les autres avait répondu le roi, car du fait qu’ils sont blessés, ils ne sont plus nos ennemis. Mais il a fallu attendre 150 ans encore pour qu’au lendemain d’une autre bataille, le vœu de Louis XV devienne une réalité. C’était il y a tout juste 150 ans, en Italie du nord. Lorsque le 25 juin 1859, à Castiglione, Henry Dunant découvrait dans un hôpital de fortune les blessés qui avaient été ramassé la veille sur le champ de bataille de Solferino.

 

Invité :

 

Gérard A. Jaeger historien et essayiste.

 

2000 ans d'histoire jeudi 25 juin 2009

 

Le Traité de Versailles

 

« La paix que l’on impose au peuple allemand est celle de la force. La paix du droit apparent ne saurait assurer la paix du monde. » L’Humanité 28 juin 1919

 

Jamais dans le passé on avait vu autant de pays autour d’une table pour signer un traité. C’était il y a 90 ans. Le 28 juin 1919, dans la Galerie des Glaces du château de Versailles les représentants de 27 pays signaient avec l’Allemagne les 440 articles d’un traité qui mettait fin à la 1° guerre mondiale. Le lieu n’avait pas été choisi par hasard. C’était là qu’en 1871, alors qu’ils occupaient la France, les Allemands avaient proclamé le roi de Prusse empereur d’Allemagne. 48 ans plus tard, c’est en vaincus que, dans cette même Galerie des Glaces, les Allemands devaient accepter un traité qui leur demandait de reconnaître et de payer cher leur responsabilité dans une guerre atroce qui, en 4 ans, avait fait plus de 10 millions de morts. Jusqu’à ce que le 11 novembre 1918, à 11 heures du matin, on entende dans les tranchées les clairons sonner la fin des combats.

 

Invité :

 

Bruno Cabanes historien, professeur associé à l’université de Yale.

 

2000 ans d'histoire vendredi 26 juin 2009

 

Le cochon

 

« Par ses vertus, pour sa bonté, le lard a forgé ma santé. Et je dois, en vérité, plus au porc qu’à la faculté ». Fontenelle Voilà plus de 8000 ans que, quelque part en Asie Mineure, les hommes ont commencé à faire du cochon sauvage, le sanglier, un animal domestique : le porc. A l’époque où l’on élevait le mouton pour sa laine, la vache et la chèvre pour leur lait, et le bœuf pour être un animal de trait, le cochon devenait alors le seul animal qui était élevé dans le seul but d’être mangé. Sauf par les Egyptiens, les Juifs et plus tard les Musulmans qui en ont interdit la consommation. Le christianisme lui-même s’est longtemps méfié de cet animal impur qui se nourrit de déchets, et qui incarnait tous les péchés du monde : la goinfrerie, la luxure, la saleté, la colère et la gourmandise. Car, de la tête au pied, des oreilles à la queue, c’est bien connu, dans le cochon, tout est bon.

 

Invité :

 

Michel Pastoureau historien, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études.

 

2000 ans d'histoire lundi 29 juin 2009

 

Le café

 

Rediffusion du 01.04.2008

 

« J’ai vu au Caire cet arbre qui produit un fruit dont les Arabes font une espèce de décoction qui est fort en usage. Ils appellent cette boisson Caova. » Prosper Alpin 1592

 

Lorsqu’à la fin du XVI° siècle le médecin italien Prosper Alpin découvre le café en Egypte, personne en Europe n’en connaissait l’existence. Il n’était encore cultivé qu’au Yémen et en Ethiopie et consommé dans le monde arabe bien avant de traverser la méditerranée grâce aux commerçants vénitiens et aux soldats de l’empire ottoman qui ont transmis le goût du café partout où les conduisaient leurs conquêtes. Depuis cette époque, il est devenu une des boissons les plus consommées du monde. Si loin des pays où on l’a découvert et où il est produit qu’on ignore souvent son histoire, d’où il vient et les routes qu’il a empruntées pour arriver un jour dans nos tasses.

 

Invité :

 

Philippe Goyvaertz documentariste, écrivain.

 

2000 ans d'histoire mardi 30 juin 2009

 

Le massacre de Nankin

 

Rediffusion du 13.12.2007

 

« Ordre du commandement du quartier général des régiment : tous les prisonniers de guerre doivent être exécutés » Etat major de l’armée japonaise à Nankin, 13 décembre 1937

 

En décembre 1937, sur les écrans de toutes les salles de cinéma du Japon, les actualités projetaient les images de la prise de Nankin. On y voyait l’armée japonaise du général Matsui entrer dans ce qui était alors la capitale de la Chine. Mais on n’y voyait pas les cadavres des 7000 soldats chinois exécutés le jour même sur ordre du commandement nippon. Ignorant toutes les lois de la guerre, le général Matsui n’avait pas voulu s’embarrasser de prisonniers. C’était le début d’un carnage qui allait durer deux mois. Le massacre le plus meurtrier d’une guerre qui pendant huit ans a opposé le Japon et la Chine entre 1937 et 1945. Une guerre oubliée. Sauf en Chine où on se souvient encore des crimes commis par l’armée Japonaise il y a 70 ans.

 

Invité :

 

Michaël Prazan Ecrivain et réalisateur de documentaires.

 

2000 ans d'histoire mercredi 1er juillet 2009

 

Les Perles

 

Rediffusion du 08.01.2008

 

« Les larmes que vous avez versées vous reviendront transformées en perles d’Orient. » William Shakespeare

 

Quand les hommes ont commencé à pêcher, à ouvrir et à manger des coquillages, ils y ont trouvé des perles. Mais sans savoir de quoi elles étaient faites, ni pourquoi, ni comment elles se formaient. Gardant pendant des siècles le secret de leur fabrication, les perles ont alors inspiré des quantités de légendes. Il y a 2000 ans, à Rome, Pline l’Ancien affirmait que les perles étaient engendrées par une goutte de rosée fécondante qui se serait introduite dans les huitres. Des poètes ont imaginé qu’elles venaient des larmes des femmes. « Les larmes que vous avez versées vous reviendront transformées en perle d’Orient. » écrivait joliment Shakespeare. Tandis que bien après lui, Henry de Monfreid, en parcourant la Mer Rouge, y découvrait une autre légende sur la naissance des perles.

 

Invitées :

 

Agnès Iatzoura Chef de projet pour l'Exposition Perles, une histoire naturelle. Michèle Heuzé Historienne du bijou.

 

2000 ans d'histoire jeudi 2 juillet 2009

 

Garibaldi

 

Rediffusion du 22.06.2007

 

« Garibaldi, c’est un homme dans toute l’acception sublime du mot. Un homme de la liberté ; un homme de l’humanité ; un homme d’aujourd’hui ; un homme de demain. » Victor Hugo

 

Sur tous les continents, à Paris, à Alger, à Rome, à Montevideo et bien sûr à Nice où il est né il y a 200 ans, des rues, des places et des statues portent son nom. Car plus encore que la lutte qu’il a menée pour réunifier son pays divisé depuis la chute de l’empire romain, dans le monde entier Garibaldi a incarné la liberté. En Amérique du sud où il s’est battu contre l’empereur du Brésil et pour l’indépendance de l’Uruguay, en France où il est parti défendre la République pendant la guerre de 1870. Mais surtout dans son pays. En Italie contre les Autrichiens, contre le pape et contre le roi de Naples lorsque, le 11 mai 1860. Garibaldi se lançait en Sicile dans une des entreprises les plus audacieuses de son épopée. Avec une poignée de volontaires vêtus de chemises rouges, il allait rendre à l’Italie un royaume dont elle était séparée depuis des siècles.

 

Invité :

 

Guy Gauthier historien et sous-préfet.

 

2000 ans d'histoire vendredi 3 juillet 2009

 

Le scoutisme

 

Rediffusion du 24.01.2007

 

« Essayez de quitter ce monde en l’ayant rendu meilleur que vous l’avez trouvé. » Baden Powell

 

Il y a cent ans, en juillet 1907, un général britannique, Robert Baden Powell, entraînait avec lui 24 jeunes dans l’île de Brownsea, au sud de l’Angleterre. Ils allaient y fonder le premier camp de l’histoire du scoutisme. Depuis longtemps, cet ancien officier de l’Armée des Indes et héros de la guerre des Boers cherchait le moyen de pallier les insuffisances du système éducatif de l’Angleterre d’Edouard VII. Mais il ne pouvait imaginer que pendant cent ans, dans le monde entier, plus de 500 millions de scouts reprendraient les mêmes traditions, et respecteraient les mêmes idéaux que Baden Powell avaient fixés à ses 24 premiers scouts de 1907.

 

Invitée :

 

Marine Digabel Journaliste.

 

2000 ans d'histoire lundi 6 juillet 2009

 

Anne Boleyn

 

Rediffusion du 15.03.2007

 

Anne Boleyn, la deuxième femme d'Henry VIII. Le 19 mai 1536, les londoniens étaient venus par milliers devant la tour de Londres pour assister ce jour là à la mort de leur reine. Accusée d’adultère, la deuxième femme d’Henry VIII, Anne Boleyn, allait être décapitée sur ordre du roi auquel elle avait cessé de plaire. Quand cette reine de 29 ans, monta sur l’échafaud, le bourreau, selon l’usage lui demanda de lui pardonner, puis, pendant qu’elle priait saisit à deux mains l’épée à double tranchant avec laquelle il lui coupa la tête. On raconte qu’au même moment, tandis qu’il entendait les canons de la forteresse annoncer la mort de sa femme, Henry VIII qui chassait dans les environs de Londres, n’arrêta même pas son cheval. Il avait déjà oublié celle dont il était tombé amoureux dix ans plus tôt, quand elle était revenue de France et pour laquelle il allait abandonner sa première femme : Catherine d’Aragon.

 

Invité :

 

Bernard Cottret historien spécialiste des civilisations anglo-saxonnes.

 

2000 ans d'histoire mardi 7 juillet 2009

 

Le Poujadisme

 

Rediffusion du 25.09.2007

 

Pour discréditer un homme ou un parti politique qui font de la démagogie ou du populisme, on les traite souvent de poujadistes. Un mot qui date d’il y a 50 ans quand, à la surprise générale, un papetier du Lot, Pierre Poujade avait obtenu plus de 2 millions ½ de voix aux élections législatives de 1956, alors que, trois ans plus tôt, personne n’avait encore entendu parler de lui. Jusqu’au 22 juillet 1953. Ce jour là, dans le Lot, les commerçants de Saint Céré apprenaient que le lendemain ils recevraient la visite de contrôleurs du fisc. Furieux, ils se réunissaient aussitôt chez Pierre Poujade et décidaient de tenir tête à l’administration. Mais aucun d’entre eux n’imaginait que cette simple révolte d’épiciers en colère allait devenir en quelques mois un mouvement qui ferait trembler la IV° République.

 

Invité :

 

Romain Souillac Historien, professeur d'histoire.

 

2000 ans d'histoire mercredi 8 juillet 2009

 

les Gaulois

 

Rediffusion du 6 mars 2008

 

« Si nous voulons représenter les Gaulois, regardons nos compatriotes et regardons-nous dans une glace. » Ferdinand Lot

 

Les Gaulois n’ayant pas laissé de trace écrite de leur histoire, pendant près de 2000 ans nous ne les connaissions qu’à travers le portrait peu flatteur qu’avaient fait d’eux leurs conquérants grecs ou romains. Celui d’un peuple de barbares, qui vivaient comme des sauvages dans leurs forêts de chênes et pratiquaient des sacrifices humains. « Les mœurs des Gaulois étaient la barbarie même", pouvait-on lire encore au XVIII° siècle dans l’encyclopédie de Diderot. Ils faisaient vœu, s’ils réchappaient d’un péril éminent, "d’immoler à leurs divinités des victimes humaines ». « Il faut, ajoutait Voltaire, détourner les yeux de ces temps horribles qui font la honte de la nature. » On comprend pourquoi, pendant des siècles, les Français ont préféré croire qu’ils descendaient des Francs plutôt que des Gaulois. Et accepter les bienfaits de la civilisation que les Romains leur avaient apportés partout, sauf, comme chacun sait, dans un petit village gaulois qui avait osé résister aux légions de leur pire ennemi.

 

Invité :

 

Jean-Louis Brunaux Chercheur au CNRS - laboratoire d'archéologie de l'ENS.

 

2000 ans d'histoire jeudi 9 juillet 2009

 

Marco Polo

 

Rediffusion du 23.01.2008

 

« Depuis que notre Sire Dieu a façonné Adam et Eve, oncques ne fut Chrétien qui ait vu, connu ou étudié si grandes merveilles que Messire Marco Polo. » Rusticello de Pise En 1271, porteur d’un message du pape Grégoire X à l’empereur de Chine Kubilaï Khan, un Vénitien de 16 ans, Marco Polo, entreprenait un voyage qui était un exploit pour l’époque. Après avoir traversé la Syrie, la Perse et l’Asie centrale, franchi les 4000 mètres du massif du Pamir et le redoutable désert chinois de Takla-Makan, il arrivait à Kambaluk, l’actuelle Pékin, capitale d’un empire où il devait rester 16 ans, avant de revenir à Venise un quart de siècle après son départ. De son aventure extraordinaire, Marco Polo ramènera la matière d’un livre : "Le livre des merveilles". La première description détaillée d’un pays dont les richesses fascinaient tous les européens du Moyen-Âge.

 

Invité : Philippe Ménard professeur émérite de littérature française du Moyen-Age à la Sorbonne, ancien directeur de l'Institut d'Etudes médiévales, membre de la Société de Géographie.

 

2000 ans d'histoire vendredi 10 juillet 2009

 

La chanson française pendant l’Occupation

 

Rediffusion du 11.12.2007

 

« Mon boulot c’est de chanter. De chanter quoi qu’il arrive. » Edith Piaf en 1940

 

Ils ne gardaient pas les juifs au Vel d’Hiv, ne traquaient pas les résistants dans le Vercors et ne portaient pas l’uniforme S.S. des Français de la division Charlemagne. « Leur boulot, c’était de chanter, comme disait Edith Piaf, Et de chanter quoi qu’il arrive. » Et quand sont arrivés les allemands, ils ont continué de le faire comme si de rien n’était. Même devant les soldats de la Wehrmacht qui préféraient être affectés en France plutôt que d’être tués sur le front russe. Ils pouvaient y voir danser les filles du Lido ou du Tabarin et entendre, au Casino de Paris ou à l’A.B.C. les vedettes de la chanson française de l’époque : Edith Piaf, Charles Trenet, Maurice Chevalier, Mistinguett, Suzy Solidor, Tino Rossi et Léo Marjane. Après la défaite et l’exode de 1940, il fallait bien gagner sa vie même pour distraire celle des Allemands. A Paris, dès le début de l’occupation, ils étaient comme chez eux, jusque dans les studios de la radio préférée des collaborateurs.

 

Invités :

 

André Halimi Réalisateur et producteur de télévision, auteur de théâtre.

 

Martin Pénet historien de la chanson, journaliste.

 

2000 ans d'histoire lundi 13 juillet 2009

 

La droite littéraire après 1945

 

Rediffusion du 15.01.2007

 

Les écrivains de droite après 1945

 

« Ce qui va commencer n’est plus pour nous. Nous ne ferons plus que survivre ; nous ne rebâtirons plus rien. » Paul Morand

 

8 juillet 1945 En juillet 1945, en Suisse, Paul Morand est assis dans un café de Montreux quand il est surpris par l’éclair d’un flash. Instinctivement, il se cache derrière son journal. Mais trop tard. Le lendemain, la photo est à la une de l’hebdomadaire français « Nuit et jour » avec ce titre : « L’ex ambassadeur de Vichy dissimule son visage à notre reporter. ». Avec Brasillach, condamné à mort et fusillé le 6 février 1945, avec Drieu la Rochelle qui s’est suicidé un mois plus tard et Céline qui s’est enfui au Danemark pour échapper à l’épuration, avec Jacques Chardonne, Paul Morand est un de ces écrivains qui se sont plus compromis avec le régime de Vichy pendant l’occupation. Et il faudra des années pour que cet auteur, passe de la liste noire des écrivains collabos, à la consécration que lui offrait l’Académie française en octobre 1968.

 

Invitée :

 

François Dufay Spécialiste de l'histoire littéraire et journaliste, rédacteur en chef adjoint au journal Le point.

 

2000 ans d'histoire mardi 14 juillet 2009

 

La Bastille

 

Rediffusion du 07.09.2006

 

La Bastille aura eu ce destin singulier d’entrer dans l’histoire au moment où elle disparaissait des rues de Paris. Et, plus de deux siècles après sa destruction on ne parlerait sans doute plus d’elle si elle n’avait pas été la première victime de la Révolution française. Mais on oublie souvent qu’avant d’être le symbole de l’arbitraire royal, ses huit tours impressionnantes et ses murs de 24 mètres de haut, n’étaient destinés qu’à protéger Paris. Ce n’est que sous Louis XIII, trois siècles après sa construction, que la Bastille est devenue une prison. Non pas le cachot sordide décrit par ceux qui s’en sont emparés en 1789, mais une prison destinée surtout à des personnages aussi illustres que Fouquet, le duc de La Rochefoucauld, le Masque de fer, Voltaire, le cardinal de Rohan et même le marquis de Sade. Mais le 14 juillet 1789, il n’y avait plus que sept prisonniers quand les parisiens s’en sont emparés. Et l’on comprend la surprise de Louis XVI quand, le lendemain, on lui annonçait la chute d’un des châteaux les plus célèbres de l’histoire.

 

Invité :

 

Claude Quétel historien, directeur de recherches au CNRS.

 

2000 ans d'histoire mercredi 15 juillet 2009

 

Mazarin -1ère partie

 

Rediffusion du 01.10.2007

 

"Je dissimule, je biaise, j’adoucis, j’accommode autant qu’il m’est possible. Mais je ferai voir de quoi je suis capable. » « Je dissimule, je biaise, j’adoucis, j’accommode autant qu’il m’est possible » En quelques mots, Mazarin définissait un jour la manière dont il a mené une des carrières politiques les plus extraordinaires de l’histoire. Celle d’un Italien, né en 1601 sans titre et sans fortune, et qui n’a du son ascension qu’à son intelligence et son travail. Fonctionnaire obscur du Vatican, remarqué par Richelieu qui l’a fait venir en France, et obtenu pour lui la dignité de cardinal, aussi habile en affaires qu’en politique, Mazarin était devenu, à 42 ans, l’homme le plus puissant de France. Parrain et principal ministre de Louis XIV qui n’avait alors que cinq ans il a gouverné pendant 18 ans un pays ravagé par la Fronde, et par une guerre interminable contre l’Autriche et l’Espagne. Mais à sa mort en 1661, il pouvait léguer à son filleul un royaume en paix, un état consolidé et un pays plus grand et plus puissant qu’il ne l’avait trouvé quand il était devenu premier ministre.

 

Invitée :

 

Simone Bertière auteur de plusieurs biographies historiques.

 

2000 ans d'histoire jeudi 16 juillet 2009

 

Mazarin -2ème partie

 

Rediffusion du 02.10.2007

 

Invitée :

 

Simone Bertière

 

2000 ans d'histoire vendredi 17 juillet 2009

 

La solution finale

 

Rediffusion du 29.10.2007

 

« Je vous charge de m’adresser un plan d’ensemble sur les mesures à prendre concernant l’organisation, la mise en œuvre et les moyens nécessaires pour réaliser la solution finale de la question juive. » Hermann Göring, 31 juillet 1941

 

« Il n’y a pas d’histoire plus difficile à raconter dans toute l’histoire de l’humanité » écrivait Annah Arendt en 1946 en parlant de la Shoah. 60 ans après, on a encore du mal à comprendre comment et pourquoi le régime nazi et ses plus hauts responsables ont décidé un jour de commettre un crime sans équivalent dans l’histoire. L’extermination de millions d’hommes, de femmes et d’enfants simplement coupables d’être nés. La Shoah était tellement impensable qu’après avoir été libérés, les rares survivants des camps de la mort étaient incapables de raconter ce qu’ils avaient vécu. Et si aujourd’hui on sait presque tout de la machine d’extermination nazie, on connaît moins l’effroyable logique qui a conduit l’antisémitisme hitlérien, de la discrimination des juifs à leur extermination, annoncée pourtant par Hitler le 30 janvier 1939, deux ans et demi avant qu’elle ait commencée.

 

Invités :

 

Christian Destremau Historien-chercheur

Edouard Husson Historien, maître de conférence à l'Université de la Sorbonne Paris IV.

 

2000 ans d'histoire lundi 20 juillet 2009

 

Gandhi en Afrique du Sud

 

Rediffusion du 19.11.2007

 

« J’étais allé en Afrique du Sud pour y gagner ma vie et je m’y trouvai en quête de la réalisation de soi ». Gandhi, Autobiographie

 

Presque tout ce qui a fait de Gandhi le libérateur de l’Inde et le père de la non-violence est né pendant une des périodes les moins connues de sa vie. Les 21 ans qu’il a passé très loin de son pays. En Afrique du Sud où ce jeune avocat formé à Londres arrivait en 1893 pour y défendre les intérêts d’une entreprise indienne installée à Durban. Il y a découvert et subi toutes les humiliations dont les Indiens étaient victimes dans cette colonie de l’empire britannique. Et au lieu de n’y rester que quelques mois, comme le prévoyait son contrat, il s’y est installé pendant plus de vingt ans. Vingt ans pendant lesquels son combat contre le racisme et la discrimination l’a rendu si célèbre dans le monde entier qu’à son retour en Inde le 9 janvier 1915 il était accueilli à Bombay comme un héros national dans un pays qu’il n’avait pratiquement pas revu depuis 1893.

 

Invité :

 

Jacques Attali professeur, écrivain, président de A&A et président de PlaNet Finance.

 

2000 ans d'histoire mardi 21 juillet 2009

 

La lune

 

Rediffusion du 03.03.2006

 

« De deux chose lune, l’autre c’est le soleil. » Jacques Prévert

 

Parce qu’elle est l’astre le plus proche de la terre et le premier avec le Soleil qu’ils ont pu observer à l’œil nu, la Lune a toujours fasciné les hommes. Présente dans toutes les religions de l’antiquité, ils l’ont associée à leurs dieux et à des superstitions auxquelles on croit encore malgré les progrès de la science qui, depuis Galilée, nous permettent de mieux connaître le plus familiers des corps célestes. Surtout depuis la nuit du 20 juillet 1969. Cette nuit là Neil Armstrong réalisait le plus vieux rêve de l’humanité en mettant le pied sur la Lune. C’était l’aboutissement d’un projet lancé 8 ans plus tôt par John Kennedy. « Certains se demandent, disait il, pourquoi la Lune ? Ils pourraient se demander aussi pourquoi escalader la plus haute montagne et pourquoi on a traversé l’Atlantique en avion ? Nous choisissons d’aller sur la Lune comme bien d’autres choses, non pas parce qu’elles sont faciles mais parce qu’elles sont difficiles. »

 

Invité :

 

Jean-Pierre Verdet Licencié de mathématique et docteur ès sciences, astronome et historien de l'astronomie à l'Observatoire de Paris.

 

2000 ans d'histoire mercredi 22 juillet 2009

 

Les Cathares

 

8ème centenaire du « Sac de Béziers »

 

Rediffusion du 21.09.2006

 

« L’hérétique n’est pas celui que le bûcher brûle, mais celui qui l’allume ». Francis Bacon

 

En 1310, à Toulouse, le tribunal de l’inquisition condamnait au bûcher le dernier représentant d’une des hérésies les plus célèbres de l’histoire. Apparus trois siècles plus tôt, dans les Balkans, en Italie, en Allemagne puis surtout dans le sud de la France, ceux qu’on appelait les Cathares étaient des chrétiens exaspérés par la richesse, le luxe et la dépravation dans lesquels vivait une partie du clergé. Soucieux de mériter le salut en menant une vie austère, haïssant le monde terrestre qui selon eux ne pouvait avoir été créé par Dieu, refusant les sacrements, le culte des reliques, des images et même de la croix, les Cathares représentaient un tel danger pour l’église officielle qu’en 1208, le pape Innocent III décida d’en finir avec ces hérétiques et tous les seigneurs qui, dans le sud de la France, avaient protégé cette religion étrange.

 

Invitée :

 

Anne Brenon historienne.

 

2000 ans d'histoire la circulation du sang

 

Rediffusion du 14.02.2008

 

« Le sang est animé d’un mouvement circulaire. Il passe par les poumons et le cœur et de là est lancé dans tout le corps. » William Harvey

 

« Le sang est animé d’un mouvement circulaire ». Tout le monde le sait aujourd’hui. Mais au début du XVII° siècle cette découverte de l’Anglais William Harvey a bouleversé l’histoire de la science. Car si, depuis toujours on savait que le sang était la source de la vie, pendant des siècles on a ignoré d’où il venait, de quoi il était fait, comment il circulait dans le corps, et même à quoi il servait. « L’intelligence", écrivait le Grec Empédocle il y a 2500 ans, "se nourrit dans le sang. C’est de lui que vient la pensée. » Et il a fallu des siècles pour que l’on comprenne que le cœur n’était pas le siège de l’intelligence, mais un muscle qui permettait au sang de circuler dans tout le corps par l’aorte, les capillaires, la veine cave, l’artère et les veines pulmonaire. Un mouvement circulaire, dont la découverte par William Harvey, a permis la naissance de la cardiologie et des opérations à cœur ouvert qui étaient impensables il y a encore 50 ans.

 

Invité :

 

François Boustani Cardiologue.

 

2000 ans d'histoire vendredi 24 juillet 2009

 

Sacha Guitry

 

Rediffusion du 21.01.2008

 

« Je n’aime pas qu’on me regarde, alors que j’ai passé toute ma vie à me montrer. » Sacha Guitry

 

Il portait le nom d’un des plus grands acteurs de la belle époque, Lucien Guitry, mais il n’a pas mis vingt ans avant de se faire un prénom. Auteur, metteur en scène, réalisateur, mais aussi comédien, photographe et dessinateur, Sacha Guitry a profondément marqué le théâtre et le cinéma du XX° siècle. Mais parce ce qu’il semblait ne rien prendre au sérieux, qu’il avait le goût de la provocation et que ses pièces ont fait rire des générations de spectateurs, on a souvent assimilé son œuvre à du théâtre de boulevard au point qu’aujourd’hui elle ne figure toujours pas dans les manuels scolaires. Peu importe d’ailleurs. Ce qui comptait pour Sacha Guitry, plus que de voir son nom dans le Lagarde et Michard, et plus que les critiques qui ne l’ont jamais ménagé, c’était le public qui lui est resté aussi fidèle aujourd’hui qu’il l’était le jour de sa mort il y a 50 ans le 24 juillet 1957.

 

Invité :

 

Olivier Barrot Journaliste et écrivain, producteur et présentateur de l'émission Un livre un jour, du lundi au samedi à 18 heures sur France 3.

 

2000 ans d'histoire lundi 27 juillet 2009

 

Histoire de la censure du livre

 

Rediffusion du 29.05.2007

 

« La censure est mon ennemie littéraire, la censure est mon ennemie politique. La censure est improbe, malhonnête et déloyale. » Victor Hugo

 

Depuis Rabelais qui avait été condamné par la Sorbonne et mis à l’Index par l’Eglise, jusqu'à aujourd’hui, la censure a toujours existé. Bien avant le cinéma, la télévision ou internet, elle s’est d’abord exercée sur ce qui est resté pendant des siècles le principal moyen d’expression des idées: le livre. « Pourvu que je ne parle ni de l’autorité, ni du culte, ni de la morale, ni des gens en place, je puis tout imprimer librement sous l’inspection de deux ou trois censeurs » écrivait Beaumarchais. Et si, aujourd’hui, il n’y a plus officiellement de censeurs, ni de censure, si le livre n’a plus l’influence qu’il avait à l’époque de Beaumarchais la loi fixe toujours des bornes à la liberté d’expression. Comme il y a cinq siècles, quand les autorités politiques et religieuses s’étaient méfiées d’une invention révolutionnaire qui risquait d’ébranler leur pouvoir : l'imprimerie.

 

Invité :

 

Bruno Blasselle conservateur général, directeur de la Bibliothèque de l'Arsenal.

 

2000 ans d'histoire mardi 28 juillet 2009

 

Les femmes dans les camps nazis

 

Rediffusion du 08.03.2007

 

« En entrant dans le camp, c’était comme si Dieu était resté à l’extérieur. » Geneviève de Gaulle déportée à Ravensbrück

 

Les premiers soldats de l’armée rouge qui sont entrés à Auschwitz le 27 janvier 1945 ignoraient encore ce qui s’y était passé. Le camp était presque vide et les rares survivants qui s’y trouvaient étaient trop faibles pour avoir suivi les déportés que les S.S. avaient entraînés avec eux dans leur fuite. Et ce n’est que trois mois plus tard, à Dachau, à Buchenwald, à Mauthausen, à Bergen-Belsen où à Ravensbrück que les alliés découvriront ce qui a fait de la deuxième guerre mondiale une guerre sans précédent dans l’histoire. La déportation et la mort dans les camps de concentration et d’extermination du III° Reich, de millions d’hommes, mais aussi de femmes, juives, tziganes ou résistantes de toutes les nationalités et qui, comme les hommes, ont été peu nombreuses à pouvoir revenir de l’enfer auquel elles avaient survécu.

 

Invité :

 

Annette Wieviorka Directrice de recherche au CNRS.

 

2000 ans d'histoire mercredi 29 juillet 2009

 

La famille Kennedy

 

Rediffusion du 06.03.2007

 

« Si nous sommes encore vivants c’est que nous sommes plus nombreux que les drames qui nous ont frappés. » Robert Kennedy, assassiné à Los Angeles, le 8 juin 1968

 

Le 20 janvier 1961, après avoir prononcé au Capitole le serment traditionnel des présidents des Etats-Unis, dans la voiture découverte qui l’amenait à la Maison Blanche, John Kennedy se leva et salua de son chapeau un vieil homme qui se trouvait dans la tribune des invités. C’était son père. Le patriarche d’une toute une famille qui ce jour là entrait dans l’histoire et dont personne n’imaginait le destin qui l’attendait. Ni le nouveau président, ni son père, Joseph Kennedy, ni sa mère Rose, ni ses deux frères Robert, et Edward, ni ses 4 sœurs, ni sa femme, Jackie, ni les milliers d’Américains qui étaient venus ce jour là à Washington pour assister à la prestation de serment du 34° président des Etats-Unis.

 

Invité :

 

André Kaspi Historien, spécialiste de l'histoire des Etats-Unis.

 

2000 ans d'histoire jeudi 30 juillet 2009

 

L’Affaire du courrier de Lyon

 

Rediffusion du 10.01.2008

 

« Je devais être assassiné juridiquement. Telle est ma destinée».Dernière lettre de Joseph Lesurques, condamné à mort dans l’affaire du courrier de Lyon.

 

Le 8 floréal an V (27 avril 1796), dans la cour des Messageries de la rue Saint Martin à Paris, on chargeait la malle poste qui devait transporter le courrier de Lyon. Des sacs de dépêches, des colis, des mandats et surtout six caisses de bois contenant 7 millions en assignats destinés à l’armée d’Italie du général Bonaparte. A cinq heures du soir, la voiture des services postaux quittait Paris avec trois passagers. Le postillon, un mystérieux voyageur, monté à la dernière minute, et le convoyeur qui effectuait son dernier trajet avant de prendre sa retraite. Au relais de Villeneuve Saint Georges, le postillon était remplacé par un autre employé des postes. Après être passé par Montgeron, puis Lieusaint, le courrier de Lyon devait atteindre Melun dans la nuit. Il n’y arrivera jamais.

 

Invité :

 

Eric Alary historien.

 

2000 ans d'histoire vendredi 31 juillet 2009

 

Les lunettes

 

Rediffusion du lundi 12 novembre 2007

 

« J’ai des bésicles pour les vieilles Des monocles qui font merveilles,.. J’en possède pour tous usages, Pour chausser les gros nez des sages, Pour corriger la vue des fous, Et rendre clairvoyants les jaloux. » Poème du XVIIème siècle

 

Si la myopie et la presbytie ont toujours existé, il a fallu le XIIIème siècle pour qu’on les corrige avec des lunettes, « Il y a moins de vingt ans que l’art de confectionner des lunettes à l’aide desquelles on peut voir a été inventé. C’est un des arts les plus utiles au monde » écrivait le moine dominicain Fra Giordano da Rivalta en février 1305. Mais à l’époque, la mauvaise vue était considérée comme une tare et les lunettes coûtaient si cher que seuls quelques privilégiés pouvaient en acheter. Ils évitaient de les porter en public sauf dans les abbayes où les moines perdaient la vue à force de lire et de recopier les manuscrits du Moyen Âge.

 

Invité :

 

Dominique Cuvillier spécialiste en marketing des tendances et en communication; enseigne à l'Institut supérieur du marketing du luxe et à l'Institut supérieur du marketing du goût (EDC Paris).

 

2000 ans d'histoire lundi 3 août 2009

 

L’Irlande du Nord

 

Rediffusion du 09.05.2007

 

« L’espoir, c’est ce qui meurt en dernier ». Proverbe irlandais

 

Depuis l’arrivée des Anglais dans leur île, les Irlandais n’ont jamais cessé de s’y battre pour défendre leur indépendance leur culture, leur langue, leurs traditions, leur religion et une terre sur laquelle le sang n’a jamais cessé de couler depuis le XVIIème siècle. Quand l’armée de Cromwell avait massacré ou déporté la moitié de la population de l’île pour y installer 170.000 colons protestants. C’était le début d’une interminable guerre qui a aboutit à la division de l’île en 1921. Mais alors que le sud devenu indépendant découvrait enfin la paix, en Irlande du Nord, resté sous domination britannique, les catholiques et les protestants s’engageaient dans une guerre civile qui allait durer plus de trente ans. Jusqu’à ce qu’hier, se forme à Belfast un gouvernement dans lequel on retrouvait côte à côte le catholique Martin McGuiness et le plus extrémiste des protestants : Ian Paisley.

 

Invité :

 

Pierre Joannon historien spécialiste de l'Irlande.

 

2000 ans d'histoire mardi 4 août 2009

 

Simone de Beauvoir

 

Rediffusion du 09.01.2008

 

« Une femme écrivain, ce n’est pas une femme d’intérieur qui écrit, mais quelqu’un dont toute l’existence est commandée par l’écriture. Cette vie en vaut bien une autre. Elle a ses raisons auxquelles il faut ne rien comprendre pour la juger extravagante. » Simone de Beauvoir La force des choses

 

Née il y a cent ans, le 9 janvier 1908, dans une famille bourgeoise, catholique et conservatrice, cette jeune fille rangée, élève studieuse au cours Désir et qui communiait trois fois par semaine, n’avait rien d’une révolutionnaire. Rien ne prédestinait Simone de Beauvoir à devenir un jour une pionnière du féminisme. Celle qui fit scandale en 1949 en publiant une livre qui bouleversait l’idée qu’on se faisait jusque-là de la femme et de sa place dans la société. La première à affirmer, dans « Le deuxième sexe » que l’émancipation des femmes ne passait pas seulement par la conquête de ses droits politiques, mais qu’elle supposait aussi l’indépendance financière par le travail, l’égalité avec les hommes et la liberté dans le couple. Comme celle qu’elle a connu avec l’homme dont elle a partagé les idées et les combats pendant cinquante ans et les deux premières places à l’agrégation de philosophie en 1929.

 

Invitée : Huguette Bouchardeau Femme politique, auteur de nombreuses biographies de femmes célèbres dont celle de George sand, Elsa Triolet et Simone Signoret.

 

2000 ans d'histoire mercredi 5 août 2009

 

La Révolution d’octobre

 

Rediffusion du 06.11.2007

 

« Déclencher la révolution en Russie fut aussi facile que de ramasser une plume. » Lénine

 

90 ans après, on se demande encore comment, en, quelques heures, quelques centaines d’hommes à peine ont pu déclencher en Russie la plus grande révolution du XX° siècle. Contrairement à celle qui, quelques mois plus tôt avait renversé le régime impérial, la révolution d’octobre fut menée comme une opération militaire. C’était le 7 novembre 1917, le 25 octobre dans le calendrier russe de l’époque. Ce jour là, sur ordre d’un comité militaire révolutionnaire créé par Trotski quelques jours plus tôt, des soldats de la garnison de Petrograd, des marins de Kronstadt et des Gardes rouges s’emparaient de tous les points névralgiques de la capitale de la Russie. Les ponts, la grande poste, les banques, les gares, la centrale électrique et, en dernier lieu, le Palais d’hiver des anciens Tsars ou se trouvait le gouvernement d’Alexandre Kerensky. Tandis qu’à 9h45 du matin, ce 7 novembre 1917, Lénine pouvait transmettre à la presse la déclaration suivante : « L’autorité gouvernementale est passée aux mains de l’organe du soviet de Petrograd. L’objectif pour lequel le peuple a combattu est atteint. » C’est ainsi qu’en quelques lignes, Lénine annonçait le succès d’une révolution sans équivalent dans l’histoire, et qui, selon lui, devait servir de modèle au monde entier.

 

Invitée :

 

Marie-Pierre Rey Professeur d'histoire russe et soviétique à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, directrice du Centre de recherche en histoire des Slaves.

 

2000 ans d'histoire jeudi 6 août 2009

 

Le café-concert

 

Rediffusion du 21.02.2008

 

« A Paris il y avait 274 cafés concerts et chaque année 12.000 nouvelles chansons. On admirait pétomanes et ventriloques, les comiques troupiers et les divas en saindoux. C’était ça la belle époque. » Raymond Queneau

 

Un peu avant 1830, un cafetier des Champs Elysées, Monsieur Morel eut l’idée d’installer dans son établissement un chanteur et un petit orchestre pour attirer les clients. La formule eut un tel succès que deux autres cafés l’adoptèrent. C’est ainsi que Les Ambassadeurs, L’horloge et Le café du midi, sont devenus les 3 premiers cafés concerts de Paris. On les appelait alors des cafés chantants et monsieur Morel n’imaginait pas que son invention allait bouleverser la vie des Français. Pendant cent ans, à l’Eldorado, au Bataclan, au Moulin Rouge ou à la Gaîté Montparnasse, des ouvriers et des princes, des demi-mondaines et des artistes venaient y voir et entendre les premières grandes vedettes de la chanson française. Elles s’appelaient Thérésa, Yvette Guilbert, Paulus, Aristide Bruant ou Mayol. Aujourd’hui que les cafés concerts ont disparu, on a oublié leur nom, mais on se souvient encore de leurs chansons.

 

Invité :

 

Alain Weill expert, grand spécialiste de l’affiche –il a dirigé le Musée de l’Affiche.

 

2000 ans d'histoire vendredi 7 août 2009

 

Les miracles

 

Rediffusion du 26.11.2007

 

« Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru en mon nom. Ils imposeront les mains à des malades et ceux-ci seront guéris. » Evangile de Marc

 

Depuis Moïse ouvrant la mer Rouge pour permettre aux Juifs d’échapper aux soldats du Pharaon, jusqu’aux guérisons miraculeuses d’aujourd’hui, l’histoire de toutes les religions est faite de miracles. Ces phénomènes inexpliqués attribués à une intervention divine et auxquels on donne une signification spirituelle. A condition d’y voir autre chose qu’une supercherie. « Puisque les miracles ont été faits à la mesure des facultés de la masse, les anciens ont tenu pour miracle ce qu’ils ne pouvaient expliquer par des moyens communs. » écrivait Spinoza à une époque où l’on commençait à dire que les miracles n’étaient que le produit de l’ignorance des hommes. Mais le scepticisme des philosophes et des scientifiques n’a jamais troublé les millions de malades qui depuis 150 ans, vont devant la grotte la plus célèbre du monde en espérant le miracle qui les guérira.

 

Invité :

 

Patrick Sbalchiero journaliste et historien.

 

2000 ans d'histoire lundi 10 août 2009

 

Bir Hakeim

 

Rediffusion du 12.02.2008

 

Bir Hakeim est la preuve que les Français sont, après nous, les meilleurs soldats d’Europe. » Adolf Hitler

 

Ils étaient 3500 hommes, venus de tous les coins de l’empire français. Des Africains, des Tahitiens, des Néo-calédoniens, des Guyanais, des Cambodgiens, des Malgaches, des Libanais, des Antillais mais aussi des légionnaires allemands anti-nazis et des Français de métropole qui avaient rejoint le général de Gaulle en 1940. En 1942, dans la 1° Brigade de la France Libre, sous les ordres du général Koenig ils se trouvaient alors à Bir Hakeim. Un camp retranché perdu quelque part au milieu du désert libyen, à l’extrémité sud d’un front de 200 km de long. C’est là que le 26 mai 1942, sur les ordres de Hitler, l’Afrika Korps de Rommel lançait une gigantesque offensive. Son objectif : l’Egypte, le canal de Suez et au-delà les champs de pétrole du Proche Orient. Rommel n’y arrivera jamais. Arrêté par la 8° armée du général britannique Richie, il avait été bloqué pendant 14 jours à Bir Hakeim par les 3500 hommes de Koenig. Les premiers français à avoir affronté les Allemands depuis la défaite de 1940.

 

Invité :

 

François Broche journaliste et historien.

 

2000 ans d'histoire mardi 11 août 2009

 

René Char

 

Rediffusion du 14.06.2007

 

« Impose ta chance

Serre ton bonheur et va vers ton risque

A te regarder ils s’habitueront » René Char

 

« Un poète, disait-il, doit laisser des traces. Seules les traces font rêver.» Depuis sa naissance à l’Isle sur la Sorgue il y a cent ans le 14 juin 1907, jusqu’à sa mort en 1988, les traces que René Char a laissé derrière lui, ne sont pas seulement quelques uns des plus beaux poèmes du XX° siècle, c’est aussi la vie d’un homme d’action. Celle d’un écrivain engagé avec les surréalistes dans les années 1930, dans la résistance active pendant l’occupation, contre le communisme pendant la guerre froide et surtout pour ce qui comptait plus encore pour lui que la politique: Une conception exigeante de la littérature. Mais sans oublier la Provence de son enfance, qui a inspiré toute son œuvre et dont il n’a jamais réussi, ni même essayé, de perdre l’accent.

 

Invité :

 

Antoine Coron commissaire de l’exposition René Char à la BNF en 2007.

 

2000 ans d'histoire mercredi 12 août 2009

 

Histoire politique du poison

 

Rediffusion du 22.01.2008

 

« On ne distinguait plus ses yeux, la forme de son front ni de son beau visage. Les chairs coulaient des os comme de la résine sous les dents invisibles du poison. » Euripide Médée

 

Il y a quatre ans, on s’en souvient, sur toutes les télévisions du monde on pouvait voir le visage déformé de Victor Iouchtchenko, victime d’un empoisonnement à la dioxine imputé aux services secrets ukrainiens. Des images qui nous faisaient remonter très loin dans le passé. A l’époque où l’Affaire des poisons avait ébranlé le règne de Louis XIV, au temps de la Rome des Borgia ou, plus loin encore, jusque dans l’Antiquité grecque, quand la magicienne Médée s’était débarrassée d’une rivale en lui faisant porter une tunique empoisonnée. « On ne distinguait plus ses yeux, ni la forme de son beau visage. Les chairs coulaient des os comme de la résine sous les dents invisibles du poison. » En écrivant ceci au IV° siècle avant notre ère, Euripide ne savait pas que 2400 ans plus tard, c’est presque dans les mêmes termes que sur toutes les radios et toutes les télévisions du monde, les journalistes décriraient le visage de Victor Iouchtchenko.

 

Invité :

 

Franck Collard professeur d’histoire médiévale à l’université de Paris X-Nanterre.

 

2000 ans d'histoire jeudi 13 août 2009

 

Richelieu

 

Rediffusion du 30.01.2008

 

« Richelieu avait sur la même table son bréviaire et Machiavel » L’abbé de Choisy

 

A la tête du gouvernement de Louis XIII pendant près de vingt ans, cet ecclésiastique devenu chef du conseil du roi en 1624 est un des hommes qui ont le plus profondément marqué l’histoire de France. Pénétré d’une conception exigeante de l’état qu’il plaçait au dessus de tout (« Je n’ai eu d’autres ennemis que ceux de l’Etat » disait-il ), Richelieu s’est débarrassé de tous ceux qui, selon lui, menaçaient son autorité et paralysaient son action. Si brutalement qu’on n’a gardé de lui que le souvenir du personnage fourbe, cynique, cruel et machiavélique des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas en oubliant parfois l’œuvre considérable de ce cardinal qui a porté la France au premier rang des puissances européennes, a jeté les bases de son empire colonial, créé les premiers journaux français et l’Académie française. Un homme dont la puissance de travail et la culture avait été déjà remarquées par Henri IV lorsqu’en 1606, ce jeune aristocrate de 21 ans, était devenu évêque.

 

Invité :

 

Arnaud Teyssier Historien, haut fonctionnaire, professeur associé à l'Université de Paris I.

 

2000 ans d'histoire vendredi 14 août 2009

 

Le Vatican

 

"Rome, siège sacré du bienheureux Pierre deviendra par lui la reine de l’Univers. » Léon le Grand, pape du 5ème siècle

 

Le 26 juin 1968, dans la salle des audiences du Vatican, alors qu’il parlait de l’état des fouilles menées depuis 1940 sous la basilique, le pape Paul VI annonçait une découverte sensationnelle. « Les reliques de Saint Pierre, dit-il, ont été identifiées. » Selon la tradition, Simon, dit Pierre, le premier des apôtres, celui sur lequel le Christ aurait dit qu’il construirait son église avait été martyrisé en 67, et enterré quelque part sur la colline du Vatican. Mais personne depuis sa mort n’avait retrouvé son corps. Si on en croit Paul VI, il était donc à l’endroit même où, aujourd’hui ses successeurs règnent sur une religion qui, 2000 ans après l’arrivée de Saint Pierre à Rome sous le règne de Néron, compte aujourd’hui plus d’un milliard de fidèles.

 

Invité : Yves Bruley historien.

 

2000 ans d'histoire lundi 17 août 2009

 

Madame du Châtelet

 

Rediffusion jeudi 17 janvier 2008

 

« Les femmes sont exclues, par leur état, de toute espèce de gloire. Et quand il s’en trouve une née avec une âme assez élevée, il ne lui reste que l’étude pour la consoler de toutes les exclusions. » Emilie du Châtelet

 

Née dans une des plus grandes familles de la noblesse, rien ne prédestinait Emilie du Châtelet à devenir la première femme de science que la France ait jamais connue. Comme toutes les jeunes filles de son milieu, elle était destinée à entrer au couvent pour y apprendre les bonnes manières en attendant d’être mariée, plutôt que d’étudier les mathématiques, la philosophie et la physique de Newton en étonnant les plus grands savants et les plus grands écrivains de son temps. Parmi eux, Voltaire avec lequel elle formera le couple le plus extraordinaire du siècle des lumières jusqu’au 10 septembre 1749. Ce jour là, celui que rien ni personne n’impressionnait ne cachait pas l’admiration ni la peine qu’il éprouvait en apprenant la mort de madame du Châtelet juste après qu’elle ait terminé l’œuvre la plus importante de sa vie, La traduction des Principes mathématiques de Newton.

 

Invitée : Elisabeth Badinter philosophe.

 

2000 ans d'histoire mardi 18 août 2009

 

Les Gitans

 

Rediffusion du 21.06.2007

 

« Ce peuple mystérieux qui semble cracher des fleurs de feu et trépigner pour les éteindre. » Jean Cocteau

 

On ne sait pas d’où ils viennent ni les raisons qui depuis des siècles les poussent à parcourir le monde avec pour tout bagage ce qui fait d’eux un des peuples les plus singuliers du monde. Leur langue, leur musique, leurs traditions et ce refus obstiné de s’installer quelque part. Il faut dire que partout où ils passent ils provoquent autant la curiosité que la peur qu’on éprouve toujours devant ce qu’on ne comprend pas. On les appelle les Gitans, les Tziganes, les Manouches ou les Roms et tous les ans on les retrouve en Camargue. A l’endroit dit on où, il y a près de 2000 ans, deux saintes, Marie Jacobé et Marie Salomé avaient été sauvées d’une tempête par leur servante noire Sara qui est devenue depuis la patronne des Gitans.

 

Invité :

 

Marc Bordigoni chercheur au CNRS-IDEMEC, Institut d’Ethnologie Méditerranéenne et comparative.

 

2000 ans d'histoire mercredi 19 août 2009

 

La STASI

 

Rediffusion du 08.02.2007

 

Pendant quarante ans ces cinq lettres ont incarné la dictature d’un des régimes les plus répressifs du bloc communiste. Crée en 1950 pour lutter contre les ennemis réels ou supposés de l’Allemagne de l’Est, la sécurité d’état, la STAATSICHERHEIT, en abrégé la Stasi, est devenue un véritable empire policier qui par la terreur, le chantage, l’espionnage, l’intimidation et la délation contrôlait, jusque dans ses moindres détails la vie quotidienne de millions d’Allemands. Et l’on comprend pourquoi, dans ce pays où les membres de la Stasi étaient si nombreux que tout le monde espionnait tout monde, elle était devenue, juste après la chute du mur de Berlin, l’équivalent pour les Allemands de ce qu’était la Bastille pour les Français 200 ans plus tôt.

 

Invitée :

 

Sonia Combe historienne, spécialiste de l'Europe de l'Est et conservateur à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine.

 

2000 ans d'histoire jeudi 20 août 2009

 

Les centenaires

 

Rediffusion du 04.12.2007

 

Les centenaires « Tous les jours de Mathusalem furent de 969 ans ; puis il mourut » La Genèse Reculer l’âge de la mort aussi loin que possible, c’est un rêve aussi vieux que l’humanité. Celui de la Bible qui, à l’époque ou l’espérance de vie ne dépassait pas 19 ans avait fait mourir Mathusalem à 969 ans, celui des alchimistes quand ils cherchaient l’élixir d’une longue vie : la panacée, ou celui de l’Espagnol Ponce de Léon qui au XVI° siècle avait envoyé trois vaisseaux en Floride pour y trouver une mystérieuse fontaine de jouvence dont lui avaient parlé les indiens de Porto Rico. Mais ce que ni les alchimistes du Môyen Age, ni les conquistadors de la Renaissance n’ont trouvé, c’est la médecine qui l’a rendu possible en permettant à un enfant qui naît aujourd’hui d’avoir une chance sur deux d’atteindre l’âge de cent ans. Et même de le dépasser, comme la doyenne de l’humanité, Jeanne Calment qui, en 1995, fêtait son 120ème anniversaire.

 

Invité : Thierry Halay auteur, président de l'Association d'histoire et d'archéologie du 20ème arrondissement.

 

2000 ans d'histoire vendredi 21 août 2009

 

René Goscinny

 

Rediffusion du 07.11.2007

 

« Être calife à la place du calife », « Ils sont fous ces romains », « Il est tombé dedans quand il était petit », il tire plus vite que son ombre ». 30 ans après la mort de Goscinny, ces mots de ses héros sont devenus des proverbes et ses livres ont toujours autant de succès. Astérix et Obélix aiment toujours les sangliers, Le Petit Nicolas fait encore un tabac en librairie, Lucky Luke est toujours un cow-boy solitaire et l’abominable Iznogoud rêve encore de devenir calife. Personne en revanche n’a jamais remplacé celui grâce auquel des centaines de millions de lecteurs dans le monde entier ont découvert une autre façon d’écrire l’histoire de Bagdad à l’époque des Grands Vizirs, de l’Amérique des frères Dalton, ou de la résistance d’un village Gaulois dont les héros, inventés en 1959 par Goscinny, allaient faire de lui le plus grand scénariste français de la bande dessinée.

 

Invité :

 

Pascal Ory Historien spécialiste d'histoire politique et culturelle du monde contemporain. Professeur à Paris I Panthéon-Sorbonne, auteur de plusieurs études sur la bande dessinée et critique au magazine Lire.

 

2000 ans d'histoire lundi 24 août 2009

 

La Saint-Barthélemy

 

Rediffusion du 07.02.2008

 

« On n’apercevait dans les rues que des corps nus percés de mille coups ; le fleuve en charriait tout autant. On n’avait égard ni au sexe, ni à l’âge. De sorte que c’était un vrai massacre. » Filippo Cavriana, témoin de la Saint-Barthélemy Il était 3 heures du matin le 24 août 1572 lorsque les cloches de l’église Saint Germain l’Auxerrois se sont mises à sonner. Après avoir cousu une croix blanche sur leur chapeau pour se faire reconnaître, les hommes du duc de Guise, fanatisés par les sermons de leurs prêtres se répandaient aussitôt dans les rues de Paris traquant, tuant ou mutilant des centaines de protestants. « Certains furent précipités du haut de leurs maisons", raconte un témoin. Des femmes avec leurs enfants dont elles ne voulaient pas se séparer, étaient traînées vers la Seine, percées de coups, et jetées dans l’eau en si grand nombre que le fleuve se teignit de rouge. » C’était le début d’un carnage qui allait faire 10.000 morts dans toute la France. Un crime dont les causes sont encore mal connues et dans lequel l’église n’a reconnu sa part de responsabilité que plus de 400 ans après qu’il ait été commis.

 

Invitée :

 

Arlette Jouanna Historienne, professeur émérite à l'Université de Montpellier.

 

2000 ans d'histoire mardi 25 août 2009

 

Clemenceau

 

Rediffusion du 27.09.2007

 

Député, sénateur, ministre et chef du gouvernement, pendant 50 ans Clémenceau à profondément marqué l’histoire de la III° République. Il en a été la figure la plus célèbre et la plus critiquée aussi. Par la gauche d’où il venait et qui lui reprochait d’avoir trahi ses idéaux en passant de l’opposition à l’exercice du pouvoir. Par la droite aussi qui ne lui a jamais pardonné d’avoir défendu Dreyfus contre l’armée et d’être resté anticlérical jusqu’à la fin de sa vie. Mais la vraie raison de cette coalition d’ennemis, ce qu’ils ne pouvaient ni supporter ni reconnaître, c’était la popularité de Clemenceau qui leur faisait de l’ombre. Surtout lorsqu’en 1917, il avait sauvé la France d’un désastre pour lui faire gagner la guerre. A ce moment là, Clemenceau n’était plus ni de droite, ni de gauche. Pour tous les Français il était devenu « Le père la Victoire ». Celui qui était à la tête de leur gouvernement au pire moment de leur histoire. On l’écoute dans ce document rare.

 

Invité :

 

Michel Winock historien, professeur émérite à Sciences-Po.

 

2000 ans d'histoire mercredi 26 août 2009

 

L’héritage du Premier Empire

 

Rediffusion du 11.10.2007

 

« Dans les actions des hommes et surtout des princes, ce que l’on considère, c’est le résultat. » Machiavel 200 ans après sa mort, on ne retient de Napoléon que le coup d’état du 18 Brumaire et la dictature et les conquêtes du Premier Empire. Mais on oublie que le stratège de génie, et l’Empereur qui a fait trembler le monde pendant près de 20 ans, était aussi un homme d’état qui a laissé derrière lui des institutions que tous les Français connaissent sans savoir que c’est lui qui les a créées. Le Code civil, le Sénat, le Conseil d’état, les préfets, la Banque de France et le Franc, les lycées et le baccalauréat, les statuts de la Comédie française et même le projet du canal le plus célèbre du monde, que Napoléon avait imaginé en Egypte en 1798, 70 ans avant sa construction.

 

Invité : Thierry Lentz directeur de la Fondation Napoléon.

 

2000 ans d'histoire jeudi 27 août 2009

 

Les appelés dans la guerre d’Algérie

 

Rediffusion du 03.10.2007

 

Ils ont aujourd’hui plus de 60 ans, ils appartiennent à la dernière génération de Français qui a connu la guerre mais aucun d’entre eux n’a oublié ce qu’il a vécu à vingt ans, pendant 18, 27 ou 30 mois en Algérie. Venus de toutes les régions de France, et de toutes les couches de la société, ils étaient deux millions de paysans, d’ouvriers, d’employés, de jeunes cadres ou d’étudiants qui, entre 1955 et 1962 ont traversé un jour la méditerranée pour y faire la guerre. Deux millions d’appelés qui ignoraient ce qui les attendait. Les massacres commis dans les deux camps : les ratissages, les bombes du F.L.N. et de l’O.A.S., la torture et parfois la mort. 25.000 d’entre eux ne sont pas revenus, et les autres sont restés traumatisés jusqu’à aujourd’hui par ce qu’ils ont vu, et pire encore, par ce qu’on leur a fait faire en Algérie.

 

Invité :Patrick Rotman réalisateur et écrivain.

 

2000 ans d'histoire vendredi 28 août 2009

 

Van Gogh

 

Rediffusion du 03.01.2008

 

« Mon travail à moi, j’y risque ma vie ; et ma raison y a sombré à moitié. » Dernière lettre de Van Gogh à son frère Théo.

 

23 juillet 1890 Aux Pays-Bas où il est né en 1853, en Belgique auprès des mineurs du Borinage, à Paris avec les impressionnistes, à Arles avec Gauguin et à Auvers sur Oise où il s’est suicidé à l’âge de 37 ans, Van Gogh a peint jusqu’à la folie des tableaux qu’il n’a jamais vendu de son vivant et qui valent aujourd’hui des fortunes. Mais pour lui, l’art n’était pas un exercice de style. Comme Victor Hugo ou Zola l’ont fait dans leurs romans, Van Gogh a mis dans sa peinture toute la révolte et la compassion que lui inspirait la misère, qu’il avait découverte et partagée lorsqu’en 1878, bien avant de devenir peintre, il avait été pasteur dans une des régions les plus pauvres de Belgique.

 

Invité :

 

David Haziot romancier.

 

2000 ans d'histoire lundi 31 août 2009

 

Le déclenchement de la seconde guerre mondiale - 1ère partie

 

Le 31 août 1939, à 22h., la radio allemande interrompait ses programmes pour annoncer qu’un de ses émetteurs situé à la frontière avait été attaqué par des Polonais. Il s’agissait en fait d’une machination organisée par les S.S. qui, après avoir tiré quelques coups de feu en l’air, avaient laissé devant le poste radio des cadavres vêtus d’uniformes de l’armée polonaise. La provocation était cousue de fil blanc, mais elle permettait à Hitler de justifier l’invasion de la Pologne en lui faisant porter la responsabilité d’une guerre dont elle allait être la première victime. Le lendemain 1° septembre à l’aube, l’armée allemande franchissait la frontière polonaise et, à 10h. du matin à Berlin, Hitler annonçait au monde entier le déclenchement de la guerre la plus meurtrière de tous les temps.

 

Invité :

 

Pierre Milza professeur émérite à l’IEP de Paris.

 

2000 ans d'histoire mardi 1er septembre 2009

 

Le déclenchement de la seconde guerre mondiale - 2ème partie

 

Il y a exactement 70 ans, le 1° septembre 1939 à Berlin, Hitler annonçait le déclenchement en Pologne de la guerre la plus meurtrière de l’histoire. Une guerre préparée depuis que le 5 novembre 1937 il avait réuni dans le plus grand secret les plus hauts responsables militaires de son armée pour leur exposer sa volonté de conquérir « l’espace vital » qui devait donner aux Allemands les terres, les matières premières et les marchés de l’Europe de l’Est. Un projet pour lequel après avoir réarmé l’Allemagne, il s’était efforcé pendant 4 ans de la sortir de son isolement. En s’alliant d’abord avec le Japon puis deux mois à peine avant la réunion du 5 novembre, en donnant à son pays un nouvel allié : l’Italie fasciste. Le 28 septembre 1937, dans l’immense stade qui avait accueilli les jeux olympique à Berlin un an plus tôt, devant 800.000 personnes, Mussolini déclarait aux Allemands dans leur langue que leur pays et son chef pouvait désormais compter sur l’amitié de l’Italie.

 

Invité :

 

Pierre Milza professeur émérite à l’IEP de Paris.

 

2000 ans d'histoire mercredi 2 septembre 2009

 

Jean Jaurès (pour le 150ème anniversaire de sa naissance)

 

« Quels que soient les dissentiments, quelles que soient les difficultés, quelles que soient les polémiques, entre socialistes on se retrouve toujours. » Jean Jaurès

Parce qu’en 1905 il avait réussi à rassembler dans un seul parti tous les courants d’un socialisme français qui était à l’époque profondément divisé, près d’un siècle après sa mort, Jaurès est encore aujourd’hui d’actualité. Sans jamais avoir dirigé un gouvernement, ni même été ministre, il est resté pourtant une des plus grandes figures de l’histoire de la France contemporaine. Et on ne compte plus les rues, les avenues où les lycées qui portent son nom. Ni les hommages qui lui ont été rendus de son vivant, et depuis sa mort. Même ses adversaires admiraient ses talents d’orateur, son immense culture, et la passion avec laquelle il s’est investi dans tous les grands combats politiques de son temps, contre les injustices sociale, pour la défense de Dreyfus, de la laïcité et, jusqu’à son assassinat le 31 juillet 1914, contre la guerre qui allait éclater le lendemain. C’est ce que rappelait François Mitterrand en novembre1988, lorsque pour le 70° anniversaire de la fin du carnage de 14 18, il rappelait que Jaurès en avait été la première victime, parce qu’il avait été le dernier à tenter de l’empêcher.

 

Invité : Rémy Pech professeur d’histoire contemporaine et ancien président de l’Université du Mirail –Toulouse, spécialiste d’histoire rurale.

 

2000 ans d'histoire jeudi 3 septembre 2009

 

La folie

 

« Les hommes m’ont appelé fou ; mais la science ne nous a pas encore appris si la folie est où n’est pas le sublime de l’intelligence. » Edgar Poe

 

Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, et même bien avant qu’on leur donne un nom, il y a toujours eu des fous. Et leur folie n’a pas attendu Michel Foucault pour avoir une histoire. Ce qui a changé, ce n’est pas la folie mais son diagnostic, son traitement et le regard qu’on porte sur elle. S’agit-il d’une maladie du corps ou de l’âme ? D’une défaillance physique ou psychique ? D’un châtiment de Dieu ou de l’œuvre du diable ? Est elle où n’est elle pas « le sublime de l’intelligence » comme l’écrivait Edgar Poe ? Depuis toujours, les hommes se sont posé ces questions et, selon les réponses, ont traité la folie de différentes manières. Par la médecine, l’enfermement dans les hôpitaux, des maisons de force ou des asiles où, comme il y a 2000 ans, en espérant un miracle.

 

Invité :

 

Claude Quétel historien spécialiste de l’histoire de l’enfermement et de la psychiatrie, directeur de recherche honoraire au CNRS.

 

2000 ans d'histoire vendredi 4 septembre 2009

 

Jean Seberg

 

Rediffusion du jeudi 21 octobre 2004

 

Une jeune Américaine aux cheveux courts vendant le Herald Tribune sur les Champs Elysées dans un des films les plus célèbres du cinéma français, c’est l’image dont tout le monde s’est souvenu quand on a appris la mort de Jean Seberg il y a déjà 25 ans, le 8 septembre 1979. On découvrait aussi la solitude de cette femme née 40 ans plus tôt dans un coin perdu du Middle West et dont la vie chaotique se terminait tragiquement dans une rue de Paris où un policier découvrait dans une voiture le cadavre décomposé d’une des figures emblématique des années 60. Jean Seberg que les Français avaient découvert 23 ans plus tôt quand elle était venue en Europe pour son premier film, la « Jeanne d’Arc » d’Otto Preminger. Jacques Sallebert au micro de la R.T.F. le 16 novembre 1956.

 

Invité :

 

Alain Absire.

 

2000 ans d'histoire lundi 7 septembre 2009

 

Georges Simenon

 

« J’en fais l’aveu, qui me sera reproché, je suis allergique à la littérature des autres et à la mienne. » Georges Simenon

 

« Je suis allergique à la littérature » affirmait Georges Simenon en 1973, un an après avoir volontairement cessé d’écrire. A cette époque il avait pourtant signé plus de 500 livres traduits en 27 langues et vendus à plus de 500 millions d’exemplaires. Une œuvre immense qui lui a rapporté fortunes et des millions de lecteurs, mais qui lui a couté le Goncourt, le Nobel et une place à l’Académie française à laquelle il aurait pu prétendre. « Je tiens Simenon pour un grand romancier disait Gide, le plus grand peut-être, et le plus vraiment romancier que nous ayons eu en littérature française aujourd’hui. » Mais le soutien de Gide n’a pas suffi. Pour certains, il écrivait trop, trop vite et trop de romans policiers, pour être admis dans la grande littérature. Car jusqu’à sa mort il y a 20 ans, le Simenon que tout le monde connaissait, et que tout le monde connaît encore aujourd’hui, c’est d’abord le père du flic le plus célèbre de la littérature policière.

 

Invité :

 

Pierre Assouline journaliste, critique.

 

2000 ans d'histoire mardi 8 septembre 2009

 

1989, liberté à l’Est en partenariat avec Le Monde hors-série consacré à l’année 1989

 

« Dans cinquante ou cent ans, le Mur sera toujours là » Erich Honecker 19 janvier 1989

 

En affirmant en janvier 1989 que « cinquante ou cent ans » plus tard, le mur de Berlin, serait encore debout, le chef du parti communiste d’Allemagne de l’Est, Erich Honecker n’imaginait pas la révolution qui allait le détruire avant la fin de l’année. C’était il y a vingt ans. Tout le monde se souvient de cette nuit du 9 au 10 novembre 1989 pendant laquelle des milliers d’Allemands franchissaient pour la première fois la frontière de béton qui depuis plus de 28 ans symbolisaient la guerre froide et coupaient leur pays et l’Europe en deux. Au point qu’on a oublié tout ce qui a précédé, préparé et permis la chute du mur, et tout ce qui a suivi. Les événements qui, tout au long de l’année 1989, ont bouleversé l’histoire du monde, en libérant six pays d’Europe de l’est de la domination de l’URSS, avant de provoquer son effondrement. La Hongrie, la Pologne, l’Allemagne de l’est, la Tchécoslovaquie, la Bulgarie et enfin, à l’extrême fin de l’année, la Roumanie où, le jour de Noël, une révolution renversait et condamnait à mort le plus stalinien des dirigeants communistes d’Europe.

 

Invité :

 

Sylvie Kauffmann grand reporter au journal Le Monde.

 

2000 ans d'histoire mercredi 9 septembre 2009

 

L’alchimie

 

« Tu sépareras la terre du feu, le subtil du dense, doucement, avec grand art. » La table d’émeraude (texte fondateur de l’alchimie)

 

Si aujourd’hui, avec leurs vieux grimoires, leurs cornues, leurs alambics et la légendaire pierre philosophale qui devait transformer le plomb en or, les alchimistes nous font sourire, pendant des siècles on a pris leur science au sérieux. Depuis qu’à l’âge du fer, des hommes ont commencé à fabriquer des métaux. On ne les appelait pas encore des alchimistes, mais leur travail avait une telle importance qu’il était sacré, et qu’il n’était pas question d’en divulguer les secrets. C’est de là que vient sans doute le langage ésotérique des alchimistes. C’est aussi la raison pour laquelle ils nous fascinent encore. Même si on sait aujourd’hui que la pierre philosophale n’existe pas, et que personne n’a jamais transformé du plomb en or, la chimie n’a pas fait disparaître les alchimistes et ce qu’ils disent aujourd’hui est aussi hermétique qu’au Moyen Age.

 

Invité :

 

Alain Queruel spécialiste de l’histoire des sciences.

 

2000 ans d'histoire jeudi 10 septembre 2009

 

Marc-Aurèle

 

« Rien n’est un bien pour l’homme qui ne le rende juste, tempérant, courageux, libéral, et rien n’est un mal qui ne produise le contraire. » Marc Aurèle

 

Pensées En 172, alors qu’il était en campagne contre un peuple germain qui menaçait les frontières de l’empire romain, Marc Aurèle commença à écrire les premières lignes d’un des textes les plus célèbres de l’antiquité. Intitulé d’abord A moi-même, car il s’agissait d’une réflexion qui n’était pas destinée à être rendue publique, ce texte, sous le nom de Pensées, a fait de Marc Aurèle un cas unique dans l’histoire. Le seul exemple d’un empereur qui était aussi un philosophe. Car ce qu’on retient de son règne, plus que les campagnes militaires qu’il a mené contre les Parthes et les germains pour défendre les frontières de Rome, ce sont ces Pensées. Elles nous révèlent un empereur aussi doué pour le gouvernement des hommes que pour la spéculation philosophique. Elle a inspiré d’ailleurs la politique de Marc Aurèle pendant 20 ans à la tête d’un immense empire, où l’on reconnaissait partout sa sagesse. Jusque dans les provinces les plus éloignées de Rome. Là où, 18 siècles après sa mort, on découvrait encore l’an dernier, des vestiges oubliés de son règne.

 

Invitée :

 

Catherine Salles historienne spécialiste de l’Antiquité.

 

2000 ans d'histoire vendredi 11 septembre 2009

 

Les révoltés du Bounty

 

rediffusion du 19.03.2008

 

« Tout membre de la flotte qui provoquera un rassemblement de mutins subira la peine de mort. » Code britannique de la justice maritime

 

Le 14 mai 1809, alors qu’il faisait escale dans l’île de Pitcairn, le commandant d’une baleinière américaine vit s’approcher une pirogue avec à son bord des hommes dont l’aspect n’avait rien à voir avec celui des populations de l’Océan Pacifique. Leur peau était blanche et certains avaient des cheveux blonds. C’était les enfants du dernier des mutins du Bounty, réfugiés dans l’île 20 ans plus tôt. Il s’appelait Alexander Smith, et c’est par lui qu’on apprit ce qu’étaient devenus les marins qui, en avril 1789, s’étaient révoltés contre le capitaine d’un bateau dont le destin avait bouleversé le monde entier. Le Bounty qui avait quitté l’Angleterre le 23 décembre 1787 sous les ordres du lieutenant William Blight et avec une mission à laquelle l’amirauté britannique attachait la plus grande importance.

 

Invité :

 

Eric Deschamps navigateur et écrivain.

 

2000 ans d'histoire lundi 14 septembre 2009

 

10 août 1792, la chute de la monarchie

 

« Le tocsin qui sonne n’est point un signal d’alarme. C’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace et la France est sauvée. » Danton

 

Le 10 août 1792, sur le chemin qui conduisait Louis XVI du Château des Tuileries jusqu’à l’Assemblée qui allait prononcer sa déchéance, un jeune officier qui le voyait passer n’eut que deux mots « che coglione », ce qui veut dire en Corse : « quel couillon ». Ce jeune officier encore inconnu, c’était celui qui, 7 ans plus tard, allait hériter du pouvoir qui était en train de tomber. Napoléon Bonaparte qui était par hasard à Paris où il assistait au dernier jour de la monarchie. Quelques minutes plus tôt le procureur général syndic de la Seine, Pierre Louis Roederer avait convaincu Louis XVI et Marie Antoinette de quitter leur château des Tuileries assiégé par les Parisiens. Mais en quittant les Tuileries, Louis XVI pour aller se réfugier avec toute sa famille à la salle du manège où siégeait l’Assemblée législative, Louis XVI ne savait pas que le chemin qu’il empruntait ce matin là se terminerait cinq mois plus tard sur l’échafaud.

 

Invité :

 

Max Gallo historien.

 

2000 ans d'histoire mardi 15 septembre 2009

 

L’Affiche Rouge

 

« Nous allons être fusillés cet après midi et je meurs à deux doigts de la victoire. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la liberté et de la paix. » Dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme le 21 février 1944

 

En février 1944, les Allemands avaient collé sur tous les murs de France l’affiche la plus célèbre de l’occupation. Une affiche rouge sur laquelle on voyait le visage et le nom de 10 des 23 résistants du groupe Manouchian qui avaient été fusillés la veille au mont Valérien. Si, contrairement à leur habitude, les autorités d’occupation et leurs collaborateurs français avaient décidé de rendre publique ces exécutions, c’était pour essayer de discréditer la résistance en montrant aux Français que ceux qui prétendaient les libérer étaient des étrangers. Cette « armée du crime » comme la propagande allemande l’avait appelée sur l’Affiche rouge était en effet composée majoritairement d’immigrés. Ils étaient Arméniens, Hongrois, Polonais, Italiens ou Espagnols, presque tous Juifs, et très jeune comme Thomas Elek qui n’avait pas 18 ans quand il avait été recruté par Missak Manouchian en 1943.

 

Invité :

 

Benoît Rayski journaliste et essayiste.

 

2000 ans d'histoire mercredi 16 septembre 2009

 

De Gaulle et l’Algérie

 

« L’Algérie sera émancipée. Ce sera long. Quant à moi, je ne parlerai que le jour ou je serai en situation de faire ce que j’aurai dit. » De Gaulle à Jean Amrouche en 1957

 

Il était midi et demi à Paris, le 16 septembre 1959 quand le général de Gaulle entrait dans le salon des portraits de l’Elysée pour enregistrer le discours qui devait être diffusé le soir même sur toutes les radios et les télévisions de France et en Algérie où l’armée française se battait depuis 1954. Depuis qu’il était revenu au pouvoir le 13 mai 1958, Ge gaulle avait entretenu l’équivoque sur sa politique algérienne. « Je ne parlerai que le jour où je serai en situation de faire ce que j’aurai dit » avait il répondu à Jean Amrouche qui lui avait demandé un jour ce qu’il pensait de la guerre d’Algérie. Mais en 1958, il était encore trop tôt pour qu’il se prononce. Sous la pression des Pieds Noirs et de l’armée qui l’avaient porté au pouvoir pour qu’il maintienne l’Algérie Française de Gaulle a du attendre encore 16 mois avant de révéler ses intentions. C’était il y a 50 ans jour pour jour, le 16 septembre 1959, un discours qui allait faire basculer le destin de la France et de l’Algérie.

 

Invité :

 

Benjamin Stora professeur des universités.

 

2000 ans d'histoire jeudi 17 septembre 2009

 

La sexualité dans la Rome antique

 

Rediffusion du 13 mars 2007.

 

« Pourvu que tu t’abstiennes de femme mariée, de veuve, de vierge, de jeune homme et d’enfant de condition libre, aime tout ce qui te plaît. » Plaute

 

Les Romains, qui étaient plus pudiques qu’on le croit, n’aimaient pas parler de leur sexualité. Cette « nécessité de la nature » comme l’appelait Cicéron qui trouvait obscène de révéler ce qui relevait de la vie privée. « Quelle folie d’avouer au grand jour, ce que cache la nuit » écrivait le poète latin Ovide dont « L’art d’aimer » fut pourtant un des plus vieux textes érotiques de l’histoire. Mais la sexualité des romains était sans doute moins débridée que ce qu’en écrivait Ovide ou le Satiricon de Pétrone, et moins extravagante que celle de quelques empereurs débauchés. Claude ou Néron qui allaient plus souvent au bordel qu’au Sénat, Caligula qui couchait avec sa sœur, ou le pire de tous : le vieux Tibère, qui, dans sa villa de Capri, aimait se baigner avec de jeunes esclaves qu’il appelait ses « petits poissons ».

 

Invitée :

 

Géraldine Puccini-Delbey maître de conférences de langue et littérature latine à l'Université de Bordeaux III.

 

2000 ans d'histoire vendredi 18 septembre 2009

 

Henry de Monfreid rediffusion du 24.04.2008.

 

"N’ayez jamais peur de l’aventure. Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. » Henry de Monfreid

 

« J’ai vécu au moins quatre vies » disait Henry de Monfreid peu de temps avant de mourir presque centenaire en 1974. Des vies racontées à plusieurs générations de lecteurs qui en lisant ses romans ont traversé avec lui la Mer Rouge et l’Océan Indien, parcouru l’Ethiopie, la Somalie, le Yémen et découvert des lieux et des ports dont les noms les ont fait rêver : Moka, Obock, Djibouti, les îles Dalahack, les Seychelles ou le golfe d’Aden. Car cet employé banal de la société Maggi devenu, du jour au lendemain, pêcheur de perles, trafiquant d’armes et de drogue et même espion avait le don de faire partager le goût de l’aventure qui l’avait poussé un jour en Afrique. On l’écoute en 1936 présenter le film l’esclave blanc. C’est le plus vieil enregistrement de la voix d’Henry de Monfreid.

 

Invité :

 

Guillaume de Monfreid Petit-fils d’Henry de Monfreid, architecte, dessinateur et aquarelliste.

 

2000 ans d'histoire lundi 21 septembre 2009

 

Le bonheur

 

 

« Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme tu veux. Mais veuille que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux. » Epictète

 

Depuis le Jardin d’Eden où Adam et Eve auraient vécu un bonheur parfait avant d’en être chassés, la quête du bonheur est une histoire aussi vieille que celle de l’humanité. Mais le bonheur existe-t-il ou appartient-il à un âge d’or à jamais révolu ? Et sinon, comment le trouver et à quoi ressemble-t-il ? Car le bonheur des stoïciens qui comme Epictète pensait que pour être heureux, il fallait adapter nos désirs à l’ordre du monde, n’est pas le même que celui des pères de l’Eglise qui ne croyaient pas au bonheur terrestre mais à celui qu’il fallait mériter pour le trouver au paradis. Jamais en tous cas on a autant parlé du bonheur qu’aujourd’hui, alors que tout semble vouloir nous l’interdire. La crise économique, la dégradation du climat, la multiplication et la violence des conflits, et les pandémies devant lesquelles la médecine paraît impuissante. Et pourtant, aujourd’hui 87% des européens seraient heureux selon les sondages. Car si on ne sait toujours pas définir le bonheur, on prétend pouvoir le mesurer.

 

Invité : Georges Minois historien.

 

2000 ans d'histoire mardi 22 septembre 2009

 

Guillaume Apollinaire

 

« Mon beau navire ô ma mémoire Avons-nous assez navigué Dans une onde mauvaise à boire Avons-nous assez divagué De la belle aube au triste soir ? » Apollinaire,

La Chanson du Mal-Aimé Le 9 novembre 1918, à l’annonce de l’abdication de l’empereur d’Allemagne Guillaume II, des milliers de manifestant s’étaient répandus dans les rues de Paris en criant « A bas Guillaume ». En arrivant au quartier latin, ils ne savaient pas qu’au dessus d’eux, au dernier étage du 202 boulevard Saint-Germain, un autre Guillaume était en train de mourir, en croyant que c’était contre lui que les manifestants défilaient. Cette anecdote a peut-être été inventée, mais elle convient bien à l’auteur de la Chanson du Mal-Aimé qui est mort quelques heures plus tard, victime de la grippe espagnole. Mais deux jours avant la fin de la première guerre mondiale, la mort de Guillaume Apollinaire est passée presque inaperçue. Pour la foule qui défilait en bas de chez lui, ce 9 novembre 1918 l’événement ce jour là c’était l’abdication de l’empereur d’Allemagne.

 

Invitée :

 

Laurence Campa maître de conférences à l’université Paris XII.

 

2000 ans d'histoire mercredi 23 septembre 2009

 

Qui a tué Henri IV ?

 

« Je mourrai en cette ville et je n’en sortirai jamais. Ils me tueront, car je vois bien qu’ils n’ont d’autre remède que ma mort. » Henri IV, quelques jours avant son assassinat

 

Le vendredi 14 mai 1610 à Paris, vers quatre heures de l’après midi, Henri IV se rendait à l’Arsenal pour s’entretenir avec le surintendant de ses finances, le duc de Sully. Au moment où il arrivait au coin de la rue de la Ferronnerie, en face de l’auberge « Au cœur couronné percé d’une flèche », sa voiture fut bloquée par une charrette de foin, tandis que, surgissant de nulle part, un homme d’une trentaine d’année, François Ravaillac sautait sur un rayon la roue, se penchait à l’intérieur de la voiture, et enfonçait à deux reprises un couteau dans le corps d’Henri IV. Jamais l’assassinat d’un roi de France n’eut autant de conséquences. Jamais non plus il n’a soulevé autant de questions. Ravaillac avait il agi seul ou a-t-il été aidé par des complices ? Et si oui, pourquoi ? Tout ce que l’on sait, c’est que le roi, qui avait déjà échappé à une dizaine de complots, vivait dans la hantise d’un assassinat, s’apprêtait à faire la guerre à l’Espagne, et apprenait, ce qui est peut être la vraie cause de sa mort, que sa dernière conquête, Charlotte de Montmorency était partie aux Pays-Bas, enlevée par son mari le Prince de Condé.

 

Invité :

 

Jean-Christian Petitfils historien, spécialiste de l’Ancien Régime.

 

2000 ans d'histoire jeudi 24 septembre 2009

 

Sarajevo 1914 Rediffusion du 23.05.2005

 

Aujourd’hui 28 juin 1914, l’attentat qui a déclenché la première guerre mondiale : l’assassinat de l’archiduc héritier d’Autriche François Ferdinand à Sarajevo. « Ca ne m’étonnerait pas que quelques balles serbes m’attendent là bas. » François Ferdinand d’Autriche quelques jours avant d’être assassiné à Sarajevo. Jamais, dans l’histoire, un attentat n’aura eu autant de conséquences que celui qui s’est produit dans la capitale de la Bosnie le 28 juin 1914. Ce jour là, à 11h. du matin, en quittant l’hôtel de ville de Sarajevo, l’archiduc héritier d’Autriche François Ferdinand ne savait pas qu’il n’avait plus que quelques minutes à vivre et qu’à quelques centaines de mètres de là, un jeune Serbe de 19 ans avait mis dans le chargeur de son revolver une balle qui allait précipiter l’Europe dans une des guerres les plus meurtrières de l’histoire. Mais François Ferdinand et sa femme savaient en revanche le risque qu’ils prenaient en se rendant dans une ville où une poignée de terroristes serbes avait juré de liquider celui qui devait un jour régner sur l’Empire des Habsbourg.

 

Invité : Jean-Louis Thieriot.

 

2000 ans d'histoire vendredi 25 septembre 2009

 

Les harkis à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux harkis Rediffusion du 25.09.2006

 

« Il y a vingt ans, j’ai choisi la France. C’est une erreur de ma part, j’ai fait un mauvais choix. » Le Bachaga Boualem en 1979

 

C’est une des pages les plus sombres de la guerre d’Algérie. En 1962, au moment où les Algériens proclamaient leur indépendance, plusieurs dizaines de milliers d’entre eux étaient massacrés dans des conditions atroces parce qu’ils s’étaient battus aux côtés de l’armée française. Quelques uns ont pu y échapper en se réfugiant en France où, depuis plus de 40 ans, ils vivent loin de leur pays d’origine et sans espoir d’y revenir un jour parce qu’ils y sont considérés comme des collaborateurs par les autorités algérienne. Indésirables en Algérie, mal accueillis en France, ils ont du attendre 40 ans pour qu’un Président de la République reconnaisse enfin la dette de la France vis-à-vis des Harkis. Jacques Chirac le 25 septembre 2001.

 

Invité : Tom Charbit Doctorant en science politique à l'EHESS, membre du laboratoire de sciences sociales, spécialiste de l'histoire de l'immigration et de celle des intellectuels.

 

2000 ans d'histoire lundi 28 septembre 2009

 

Brigitte Bardot

 

La nouvelle était tellement incroyable que certains ont cru que c’était un coup de tête, ou un coup de pub. Un faux départ pour faire la une des journaux du lendemain. C’était il y a 36 ans, le 6 juin 1973. A la fin du tournage de son 48° film, Brigitte Bardot annonçait qu’elle faisait ses adieux au cinéma. Devenue en France ce qu’était Marilyn Monroe aux Etats-Unis, et dans le monde un des trois monuments les plus célèbres de l’hexagone après la Tour Eiffel et le général de Gaulle, elle n’avait plus rien à prouver. Depuis le film de Vadim Et Dieu créa la femme, où elle avait incarné la libération sexuelle, 12 ans avant mai 68, B.B. était devenue un mythe. C’était en 1956 après des débuts laborieux au cinéma où elle n’avait joué que des seconds rôles, et les starlettes sur la plage du festival de Cannes. Et on n’aurait peut être jamais entendu parler de Brigitte Bardot si Roger Vadim ne l’avait pas découverte quand elle n’avait que 16 ans.

 

Invité : Henri Jean Servat journaliste et écrivain.

 

2000 ans dhistoire mardi 29 septembre 2009

 

Les cathédrales

 

« Un homme de chez nous a fait ici jaillir, Depuis le ras du sol jusqu’au pied de la croix Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois La flèche irréprochable et qui ne peut faillir. » Charles Péguy

 

La cathédrale de Chartres Lorsqu’au milieu du XII° siècle l’abbé Suger décidait de faire construire une nouvelle abbatiale à 3 km. au nord de Paris, il ignorait qu’il allait provoquer une des plus grandes révolutions de l’histoire de l’architecture. En 1140, à Saint Denis, il inventait un style nouveau : l’art gothique qui, en trois siècles allait faire surgir dans toute l’Europe les plus beaux édifices religieux de la chrétienté : les cathédrales. Dessinées par des architectes inconnus dont les noms, gravés dans la pierre ont aujourd’hui disparus, construites grâce à des milliers de maçons, de charpentiers, de peintres, de sculpteurs où de simples porteurs d’eau et de pierre, 800 ans après leur construction, les cathédrales gothiques émerveillent encore tous ceux qui viennent du bout du monde pour admirer ce que le Moyen Age a produit de plus beau.

 

Invité Gérard Denizeau historien d’art et universitaire.

 

2000 ans d'histoire mercredi 30 septembre 2009

 

Il y a 60 ans Mao proclame la République Populaire de Chine

 

« La révolution n’est pas un banquet entre gens bien élevés. C’est un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. » Mao Zedong

 

Il y a 60 ans, le 1° octobre 1949 à Pékin, Mao Zedong annonçait la naissance d’un nouvel Etat : la République Populaire de Chine. C’était l’aboutissement d’un combat commencé 28 ans plus tôt, le 30 juin 1921 à Shangaï. Dans une salle d’école de la concession française, une douzaine de délégués d’organisations marxistes fondaient un parti nouveau : le Parti Communiste Chinois qui à l’époque ne comptait que 57 membres. Une goutte d’eau dans un pays de plus de 400 millions de paysans illettrés et peu sensibles aux idéaux de cette poignée de marxistes. Autant dire qu’à l’époque, personne ne les prenait au sérieux. Même pas les dirigeants soviétiques qui, 4 ans plus tôt, avaient pris le pouvoir en Russie. Pendant des années, ils traiteront par le mépris leurs camarades chinois. Jusqu’à ce que, le 1° octobre 1949, devant plus de 100.000 personnes rassemblées sur la place Tien an Men de Pékin, Mao Zedong annonce que le pays le plus peuplé du monde était devenu communiste.

 

Invité :

 

Jean-Luc Domenach historien, directeur de recherches à Sciences Po.

 

2000 ans d'histoire jeudi premier octobre 2009

 

Attila

 

« Les yeux d’Attila lançaient des flammes. Quand il prenait des villes c’était pour détruire plutôt que pour piller. Et quand il tuait, c’était pour laisser des milliers de cadavres en spectacle aux vivants. » Jornandès, moine du V° siècle

 

Les chrétiens l’appelaient « le fléau de Dieu » et on disait que sous les sabots de son cheval l’herbe ne repoussait plus. Depuis plus de 15 siècles, Attila incarne encore le mal absolu. Depuis la plus formidable des invasions barbares qui ont précipité l’Europe dans le Moyen Âge. C’était en 451 quand, sur les rives du Danube, le roi des Huns avait rassemblé une armée comme on n’en avait encore jamais vu, et comme on n’en verra jamais jusqu’aux guerres napoléoniennes. 500.000 hommes venus de tous les coins d’Europe pour envahir l’empire romain d’Occident. Des Ostrogoths, des Gépides, des Alains avec leurs énormes lances, des Gélons vêtus de casaques en peau humaine, des Rugiens de la baltique, mais aussi et surtout des Huns. Ces cavaliers redoutables venus d’Orient un siècle plus tôt et qui allaient faire craquer les frontières d’un empire romain vermoulu qui, jamais dans son histoire, n’avait vu arriver des envahisseurs aussi terrifiants.

 

Invité :

 

Michel Rouche professeur émérite à l’université de Paris-Sorbonne.

 

2000 ans d'histoire vendredi 2 octobre 2009

 

Goya

 

« Bientôt les peintres oublieront au prix de quelle angoisse Goya avait dressé contre toute la culture dans laquelle il était né, son art solitaire et désespéré. » André Malraux

 

Peintre officiel des rois d’Espagne pendant plus de 50 ans, Goya n’a jamais perdu la liberté grâce à laquelle il est devenu l’artiste le plus original de son temps. « Il a préfiguré l’art moderne, disait Malraux, parce que l’art moderne commence à la liberté avec laquelle Goya a peint le monde qu’il voyait ». Caricaturant les grands d’Espagne au service desquels il était, déshabillant, dans La Maja nue, la maîtresse du plus important d’entre eux, Goya avait aussi introduit dans l’art des sujets et des personnages qui n’y étaient presque jamais représentés. Des fêtes populaires, des corridas, des pauvres, des malades, des monstres, des sorcières, mais aussi ces gens du petit peuple espagnol qu’il aimait et dont la présence sur une fresque de la chapelle royale de Madrid, peinte par Goya avait choqué ceux qui la lui avaient commandée : Le roi Charles IV et la reine Marie Louise d’Espagne.

 

Invité :

Claude-Henri Rocquet critique et historien d’art, poète, dramaturge, essayiste.

 

2000 ans d'histoire lundi 5 octobre 2009

 

La grippe

 

« Je connais cette maladie par le nom singulier qu’elle porte : la grippe. Elle fait beaucoup tousser et fait gagner beaucoup d’argent aux médecins et aux apothicaires ». Nau, chansonnier du XVIIIème siècle

 

Aussi ponctuelle que le beaujolais nouveau, la grippe revient tous les ans à la même époque, presque toujours sans autre conséquence qu’une hausse des températures et du nombre des congés maladie. Le temps pour ses victimes de passer quelques jours au chaud sous la couette et de redécouvrir les vertus du grog. Rien de bien grave croyait on jusqu’à aujourd’hui, en oubliant qu’en 1918, une pandémie de grippe espagnole avait fait beaucoup plus de mort que la première guerre mondiale qui était en train de se terminer. On comprend pourquoi il y a cinq mois, l’annonce de la mort d’une vingtaine de personne au Mexique victime du virus le plus virulent de la grippe, le Virus A(H1N1) mobilise aujourd’hui les gouvernements du monde entier. Même si, pour l’instant elle touche moins de monde que les grippes de ces dernières années.

 

Invité :

 

Patrick Zylberman historien de la médecine et de la santé publique, chargé de recherche au Centre de Recherche Médecine, Sciences, Santé et Société -CERMES.

 

2000 ans d'histoire mardi 6 octobre 2009

 

Berlusconi

 

« J’ai trop d’estime pour l’intelligence des Italiens pour penser qu’il y a autant de couillons capables de voter contre leurs intérêts. » Silvio Berlusconi

 

On peut tout reprocher à Silvio Berlusconi sauf de manquer de franchise. Lorsqu’en 1994, il abandonnait les affaires et son empire médiatique pour se présenter aux élections législatives, c’était disait il pour « descendre » en politique. C’est dire à quel niveau il plaçait le monde politique qu’il découvrait et qu’il n’a plus quitté. Depuis 15 ans, au pouvoir ou dans l’opposition, il est partout. A la tête du gouvernement plus longtemps que tous ses prédécesseurs, dans les stations de radio ou de télévision qui l’invitent d’autant plus volontiers qu’il est le propriétaire de la moitié d’entre elles, tout gravite autour de Silvio Berlusconi qui domine la vie politique comme aucun chef d’état ou de gouvernement italien ne l’avait fait depuis Mussolini. « J’ai trop d’estime pour l’intelligence des Italiens pour penser qu’il y a autant de couillons capables de voter contre leurs intérêts » disait-il en 2006 après avoir perdu les élections législatives. Il faut croire que deux ans plus tard, les couillons, comme il les appelle, étaient moins nombreux puisqu’il était reconduit pour la 3° fois, à la tête du gouvernement italien.

 

Invité :

 

Marc Lazar professeur d’histoire et de sociologie à Sciences Po et la Luiss-Rome.

 

2000 ans d'histoire mercredi 7 octobre 2009

 

Juillet 64, l’incendie de Rome

 

Invitée :

 

Catherine Salles historienne spécialiste de l’Antiquité.

 

2000 ans d'histoire jeudi 8 octobre 2009

 

Talleyrand et Napoléon rediffusion du 25 mai 2007.

 

« Vous êtes un voleur, un lâche, un homme sans foi. Il n’y a rien pour vous de sacré. Vous vendriez votre père. Tenez, monsieur, vous n’êtes que de la merde dans un bas de soie. » Napoléon à Talleyrand le 29 janvier 1809

 

L’un sur les champs de bataille et l’autre autour des tables de négociation, pendant dix ans, Napoléon et Talleyrand ont bouleversé l’histoire et les frontières de l’Europe. A la fois différents et complémentaires, les deux hommes ne s’aimaient pas, mais ils avaient besoin l’un de l’autre. Napoléon de Talleyrand qui lui a ouvert les portes du pouvoir, et Talleyrand de Napoléon dont il a entrevu le destin dès leur première rencontre. C’était le 6 décembre 1797. Talleyrand recevait chez lui, rue du Bac, un général de 29 ans qui venait de se couvrir de gloire en Italie. Il s’appelait Bonaparte et n’était pas impressionné par celui qui était alors ministre des Relations extérieures du Directoire

 

Invité : Emmanuel de Waresquiel chercheur à l’Ecole pratique des hautes études.

 

2000 ans d'histoire vendredi 9 octobre 2009

 

La beauté

 

En direct -et en public- des Rendez-vous de l’histoire de Blois

 

« Demandez à un crapaud ce qu’est la beauté, il vous dira que c’est sa crapaude, avec deux gros yeux ronds, une gueule plate, un ventre jaune et un dos brun. » Voltaire

 

« Demandez à un crapaud ce qu’est la beauté, il vous dira que c’est sa crapaude » disait Voltaire. Et Oscar Wilde ne disait pas autre chose en écrivant que « La beauté est d’abord dans les yeux de celui qui la regarde ». Ils savaient tous les deux que les critères de la beauté sont subjectifs, qu’ils dépendent de l’époque et du lieu où l’on vit, et que, depuis les Vénus sculptées de la préhistoire, jusqu’aux reines de beauté d’aujourd’hui, il n’y a pas une mais des beautés. Certes, les femmes à la peau blanche et au corps potelé que peignait Rubens ne ressemblent pas aux mannequins bronzés et anorexiques des magazines de mode d’aujourd’hui, mais quels que soient les moyens pour y arriver, les hommes et les femmes ont toujours cherché à sublimer leur corps pour être beaux et même, si possible, plus beaux que les autres.

 

Invitée : Elisabeth Azoulay éthnologue .

 

2000 ans d'histoire lundi 12 octobre 2009

 

Les chambres

 

« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, c’est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre. » disait Pascal. Et pourtant, quelle qu’en soit la durée, on passe plus du tiers de notre vie entre les quatre murs d’une chambre. On y dort, on y fait l’amour, on y lit ou on y écrit comme le faisait Proust qui passait ses journées dans son lit. La chambre est l’endroit de la maison où on passe le plus de temps. Quand on en a une. Car jusqu’au XVIIème siècle, les chambres individuelles étaient rares et les familles vivaient souvent dans une seule pièce qui servait à la fois de salle à manger, de cuisine et de chambre à coucher. Et l’intimité était un luxe. Même si, le matin à Versailles à l’époque de Louis XIV, il n’y avait pas moins intime que la chambre du roi, ou de la reine.

 

Invitée : Michelle Perrot historienne, professeur émérite des universités.

 

2000 ans d'histoire mardi 13 octobre 2009

 

Lucie Aubrac Le 1° mars 1944, quelques semaines avant le débarquement en Normandie, les Français qui écoutaient Radio Londres entendaient pour la première fois le nom et la voix de Lucie Aubrac. Après trois ans de combat clandestin, elle était arrivée quelques jours plus tôt en Angleterre pour devenir et pour rester pendant longtemps une des voix les plus célèbres de la résistance française. Avec son mari Raymond Aubrac, elle venait de mener dans l’ombre un combat commencé dès 1940 contre l’occupant allemand et ses collaborateurs de Vichy. Mais pour Lucie Aubrac, la guerre n’était pas finie. « Le mot résistance, disait elle, doit toujours se conjuguer au présent ». Et c’est pourquoi, longtemps après la guerre, elle a continué de se battre contre toutes les injustices et toutes les formes d’oppression. Jusqu’à sa mort à l’âge de 94 ans. France Inter, Fabrice Drouelle, le jour où, en présence du Président de la République, un hommage national lui était rendu aux Invalides le 31 mars 2007.

 

Invité :

 

Laurent Douzou professeur d’histoire contemporaine à l’Institut d’études politiques de Lyon.

 

2000 ans d'histoire mercredi 14 octobre 2009

 

Le mythe des vampires

 

« Dans ce siècle, depuis 60 ans, on voit, dit on, des morts revenir infester les villages et sucer le sang de leurs proches. On donne à ces revenants le nom de vampires. » Augustin Calmet 1746

 

En 1897, l’écrivain irlandais Bram Stoker publiait ce qui allait devenir le plus illustre des romans noirs. L’histoire d’un clerc de notaire, Jonathan Harker envoyé en Transylvanie dans le château d’un comte qui voulait acheter une propriété en Angleterre. Il ne savait pas que son hôte était un homme mort depuis 500 ans, qui sortait la nuit de son tombeau pour sucer le sang de tous ceux qui avaient l’imprudence de passer dans son château. C’était un vampire. Bien après l’invention du mot au XVIII° siècle Bram Stoker avait donné son nom à la plus célèbre de ces créatures. Celui d’un prince d’Europe centrale que tout le monde aurait oublié si, sous la plume de Brad Stoker il n’était devenu le locataire le plus terrifiant de nos cauchemars.

 

Invité :

 

Claude Lecouteux professeur émérite de littérature et civilisation du Moyen-Âge à Paris-IV.

 

2000 ans d'histoire jeudi 15 octobre 2009

 

Les Khmers rouges

 

Le 17 avril 1975, vers 9 heures du matin, les habitants de Phnom Penh voyaient entrer dans leur ville des soldats étranges vêtus d’un pyjama noir et d’une écharpe blanche et qui semblaient totalement indifférents aux acclamations de ceux qui les accueillaient comme des libérateurs. On les appelait les Khmers rouges. Personne ne savait d’où ils venaient sinon que depuis cinq ans dans le maquis, ils se battaient contre l’armée gouvernementale du maréchal Lon Nol. Personne non plus ne pouvait deviner que, du jour au lendemain, le Cambodge allait subir la terreur d’un des régimes les plus meurtriers de l’histoire. En 4 ans, il allait provoquer la mort du quart de la population du Cambodge dans des camps de travails ou dans les prisons comme la pire de toutes. La prison S21 dont on juge en ce moment même celui qui l’a dirigé à l’époque des Khmers Rouges. Il s’appelle Dough, et il a reconnu lui-même sa responsabilité dans la mort de près de 15000 détenus. Quelques un des 2 millions de victimes d’une utopie tellement meurtrière que 30 ans après, on a encore du mal à comprendre les horreurs commises au Cambodge par les Khmers rouges. Ni leurs victimes, ni même leurs tortionnairs.

 

Invités :

 

Philippe Richer diplomate et historien spécialiste de l’Asie, ambassadeur de France à Hanoï de 1974 à 1976

Philip Short journaliste et biograph.

 

2000 ans d'histoire vendredi 16 octobre 2009

 

Le chocolat rediffusion du 11.10.2005

Le musée du chocolat : Biarritz Avenue bon rivage 64200 Biarritz Tel : 05 59 41 54 64 guide du musée : Mme Dany Pelong.

 

Invitée : Danièlle Monteaux Avocate, fondatrice et présidente du club "chocolat au palais".

 

2000 ans d'histoire lundi 19 octobre 2009

 

Les gueules cassées

 

« La guerre c’est simple. C’est faire entrer un morceau de fer dans un morceau de chair. » Jean-Luc Godard

 

Le 28 juin 1919, dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, les chefs d’état et de gouvernement français, américain, britanniques et italiens signaient avec une délégation allemande le traité qui mettait fin à la 1° guerre mondiale. En face d’eux Clémenceau avait placé cinq blessés dont le visage ravagé symbolisait toutes les horreurs de la guerre qui venait de se terminer. Ils faisaient partie de ces blessés de la face que l’un d’entre eux, le colonel Picot avait appelé « les gueules cassées. ». Comparés au nombre des morts de la Grande guerre, ils n’étaient pas nombreux. A peine 15.000. Ce qui n’est pas étonnant quand on voit à quoi ils ont survécu. Les joues, les lèvres, la gorge, le nez ou une partie du crane emportés par une balle ou un éclat d’obus, ils étaient méconnaissables, malgré les efforts de la médecine militaire pour tenter de leur rendre un visage humain, avant qu’ils sortent de l’hôpital, pour retrouver leur place dans la société.

 

Invité :

 

Martin Monestier.

 

2000 ans d'histoire mardi 20 octobre 2009

 

Catherine de Médicis

 

« La reine qui ci-gît fut un diable et un ange. Elle enfanta trois rois et cinq guerres civiles, Fit bâtir des châteaux et ruiner des villes, Fit bien de bonnes lois et de mauvais édits, Souhaite-lui, passant, enfer et paradis. » Pierre de L’Estoile

 

Parce qu’elle était étrangère, et qu’elle était une femme dans un pays où elles étaient écartées du pouvoir, Catherine de Médicis fut une des reines les plus détestées et les plus calomniées de France. Epouse du fils cadet de François 1°, Henri II qui fut tué sous ses yeux pendant un tournoi, et mère de trois rois de France : François II, Charles IX et Henri III, elle a exercé la réalité du pouvoir pendant trente ans, à l’époque où la France était déchirée par les guerres de religion. Après avoir essayé en vain de réconcilier les protestants et les catholiques, elle est restée pour la postérité, la responsable de la Saint Barthélémy. Une tache de sang sur le destin de cette femme, venue d’Italie en France à l’âge de 14 ans pour y épouser le fils cadet de François 1°, le futur Henri II. C’était à Marseille le 11 octobre 1533.

 

Invité :

 

Jean-Pierre Poirier docteur en médecine et en sciences économiques, directeur de recherche dans l’industrie pharmaceutique, auteur de plusieurs biographies : "Ambroise Paré", "Bernard Palissy".

 

2000 ans d'histoire mercredi 21 octobre 2009

 

L’affaire Rosenberg

 

« Notre seul crime, c’est d’avoir été des gens simples, à l’esprit avancé, qui croyaient à la démocratie, à l’humanité et à la paix. » Ethel Rosenberg, 7 novembre 1951

 

Le 19 juin 1953, dans la prison de Sing Sing, près de new York, un homme de 37 ans entre sans dire un mot dans la pièce réservée à l’exécution des condamnés à mort. Un gardien l’attache sur la chaise électrique, pose un masque de cuir sur ses yeux et envoie deux décharges de 2500 volts qui le font mourir instantanément. Trois minutes plus tard, c’est au tour de sa femme de subir le même sort. A 20H.17 très exactement, tout est fini. Julius et Ethel Rosenberg sont morts. Accusés d’avoir livré à l’URSS les secrets de la bombe atomique, leur procès et leur condamnation avaient provoqué une émotion considérable dans le monde entier. Jamais, depuis l’Affaire Dreyfus, une affaire d’espionnage n’avait mobilisé tant de monde. On était en pleine guerre froide, l’URSS venait de se doter de la bombe atomique, la Chine de devenir un état communiste et la guerre de Corée venait de commencer. Dans ce contexte, les époux Rosenberg n’avaient aucune chance d’échapper à leur sort. Ils le savaient dès le premier jour lorsque, le 17 Juillet 1950 Julius Rosenberg avait été convoqué dans les bureaux du FBI.

 

Invité : André Kaspi historien spécialiste des Etats-Unis.

 

2000 ans d'histoire jeudi 22 octobre 2009

 

La crise de 1929

 

Le jeudi 24 octobre 1929, devant le siège de la bourse de New York, Wall Street était noire de monde. « C’était une mêlée folle et effrénée pour vendre des actions » disait l’économiste Galbraith. En quelques heures en effet, 13 millions de titres étaient jetés sur le marché et perdaient 30% de leur valeur. Des gros et des petits porteurs, des milliardaires aussi bien leurs femmes de ménage étaient ruinés, et l’on racontait qu’avant midi, une douzaine d’entre eux s’étaient déjà jetés des fenêtres des grattes ciels de Manhattan. « C’est pour dormir ou pour sauter ? » demandait même le portier du Waldorf Astoria aux clients qui lui réservaient une chambre. C’était le début d’une crise qui, en trois ans allait provoquer la faillite du système bancaire des Etats-Unis, l’effondrement de la production, et le chômage de 13 millions d’Américains. Joseph Kessel, qui en fut le témoin, n’a jamais oublié ces années où, dans le pays le plus riche du monde, des millions d’hommes et de femmes faisaient la queue devant les soupes populaires.

Invité :

 

Bernard Gazier professeur d'économie à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

 

2000 ans d'histoire vendredi 23 octobre 2009

 

Du Guesclin

 

rediffusion 11.03.2008

 

« Jamais depuis le temps d’Alexandre Ni celui du roi Arthur ou du bon roi Pépin Ni du temps de Godefroy, ni de Saladin Il n’y eut un tel pour faire la guerre. » Jean Cuvelier, "La vie de Bertrand Du Guesclin"

 

Le 9 mai 1429, le lendemain du jour où elle prenait Orléans, Jeanne d’Arc chargeait un de ses compagnons d’envoyer un anneau d’or à la veuve de Bertrand Du Guesclin mort 50 ans plus tôt. Par ce cadeau, elle voulait rendre hommage à celui qui fut avec elle une des deux figures les plus célèbres de la guerre de Cent Ans. Né en 1320 à Broons, non loin de Saint Brieuc, rien ne prédestinait pourtant Du Guesclin à devenir un jour le chef des armées du roi de France. Issu d’une famille de la petite noblesse bretonne, prodigieusement laid, ne sachant ni lire ni écrire, brutal et bagarreur, il n’était jusqu’à l’âge de 37 ans qu’un petit chef de bande harcelant les Anglais dans la forêt de Brocéliande. Totalement inconnu jusqu’au jour où, en 1337, sur la place des lys à Rennes, il participait à un tournoi organisé en l’honneur du mariage de Charles de Blois avec Jeanne de Penthièvre.

 

Invité :

 

Georges Minois Historien spécialiste du Bas Moyen Age.

 

2000 ans d'histoire lundi 26 octobre 2009

 

Camille Claudel

 

rediffusion du 28 avril 2008

 

« Je lui ai montré où elle trouverait de l’or, mais l’or qu’elle a trouvé est bien à elle. » Auguste Rodin

 

Quand elle est morte en 1943 dans l’asile d’aliénés où elle avait passé les 30 dernières années de sa vie, plus personne ne savait qui elle était. Inconnue du grand public, à peine mentionnée par les historiens de l’art qui croyaient même qu’elle n’était plus en vie depuis longtemps, abandonnée par sa famille au point que personne n’a réclamé son corps, on avait oublié celle que Rodin lui-même avait considéré comme un des plus grands sculpteurs de son temps. Et quand, beaucoup plus tard, on s’est souvenu de Camille Claudel, c’était moins pour son œuvre que pour rappeler sa vie à l’ombre de celui qu’elle avait rencontré à 18 ans et dont elle fut à la fois l’élève, le modèle, l’inspiratrice et la maîtresse.

 

Invitée : Reine-Marie Paris Petite-nièce de Camille Claudel, Reine-Marie Paris est spécialiste et collectionneuse des œuvres de l'artiste. Elle fut conseillère historique pour le film Camille Claudel de Bruno Nuytten.

 

2000 ans d'histoire mardi 27 octobre 2009

 

La Sorcellerie

 

rediffusion du 20 juin 2008

 

En partenariat avec "Les Cahiers de Sciences et Vie"

 

« Satan sort du sein brûlant de la sorcière. Quelque peur que l’on ait de lui, il faut avouer que, sans lui, on fût mort de monotonie ». Jules Michelet, "La Sorcière"

 

Avec leurs maléfices, leurs poisons, leurs poudres de perlimpinpin, leurs messes noires et l’effrayant rituel de leurs sabbats, pendant trois siècles les sorciers et les sorcières ont payé très cher la peur qu’ils inspiraient. Accusés d’être des suppôts de Satan, et responsables de tous les phénomènes que la science et la médecine de leur temps étaient incapables d’expliquer (Les catastrophes naturelles, les épidémies, la folie, les mauvaises récoltes ou les morts suspectes), des dizaines de milliers d’entre eux ont été brulés vifs au Moyen Âge et jusqu’au siècle des Lumières. Puis ils ont disparu. Sauf dans la littérature et le cinéma où la sorcellerie ne fait plus peur à personne. Pas même aux enfants.

 

Invité : Jean-Michel Sallmann professeur d’histoire moderne à l’Université de Paris X-Nanterre.

 

2000 ans d'histoire mercredi 28 octobre 2009

 

Champollion

 

rediffusion du 4 avril 2007

 

"Les langues sacrées ont laissé lire leur vocabulaire perdu. Champollion à déchiffré ces hiéroglyphes, qui semblaient être un sceau mis sur les lèvres du désert." Chateaubriand En juillet 1799, quelque part au nord-ouest du Caire, un officier de l’expédition française en Egypte, découvrait une stèle de basalte sur laquelle était inscrit un décret du pharaon Ptolémée V en 196 avant J.C. Sur cette pierre devenue célèbre, la pierre de Rosette on pouvait lire pour la première fois le même texte écrit en trois langues différentes. L’un en hiéroglyphes, l’autre en démotique et le troisième en grec à partir duquel on pouvait espérer résoudre un des secrets les mieux gardés de l’histoire. Le mystère des hiéroglyphes, qu’on pouvait voir dans toute l’Egypte, sur des temples et des tombeaux dont on ne savait ni quand, ni par qui ni pourquoi ils avaient été construits. Faute d’en connaître la langue, on ne savait rien de l’antiquité égyptienne. Jusqu’à celui qui, vingt ans après la découverte de la pierre de Rosette, commençait à en déchiffrer les hiéroglyphes.

 

Invité :

 

Richard Lebeau égyptologue, professeur.

 

2000 ans d'histoire jeudi 29 octobre 2009

 

Le S.T.O.

 

rediffusion du 4 janvier 2008

 

Le S.T.O. « J’ai le désir que les Français, aussi nombreux que possible, prennent dans vos usines la place de ceux qui partent sur le front de l’Est. » Lettre de Pierre Laval au ministre allemand des Affaires étrangères le 12 mai 1942

 

De toutes les formes de la collaboration pendant la guerre, le Service du Travail Obligatoire (le S.T.O.) fut sans doute celle dont Hitler avait le plus besoin. Pour remplacer les travailleurs allemands mobilisés dans son armée, il lui fallait recruter de la main d’œuvre dans tous les territoires occupés par le III° Reich. Au début c’était des volontaires. Mais au fur et à mesure que la guerre se prolongeait, les besoins de l’Allemagne étaient tels qu’en juin 1942, le responsable allemand du recrutement de la main d’œuvre dans les territoires occupés, Fritz Sauckel, demandait au chef du gouvernement français, Pierre Laval, l’envoi en Allemagne de 250.000 travailleurs qui seraient échangés contre des prisonniers de guerre français. C’est ce qu’on a appelé la relève. La première étape de ce qui allait devenir plus tard le S.T.O.

 

Invité :

 

Jean-Pierre Vittori Ancien journaliste et écrivain, spécialiste de la deuxième guerre mondiale et de la guerre d'Algérie.

 

2000 ans d'histoire vendredi 30 octobre 2009

 

Les Grecs et la mer

 

rediffusion du 12 novembre 2008

 

Les Grecs et la mer

 

Invité :

 

Jean-Nicolas Corvisier Professeur des universités, directeur du CRUSUDMA (cercle de recherches urbanisation, sociétés urbaines et démographies dans les mondes anciens).

 

2000 ans d'histoire lundi 2 novembre 2009

 

Le Hamas

 

« Les prétendues solutions de paix vont à l’encontre du mouvement de la résistance palestinienne. Il n’y aura de solution à la cause palestinienne que par le djihad » Charte du Hamas, article 13

 

Le 12 décembre 1987, au début de la première Intifada quelques Palestiniens distribuaient dans les rues de Gaza le premier communiqué d’une organisation encore inconnue : Le mouvement de la résistance islamique, dont l’acronyme Hamas, veut dire en arabe ferveur. Créé quelques jours plus tôt par une poignée de Palestiniens dont Ahmed Yassine et Abdel Aziz al-Rantissi, ce nouveau mouvement prétendait rompre avec la politique de l’organisation connue jusque là comme étant la seule représentante des Palestiniens : l’OLP de Yasser Arafat. « Il n’y aura de solution à la cause palestinienne que par le djihad » affirmait la charte du Hamas, au moment précis où en 1988, à Stockholm et à Genève, Yasser Arafat annonçait que, pour la première fois depuis sa création 24 ans plus tôt, l’OLP renonçait désormais au terrorisme, et était prête à accepter l’existence de l’état d’Israël.

 

Invité :

 

Charles Enderlin correspondant permanent de France 2 à Jérusalem.

 

2000 ans d'histoire mardi 3 novembre 2009

 

Le masque de fer

 

« Le Masque de fer, Si vous saviez ce que c’est, vous verriez que c’est bien peu intéressant. » Louis XV

 

Il est mort à la Bastille il y a plus de 300 ans en emportant avec lui un des secrets les mieux gardés de l’histoire. Le 19 novembre 1703, tandis qu’on l’enterrait au cimetière de la paroisse de Saint Paul, le gouverneur de la Bastille ordonna dit on, qu’on brûle ses vêtements, sa literie et même le châssis de ses fenêtres. Sa vaisselle fut fondue, le pavement du sol de sa cellule remplacé, et le mur gratté et reblanchi. Aucune trace, aucun message ne devait rester de cet homme dont le visage avait été caché par un masque de fer et qui venait de passer 34 ans en prison sans pouvoir parler à personne d’autre qu’à son geôlier, monsieur de Saint Mars qui l’avait gardé en Savoie dans les prisons de Pignerol et d’Exilles, puis à la citadelle Sainte Marguerite, au large de Cannes, et enfin à la Bastille ou le Masque de fer arrivait dans le plus grand secret le 18 septembre 1698.

 

Invité :

 

Michel Vergé-Franceschi historien spécialiste du XVIIème siècle, professeur à l’université de Tours.

 

2000 ans d'histoire mercredi 4 novembre 2009

 

La fin des colonies françaises

 

« Les colonies sont faites pour être perdues » Henri de Montherlant

 

Il aura fallu deux guerres en Indochine et en Algérie, et beaucoup de sang versé, pour qu’entre 1945 et 1962, la France perde en 17 ans un immense empire colonial. Au moment où l’Angleterre était en train de renoncer au sien et où s’engageait partout un mouvement de décolonisation encouragé par les grandes puissances de l’après guerre et par l’ONU, la France avait tenté de garder son empire, convaincue, comme dans les années 30, qu’il était la condition de sa grandeur. C’était à l’époque où, à l’exposition coloniale de 1931, et dans les actualités, les Français étaient fiers de leurs colonies, en oubliant la misère, les injustices, les crimes et l’exploitation dont les peuples colonisés étaient les victimes.

 

Invité :

 

Bernard Droz spécialiste de l’histoire coloniale, ancien maître de conférences à l’IEP.

 

2000 ans d'histoire jeudi 5 novembre 2009

 

La légende du Roi Arthur

 

Invité :

 

Thierry Delcourt conservateur général, directeur du département des manuscrits, BnF, commissaire de l’exposition "La légende du roi Arthur".

 

2000 ans d'histoire vendredi 6 novembre 2009

 

Claude Lévi-Strauss

 

Rediffusion du 27.11.2008

 

« Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses ; c’est celui qui pose les vraies questions. » Claude Lévi-Strauss

 

« Je hais les voyages et les explorateurs » C’est par cette phrase devenue célèbre que commence le livre le plus connu de Claude Lévi-Strauss. Tristes Tropiques est pourtant le récit des voyages que ce philosophe devenu ethnologue avait fait au Brésil à la fin des années 1930. Mais ce qu’il y cherchait, ce n’était pas l’exotisme, ni ce qui nous distingue des Indiens Bororos et Nambukwara du Mato Grosso. C’est au contraire ce qui nous en rapproche. « Un ethnologue, disait un jour Claude Lévi-Strauss, est une espèce d’astronome de l’humanité. Il étudie des populations qui sont très éloignées de nous, dans le temps et dans l’espace, mais c’est pour y retrouver la part d’humanité que nous partageons avec elles. » C’est ce qui a fait de lui l’ethnologue et l’anthropologue le plus original et le plus important de son temps.

 

Invité :

 

Marcel Hénaff philosophe et anthropologue, enseigne à l’Université de Californie à San Diego.

 

2000 ans d'histoire lundi 9 novembre 2009

 

1961-1989, le Mur de Berlin

 

En direct et en public de l’institut français de Berlin pour une émission spéciale de 9h10 à 10h

 

Invités :

 

Jacqueline Hénard journaliste Vincent von Wroblewsky traducteur et interprète.

 

2000 ans d'histoire mardi 10 novembre 2009

 

Karl Marx

 

« Que les classes dirigeantes tremblent à l’idée d’une révolution communiste ! Les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Prolétaires de tous les pays, unissez vous ! » Karl Marx

 

Vingt ans après la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme, on ne parle plus guère de Marx sinon pour souligner les échecs d’un système qui se réclamait de lui. Mais on a oublié la vie et l’œuvre de celui qui, plus que n’importe quel autre philosophe a bouleversé l’histoire du XX° siècle. Mort dans l’oubli en 1883, bien avant les révolutions russes et chinoises, Karl Marx n’aura jamais connu l’étrange destin de ses livres qui, dans le monde entier sont devenus, pour des centaines de millions d’hommes et de femmes, la bible de la dernière grande religion de l’histoire. Et, comme toutes les religions, elle avait ses fidèles, sa liturgie, son catéchisme, et ses grand-messes que les soviétiques célébraient autrefois tous les premiers mai, sur la Place Rouge, devant un immense portrait de Karl Marx.

 

Invité :

 

Yvon Quiniou philosophe, membre de la rédaction de la revue Actuel Marx.

 

2000 ans d'histoire mercredi 11 novembre 2009

 

La Révolution d’octobre

 

rediffusion du 6.11.2007

 

« Déclencher la révolution en Russie fut aussi facile que de ramasser une plume. » Lénine

 

90 ans après, on se demande encore comment, en, quelques heures, quelques centaines d’hommes à peine ont pu déclencher en Russie la plus grande révolution du XX° siècle. Contrairement à celle qui, quelques mois plus tôt avait renversé le régime impérial, la révolution d’octobre fut menée comme une opération militaire. C’était le 7 novembre 1917, le 25 octobre dans le calendrier russe de l’époque. Ce jour là, sur ordre d’un comité militaire révolutionnaire créé par Trotski quelques jours plus tôt, des soldats de la garnison de Petrograd, des marins de Kronstadt et des Gardes rouges s’emparaient de tous les points névralgiques de la capitale de la Russie. Les ponts, la grande poste, les banques, les gares, la centrale électrique et, en dernier lieu, le Palais d’hiver des anciens Tsars ou se trouvait le gouvernement d’Alexandre Kerensky. Tandis qu’à 9h45 du matin, ce 7 novembre 1917, Lénine pouvait transmettre à la presse la déclaration suivante : « L’autorité gouvernementale est passée aux mains de l’organe du soviet de Petrograd. L’objectif pour lequel le peuple a combattu est atteint. » C’est ainsi qu’en quelques lignes, Lénine annonçait le succès d’une révolution sans équivalent dans l’histoire, et qui, selon lui, devait servir de modèle au monde entier.

 

Invitée : Marie-Pierre Rey Professeur d'histoire russe et soviétique à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, directrice du Centre de recherche en histoire des Slaves.

 

2000 ans d'histoire jeudi 12 novembre 2009

 

Staline

 

En public et en direct du Festival International du film d’histoire de Pessac

 

« il était une fois le communisme »

 

Invité :

 

Nicolas Werth directeur de recherche au CNRS.

 

2000 ans d'histoire vendredi 13 novembre 2009

 

Le Parti Communiste Français

 

en public et en direct du Festival International du film d’histoire de Pessac

 

« il était une fois le communisme »

 

Invité : Stéphane Courtois directeur de recherche au CNRS, directeur de la revue universitaire Communisme.

 

2000 ans d'histoire lundi 16 novembre 2009

 

Richard Nixon

 

Le 20 janvier 1969, devant le Capitole de Washington, Richard Nixon prêtait le serment traditionnel des présidents des Etats-Unis le jour de leur entrée à la Maison Blanche. Ce que les Américains attendaient de leur 37° président, c’était d’abord qu’il mette fin à la guerre sans issue dans laquelle ses deux prédécesseurs avaient engagés leur pays au Vietnam. Quitte à voter pour un des hommes politiques les plus controversés de Washington. Celui que ses adversaires surnommaient « Tricky Dick », (Richard le tricheur). Méprisé par l’establishment démocrate de la côte est, ce Californien divisait l’Amérique avant même d’en devenir le président. Si bien que dans son discours d’investiture, avant de parler de son programme, Richard Nixon avait insisté sur sa volonté de rassembler les Américains.

 

Invité :

 

Romain Huret historien maître de conférences à l’Université Lumière-Lyon 2.

 

2000 ans d'histoire mardi 17 novembre 2009

 

Louis XIV artiste

 

« Je n’ai rien fait avec tant de facilité que dans cet endroit où votre majesté me commanda de travailler. J’avais une joie à lui obéir qui me valait mieux qu’Apollon et toutes ses muses » Molière

 

Ce que Louis XIV a laissé à la postérité, c’est d’abord un château pour lequel et dans lequel il avait réuni à Versailles les plus grands architectes, peintres, sculpteurs, écrivains et musiciens de son temps. Plus que les victoires de Turenne, les réformes de Colbert et de Louvois, et l’absolutisme de Louis XIV, ce qui reste de son règne, c’est le théâtre de Molière et de Racine, les fables de La Fontaine, les Lettres de la marquise de Sévigné, la musique de Lully et de Delalande, les peintures de Le Brun et de Rigaud, le château de Le Vaux et de Mansart, les sculptures de Girardon et de Coysevox et les jardins de Le Nôtre. Jamais on n’a vu ensemble autant de talents s’exprimer et vivre à la même époque pendant ce que Voltaire a appelé plus tard : « Le siècle de Louis XIV ».

 

Invité :

 

Nicolas Milovanovic commissaire de l’exposition Louis XIV, l’homme et le roi, conservateur au musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon.

 

2000 ans d'histoire mercredi 18 novembre 2009

 

Le Péplum

 

« Le péplum est à la version latine ce que le caviar est à la soupe » Boris Vian

 

Il est né en même temps que le cinéma. En 1896, quelques mois après L’Arroseur arrosé, les Frères Lumière projetaient à Paris un petit film de moins d’une minute : Néron essayant du poison sur des esclaves. C’était le premier péplum de l’histoire du cinéma. Il faut croire que le genre a plu puisque depuis les Frères Lumière, l’antiquité a inspiré plus de 2000 films, les plus grands réalisateurs et comédiens du cinéma, et fait rêver les millions de spectateurs venus voir le martyr des 1° chrétiens dans Quo Vadis, Charlton Heston dans Ben Hur et les Dix Commandements, les muscles de Kirk Douglas dans Spartacus et le péplum le plus cher de l’histoire du cinéma, quand il est sorti en 1963 : le Cléopâtre de Joseph Manckiewicz. invités Claude Aziza maître de conférences honoraire de langue et littérature latine à la Sorbonne Nouvelle-Paris III) Hervé Dumont auteur de L’Antiquité au cinéma, Nouveau Monde éditions mercredi 18 novembre 2009 Le Péplum « Le péplum est à la version latine ce que le caviar est à la soupe » Boris Vian Il est né en même temps que le cinéma. En 1896, quelques mois après L’Arroseur arrosé, les Frères Lumière projetaient à Paris un petit film de moins d’une minute : Néron essayant du poison sur des esclaves. C’était le premier péplum de l’histoire du cinéma. Il faut croire que le genre a plu puisque depuis les Frères Lumière, l’antiquité a inspiré plus de 2000 films, les plus grands réalisateurs et comédiens du cinéma, et fait rêver les millions de spectateurs venus voir le martyr des 1° chrétiens dans Quo Vadis, Charlton Heston dans Ben Hur et les Dix Commandements, les muscles de Kirk Douglas dans Spartacus et le péplum le plus cher de l’histoire du cinéma, quand il est sorti en 1963 : le Cléopâtre de Joseph Manckiewicz.

 

Invités :

 

Claude Aziza maître de conférences honoraire de langue et littérature latine à la Sorbonne Nouvelle-Paris III).

Hervé Dumont auteur de L’Antiquité au cinéma, Nouveau Monde éditions.

 

2000 ans d'histoire jeudi 19 novembre 2009

 

La Mondaine

 

« Un policier est un homme qui s’occupe d’abord de ce qui le regarde, ensuite de ce qui ne le regarde pas. » Talleyrand

 

La police des mœurs en France, est aussi vieille que la prostitution, et que la volonté des pouvoirs publics de la contrôler par une police qui a plusieurs fois changé de nom. C’était la milice des Rabauds, sous Philippe Auguste, la police des demoiselles sous Louis XIV, et la brigade des mœurs au XIX° siècle. Jusqu’à ce qu’en 1901, un obscur fonctionnaire de la préfecture de police de Paris crée la Brigade mondaine. Pendant 75 ans, elle avait acquis une telle réputation que lorsqu’elle a changé de nom en 1975, pour s’appeler la BSP, la Brigade des Stupéfiants et du Proxénétisme, quand ses policiers faisaient une descente dans un hôtel de passe, pour les prostituées et leurs clients, elle était toujours La Mondaine. invité Véronique Willemin jeudi 19 novembre 2009 La Mondaine « Un policier est un homme qui s’occupe d’abord de ce qui le regarde, ensuite de ce qui ne le regarde pas. » Talleyrand La police des mœurs en France, est aussi vieille que la prostitution, et que la volonté des pouvoirs publics de la contrôler par une police qui a plusieurs fois changé de nom. C’était la milice des Rabauds, sous Philippe Auguste, la police des demoiselles sous Louis XIV, et la brigade des mœurs au XIX° siècle. Jusqu’à ce qu’en 1901, un obscur fonctionnaire de la préfecture de police de Paris crée la Brigade mondaine. Pendant 75 ans, elle avait acquis une telle réputation que lorsqu’elle a changé de nom en 1975, pour s’appeler la BSP, la Brigade des Stupéfiants et du Proxénétisme, quand ses policiers faisaient une descente dans un hôtel de passe, pour les prostituées et leurs clients, elle était toujours La Mondaine.

 

Invitée :

 

Véronique Willemin.

 

2000 ans d'histoire vendredi 20 novembre 2009

 

L’Airbus A380

 

rediffusion du 25.10.2007

 

« Pourquoi des avions plus gros ? Parce que le ciel devient trop petit. » Erik Orsenna

 

Jamais depuis le premier vol du Concorde 36 ans plus tôt l’aéroport de Toulouse Blagnac n’avait accueilli tant de monde. Ce 18 janvier 2005, des milliers d’invités, des centaines de journalistes et 4 chefs d’état et de gouvernement étaient venus assister à la présentation d’un avion sans équivalent dans l’histoire. Un géant de 300 tonnes, de 24 mètres de haut et de 80 mètres de large capable de transporter 900 passagers sur 15.000 km. Un défi insensé relevé par 4 pays européens et les quelques 50.000 ingénieurs, techniciens et ouvriers qui avaient conçu, fabriqué et assemblé le puzzle de 4 millions de pièces nécessaire à la construction de l’Airbus A 380. Un rêve qui, dans l’immense usine Jean-Luc Lagardère de Toulouse devenait ce jour là une réalité.

 

Invité :

 

Erik Orsenna Ecrivain.

 

2000 ans d'histoire lundi 23 novembre 2009

 

Le mariage 1ère partie

 

« Ainsi l’homme laisse-t-il son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et ils deviennent une seule chair. » La Genèse

 

Inventé par Dieu dit-on pour empêcher Adam et Eve de tomber dans le piège de la fornication, le mariage serait donc aussi vieux que le premier couple de l’histoire. Mais avant de devenir un sacrement chrétien, il était d’abord une alliance entre deux familles, et il y était beaucoup moins question d’amour, que de politique ou d’argent. C’est l’idée que les Grecs et les Romains se faisaient du mariage qu’ils célébraient pourtant avec autant de fastes qu’aujourd’hui. Mais si, au XXI° siècle, on se marie de moins en moins, de plus en plus tard et, pour les catholiques de plus en plus rarement à l’église, si le mariage n’est plus indispensable pour vivre en couple, l’amour y est plus présent qu’autrefois, comme dans ce mariage qui avait fait rêver les yéyés des années 60.

 

Invitées :s Catherine Salles Maître de conférences en langues et civilisations antiques à l’université Paris X Nanterre. Sabine Melchior-Bonnet Historienne et ingénieur d’études au Collège de France.

 

2000 ans d'histoire mardi 24 novembre 2009

 

Le mariage 2ème partie

 

« Aujourd’hui le mariage est un état qui n’intéresse plus personne si ce n’est quelques prêtres. » Louise de Vilmorin

 

Pendant des siècles en Occident, on ne se mariait pas, on était marié par ses parents, et les enfants n’avaient pas leur mot à dire. « Mêlez vous de vos affaires » avait répondu un jour un parlementaire du XVII° siècle à son fils qui lui avait demandé à quoi ressemblait la femme qu’il avait choisi pour lui. Le mariage c’était d’abord l’alliance entre deux familles, pour leur assurer une descendance et pour conserver ou agrandir leur patrimoine. Il y était moins question d’amour que d’enfants et de dot, et le bonheur n’était pas indispensable à la survie d’un couple. Si bien qu’on était plus souvent marié pour le pire que pour le meilleur. Et quand le pire arrivait il fallait s’y résigner. Jusqu’à ce qu’en autorisant le divorce, la Révolution française commence à ébranler une institution qui, depuis un demi siècle est de plus en plus concurrencée par le concubinage, le PACS et pourquoi pas demain par un mariage encore interdit en France.

 

Invitées :

 

Catherine Salles Maître de conférences en langues et civilisations antiques à l’université Paris X Nanterre

 

Rosine Cusset Magistrat.

 

2000 ans d'histoire mercredi 25 novembre 2009

 

Gérard Philipe

 

« Conservez ma mémoire, et dites quelque fois, en déplorant mon sort : s’il ne m’avait aimé, il ne serait pas mort. »

 

Quand Gérard Philipe est mort le 25 novembre 1959, tous ceux qui l’avaient vu se sont peut être souvenu de cette réplique du Cid qu’il avait joué au Festival d’Avignon où au TNP. « Il ne jouait pas Rodrigue disait Jean Vilar, il était Rodrigue », comme il avait été le Lorenzaccio de Musset ou le Caligula de Camus et, au cinéma Julien Sorel, Faust, Fabrice Del Dongo et l’inoubliable François Jaubert du Diable au corps. Avec 30 films et 20 pièces de théâtre, Gérard Philipe a eu le temps en 15 ans à peine de devenir l’acteur français le plus populaire de sa génération, et même un des plus célèbres à l’étranger, grâce à un film, Fanfan la Tulipe, qui avait fait le tour du monde. Si bien que l’émotion provoquée par l’annonce de sa mort il y a 50 ans avait largement dépassé les frontières de la France.

 

Invité :

 

Gérard Bonal. Ecrivain, spécialiste de la littérature et de la vie culturelle du XXème siècle

 

2000 ans d'histoire jeudi 26 novembre 2009

 

Monaco

 

« Tant qu’il y aura 3000 riches dans le monde, Monaco sera prospère. » Aristote Onassis

 

Pourquoi Charlène n’était elle pas avec Albert sur le balcon du Palais ? Rien ne va plus entre Caroline et son mari ! Stéphanie a retrouvé le sourire ! Depuis le mariage très médiatisé du prince Rainier et de Grace Kelly en 1956, on ne parle de Monaco que pour raconter les malheurs et les frasques de ses princes et de ses princesses, mais on ignore l’histoire de ce rocher gouverné depuis 700 ans par la plus ancienne dynastie régnante du monde. Depuis qu’en 1342, Charles 1er Grimaldi s’était fait reconnaître seigneur de Monaco. Mais pendant des siècles, personne n’entendait parler de ce qui n’était qu’un petit village, jusqu’à ce qu’au XIXème siècle, profitant de la mode des bains de mer, le prince Charles III fasse construire dans le quartier de Monte Carlo un casino et des hôtels pour y accueillir des touristes fortunés. Et c’est ainsi qu’un rocher était déjà devenu célèbre, lorsqu’en en 1949 commençait le règne le plus long de son histoire.

 

Invité :

 

Frédéric Laurent Journaliste.

 

2000 ans d'histoire vendredi 27 novembre 2009

 

Le ghetto de Varsovie

 

Rediffusion du 10.04.2008

 

« Nous ne voulons pas sauver nos vies. Personne n’en sortira vivant. Nous désirons sauver notre dignité d’hommes. » Arié Wilner

 

Le 16 mai 1943, à Varsovie, le général S.S. Jürgen Stroop annonçait fièrement à Berlin la fin d’une bataille comme on n’en avait encore jamais vu pendant la 2° guerre mondiale. L’insurrection du ghetto de Varsovie. Pendant près d’un mois avec quelques revolvers et des cocktails Molotov, une poignée de résistants juifs avaient tenu tête aux chars, à l’artillerie et aux lance-flammes de l’armée allemande. « Personne n’en sortira vivant avait dit l’un d’entre eux quelques semaines avant l’insurrection. Nous ne voulons pas sauver nos vies. Nous désirons sauver notre dignité d’hommes. » Pour la première fois, en Pologne, des juifs armés allaient se dresser contre le sort que leur réservait déjà Hitler en janvier 1939, quelques mois avant le déclenchement de la 2° guerre mondiale.

 

Invité :

 

Georges Bensoussan Historien, rédacteur en chef de la Revue d’Histoire de la Shoah.

 

2000 ans d'histoire lundi 30 novembre 2009

 

La guerre de Cent ans - 1ère partie

 

« En ces temps où des conflits éclatent dans toutes les parties du monde, il faut longuement réfléchir avant de s’engager. Il n’est pas difficile d’entreprendre une affaire, mais il faut savoir comment on la terminera. » Lettre du pape au roi de France en avril 1337

 

Depuis la mort d’Hugues Capet en 996, tous ses successeurs ont toujours eu un fils pour leur succéder. Et comme la tradition depuis cette époque voulait qu’on règne de père en fils, jamais les rois de France n’ont été contestés pendant 350 ans. Jusqu’à Louis X le Hutin, mort en 1316 sans héritier mâle. Une assemblée de princes, de prélats et de bourgeois de Paris décidant « que femme ne succède pas au royaume de France », la couronne revint alors successivement aux deux frères de Louis X, qui eux-mêmes n’ont pas eu de fils. Si bien qu’à la mort du dernier d’entre eux, Charles IV, en 1328, le problème de sa succession se posa à nouveau. Une règle s’est alors imposée qui interdisait la couronne de France non seulement aux femmes, mais aux descendants de roi par les femmes. Cette loi dite « salique », qui datait de Clovis, porta sur le trône un cousin lointain de Charles IV, Philippe VI de Valois, et non le petit fils de Philippe le Bel par les femmes, Edouard III qui était à la foi roi d’Angleterre, et duc de Guyenne, donc vassal du roi de France auquel il devait rendre hommage. C’est cette situation compliquée qui a déclenché la guerre la plus longue de l’histoire : la Guerre de Cent ans.

 

Invité :

 

Boris Bove Maître de conférences à l'Université de Paris VIII-Saint-Denis.

 

2000 ans d'histoire mardi premier décembre 2009

 

La guerre de Cent ans - 2ème partie

 

Ce que nous appelons aujourd’hui le Moyen Âge et la Guerre Cent ans sont des mots inventés par les historiens du XIX° siècle pour qualifier ce qui fut à leurs yeux une des périodes les plus sombres de l’histoire de France. Marquée par la violence des batailles de Crécy ou d’Azincourt, les ravages provoqués par la peste noire, les révoltes de paysans accablés d’impôt et rançonnés par les Grandes Compagnies, et la fragilité d’un système féodal incapables de les protéger. Comme si la guerre de cent ans n’avait été qu’une succession de catastrophes ininterrompues. Mais on oublie qu’elle fut entrecoupée de longues trêves comme celle qui commençait en 1380, lorsqu’à sa mort, Du Guesclin laissait au roi de France, un royaume presque entièrement libéré des Anglais qui l’avaient envahi 40 ans plus tôt.

 

Invité :

 

Boris Bove Maître de conférences à l'Université de Paris VIII-Saint-Denis.

 

2000 ans d'histoire mercredi 2 décembre 2009

 

La Turquie et l'Europe

 

« Tous nos historiens nous ont bien trompés quand ils ont regardé l’Empire ottoman comme un gouvernement dont l’essence est le despotisme. » Voltaire

 

Taper sur une tête de Turc pour montrer sa force était une des attractions les plus populaires des foires du XIX° siècle. Et si elle a aujourd’hui disparu, l’expression est restée pour désigner quelqu’un que l’on critique où dont on se moque constamment. Elle indique bien en tous cas les préjugés qu’inspirent les Turcs aux Européens. Ils remontent au XV° siècle, lorsqu’en 1453, l’armée ottomane de Mehmet II s’était emparée de Constantinople. Depuis cette époque, l’histoire des Turcs a été étroitement mêlée à celle des Européens, dont ils ont été tantôt les adversaires, quand Soliman le Magnifique était arrivé jusqu’aux portes de Vienne, tantôt les alliés. Ceux François 1° contre Charles Quint, de l’Angleterre contre la Russie au XIX° siècle, de l’Allemagne pendant la 1° guerre mondiale, et de l’OTAN pendant la Guerre froide, quand le général de Gaulle accueillait en France le président de la République turque en 1967.

 

Invité :

 

Jean-François Solnon Professeur des universités.

 

2000 ans d'histoire jeudi 3 décembre 2009

 

Fellini

 

« Je ne sais pas distinguer un film de l’autre. Pour moi, j’ai toujours tourné le même film. » Fellini

 

Federico Fellini a laissé derrière lui une des œuvres les plus singulières de l’histoire du cinéma. Georges Simenon disait de ses films, qu’ils étaient « Une psychanalyse de l’humanité » mais ils étaient aussi pour ce cinéaste italien le moyen d’exprimer ses propres fantasmes, ses obsessions et même ses angoisses de créateur en panne d’imagination. Comme dans 8 ½ lorsque Fellini s’était lui-même mis en scène en train de commencer un film sans savoir comment il allait se terminer. Dans chacun de ses vingt longs métrages, tous différents, et tous pareils, il ne racontait pas une histoire, il se racontait. « Je ne sais pas distinguer un film de l’autre ; pour moi, j’ai toujours tourné le même film » disait il un jour, jusqu’à ce que le film s’arrête le 31 octobre 1993. Ce jour là, à l’annonce de sa mort, l’émotion des Italiens était considérable, comme si, avec Fellini, c’était le cinéma italien lui-même qui allait disparaître.

 

Invité :

 

Jean Antoine Gili professeur d’histoire du cinéma à l’université de Paris I Panthéon Sorbonne.

 

2000 ans d'histoire vendredi 4 décembre 2009

 

Le Dix-huit Brumaire

 

rediffusion du 02.06.2008

 

Le Dix-huit Brumaire « Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée. Elle est finie. » Bonaparte au lendemain du 18 Brumaire Il était cinq heures du matin le 9 novembre 1799 (18 brumaire dans le calendrier révolutionnaire) lorsque les 3000 hommes des 8° et 9° régiments de dragon et du 21° chasseur de Murat sortirent de leurs casernes. Désobéissant au ministre de la guerre qui les avait consignés dans leur quartier, ils se dirigeaient, les uns vers l’actuelle place de la Concorde et les autres aux Tuileries où les députés du Directoire avaient été convoqués d’urgence. Un coup d’Etat venait de commencer. En deux jours, il allait renverser un des régimes les plus éphémères et des plus impopulaires de l’histoire de France. Né en 1795 avec la constitution de l’an III, il n’avait réussi à se maintenir en place que par les coups d’Etat ; en 1797, le 18 fructidor contre des royalistes, le 22 floréal 1798 et le 30 prairial 1799 contre le danger d’un retour des jacobins au pouvoir. Le coup d’Etat du 18 Brumaire n’était jamais que le 4°. Mais celui-ci n’était pas destiné à défendre le Directoire. Il allait le renverser et porter au pouvoir le plus célèbre de ses généraux revenu d’Egypte un mois plus tôt : le général Bonaparte.

 

Invité :

 

Patrice Gueniffey directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales ; directeur du centre de recherches politiques Raymond Aron.

 

2000 ans d'histoire lundi 7 décembre 2009

 

Henri IV et les femmes

 

« Je vous offre sceptre et couronne

Mon sincère amour vous les donne.

Roi trop heureux sous votre empire,

Je croirai doublement régner,

Si j’obtiens ce que je désire. »

Henri IV à Henriette d’Entragues

 

Jamais un roi de France n’eût autant de maitresses qu’Henri IV. Depuis celle qui fut sans douté la première, Fleurette, à laquelle on doit l’expression « conter fleurette », jusqu’à la dernière, Charlotte de Montmorency, « le vert galant » comme on l’avait surnommé ne pouvait pas voir un jupon sans avoir envie de le trousser. Des princesses de sang comme des paysannes, quand il n’était que roi de Navarre, des prostituées aussi bien que des filles de bourgeois rencontrées pendant qu’il parcourait la France pour y conquérir sa couronne, et même des religieuses. Rien n’arrêtait la boulimie sexuelle de ce roi de France. Pas même ses deux femmes légitimes, dont la première, Marguerite de Valois n’avait accepté le mariage que contrainte et forcée par sa mère, Catherine de Médicis, qui voyait dans cette union le moyen de réconcilier les protestants et les catholiques.

 

Invité :

 

Gonzague Saint-Bris écrivain.

 

2000 ans d'histoire mardi 8 décembre 2009

 

La mort de Ceausescu

 

Il y a vingt ans, le jour de Noël 1989, quelques minutes après avoir été condamnés à mort, Nicolas Ceausescu et sa femme Elena étaient fusillés dans une caserne quelque par à 50km au Nord Ouest de Bucarest. Un mois et demi après la chute du mur de Berlin, après, les Allemands de l’est, les Polonais, les Tchécoslovaques et les Hongrois, les Roumains découvraient à leur tour la liberté. Tout avait commencé une semaine plus tôt dans la 4° ville de Roumanie, lorsqu’à Timisoara, l’armée avait tiré sur des manifestants qui protestaient contre l’expulsion d’un pasteur qui, dans son presbytère dénonçait depuis des années la politique de Ceausescu. C’était le début d’une révolution qui, en 7 jours à peine, allait renverser le dernier régime stalinien d’Europe de l’Est.

 

Invitée :

 

Catherine Durandin professeur des universités.

 

2000 ans d'histoire mercredi 9 décembre 2009

 

L’électricité

 

« Il est un agent puissant, obéissant, qui se plie à tous les usages: il m’éclaire, il m’échauffe, il est l’âme de mes appareils mécaniques. Cet agent, c’est l’électricité. » Jules Verne Vingt Mille Lieues sous les mers

 

Pendant des milliers d’années, l’humanité s’est contentée d’observer sans les comprendre les manifestations de ce qui allait devenir sa première source d’énergie. Emerveillés par les aurores boréales, ou terrorisés par la foudre, qui n’était croyaient-ils que l’expression de la colère des dieux, les hommes ont mis des siècles à comprendre et à domestiquer l’électricité pour qu’elle les éclaire, les réchauffe, leur permette de se déplacer, de communiquer, et pour faire tourner leurs machines. En 1780, un savant italien, Luigi Galvani, avait même réussi à faire bouger des cadavres de grenouille en y faisant passer de l’électricité. C’était l’époque où elle n’était encore qu’un objet de curiosité dans les salons du XVIII° siècle.

 

Invité :

 

Gérard Borvon enseignant.

 

2000 ans d'histoire jeudi 10 décembre 2009

 

La Révolution de velours

 

C’était en novembre 1989, sur la place Venceslas de Prague. A l’endroit même où, vingt et un ans plus tôt, en 1968, l’intervention des chars soviétiques avaient mis fin au Printemps de Prague, se déroulait une révolution qui en moins d’un mois allait renverser le régime communiste qui était au pouvoir depuis plus de 40 ans en Tchécoslovaquie. Après la Pologne, la Hongrie et l’Allemagne de l’Est où le mur de Berlin venait de tomber, avant la Bulgarie et la Roumanie, la Tchécoslovaquie était le 4° pays d’Europe de l’Est à découvrir la liberté, et celui qui l’incarnait depuis des années : Vaclav Havel. Le 21 novembre 1989, les 200.000 manifestants qui se trouvaient ce jour là sur la place Venceslas connaissaient tous son nom, mais ils l’entendaient pour la première fois. Quelques semaines plus tôt, il était encore en prison avant de devenir l’âme d’une révolution sans violence. La révolution de velours qui allait chasser du pouvoir un des régimes communistes les plus durs d’Europe de L’Est.

Invitée :

 

Jacqueline Hénard journaliste, correspondante du quotidien suisse "Tages-Anzeiger". A été journaliste au "Frankfurter Allgemeine Zeitung" où elle couvre les événements de 1989 en Europe de l'Est.

 

2000 ans d'histoire vendredi 11 décembre 2009

 

La Franc-maçonnerie française

 

rediffusion du 17/04/2008

 

La franc-maçonnerie française « La franc maçonnerie a pour objet l’exercice de la bienfaisance, l’étude de la morale universelle, des sciences et des arts et la pratique de toutes les vertus. Sa devise a été de tout temps : liberté, égalité, fraternité » Constitution maçonnique. 1849 Venue d’Angleterre en France il y a trois siècles, la franc maçonnerie y a apporté ses idéaux, ses symboles et un goût du secret qui a servi de prétexte à tous les soupçons, tous les fantasmes et à la persécution dont elle a été la victime à l’époque du régime de Vichy. Et si, depuis la guerre, elle a levé le voile sur un grand nombre de ses secrets, on ignore souvent son histoire et les idéaux de liberté, de fraternité et d’égalité qu’elle a toujours défendu, et qui sont devenu la devise de la République française. Son réseau d’influence, sa puissance réelle ou supposée, ses symboles mystérieux et l’ésotérisme de son rituel continuent aujourd’hui de susciter la même méfiance et la même fascination qu’autrefois.

 

Invité :

 

André Combes Professeur agrégé d'histoire, directeur de l'Institut d'études et de recherches maçonniques.

 

2000 ans d'histoire lundi 14 décembre 2009

 

Les 90 ans de Citroën

 

« Citroën nous fait du bien, il nous empêche de nous endormir. » Louis Renault

 

C’est en Pologne, en 1900, alors qu’il allait acquérir le brevet d’une machine à tailler des engrenages avec une denture en forme de chevrons, qu’André Citroën a découvert par hasard le symbole d’une des marques les plus célèbres de France. Le double chevron qui depuis 90 ans se trouve sur toutes les voitures qui portent son nom. Depuis la Type A, la première automobile européenne construite en grande série, jusqu’à la C6 d’aujourd’hui. En passant par les trois plus célèbres voitures de la marque. La première Traction avant, la 2 CV vendue à plus de 5 millions d’exemplaires en 42 ans, et la fameuse DS, aux lignes tellement révolutionnaires en leur temps que, 30 ans après l’arrêt de sa production, elle était invitée à la Foire Internationale d’Art Contemporain.

 

Invité :

 

Denis Huille responsable du patrimoine chez Citroën.

 

2000 ans d'histoire mardi 15 décembre 2009

 

Les Trois Mousquetaires

 

« L’histoire est un clou auquel j’accroche mes romans. » Alexandre Dumas

 

C’était un jeune Gascon qui arrivait un jour à Paris pour y devenir mousquetaire du roi. Tout le monde connaît cette histoire, et depuis plus de 160 ans c’est par elle que des générations de lecteurs ont découvert avant l’école Louis XIII, Anne d’Autriche et le cardinal de Richelieu, mais aussi les exploits de d’Artagnan, Athos, Porthos et Aramis : les héros des Trois Mousquetaires. Pourquoi trois alors qu’ils étaient quatre ? Peu importe. Peu importe aussi qu’Alexandre Dumas ait pris autant de liberté avec l’arithmétique qu’avec l’histoire. Car c’est avec ce roman qu’il est devenu l’écrivain français le plus lu dans le monde. Alors que, pendant longtemps, il a été considéré en France comme un écrivain mineur. Jusqu’à ce que, 132 ans après sa mort, les cendres de ce petit fils d’esclave soient reçues au Sénat avant de rejoindre celles de Rousseau, de Victor Hugo et d’Emile Zola au Panthéon.

 

Invitée :

 

Simone Bertière Elle est l’auteur de plusieurs biographies historiques.

 

2000 ans d'histoire mercredi 16 décembre 2009

 

Charlotte Corday

 

rediffusion du 20/05/2008

 

« Ô ma patrie, je ne puis t’offrir que ma vie. Je veux que ma tête portée dans Paris soit un signe de ralliement pour tous les amis des lois. » Charlotte Corday

 

Le 11 juillet 1793, vers 11 heures du matin, une diligence venue de Normandie déposait une jeune fille de 25 ans sur la place des Victoires à Paris. Pour la première fois, Charlotte Corday découvrait cette ville où elle avait décidé seule d’assassiner une des figures les plus redoutées de la Révolution française. Jean Paul Marat qui tous les jours, dans son journal « L’ami du peuple » réclamait la tête de tous ceux qu’il soupçonnait de vouloir trahir la Révolution. Mais pour cette républicaine, c’était au contraire Marat qui, par sa violence avait trahi les idéaux de 1789. « J’ai tué un homme pour en sauver 100.000 » disait Charlotte Corday, juste après avoir assassiné Marat, et le jour de sa condamnation à mort le 17 juillet 1793.

 

Invité :

 

Jean-Denis Bredin avocat, membre de l'Académie française, ancien professeur de droit privé, professeur émérite à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, écrivain.

 

2000 ans d'histoire jeudi 17 décembre 2009

 

Emission spéciale en public : les 10 ans de « 2000 ans d’histoire » : l’histoire dans les médias

 

Invités :

 

Alain Decaux, Marc Ferro, Pierre Baron et Patrick Rotman.

 

2000 ans d'histoire vendredi 18 décembre 2009

 

Hermann Goering

 

A l’aube du 22 juin 1941, entre la Baltique et les Carpates commençait la plus grande opération militaire de tous les temps. L’opération Barberousse. Sur ordre d’Hitler, près de 4 million d’hommes et 3500 chars se lançaient à l’assaut de la Russie, accompagnés par 2500 avions de l’armée de l’air allemande : la Luftwaffe d’Hermann Goering. Ministre de l’air du régime nazi, mais aussi président du reichstag et chargé du plan de redressement de l’économie allemande, Goering avait pris tant d’importance que 7 jours après l’invasion de l’URSS, le 29 juin 1941, Hitler l’avait nommé Maréchal, et décrété qu’il serait son successeur s’il était empêché d’exercer ses fonctions. C’était la consécration d’une carrière dont personne n’imaginait qu’elle s’arrêterait 5 ans plus tard le 1° octobre 1946. Ce jour là, au palais de justice de Nuremberg, le journaliste français Pierre Crénesse, assistait au verdict du tribunal chargé de juger les plus hauts responsables du régime nazi.

 

Invité :

 

François Kersaudy professeur à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne.

 

2000 ans d'histoire mercredi 23 décembre 2009

 

Louis XV

 

« Doit-on mettre sur son buste Louis Le Grand ? ou Louis le Juste ? Ces noms qu’il a bien mérités, d’autres les ont déjà portés. Qu’un titre nouveau le décore : qu’il soit Louis le Bien Aimé. » La Gazette 1744

 

Quand il est mort dans l’indifférence générale le 10 mai 1774, après 59 ans de règne, Louis XV était devenu le roi le plus impopulaire de l’histoire de France. Accusé d’être un souverain indolent, velléitaire et jouisseur, préférant la compagnie de ses maîtresses à celle de ses ministres, et sa vie privée aux affaires de l’état, il n’était plus depuis longtemps celui que ses sujets avaient surnommé Louis le Bien Aimé ? C’était 30 ans plus tôt, lorsqu’en 1744 tous les Français allaient bruler des cierges dans les églises pour sauver leur roi qui avait failli mourir victime d’une mystérieuse maladie. Pour tout le monde, Louis XV incarnait encore tous les espoirs qui s’étaient porté sur lui lorsqu’en 1715, à l’âge de 5 ans, il avait succédé à son arrière grand père Louis XIV.

 

Invité :

 

Bernard Hours professeur d’histoire moderne à l’université Jean-Moulin de Lyon.

 

2000 ans d'histoire jeudi 24 décembre 2009

 

Histoire de Noël

 

Rediffusion du 25.12.2008

 

Que l’on soit croyant ou non, que ce jour là on célèbre ou non la naissance du christ, Noël est devenu aujourd’hui une fête universelle dont les origines sont plus anciennes que l’on croit. Elles remontent à la fête païenne du solstice d’hiver, lorsque, dans l’antiquité les Romains saluaient l’allongement des jours en célébrant la fête des Saturnales. On y échangeait des vœux et des cadeaux, et on abolissait pour un jour les différences sociales. Il n’y avait plus ni riches, ni pauvres, ni maître ni esclaves. En transformant la fête païenne des saturnales en fête de la naissance de Jésus, les Chrétiens ont repris cette tradition. Et si, aujourd’hui, Noël n’est plus seulement une fête religieuse, elle reste ce moment unique où, comme à l’époque des Romains, les hommes oublient tout ce qui les distingue, les sépare et les oppose, même la guerre. Comme le 24 décembre 1914, lorsque des Allemands et des Français sont sortis de leurs tranchées non pour se battre, mais pour célébrer Noël ensemble.

 

Invitée :

 

Marie-France Noël Ethnologue et archéologue, ingénieur de recherche au Musée national des Arts et Traditions populaires-MUCEM.

 

2000 ans d'histoire vendredi 25 décembre 2009

 

Le violon

 

rediffusion du 10.03.2009

 

L’Histoire du violon « Le violon nous dit le désir de pureté qui vibre au fond de tout homme. Il nous permet de retrouver le chemin par lequel les choses peuvent s’assembler en nous, et entre nous. » Yehudi Menuhin Comment 400 grammes de bois, de crin, de boyaux et de vernis ont-ils pu bouleverser l’histoire de la musique comme l’a fait le violon. Personne ne le sait. Mais depuis sa naissance il y a plus de quatre siècles, il a fait le tour du monde. De la musique classique au jazz, de Vivaldi à Stéphane Grapelli en passant par les danses Tziganes et hongroises, le folklore des cajuns de Louisiane, et même le rock, le violon est présent partout. Et s’il a fallu des siècles pour l’inventer, il n’a pratiquement plus changé depuis qu’il y a 450 ans, un luthier italien de Crémone, Andréa Amati lui donnait le nom, la forme et le son que nous connaissons aujourd’hui. Celui qui avait fait le succès de cet instrument révolutionnaire quand, au XVI siècle, les princes de l’église et les rois, étaient prêts à dépenser des fortunes pour acheter les violons d’Amati.

 

Invité :

 

Jean-Michel Molkhou critique musical.

 

2000 ans d'histoire lundi 28 décembre 2009

 

Eric Tabarly

 

rediffusion du 12.06.2008

 

La mer était forte et la nuit noire lorsque, le 13 juin 1998, un peu après minuit, Eric Tabarly est tombé de son bateau quelque part au large de l’Irlande. Il se rendait en Ecosse pour participer à une parade de voiliers qui, comme celui sur lequel il se trouvait, avait été dessiné par William Fife, un des plus grands architectes navals du XIX° siècle. Tabarly, qui avait inventé des bateaux révolutionnaires allait mourir cette nuit-là en tombant d’un bateau centenaire. Le premier des six Pen Duick à bord desquels il avait remporté les plus grandes courses au large des années 60 et 70. Mais ce Pen Duick, le seul qu’il n’ait pas construit, il y tenait plus qu’aux autres. C’est avec lui que, 60 ans plus tôt, il avait découvert la passion qui a fait de lui le plus populaire et le plus grand navigateur français de son temps.

 

Invité :

 

Yann Queffélec écrivain.

 

2000 ans d'histoire mardi 29 décembre 2009

 

La bête du Gévaudan

 

rediffusion du 17.09.2008

 

« Il ne se passe rien en France ni dans l’univers dont les curieux soient aussi empressé d’être instruits qu’ils le sont de ce qui se passe dans le Gévaudan. » Le Courrier d’Avignon 26 mars 1765

 

Quelle était donc cette bête monstrueuse qui, au XVIII° siècle a semé la terreur dans le Gévaudan, terni le prestige de Louis XV et dont toute l’Europe a entendu parler. 250 ans après, on se pose encore la question. Déjouant tous les pièges, insensible aux balles des chasseurs de la région et d’un régiment de dragon envoyé par le roi, pendant trois ans, la bête du Gévaudan a écumé les actuels départements de la Lozère et de la Haute Loire et tué une centaine de femmes et d’enfants avec une telle férocité que personne n’a cru que c’était un loup. Dès qu’elle est apparue dans le Gévaudan, comme elle ne ressemblait à aucun animal connu, on ne parlait pas d’un loup mais d’une « bête ». C’était le 30 juin 1764, lorsque, sur les hauts plateaux du Vivarais, quelque part au sud de Langogne, on a découvert le corps massacré de sa première victime : une fillette de 14 ans : Jeanne Boulet.

 

Invité :

 

Jean-Marc Moriceau professeur d’histoire moderne à l’Université de Caen et président de l’Association d’histoire des sociétés rurales.

 

2000 ans d'histoire mercredi 30 décembre 2009

 

Le plan Marshall

 

rediffusion du 26.02.2007

 

Le Plan Marshall Quand, le 12 mars 1947, le Président Truman demandait au Congrès de voter des crédits à la Grèce et à la Turquie, personne n’en imaginait les conséquences. Il ne s’agissait que d’aider ces deux pays à faire face aux ambitions soviétiques dans les Balkans. Mais en ajoutant qu’au de là de la Grèce et de la Turquie les Etats-Unis étaient prêts à aider aussi tous les peuples d’Europe pour empêcher que la misère n’y favorise la mise en place de régimes totalitaires, le président américain désignait sans la nommer l’U.R.S.S. qui profitait de la présence de son Armée Rouge en Europe de l’Est pour y mettre en place des régimes communistes. Et c’est ainsi qu’en annonçant son intention d’endiguer l’expansion soviétique en Europe par une aide économique qui allait prendre la forme du plan Marshall, Truman allait accélérer la division de l’Europe en deux blocs et le déclenchement de la Guerre Froide.

 

Invité :

 

Gérard Bossuat professeur d’histoire contemporaine.

 

2000 ans d'histoire jeudi 31 décembre 2009

 

Le champagne

 

rediffusion du 23.12.2005

 

« C’est par le Champagne que les idées françaises se sont répandues en Europe. » Gustave Flaubert (Dictionnaire des idées reçues)

 

Tous les ans à la même époque, sur une terre crayeuse qui aurait pu décourager n’importe quel agriculteur, une armée de 100.000 vendangeurs récolte le raisin le plus précieux du monde. Il y a 2000 ans, dans l’ancienne Campania des Romains, devenue depuis la Champagne, personne n’aurait imaginé qu’un jour le vin médiocre qu’on y fabriquait deviendrait célèbre. Ni que ses bulles de gaz qui faisaient naguère exploser les bouteilles du vin de Champagne feraient le tour de la terre. De New York à Tokyo, et de Londres à Sydney, on n’imagine mal aujourd’hui, une fête, une cérémonie, un anniversaire, un réveillon ou tout simplement un bon repas sans ce Champagne qui accompagnait toujours les petits soupers coquins du Régent, et qu’on trouvait aussi bien sur la table de Louis XV que sur celle du régicide Talleyrand quand il recevait princièrement le chef de la police de Napoléon.

 

Invité :

 

Edouard Zarifian professeur émérite de psychiatrie et de psychologie médicale.

 

2000 ans d'histoire vendredi 1er janvier 2010

 

Emile Zola

 

rediffusion du 04.06.2008

 

« Zola a honoré sa patrie et le monde par une œuvre immense et un grand acte. Il fut un moment de la conscience humaine. » Anatole France

 

Il y a cent ans, le 4 juin 1908 à Paris, c’est dans une ville en ébullition que les cendres de Zola étaient transférées au Panthéon. Pendant toute la matinée la police avait arrêté plus de 150 manifestants qui avaient sifflé le Président de la République et les membres du gouvernement et qui, 6 ans après sa mort, hurlaient encore des cris hostiles à Emile Zola. A l’issue de la cérémonie, l’un d’entre eux avait même blessé Alfred Dreyfus en tirant sur lui deux coups de revolver. Car ce 4 juin 1908, ce n’était pas seulement un écrivain qui entrait au Panthéon. C’était aussi le plus célèbre défenseur de Dreyfus. L’homme qui, dix ans plus tôt avait écrit sur la première page de l’Aurore, un article qui avait divisé la France en deux. Zola y accusait les plus hauts responsables de l’armée d’avoir fait condamner un innocent. C’était le 13 janvier 1898.

 

Invité :

 

Alain Pagès professeur de littérature française à l’Université de Paris III-Sorbonne nouvelle.

 

2000 ans d'histoire lundi 4 janvier 2010

 

Albert Camus

 

« Nous sommes décidés à supprimer la politique pour la remplacer par la morale. C’est ce que nous appelons une révolution. » Albert Camus. 25 août 1944

 

Parce qu’il plaçait la morale et la justice au dessus de la politique et des idéologies, Albert Camus fut à la fois un des écrivains les plus célèbres et les plus critiqués de son temps. Parce qu’en pleine guerre froide, cet homme de gauche avait été un des premiers à dénoncer les crimes du stalinisme, il avait déchaîné contre lui tous ceux qui, comme Sartre, préféraient fermer les yeux sur le goulag plutôt que de désespérer Billancourt. Jamais d’ailleurs ce qu’il est convenu d’appeler des intellectuels ne l’ont admis parmi eux. Camus les dérangeait trop et, à leurs yeux, même son succès était suspect. Peut être enviaient-ils secrètement l’extraordinaire succès de cet écrivain qui à 44 ans avait reçu le prix Nobel de Littérature, et dont l’œuvre a été interrompue prématurément par sa mort accidentelle le 4 janvier 1960. C’était sur une route, quelque part entre Sens et Fontainebleau, il y a 50 ans jour pour jour. invité Jeanyves Guérin professeur de littérature française à l'université de Paris III-Sorbonne nouvelle lundi 4 janvier 2010 Albert Camus « Nous sommes décidés à supprimer la politique pour la remplacer par la morale. C’est ce que nous appelons une révolution. » Albert Camus. 25 août 1944 Parce qu’il plaçait la morale et la justice au dessus de la politique et des idéologies, Albert Camus fut à la fois un des écrivains les plus célèbres et les plus critiqués de son temps. Parce qu’en pleine guerre froide, cet homme de gauche avait été un des premiers à dénoncer les crimes du stalinisme, il avait déchaîné contre lui tous ceux qui, comme Sartre, préféraient fermer les yeux sur le goulag plutôt que de désespérer Billancourt. Jamais d’ailleurs ce qu’il est convenu d’appeler des intellectuels ne l’ont admis parmi eux. Camus les dérangeait trop et, à leurs yeux, même son succès était suspect. Peut être enviaient-ils secrètement l’extraordinaire succès de cet écrivain qui à 44 ans avait reçu le prix Nobel de Littérature, et dont l’œuvre a été interrompue prématurément par sa mort accidentelle le 4 janvier 1960. C’était sur une route, quelque part entre Sens et Fontainebleau, il y a 50 ans jour pour jour.

 

Invité :

 

Jean-Yves Guérin professeur de littérature française à l'université de Paris III-Sorbonne nouvelle.

 

2000 ans d'histoire mardi 5 janvier 2010

 

La ligne Maginot

 

« Celui qui reste dans ses fortifications est battu » Napoléon

 

Depuis les opidums des Romains, et les châteaux forts du moyen âge, jusqu’aux forteresses de Vauban, les hommes ont toujours cru pouvoir se protéger d’une invasion derrière des fortifications. Jusqu’à ce que leurs adversaires mettent au point les moyens de les détruire ou de les franchir. Car entre la défensive et l’offensive, entre le bouclier et l’épée, c’est toujours l’épée qui gagne. « Celui qui reste dans ses fortifications est battu » disait déjà Napoléon, bien avant qu’au XX° siècle la guerre des tranchées révèle l’efficacité de la défensive. Si bien qu’après la guerre de 14-18, pour éviter une invasion, la France et même l’Allemagne ont construit de part et d’autre de leurs frontières deux lignes de défense fortifiées : la ligne Maginot et la ligne Siegfried. Des tonnes de béton et d’acier qui n’ont servi à rien d’autre qu’a faire croire à la France qu’elle était invulnérable, lorsqu’en mai 1940 Hitler déclenchait l’offensive qui en 6 semaines allait provoquer l’effondrement de son armée, et des illusions sur l’efficacité de sa ligne Maginot.

Invité :

 

Jean-Pascal Soudagne journaliste, auteur, secrétaire de rédaction et iconographe de la revue 14-18, le magazine de la Grande Guerre .

 

2000 ans d'histoire mercredi 6 janvier 2010

 

Les Chrétiens d’Orient

 

« Si la terre tremble, si le Nil n’inonde pas les campagnes, s’il survient une famine, une guerre, une peste, alors un cri aussitôt s’élève : « Les chrétiens aux lions ! A mort les chrétiens ! » Tertullien

 

2000 ans après sa naissance en Orient, le christianisme est-il en train d’y disparaître aujourd’hui ? Devenus minoritaires dans tous les Etats de la région, divisés en plusieurs églises qui se sont séparées il y a 16 siècles sur des points de théologie que tout le monde à oublié, les chrétiens d’Orient sont aujourd’hui menacés par la montée d’un extrémisme islamique qui les soupçonne d’être les complices de l’occident. Traités comme des citoyens de seconde zone, écarté de plus en plus des postes de responsabilités, les Coptes d’Egypte, les Maronites du Liban, les Catholiques, les Orthodoxes et les Arméniens sont même devenus les boucs émissaires de toutes les crises du proche et du moyen orient. Le conflit israélo-palestinien, la révolution islamique en Iran, la guerre civile au Liban, ou l’invasion américaine en Irak qui a provoqué des attentats antichrétiens comme on n’en avait jamais vu dans la région.

 

Invité :

 

Antoine Sfeir politologue et journaliste, directeur des Cahiers de l’Orient

 

.

2000 ans d'histoire jeudi 7 janvier 2010

 

La fin du monde

 

« Toutes choses doivent prendre fin. Les ouvrages des mortels ne sont pas immortels et tout ce que nous voyons doit périr un jour. » Sénèque

 

C’est le plus vieux cauchemar de l’humanité. Redouté par les uns ou espéré par tous ceux qui souhaitent l’avènement d’un monde meilleur, la fin du monde a été si souvent annoncée qu’on finit par ne plus y croire. Depuis l’apocalypse de saint Jean, jusqu’à Paco Rabanne en passant par Nostradamus les prophètes de la fin des temps sont aussi nombreux que les cataclysmes réels ou imaginaires qu’ils nous ont annoncés. Des inondations, des tempêtes, des épidémies, des tremblements de terre, des famines, des guerres, la surpopulation de la terre, ou la chute d’une météorite. Qu’elle soit provoquée par la colère des Dieux, ou par la folie des hommes, la fin du monde a été annoncée 182 fois depuis le Déluge, et on attend encore la prochaine, qui, selon le calendrier des Mayas devrait se produire dans 3 ans.

 

Invité :

 

Luc Mary écrivain et historien, collabore au mensuel L'Actualité de l'Histoire.

 

2000 ans d'histoire vendredi 8 janvier 2010

 

La Belle Otero

 

rediffusion du 08.09.2008

 

« La fortune vient en dormant ; mais pas en dormant seule. » Caroline Otéro

 

Quelques jours avant sa mort à Nice en 1965, plus personne ne prêtait attention à une vieille dame de 96 ans qui se promenait une fois par semaine sur la Promenade des Anglais. On avait depuis longtemps oublié jusqu’au nom de cette danseuse espagnole qui avait défrayé la chronique au début du XXème siècle. La plus grande courtisane de son temps avait pris sa retraite 50 ans plus tôt après avoir séduit presque toutes les têtes couronnées d’Europe, des princes, des rois, des empereurs, mais aussi des ministres français, des écrivains célèbres et des milliardaires américains qui avaient mis leur fortune à ses pieds pour pouvoir passer une nuit avec elle. « La fortune vient en dormant, disait-elle, mais pas en dormant seule. » Mais en 1949, sur la Côte d’Azur, il y avait déjà longtemps qu’elle avait dilapidé sa fortune au casino, et qu’elle dormait seule lorsqu’un un journaliste l’avait retrouvée pour lui faire raconter sa vie.

 

Invité :

 

Liesel Schiffer journaliste.

 

2000 ans d'histoire lundi 11 janvier 2010

 

Mein Kampf

 

« Si j’avais pu deviner qu’un jour je deviendrai chancelier, jamais je n’aurais écrit Mein Kampf. » Adolf Hitler

 

C’est un des livres les plus lus et les plus vendus de l’histoire. Dix ans avant d’arriver au pouvoir, Hitler y annonçait ce qu’il y ferait. La violation des traités, l’élimination des Juifs, la guerre contre la France et la conquête d’un espace vital à l’Est, tout était écrit dans Mein Kampf. Jamais dans un livre un homme politique n’avait ainsi dévoilé à l’avance ses intentions. En prenant le risque de faire peur à tous ceux dont il avait programmé l’élimination. Si bien qu’une fois devenu chancelier, Hitler avait vainement tenté d’empêcher la publication intégrale de son livre à l’étranger. « Si j’avais pu deviner qu’un jour je deviendrai chancelier, jamais je n’aurais écrit Mein Kampf. » avait-il dit un jour à l’un de ses fidèles. Et pourtant personne n’a cru qu’une fois au pouvoir, il réaliserait tout ce qu’il avait promis de faire dans ce livre écrit dans la prison où il avait été envoyé après avoir tenté un coup de force contre la république de Weimar. Mais en 1924, Hitler n’avait pas encore trouvé le titre de ce qui allait devenir la Bible du nazisme.

 

Invité :

 

Antoine Vitkine journaliste, réalisateur de documentaires.

 

2000 ans d'histoire mardi 12 janvier 2010

 

L'Empire napoléonien

 

« Napoléon ne donne aujourd’hui l’empire du monde à la France que pour le fouler à ses pieds. » Chateaubriand

 

C’était il y a 200 ans. A l’époque où Hambourg, Amsterdam, Bruxelles, Genève et Rome étaient des préfectures françaises, et où Napoléon régnait sur plus de la moitié de l’Europe. 130 départements, 7 royaumes vassaux : l’Espagne, Naples, l’Italie, la Westphalie, la Bavière, la Saxe et le Wurtemberg, mais aussi la Suisse, les provinces Illyriennes et le Grand duché de Varsovie. Jamais depuis Charlemagne, la France ne s’était retrouvée à la tête d’un empire aussi grand sur le continent européen. Ni aussi fragile. Car pour le conquérir et le conserver, Napoléon n’a jamais cessé de faire la guerre. Jusqu’à ce qu’en 1814, après la campagne de Russie, il n’y ait presque plus personne, même en France pour accepter les sacrifices qu’exigeait celui qui, pendant dix ans, fut le maître de l’Europe.

 

Invité :

 

Jean Tulard professeur émérite à la Sorbonne, membre de l’académie des sciences morales et politiques.

 

2000 ans d'histoire mercredi 13 janvier 2010

 

Agatha Christie

 

C’était en 1916, une jeune femme qui s’ennuyait dans la petite ville anglaise de Torquay où tous les jours elle voyait passer des réfugiés belges qui, pendant la première guerre mondiale, avaient fui leur pays envahi par les Allemands. Pour passer un examen de préparatrice en pharmacie, Agatha Christie y apprenait les propriétés des poisons, quand elle s’est mise à écrire un livre. Personne ne pouvait imaginer que c’était le 1° des 66 romans policiers qui allait faire d’elle « la reine du crime », ni que son héros deviendrait le détective le plus célèbre de la littérature policière. Les éditeurs auxquels Agatha Christie avait adressé son manuscrit le lui avaient renvoyé ou ne lui avaient même pas répondu. Mais elle s’en moquait. Elle ne l’avait écrit que pour tromper son ennui disait elle un jour au micro de la BBC.

 

Invités :

 

Armelle Leroy et Laurent Chollet.

 

2000 ans d'histoire jeudi 14 janvier 2010

 

New York

 

« New York : le seul endroit du carrousel universel où tout est différent de tout le reste, simplement parce que ça se passe à New York. » Jack Kerouac

 

En 1524, dans une baie au nord est du continent américain, quelques Indiens du groupe des Algonquins, les Mannahatta, voyaient arriver un bateau venu de Dieppe : « La Dauphine. » Son capitaine, un navigateur florentin qui travaillait pour le roi de France, Jean de Verrazano, était le premier européen à mettre le pied sur la presqu’île qui porte aujourd’hui le nom de ses premiers habitants : Manhattan. Il l’appela la Nouvelle Angoulême, puis il partit sans savoir qu’il avait découvert le site de ce qui allait devenir un jour la plus grande ville du monde : New York. Un siècle plus tard, Les Hollandais puis les Anglais y ont installé les premières colonies européennes puis les Indiens ont disparu, remplacés par des millions d’immigrants venus sur d’autres bateaux. Et si leurs descendants ont oublié le nom de Verrazano, ils savent tous que c’est en arrivant dans cette ville que presque tous leurs ancêtres ont découvert et aimé l’Amérique.

 

Invitée :

 

Pauline Peretz maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Nantes.

 

2000 ans d'histoire vendredi 15 janvier 2010

 

Serge Gainsbourg

 

rediffusion du 20.11.2008

 

« Je suis un mythe vivant, quelques degrés au dessus d’une star. » Serge Gainsbourg

 

« Je suis un mythe vivant » disait Gainsbourg qui était très conscient de son succès, mais aussi de ce qu’il lui avait coûté. « J’ai tout réussi sauf ma vie » disait-il peu de temps avant de mourir il y a 17 ans en laissant derrière lui des musiques et des chansons qui resteront encore longtemps dans nos mémoires. Celles pour lesquelles on lui avait tout pardonné : ses provocations, son exhibitionnisme, sa misogynie, ses films ratés et même quelques chansons bâclées. Des chansons « torchées » comme il disait lui-même, par opposition à ce qu’il appelait ses chansons « écrites » et qui l’ont rendu célèbre. La Javanaise, L’eau à la bouche, Je t’aime moi non plus, Jane B, Fuir le bonheur de peur qu’il se sauve, La chanson de Prévert où encore ce Poinçonneur des Lilas grâce auquel il y a déjà 50 ans, les Français ont un jour découvert son nom. C’était en 1958, aux Trois Baudets, où l’avait entraîné Jacques Canetti, et ou une jeune speakerine le présentait au public en lisant un texte écrit par Boris Vian.

 

Invité :

 

Arnaud Viviant Journaliste et romancier.

 

2000 ans d'histoire lundi 18 janvier 2010

 

Les châteaux de la Loire

 

C’était il y a 500 ans, quand la capitale de la France n’était pas une ville mais un fleuve. La Loire le long de laquelle 5 rois ont restauré ou construit des châteaux comme on n’en avait encore jamais vu dans l’histoire. Sur 250 km. , entre Briare et Angers, les châteaux de Blois, de Chambord, de Chenonceau, d’Amboise, d’Azay-le-Rideau, de Villandry ou de Chev erny sont les témoins de pierre d’une révolution architecturale par laquelle la France est sortie du Moyen Âge pour entrer dans la Renaissance. Les châteaux cessaient d’être des forteresses pour devenir des lieux de résidence royale, où les ponts levis étaient remplacés par des escaliers, les salles de garde par des salons, les meurtrières par des fenêtres, les fossés par des jardins, et les chemins de ronde par des terrasses. « Je vois ici un abrégé de ce que peut faire l’industrie humaine » aurait dit Charles Quint à François 1° quand il a visité Chambord en 1539. Aujourd’hui, si les touristes utilisent d’autres moyens que le cheval pour visiter ce qu’on appelle « la vallée des rois », ils éprouvent devant ses châteaux le même émerveillement que Charles Quint il y a 500 ans.

 

Invité :

 

Jean des Cars

 

2000 ans d'histoire mardi 19 janvier 2010

 

Histoire d’Haïti

 

« C’est une terre à désirer et, une fois vue, à ne jamais quitter. » Christophe Colomb

 

Trois siècles après avoir été découverte par Christophe Colomb, Haïti fut, après les Etats-Unis, la deuxième colonie du monde à proclamer son indépendance. Appelée successivement Hispaniolia, puis Saint Domingue, colonisée par les Espagnols puis par les Français, elle a connu grâce à l’exploitation des esclaves une telle prospérité qu’on l’appelait « la perle des Antilles. » Si riche qu’à la fin de la guerre de sept ans, Louis XV avait préféré perdre le Canada plutôt que Saint Domingue, et que Napoléon y avait envoyé une armée pour mater la révolte des esclaves de Toussaint Louverture. Mais depuis son indépendance proclamée en 1804, Haïti est devenue un des pays les plus pauvres du monde. Un pays éprouvé depuis deux siècles par l’histoire et par les catastrophes naturelles comme celle qui vient de le frapper.

 

Invité :

 

Jean-Marie Théodat géographe haïtien, maître de conférences à Paris I-Sorbonne .

 

2000 ans d'histoire mercredi 20 janvier 2010

 

Diderot

 

« L’homme est le terme unique d’où il faut partir et auquel il faut tout ramener. » Diderot

 

Parce que ses livres les plus célèbres : La Religieuse, Le Neveu de Rameau ou Jacques le fataliste n’ont été publié qu’après sa mort, Diderot était surtout connu de ses contemporains pour avoir été le maître d’œuvre de la plus grande aventure intellectuelle du Siècle des Lumières. L’Encyclopédie pour laquelle il avait réuni tout ce que le règne de Louis XV pouvait compter de philosophes, d’écrivains, de savants et d’artistes mobilisés pour une entreprise démesurée puis qu’il s’agissait disait Diderot « De rassembler toutes les connaissances éparses sur la surface de la terre, afin que les travaux des siècles passés n’aient pas été inutiles pour les siècles à venir. » L’ambition, on le voit était considérable, à la mesure des réactions qu’elle avait provoquées. L’admiration de Voltaire, de Rousseau, de Goethe du vieux Fontenelle et beaucoup plus tard de Marx ou de Michelet qui voyait en Diderot « Le Prométhée du siècle des Lumières. Mais aussi l’indignation de Louis XV et du clergé effrayés par une œuvre et un homme qui remettaient en cause toutes les institutions établies.

 

Invité : Sophie Chauveau écrivain.

 

2000 ans d'histoire jeudi 21 janvier 2010

 

La crise des missiles de Cuba

 

« Jamais je n’entreprendrai guerre que je n’aie essayé tous les moyens de paix. » Rabelais

 

Jamais le monde n’a été aussi près d’une guerre nucléaire. Tout avait commencé le 14 octobre 1962. Ce jour là, à 20.000 mètres au dessus de Cuba, un avion espion américain U2 prenait des photos qui allaient déclencher la crise la plus grave de la guerre froide. On y voyait des missiles soviétiques, capables de porter des charges nucléaires de 3 mégatonnes et d’atteindre le quart sud est des Etats-Unis. Les 16 octobre au matin, après avoir été analysés par des spécialistes du Pentagone, ces clichés étaient montrés au président Kennedy qui à 11h.45, convoquait à la Maison Blanche les plus hauts responsables politiques et militaires des Etats-Unis. En tout une quinzaine de personnes avec lesquelles, pendant 13 jours, il allait prendre dans le plus grand secret des décisions qui allaient mettre le monde au bord du gouffre.

 

Invité :

 

Pierre Vallaud historien.

 

2000 ans d'histoire vendredi 22 janvier 2010

 

La libération des camps

 

rediffusion du 27.01.2005

 

Lorsque le 27 janvier 1945 quelques soldats de l'avant-garde de l'armée rouge arrivaient sans combat à Auschwitz, ils ignoraient qu'ils découvraient le lieu qui depuis 60 ans jour pour jour, symbolise à lui seul toute l'horreur du système concentrationnaire nazi. "C'était quatre jeunes soldats, écrit Primo Lévi, qui avançaient avec précaution, la mitraillette au côté, le long de la route qui bordait le camp. Lorsqu'ils arrivèrent prés des barbelés, ils s'arrêtèrent pour regarder et en jetant des regards lourds d'un étrange embarras sur les cadavres en désordre, les baraquements disloqués et nous, rares survivants." Ces survivants, dont faisait partie Primo Lévi, étaient trop faibles pour avoir suivi les autres déportés d'Auschwitz, envoyés par les SS quelque jours plus tôt vers d'autres camps qui ne seront libérés que beaucoup plus tard . Et ce n'est qu'à Dachau, à Bergen-Belsen, à Ravensbrück, au Struthof, à Buchenwald, à Mathausen, à Neuengamme, à Dora ou à Flossenburg que les alliés et les journalistes qui les accompagnent comprendront qu'ils assistaient à la fin d'une guerre sans équivalent dans l'histoire. Celle où, "pour la première fois , comme le dira plus tard André Malraux, l'homme avait donné des leçons à l'enfer"

 

Invité :

 

Annette Wieviorka historienne spécialiste de la Shoah, directrice de recherches au CNRS.

 

2000 ans d'histoire lundi 25 janvier 2010

 

Alexandre Ier

 

« Si je meurs ici, Alexandre 1er sera mon véritable héritier en Europe. » Napoléon à Sainte Hélène

 

En 1836, quelque part en Sibérie, la police arrêtait un homme d’une soixantaine d’années qui disait s’appeler Fiodor Kouzmitch. Refusant de répondre aux questions qu’on lui posait sur son passé, il fut emprisonné plusieurs mois, avant d’être libéré et accueilli par un négociant de Tomsk où il a vécu comme un ermite pendant près de 30 ans, jusqu’à sa mort en 1864. Intrigué par la piété et la culture de ce moine qui connaissait plusieurs langues étrangères, la vie de la cour de Russie, et qui était même capable de raconter dans le détail comment les Russes étaient entré dans Paris en 1814, certains se sont demandé si Fiodor Kouzmitch n’était pas en réalité un noble qui fuyait son passé, et peut être même un empereur de Russie, Alexandre 1° qui était mort de manière mystérieuse en 1825. C’est un des nombreux mystères de la vie de ce tsar qui avait tenu tête à Napoléon et s’obstinait à l’appeler général, à l’époque où l’empereur des français faisait encore peur à toutes les têtes couronnées d’Europe.

 

Invité :

 

Marie-Pierre Rey professeur d’histoire russe et soviétique à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne.

 

2000 ans d'histoire mardi 26 janvier 2010

 

La mesure du temps

 

« Le temps n’est que l’image mobile de l’éternité immobile. » Platon

 

Bien avant l’invention des montres ou des horloges, il suffisait à nos plus lointains ancêtres d’observer le lever et le coucher du soleil, l’alternance des jours et des nuits, pour avoir conscience du temps qui passe. Mais il a fallu des siècles avant de savoir le diviser en heures et en secondes, et inventer les instruments pour le mesurer. « Le sentiment subjectif du temps, disait Einstein, nous permet d’ordonner nos impressions ; mais relier chaque instant du temps à un nombre en employant une horloge, c’est déjà une invention. » Parce que, selon Einstein, il est subjectif, le sentiment du temps, ne serait donc qu’un concept à partir duquel, depuis les cadrans solaires de l’antiquité, jusqu’aux horloges atomiques d’aujourd’hui, les hommes ont inventé des machines de plus en plus précises pour le mesurer, et même pourquoi pas pour le remonter.

 

Invité :

 

Jean Jandaly physicien.

 

2000 ans d'histoire mercredi 27 janvier 2010

 

Le diable

 

« La plus belle ruse du diable est de faire croire qu’il n’existe pas. » Baudelaire

 

Les Egyptiens l’appelaient Seth, les cananéens Lothan, les Perses Arhiman et dans le Coran il apparaît sous le nom de Shaïtan, l’équivalent Satan de la Bible des Chrétiens. Sous plusieurs noms, on le voit, le diable est partout, dans presque toutes les religions, à la fois nécessaire et gênant. Nécessaire parce que sans lui, comment expliquer le mal dans un monde créé par Dieu. Gênant parce que, si le diable existe, Dieu n’est plus tout puissant. On comprend pourquoi le christianisme n’a utilisé le diable que pour expliquer les grandes calamités du Moyen Âge, pour persécuter les hérétiques accusés d’être des suppôts de Satan, ou pour garder les chrétiens dans le droit chemin en leur inspirant la peur du diable. Mais depuis qu’au siècle des lumières on a commencé à douter de son existence, le diable n’inspire plus que la littérature, la chanson ou le cinéma, ou il ne fait plus peur à personne.

 

Invité :

 

Jacques Duquesne journaliste et écrivain.

 

2000 ans d'histoire jeudi 28 janvier 2010

 

L’Amiral Darlan

 

Au début de l’après midi du 24 décembre 1942, à Alger, occupés par la préparation du réveillon de Noël, personne ne remarque une Peugeot 302 qui se gare derrière la résidence du haut Commissaire en Afrique du Nord, l’amiral François Darlan. Un jeune homme de 19 ans, Fernand Bonnier de la Chapelle, descend de la voiture, entre dans résidence où il a rendez vous dit-il avec un membre du gouvernement. Quelques minutes plus tard, on entend deux coups de feu. Atteint à bout portant par deux balles du 7,65 de Bonnier de la Chapelle, l’amiral Darlan est mort. C’était la fin à 61 ans d’une des figures les plus controversées de l’histoire de l’occupation après avoir été, avant la guerre, l’officier de marine le plus gradé et le plus décoré de France.

 

Invité :

 

Bernard Costagliola historien.

 

2000 ans d'histoire vendredi 29 janvier 2010

 

Le retour des déportés

 

A l'occasion du 65ème anniversaire

 

rediffusion du 28.01.2005

 

Il aura fallu des années pour comprendre qu’à cause des camps de concentration, la 2° guerre mondiale n’a pas été une guerre comme les autres. Non seulement à cause du nombre de ses victimes, beaucoup plus nombreuses que dans les guerres précédentes, ni même à cause des crimes de guerre, mais parce que pour la première fois on avait découvert et donné son nom à un crime sans précédent dans l’histoire : le crime contre l’humanité. Pourtant, quand ils sont revenus chez eux, les déportés osaient à peine parler de ce qu’ils avaient vu et subi dans les camps de concentration et d’extermination du III° Reich. Comment décrire l’indescriptible sans provoquer le scepticisme et surtout sans gâcher la fête de la victoire. Quand, le 8 mai 1945, dans les rues de Paris certains célébraient la victoire tandis que d’autres attendaient encore le retour d’un père, d’une mère, d’un frère ou d’une sœur sans savoir s’il reviendrait jamais de l’enfer.

 

Invité :

 

Annette Wieviorka historienne spécialiste de la Shoah, directrice de recherches au CNRS.

 

2000 ans d'histoire lundi 1er février 2010

 

L’intégration des jeunes en France depuis 1945 Quand, dans les années 50 et 60, leurs pères ou leurs grands pères ont traversé la Méditerranée, ils n’étaient pas nés. C’était l’époque des « Trente glorieuse », et on ne parlait pas de ces dizaines de milliers d’Algériens, de Tunisiens et de Marocains qui étaient venus travailler dans les usines et les chantiers de France et qui vivaient seuls dans les foyers Sonacotra ou les bidonvilles de Nanterre d’Aubervilliers ou de Villeurbanne. Puis la crise est venue, les bidonvilles ont disparu remplacés par des HLM et, dans les banlieues des grandes villes on a découvert que les immigrés des années 60 avaient eu des enfants. Mais si on s’intéresse à eux plus qu’à leurs pères, si les caméras vont plus souvent dans les cités que dans les bidonvilles des trente glorieuses, ce n’est que pour y voir des voitures qui brulent, ou un ministre de l’intérieur qui s’y fait chahuter.

 

Invité :

 

Ivan Jablonka maître de conférences au Collège de France.

 

2000 ans d'histoire mardi 2 février 2010

 

Les grandes routes du commerce depuis l’Antiquité

 

« J’ai la nostalgie de ces vieilles routes qui conduisent aux confins de la terre. » Henry David Thoreau

 

Qu’elles soient terrestres, fluviales où maritimes, qu’elles aient été construites pour des marchands, des conquérants ou des pèlerins, c’est le long des routes que s’est faite l’histoire des civilisations. « L’Egypte est un don du Nil » avait dit Hérodote au moment du déclin d’un empire qui n’aurait, pas existé sans ce fleuve de 6000 kilomètres, sur lequel les Egyptiens transportaient des céréales, de l’or, du cuivre et le granite de leurs pyramides. Ils avaient même construit un canal, le canal des quatre rois, qui reliait la Méditerranée à la Mer rouge. Un canal qui avait disparu en même temps que les pharaons, et que tout le monde avait oublié jusqu’à ce que 18 siècles plus tard, Bonaparte en retrouve la trace quand il était venu en Egypte avec une armée et les plus grands savants de l’époque.

 

Invité :

 

Elisabeth Dumont-Le Cornec historienne et journaliste.

 

2000 ans d'histoire mercredi 3 février 2010

 

Histoire de la messe

 

« Notre globe où une messe est toujours célébrée quelque part, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit : c’est sans doute ce qui fait tourner la terre. » Léon Bloy

 

Depuis le dernier repas du Christ avec ses apôtres, et son sacrifice sur la croix qu’elle est censée commémorer, la messe est ce qui a rassemblé les Chrétiens pendant des siècles. Elle est aussi ce qui les a divisés. Lorsqu’au XVI° siècle, Luther qui détestait la messe pensait qu’en la supprimant, il mettrait fin au pouvoir du pape « Car c’est sur la messe, disait il, que s’appuie la papauté toute entière. » Mais malgré les attaques de Luther, malgré la réforme, la papauté a continué de s’appuyer sur une messe qui n’a pas changé pendant 400 ans. Entre le concile de Trente et le pape Pie V qui, à la fin du XVI° siècle avait fixé la liturgie de l’église catholique en imposant l’usage du latin à la messe, et celui de Vatican II qui, quatre siècles plus tard avait défini une nouvelle liturgie pour les catholiques. France Inter, Yves Mourousi le 30 novembre 1969.

 

Invité :

 

Philippe Martin professeur d’histoire moderne à l’université de Nancy 2.

 

2000 ans d'histoire jeudi 4 février 2010

 

Romain Gary

 

« L’homme n’a qu’une vie, mais il est fait pour la vivre au moins deux fois. » Romain Gary

 

Ce n’est qu’après sa mort en 1980 qu’on a su que Romain Gary était l’auteur d’un de ses romans les plus célèbres. Quand La Vie devant soi avait reçu le prix Goncourt en 1975, il était signé Emile Ajar. Et personne, à part une poignée d’initiés ne savait qu’il avait été écrit par Romain Gary qui avait trompé à la fois le jury du Goncourt qui ne peut être attribué deux fois au même auteur, et les critiques littéraires qui encensaient Emile Ajar en même temps qu’ils éreintaient Romain Gary sans savoir qu’il s’agissait d’un seul et même auteur. « L’homme n’a qu’une vie, mais il est fait pour la vivre au moins deux fois » avait dit un jour cet écrivain déroutant qui fut aussi pilote de guerre, diplomate, et l’époux de l’actrice fétiche de la Nouvelle Vague. Jean Seberg dont le suicide a précédé de 15 mois celui de Romain Gary.

 

Invité :

 

Jean-Marie Catonné écrivain et ancien professeur de philosophie.

 

2000 ans d'histoire vendredi 5 février 2010

 

Marie-Thérèse d’Autriche

 

rediffusion du 14.10.2008

 

« Elle est par tant d’attraits vainqueurs

Aussi bien la reine des cœurs Comme, selon toute apparence,

Elle est reine à présent de France » Jean Loret 1660

 

Jamais dans son histoire Saint Jean de Luz n’avait vu passer tant de monde. Depuis le mois d’août 1659, le cardinal Mazarin y négociait un traité qui mettait fin à plus de 20 ans de guerre entre la France et l’Espagne. Le traité des Pyrénées qui scellait aussi le destin d’une princesse de 21 ans, la fille du roi Philippe IV d’Espagne : Marie Thérèse d’Autriche. Pour consolider la paix, Mazarin avait inclus, dans ce traité, une clause prévoyant le mariage de cette infante d’Espagne avec le jeune Louis XIV. Un mariage politique, imposé par les circonstances comme cela se faisait à l’époque entre les princes et les princesses de sang royal. Si bien que personne, ni Marie-Thérèse, ni le jeune Louis XIV, qui ne se connaissaient pas, ne s’y sont opposés. Leur mariage symbolisait la réconciliation entre leurs deux pays comme le souhaitaient Mazarin et la mère de Louis XIV. La reine mère y tenait d’autant plus qu’elle était la sœur du roi d’Espagne Philippe IV et donc la tante de la mariée.

 

Invité :

 

Joëlle Chevé historienne, journaliste pour "Historia".

 

2000 ans d'histoire lundi 8 février 2010

 

Les Révolutions anglaises du XVIIème siècle

 

« Les Lords et les Communes présentement assemblées déclarent : « Que le prétendu pouvoir de dispenser les lois par l’autorité royale sans le consentement du parlement est illégal. » Londres, Déclaration des droits 13 février 1689.

 

Pour un Français, il n’y a, bien sur qu’une Révolution : celle qui en 1789 avait renversé la monarchie absolue. Et il oublie que cent ans auparavant, le Parlement Anglais avait fait de même en votant le Bill of Rights, la déclaration des Droits qui proclamait qu’aucune loi ne pouvait entrer en vigueur sans le consentement du Parlement. « N’oublions pas que la première révolution a eu lieu en Angleterre » avait rappelé Margaret Thatcher à François Mitterrand quand il l’avait invitée à assister au bicentenaire de la révolution française. Une Révolution qui avait commencé comme la révolution anglaise, par une épreuve de force entre le pouvoir absolu du roi, et les élus du peuple qui prétendait le limiter. C’est ce qui s’était passé à Londres le 4 janvier 1642, quand le roi d’Angleterre, Charles 1°, avait fait irruption à la Chambre des Communes pour faire arrêter 5 de ses députés. C’était le début de la première des deux révolutions qui, en 50 ans, allaient donner à l’Angleterre les institutions qui sont encore les siennes aujourd’hui.

 

Invité :

 

Michel Duchein spécialiste de l’histoire britannique.

 

2000 ans d'histoire mardi 9 février 2010

 

Le FBI -1ère partie

 

Lorsqu’Edgar Hoover est mort le 2 mai 1972, le président Nixon organisa pour lui des funérailles nationales. Un privilège réservé aux chefs d’état pour celui qui, à la tête du FBI pendant 50 ans en avait fait la police la plus célèbre du monde. « C’était un grand américain et un des plus grands flics de l’histoire » écrivait un journaliste au moment ou, à Washington, 20.000 personnes défilaient devant le cercueil de Hoover, recouvert du drapeau américain et solennellement exposé au Capitole. Parce qu’il savait tout sur tout le monde, et jusqu’au plus haut niveau de l’état, le patron du FBI était devenu intouchable. Utilisant, dans la plus puissante des démocraties des méthodes policières dignes du KGB ou de la STASI, Hoover avait autant de pouvoirs que les 8 présidents des Etats-Unis qu’il a à la fois servis et espionnés. Depuis Coolidge qui l’avait placé à la tête de la police fédérale en 1924, jusqu’à Nixon qui lui rendait hommage le jour de ses obsèques, le 4 mai 1972.

 

Invités :

 

Fabrizio Calvi David Carr-Brown.

 

2000 ans d'histoire mercredi 10 février 2010

 

Le FBI -2ème partie

 

Pendant plus d’un siècle après leur indépendance, les Etats-Unis n’ont pas eu de police compétente sur l’ensemble de leur territoire. Chaque état avait ses lois, et sa propre police. Jusqu’à ce qu’en 1908, à Washington, le ministre de la justice, Charles Bonaparte, le petit neveu de Napoléon, crée une administration fédérale chargée de lutter contre la corruption. Elle ne s’appelait pas encore le FBI mais le Bureau des investigations, ne comptait que 34 agents, et personne n’imaginait qu’en moins d’un siècle, elle allait devenir la police la plus puissante et la plus célèbre du monde. Grâce à Edgar Hoover qui pendant cinquante ans a dirigé le FBI sous 8 président des Etats-Unis dont aucun n’a jamais osé le remplacer. Il savait trop de choses sur chacun d’entre eux. Et il pouvait être utile comme lorsqu’en 1964, Johnson l’avait félicité après que le FBI ait arrêté huit membres du Ku Klux Klan qui avaient assassiné des militants des Droits Civiques.

 

Invités :

 

Fabrizio Calvi auteur du documentaire « FBI », d’ouvrages et de documentaires sur la criminalité organisée et les services secrets

 

David Carr-Brown auteur et réalisateur du documentaire « FBI », réalisateur et producteur de reportages et documentaires pour la télévision.

 

2000 ans d'histoire jeudi 11 février 2010

 

Les grands combats du féminisme

 

A l'occasion de la journée Elisabeth Badinter « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits » Olympe de Gouge, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791 « Elle voulut être un homme d’état. Et la loi a puni cette conspiratrice d’avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe » C’est ce qu’écrivait le Moniteur Universel au lendemain de la mort d’Olympe de Gouge guillotiné le 3 novembre 1793. Déçue par la révolution française dont la déclaration des Droits de l’Homme avait oublié ceux de la femme, elle avait écrit une Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits » disait-elle, elle a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir celui de monter à la tribune. » Deux ans plus tard, une féministe avant la lettre est montée à l’échafaud, et les françaises ont du attendre 150 ans avant de monter à la tribune et d’obtenir le droit de vote. C’était en 1945, la première victoire d’un combat féministe qui en moins d’un demi siècle allait permettre aux femmes d’être des sujets et non plus des objets de l’histoire et que presque plus personne ne conteste aujourd’hui. On serait tous devenu féministes, même, paraît-il, quand on porte un voile.

 

Invité Michèle Riot-Sarcey professeur d’histoire contemporaine à Paris VIII.

 

2000 ans d'histoire vendredi 12 février 2010

 

La 1ère bombe atomique française

 

rediffusion du 20.11.2006

 

1960, la première bombe atomique française Le samedi 13 février 1960, tous les avions survolant l’Afrique recevaient l’ordre de s’écarter d’une zone située au dessus du désert du Tanezrouft, quelque part en plein cœur du Sahara algérien. Au même moment, près de l’oasis de Reggane, quelques journalistes, triés sur le volet, s’apprêtaient a découvrir un des secrets les mieux gardés de France. Puis le comte à rebours commença tandis qu’ils prenaient connaissance des dernières consignes : « Se tenir assis au sol, le dos tourné au point zéro, et mettre un bras devant ses yeux pour ne pas être aveuglés par l’explosion ». A vingt kilomètres derrière eux, perchée sur une tour métallique de 105 mètres de haut, la première bombe atomique française allait exploser.

 

Invité :

 

Jean Guisnel journaliste.

 

2000 ans d'histoire lundi 15 février 2010

 

Le 14-Juillet « C’est plus qu’une fête nationale, c’est une fête universelle. Il n’y a plus d’étrangers, Messieurs, le 14 juillet. C’est la chute de toutes les bastilles, la fin de tous les esclavages, la fête de toutes les nations. » Victor Hugo

 

Bien avant qu’on se demande ce qui fait l’identité de la France, Victor Hugo y avait déjà répondu lorsqu’en 1880, la III° République avait décidé que tous les 14 juillet les Français se rassembleraient pour commémorer la Révolution française. « C’est plus qu’une fête nationale, écrivait il, c’est une fête universelle, la chute de toutes les bastilles, la fin de tous les esclavages, la fête de toutes les nations. » C’est ainsi que depuis 130 ans, même pendant les deux guerres mondiales, les Français continuent de célébrer le jour où, en faisant tomber la Bastille, ils avaient renversé la monarchie absolue. C’est le 14 juillet avec banquets républicains, ses discours, ses feux d’artifice, ses bals populaires et bien sur le traditionnel défilé des troupes sur les Champs Elysées.

 

Invité :

 

Rémi Dalisson maître de conférences à l’université de Rouen.

 

2000 ans d'histoire mardi 16 février 2010

 

L’Islam

 

« Si Allah avait voulu, il aurait fait de vous une communauté unique. Vers Allah sera votre retour, et il vous avisera de ce sur quoi vous vous opposiez. » Le Coran

 

Tous les jours, à l’appel du Muezzin, sur tous les continents du monde, partout où ils se trouvent, les Musulmans s’agenouillent et se prosternent en direction de La Mecque où leur religion est née. Qu’ils soient Arabes, Iraniens ou Turcs, Pakistanais, Indonésiens ou Africains, ils sont plus d’un milliard à croire au même Dieu et à sa parole révélée à Mahomet dans le Coran. Mais ils ne pratiquent pas leur religion de la même manière, et n’ont pas la même conception de la place et du rôle qu’elle doit jouer dans la société et dans le monde. Comme le Judaïsme et le Christianisme, si l’Islam est monothéiste, il n’est pas monolithique. Depuis le début de son expansion, il est divisé en plusieurs courants, ramifié en plusieurs branches mais à partir d’un tronc commun : Une religion née quelque part dans le désert d’Arabie il y a 1400 ans lorsqu’après avoir fui La Mecque, Mahomet était arrivé dans ce qui allait devenir la première ville de l’Islam.

 

Invitée :

 

Sabrina Mervin chargée de recherche au CNRS.

 

2000 ans d'histoire mercredi 17 février 2010

 

Homère

 

« Homère a œuvré sans ratures, nous donnant à voir l’entier pays des hommes et des dieux. » René Char

 

C’est l’histoire d’une ville assiégée pendant dix ans pour les beaux yeux d’une reine, et l’aventure d’un homme qui fit un très long voyage avant de retrouver sa femme. Une histoire de guerre et d’amour dont tout le monde connaît les héros Ils s’appellent Achille, Ulysse, Patrocle, Hélène, Hector, Pâris, Agamemnon, Télémaque ou Pénélope. Les personnages de l’œuvre la plus ancienne de la littérature occidentale. Les aventures de l’Iliade et de l’Odyssée écrites par un poète aveugle dont on ne sait presque rien, mais qui, depuis 3000 ans a inspiré des générations d’écrivains, de philosophes, ou de quelques grands conquérants qui avaient rêvé du destin des héros d’Homère. Napoléon, Jules César ou le jeune Alexandre quand Aristote lui racontait les exploits d’Achille pendant la guerre de Troie.

 

Invité :

 

Alexandre Farnoux historien et archéologue, spécialiste de la Grèce antique, professeur d’archéologie et d’histoire de l’art grec à l’université Paris Sorbonne-Paris IV.

 

2000 ans d'histoire jeudi 18 février 2010

 

Les Tsiganes pendant la seconde guerre mondiale

 

Parce qu’on ne sait presque rien de leur histoire, du pays d’où ils viennent, ni des raisons qui les poussent à parcourir le monde, pendant 3 siècles les Tsiganes, qu’ils soient Rom, Gitans ou Manouche ont fasciné les populations des pays où ils passaient. Jusqu’à ce qu’à partir du XX° siècle la curiosité laisse la place au soupçon, et la fascination à la méfiance et à la peur. Commençait alors pour les Tsiganes le temps des persécutions, de la discrimination, et même de l’extermination dans des camps nazis où des dizaines de milliers d’entre eux ont subi le même sort que les Juifs. Mais pendant longtemps on a occulté cette tragédie, comme si elle n’avait pas eu lieu. Et lorsqu’en 1946, on a vu arriver les Gitans en Camargue à leur traditionnel pèlerinage des Saintes Marie de la Mer, personne ne pouvait imaginer qu’ils venaient de vivre un des pires moments de leur histoire.

 

Invités :

 

Henriette Asséo professeur à l’EHESS

 

Marie-Christine Hubert historienne et archiviste.

 

2000 ans d'histoire vendredi 19 février 2010

 

Le Dalaï-Lama

 

rediffusion du 17.03.2009

 

Le Dalaï-Lama Il a beau le répéter depuis des années, tout le monde le sait bien, Tenzin Gyatso est beaucoup plus qu’un simple moine bouddhiste. Depuis plus de 70 ans, il est le 14° Dalaï-lama. Depuis le jour où il a été reconnu par les autorités religieuses de son pays comme la réincarnation humaine du protecteur du Tibet : le Bouddha de la compassion. A la fois chef spirituel et temporel des Tibétains, il n’avait que 15 ans lorsque le 7 octobre 1950, 40.000 soldats chinois partaient à l’assaut de son pays. Sous prétexte disait-il de libérer le Tibet, Mao Zédong qui venait à peine d’arriver au pouvoir un an plus tôt à Pékin avait décidé de le rattacher à la Chine. Au moment où commençait la guerre de Corée, l’événement est passé inaperçu. Le sort de quelques centaines de milliers de Tibétains n’avait pas assez d’importance pour émouvoir la communauté internationale et mobiliser les journalistes. Et ce n’est que devant un seul témoin étranger, un opérateur radio anglais, que l’armée chinoise envahissait le Tibet. Tandis que dans son Palais du Potala à Lhassa, le jeune Dalaï-lama apprenait la nouvelle.

 

Invité :

 

Katia Buffetrille tibétologue.

 

2000 ans d'histoire lundi 22 février 2010

 

La propagande de Vichy

 

rediffusion du 23.10.2008

 

« On ne fait pas de révolution sans changer le vocabulaire. Car la force principale d’un mouvement politique n’est pas la vérité de sa doctrine, mais l’opportunité de sa propagande. » Denis de Rougemont, 24 avril 1939

 

Il n’y a pas de régime totalitaire ou autoritaire sans propagande. Surtout lorsqu’en temps de guerre il est nécessaire de mobiliser l’opinion publique pour lui faire supporter les sacrifices et les privations qui lui seront imposés. Le régime de Vichy l’avait bien compris en donnant des moyens considérables aux services de l’information et de la propagande créés en France dès 1938. Mais si, à la veille de la guerre, l’objectif de la propagande était de préparer les Français à se battre contre l’Allemagne, après le désastre de 1940, il s’agissait exactement du contraire. Il fallait que, par une propagande efficace l’opinion accepte la défaite, les souffrances qui allaient suivre, le renversement de la république remplacée par un régime autoritaire, et la soi-disant révolution nationale que Pétain annonçait le 30 octobre 1940, juste après avoir rencontré Hitler à Montoire et engagé la France dans une politique de collaboration avec l’Allemagne.

 

Invité :

 

Denis Peschanski directeur de recherche au CNRS, historien de Vichy et de la Résistance.

 

2000 ans d'histoire mardi 23 février 2010

 

Louise de Vilmorin

 

rediffusion du 07.04.2008

 

« Je suis née inconsolable » Louise de Vilmorin

 

Louise de Vilmorin est morte le 26 décembre 1969, à l’endroit même où elle était née 67 ans plus tôt. Dans sa maison de Verrières-le-Buisson dont cette femme d’esprit avait fait ce qu’étaient les salons littéraires du siècle des lumières. Ecrivain, poète, sa beauté et son élégance exerçait sur tous ceux qui l’avaient rencontré un pouvoir de séduction qui avait ensorcelé Saint Exupéry, André Malraux, ses deux maris : un milliardaire américain et un aristocrate hongrois, un ambassadeur d’Angleterre, Roger Nimier, Orson Welles, Léo Ferré et même Jean Cocteau qui a dit un jour à Louise de Vilmorin ce qu’il n’a sans doute jamais dit à une autre femme « vous êtes une sainte, je vous épouse. » Bref, dès sa plus tendre enfance, et bien avant ses premiers poèmes et ses premiers romans, Louise de Vilmorin était d’abord, comme l’écrit Jean Chalon, une « machine à plaire ».

 

Invité :

 

Françoise Wagener écrivain.

 

2000 ans d'histoire mercredi 24 février 2010

 

Les noirs de France

 

rediffusion du 21.05.2008

 

Depuis le temps où la comtesse du Barry faisait admirer à Versailles, le domestique antillais que lui avait offert Louis XV, la condition des Noirs en France et le regard qu’on porte sur eux ont heureusement changé. Allant de l’étonnement qu’on éprouvait à l’époque où ils étaient si peu nombreux qu’ils étaient considérés comme des objets de curiosité, jusqu’à la fierté qu’inspiraient les tirailleurs sénégalais quand ils étaient venus deux fois d’Afrique pour mourir à Verdun ou sur la Ligne Maginot. Ils n’en ont tiré aucun profit, sinon celui d’être aujourd’hui victime d’une discrimination qui, pour la première fois depuis 300 ans, allait rassembler les Noirs de France, quelle que soit leur origine, dans une seule et même organisation, le CRAN.

 

Invité :

 

Pap Ndiaye historien, maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales.

 

2000 ans d'histoire jeudi 25 février 2010

 

Histoire de l’écriture

rediffusion de 15.10.2008

« L’écriture empêche que ce qu’ont fait les homme s’efface de la mémoire ». Hérodote

 

Tout a commencé il y a plus de 5000 ans en Mésopotamie, quelque part entre le Tigre et l’Euphrate lorsque des habitants de Sumer ont commencé à graver des signes sur des tablettes d’argile. Pour la première fois des hommes exprimaient par écrit ce qu’ils disaient, ce qu’ils pensaient où ce qu’ils voyaient. Cette écriture dite cunéiforme car elle se faisait avec des coins, était la première de l’histoire. Avant l’apparition des hiéroglyphes Egyptiens, des caractères Chinois ou de l’écriture des peuples de l’Amérique précolombienne. Sur tous les continents ces signes représentaient les mêmes choses : des objets, ou des idées et même des sons comme l’alphabet inventé 2000 ans plus tard par les Phéniciens et les Grecs. « Il fallait, disait Hérodote, que ce qu’on fait les hommes ne s’efface pas de leur mémoire. » Et c’est ce qu’ils font depuis plus de 5000 ans. Sur des tablettes d’argile, de la pierre, du papyrus du parchemin ou du papier et même, en malmenant l’orthographe sur nos ordinateurs et nos téléphones d’aujourd’hui.

 

Invitée :

 

Anne-Marie Christin professeur à l’université Paris VII, responsable du Centre d’étude de l’écriture et de l’image.

 

2000 ans d'histoire vendredi 26 février 2010

 

rediffusion du 21.04.2008

 

Napoléon III (bicentenaire de sa naissance)

 

« Parce que nous avons eu Napoléon le grand, il faut que nous ayons Napoléon le Petit. » Victor Hugo

 

De tous les régimes qu’a connus la France depuis la Révolution, le Second Empire de Napoléon III est resté un des plus impopulaires. Depuis l’époque où Victor Hugo pestait contre celui qu’il surnommait avec mépris Napoléon le Petit, on n’a gardé de son règne que le souvenir du coup d’Etat grâce auquel, en renversant la République en 1851, il a mis en place un régime autoritaire. Mais on a oublié que le Second Empire c’était aussi l’entrée de la France dans la révolution industrielle, l’essor des chemins de fer et un développement économique sans précédent dans l’histoire de France, le Paris d’Haussmann et la joie de vivre qu’exprimaient les ballets d’Offenbach et le théâtre de Labiche. Jusqu’au jour où Napoléon III s’engageait dans une guerre désastreuse qui allait provoquer sa chute et celle du second empire.

 

Invité :

 

Eric Anceau historien, chercheur associé au Centre de Recherches en histoire du XIXème siècle.

 

2000 ans d'histoire lundi 1er mars 2010

 

Chopin

 

A l'occasion du bicentenaire de sa naissance « Le génie de Chopin est le plus profond et le plus plein de sentiments et d’émotion qui ait existé. Il a fait parler à un seul instrument la langue de l’infini. » George Sand Né en Pologne il y a 200 ans d’un père français et d’une mère polonaise, Frédéric Chopin est mort à Paris en 1849 à l’âge de 39 ans. 15 jours plus tard, au son de sa célèbre Marche Funèbre, le corps de Chopin quittait l’église de la Madeleine pour être inhumé au Père Lachaise tandis que, conformément à ses dernières volontés, son cœur, enfermé dans une urne était envoyé en Pologne où, depuis 160 ans il est emmuré dans un pilier de l’église Sainte Croix de Varsovie. Entre son pays d’origine et son pays d’adoption, Chopin avait donc décidé de ne pas choisir, peut être parce que, depuis sa première Polonaise écrite à l’âge de sept ans, sa vraie patrie était tout simplement le piano.

 

Invitée :

 

Pascale Fautrier biographe.

 

2000 ans d'histoire mardi 2 mars 2010

 

L’hôpital au XXème siècle - 1ère partie

 

"A l'Hôpital, comme la plus infâme de toutes les créatures! Ou trouverai-je assez de force pour ne pas mourir de douleur et de honte" L'Abbé Prévost, Manon Lescaut

 

Il est loin le temps où aller à l'hôpital était vécu comme une déchéance par les privilégiés qui avaient les moyens d'être soignés ou de naître à leur domicile. Réservé aux pauvres, l'hôpital de l'ancien régime se souciait moins de les guérir que de les écarter de la société ou de sauver leurs âmes. Mais l'hôpital d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celui que décrivait l'abbé Prévost au XVIII ème siècle. Fréquenté aujourd'hui par tout le monde, on y guérit plus souvent et on y naît avec moins de risques qu'autrefois, grâce aux progrès de l'hygiène, de la médecine et de techniques modernes que personne n'aurait pu imaginer il y a encore cent ans.

 

Invité : Christian Chevandier historien –université du Havre- et chercheur au centre d’histoire sociale du XXème siècle –Paris I.

 

2000 ans d'histoire mercredi 3 mars 2010

 

L’hôpital au XXème siècle -2ème partie

 

Rarement en un siècle une institution a autant changé que l’hôpital. Jadis réservé aux pauvres et aux indigents, il est aujourd’hui ouvert à tout le monde et bénéficie des progrès de la médecine, et d’un personnel hospitalier mieux formé et qui traite les malades mieux qu’on ne le faisait autrefois. Des progrès qui ont un coût. Et si on ne se demande pas encore combien vaut une vie, devant l’augmentation des dépenses de l’hôpital on veut y faire des économies.

 

Invité :

 

Christian Chevandier historien –université du Havre- et chercheur au centre d’histoire sociale du XXème siècle –Paris.

 

2000 ans d'histoire jeudi 4 mars 2010

 

Louise Michel

 

« Vous êtes des hommes, et moi, je ne suis qu’une femme, et pourtant je vous regarde en face. » Louise Michel à son procès en décembre 1871

 

Le 16 décembre 1871, à Versailles, le 6° conseil de guerre avait fait venir 2000 personnes triées sur le volet pour assister au procès d’une des figures les plus célèbres de la Commune de Paris. Sous un immense crucifix, dans le box des accusés, entièrement vêtue d’une robe noire pour porter le deuil de ses camarades déjà fusillés, Louise Michel écoutait sans broncher le greffier énumérer les actes d’accusation pour lesquels elle était jugée. Depuis la mort des généraux Lecomte et Clément Thomas dont l’exécution par les Parisiens avaient déclenché l’insurrection de la Commune, jusqu’aux incendies allumés par les insurgés avant qu’elle soit écrasée. Mais au lieu de les nier comme l’avait fait beaucoup d’autres inculpés pour sauver leur tête, Louise Michel avait décidé de reconnaître tous les crimes dont on l’accusait, même ceux qu’elle n’avait pas commis.

 

Invitée :

 

Xavière Gauthier universitaire, chercheuse au CNRS Lyon 2, écrivaine.

 

2000 ans d'histoire vendredi 5 mars 2010

 

Les femmes dans la Résistance

 

rediffusion du 05.03.2008

 

Les femmes dans la Résistance française « Il en fut des femmes dans la résistance comme il en est des femmes dans la vie. Elles y ont fait toutes ces choses qu’elles seules peuvent faire. Elles y ont fait aussi ce que les hommes faisaient. » Henri Noguères.

 

Le 16 août 1940, dès le début de l’occupation Blanche Paugham était arrêtée à Boulogne-sur-Mer alors qu’elle tentait de couper les fils des lignes de communication allemandes. Condamnée à mort, sa peine était commuée en peine de travaux forcés. Déportée en Allemagne elle y est morte en 1945 au camp de concentration de Bergen Belsen. Elle faisait partie de ces milliers de femmes qui dès le début de la guerre avaient refusé l’humiliation de la défaite et de l’occupation. Venues de toutes les familles politiques et de tous les milieux sociaux elles ont rejoint la Résistance en y effectuant les mêmes tâches et en courant les mêmes risques que les hommes. Elles s’appelaient Berty Albrecht, Germaine Tillion, Marie Claude Vaillant Couturier, Marie Madeleine Fourcade ou Lucie Aubrac.

 

Invitée :

 

Christine Levisse-Touzé historienne, directrice du Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris, et du Musée Jean Moulin -Ville de Paris.

 

2000 ans d'histoire lundi 8 mars 2010

 

Sarah Bernhardt

 

« Il y a cinq sortes de comédiennes:les mauvaises, les passables, les bonnes, les grandes, et puis il y a Sarah Bernhardt.» Marc Twain

 

On l’appelait La Divine, L’Unique, La Sublime ou La Scandaleuse. Pendant plus de 40 ans, de Paris à New York, de Saint Petersburg à Mexico, à Londres, à Rio, au Caire, à Sydney et jusqu’au fin fond de l’Amazonie, Sarah Bernhardt fut la française la plus célèbre du monde. Une star avant la lettre avec ses caprices, ses innombrables amants et son excentricité. Dormant dans un cercueil, entourée d’animaux sauvages : un lynx, un guépard où des caméléons, elle n’a jamais cessé de jouer les plus grands rôles du répertoire, même après l’amputation de sa jambe droite, quand, en 1915, le jeune Sacha Guitry avait fait de Sarah Bernhardt l’héroïne de son premier film.

 

Invité :

 

Hélène Tierchant écrivain.

 

2000 ans d'histoire mardi 9 mars 2010

 

Les origines de Rome

 

En partenariat avec "Les Cahiers de Science et Vie" « Les destins devaient sans doute au monde la naissance d’une ville si grande, et l’établissement de son empire, le plus puissant après celui des dieux. » Tite Live Pour qu’un jour quelques cabanes plantées sur une colline, deviennent une ville, et la ville la capitale du plus grand empire de l’Antiquité, il fallait lui donner des origines légendaires. C’est ainsi que 7 siècles après la naissance de Rome, Virgile et Tite Live ont imaginé une histoire que tout le monde connaît. Celle de deux enfants jumeaux, Romulus et Remus qui, après avoir été condamnés à mourir noyés dans le Tibre, avaient été sauvés par une louve qui les avait allaités dans une grotte. C’est là que 20 ans plus tard, sur une des sept collines de Rome, le Palatin, ils avaient décidé de fonder une ville, et de lui donner le nom de celui des deux jumeaux qui serait désigné par les dieux.

 

Invité :

 

Alexandre Grandazzi professeur de langue et de littérature latine à l’université Paris IV-Sorbonne.

 

2000 ans d'histoire mercredi 10 mars 2010

 

La mode au XXème siècle

 

A l'occasion de la Journée Yves saint laurent

 

« La mode passe, mais le style demeure » Yves Saint Laurent

 

« La mode étant l’imitation de celui qui veut se distinguer par celui qui ne veut pas être distingué, il en résulte qu’elle change automatiquement. Mais le marchand règle cette pendule », disait Paul Valéry. Depuis deux siècles donc, les marchands lancent des modes, et fabriquent des vêtements dont la vocation est d’être démodés aussi vite qu’ils ont été vendus. C’est ce qui faisait dire à Yves Saint Laurent, qu’il n’aimait pas la mode parce qu’elle est éphémère, et qu'il considérait chacune de ses créations comme une œuvre d’art destinée à durer. «La mode passe, disait-il, mais le style demeure». Et ce n’est pas un hasard si, en mettant volontairement fin à sa carrière, il avait choisi un musée pour faire défiler tous les vêtements et les mannequins qui l’avaient rendus célèbre.

 

Invitée :

 

Catherine Örmen historienne de la mode.

 

2000 ans d'histoire jeudi 11 mars 2010

 

 

Histoire des régions

 

« Nous ne sommes pas seulement d’une province, mais d’une région. Elle est une part de notre identité. » Fernand Braudel, l’Identité de la France

 

Quel sera le score de tel ou tel parti ? Le gouvernement et le président de la république doivent-ils tenir compte des résultats ? La gauche réalisera-t-elle le grand chelem ? Combien y aura-t-il d’abstentions ? A la veille des élections de dimanche prochain, il est beaucoup question des enjeux nationaux des régionales, mais très peu des régions. Parmi ceux qui voteront, ou ne voteront pas, combien d’ailleurs en connaissent le nom et le nombre, leur histoire, la date à laquelle elles ont été créées, et quels sont les pouvoir des conseillers régionaux. On y attachait beaucoup plus d’importance il y a 24 ans quand ils étaient élus pour la première fois au suffrage universel en 1986.

 

Invité :

 

Jean-Marie Miossec géographe, professeur à l’université Paul Valéry-Montpellier III.

 

2000 ans d'histoire vendredi 12 mars 2010

 

Michael Collins

 

rediffusion du 27.10.2008

 

« Dans le panier de crabes des révolutions, il faut un tempérament de fer, un mépris total de la mort. Michael Collins possédait quelque chose de plus : la force intérieure que rien ne peut entamer. » Michel Déon

 

Le 22 août 1922, alors que sa voiture roulait sur une petite route du comté de Cork, où il était né 36 ans plus tôt, Michael Collins tombait dans une embuscade tendue par des dissidents de l’I.R.A. Au lieu de forcer le passage, il demandait à ses hommes de mettre pied à terre et d’engager le combat avant de s’écrouler, frappé par le ricochet d’une balle. Celui qui pendant 2 ans à la tête de l’I.R.A. s’était battu contre l’armée britannique pour l’indépendance de l’Irlande, était tué par une balle irlandaise. Un destin tragique pour celui qui un an plus tôt avait été chargé de négocier le premier traité conclu entre l’Angleterre et l’Irlande, après deux ans de guerre entre les deux pays.

 

Invité :

 

Pierre Joannon historien spécialiste de l’Irlande.

 

2000 ans d'histoire lundi 15 mars 2010

 

Le libertinage

 

« Avec le libertinage, on est dédommagé de la perte de son innocence par la perte de ses préjugés. » Diderot

 

Leurs livres sont longtemps restés dans l’enfer des bibliothèques. Ils s’appelaient Théophile de Viau, Boyer d’Argens, La Morlière ou Crébillon, mais aussi La Fontaine, Diderot, Laclos, Montesquieu ou Voltaire qui, ont écrit sous le manteau des fables, des romans ou des contes qu’on qualifierait aujourd’hui de pornographiques. On les appelait des libertins. Par leur mépris des convenances, de la morale et de la religion, pendant deux siècles ils ont scandalisé leurs contemporains, et poussé si loin leur indépendance d’esprit qu’elle les a souvent conduit en prison, comme le plus scandaleux d’entre eux : le marquis de Sade.

 

Invité :

 

Didier Foucault docteur en histoire, enseignant à l’université de Toulouse-Le Mirail.

 

2000 ans d'histoire mardi 16 mars 2010

 

L’affaire Farewell

 

Le 5 avril 1983, sur France Inter, on apprenait l’expulsion de 47 diplomates de l’ambassade d’URSS en France. Mais personne encore ne savait que derrière cette mesure sans précédent, il y avait les renseignements fournis par un agent du KGB qui, deux ans plus tôt avait révélé à la DST l’existence d’un réseau soviétique chargé d’espionner les industries d’armement de plusieurs pays occidentaux. Tout avait commencé en 1981, quelques jours avant l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République. Mais il ignorait tout de cette affaire jusqu’à ce que le 14 juillet le directeur de la DST, Marcel Chalet, révèle au chef de l’état l’existence d’un lieutenant colonel du KGB qui, depuis plusieurs semaines, livrait à la France des informations ultra confidentielles sur les services secrets soviétiques.

 

Invité :

 

Patrick Pesnot producteur de Rendez-vous avec X sur France Inter.

 

2000 ans d'histoire mercredi 17 mars 2010

 

La Reine Margot

 

« Le scandale est souvent pire que le péché ». Marguerite de Valois

 

Juste avant de mourir le 27 mars 1615 à l’âge de 62 ans elle avait demandé à l’évêque de Boucicaut de lui administrer les derniers sacrements. Sur une table à côté d’elle, l’évêque avait fait placer un crucifix en or, un vase d’eau bénite et l’huile sainte avec laquelle il lui administra l’extrême onction « Que par cette onction Marguerite de France, duchesse de Valois, fille et sœur de rois, lui dit il, Dieu vous pardonne tous les péchés que vous avez commis ». C’est ainsi qu’avec son chapelet entre les mains est morte très chrétiennement une reine, la reine Margot dont l’histoire n’a retenu que la vie scandaleuse, et le nombre incalculable de ses amants. Depuis le premier d’entre eux, qui avait provoqué la colère de sa mère Catherine de Médicis, et de son frère, le roi de France Charles IX.

 

Invitée :

 

Hortense Dufour écrivain .

 

2000 ans d'histoire jeudi 18 mars 2010

 

Pie XII

 

« Aie pitié de moi Seigneur. La conscience de mes défaillances commises durant un si long pontificat et en des temps si graves a souligné mon insuffisance. Je demande pardon à tous ceux que j’ai offensés. » Testament de Pie XII

 

Rarement une décision du pape n’a suscité autant de passions que celle de Benoît XVI le 19 décembre 2009. Ce jour là, en déclarant Pie XII « vénérable », c'est-à-dire sanctifiable, il relançait une polémique commencée il y a 50 ans, quand une pièce de théâtre, « Le vicaire » et un livre, « Pie XII et le III° Reich », dénonçaient l’attitude du Vatican pendant la seconde guerre mondiale, en reprochant au pape de n’avoir pas dénoncé les crimes du nazisme à cette époque. C’était au début des années 1960, 5 ans après la mort de Pie XII, et quarante ans après le début de son pontificat le 12 mars 1939. Six mois exactement avant le début de la seconde guerre mondiale.

 

Invité :

 

Pierre-Emmanuel Dauzat Traducteur, écrivain, auteur de nombreux essais sur la formation de la pensée chrétienne.

 

2000 ans d'histoire vendredi 19 mars 2010

 

Le climat rediffusion du 19.02.2008

 

Parce que toutes nos activités en dépendent, nous écoutons quotidiennement la météo. Bien avant l’invention du baromètre et de tout ce qui sert à mesurer la vitesse du vent, la pluviométrie, la chaleur ou le froid, les hommes ont toujours essayé de comprendre et de prévoir le climat. Mais faute de pouvoir agir sur lui, ils se contentent encore d’en subir les caprices et de s’en plaindre. « Il n’y a plus de saisons » dit on toujours après une vague de froid, une tempête ou une sécheresse exceptionnelle, comme si on était à la veille d’un changement de climat comme celui qui, il y a plus de 300 millions d’années, avait fait monter le niveau des eaux et recouvert la terre de végétaux dont la décomposition allait fabriquer le charbon et le pétrole que nous consommons aujourd’hui.

 

Invité :

 

Frédéric Denhez journaliste et écrivain scientifique.

 

2000 ans d'histoire lundi 22 mars 2010

 

La crise de Fachoda

 

« Nous avons été comme des fous en Afrique, entraînés par des irresponsables qu’on appelle les coloniaux. » Félix Faure

 

Qui aurait pu croire qu’un jour la France et l’Angleterre auraient pu se faire la guerre pour un petit village perdu quelque part au cœur du Soudan. A Fachoda où, en juillet 1898, une expédition française, la Mission Marchand, s’était installée après avoir parcouru 6000 km à travers l’Afrique. Sa mission : planter le drapeau français sur le Nil et couper en deux l’empire que les Anglais étaient en train de construire en Afrique, entre Le Cap et Le Caire. Entre la mission française et les intérêts britanniques, le choc était donc inévitable. Il s’est produit le 19 septembre 1898. Ce jour là, accompagné de cinq canonnières, les 3000 hommes du général Anglais Kitchener arrivaient en vue de Fachoda. C’était le début d’une crise qui pendant trois mois allait mettre la France et le Royaume-Uni au bord d’une guerre.

 

Invité :

 

Marc Michel professeur émérite à l’université de Provence, spécialiste de l’histoire africaine.

 

2000 ans d'histoire mardi 23 mars 2010

 

Istanbul

 

« Ô toi, sans pareil et sans prix, Istanbul, une seule de tes pierres vaut un empire. » Nédim, Poète ottoman du XVIII° siècle

 

Le 2 mai 1453, après avoir résisté pendant plus de dix siècles à toutes les invasions, les murs de Constantinople s’effondraient devant les Janissaires de Mehmet 2. Mais au lieu de détruire « la ville des villes » comme on l’appelait à l’époque, ce Sultan de 21 ans en fit au contraire sa capitale. En devenant Istanbul, Constantinople ne perdait donc que son nom. Après les empires romains et byzantins, elle allait régner désormais sur un autre empire, et sur religion qui pendant des siècles avait rêvé de planter ses mosquées sur la Corne d’Or. Là ou 1600 ans plus tôt, un Grec venu de Mégare avait créé une colonie sans savoir qu’elle deviendrait un jour une ville immense, dont les églises, les mosquées, les remparts et les palais chargés d’histoire, ont toujours fasciné les voyageurs de passage.

 

Invité :

 

Nicolas Monceau chercheur et enseignant en science politique -CNRS.

 

2000 ans d'histoire mercredi 24 mars 2010

 

Freud

 

en partenariat avec Le Monde hors-série consacré à Freud

 

« Jusqu’à présent je ne suis ni réellement un homme de science, ni un penseur. De par mon tempérament, je ne suis rien d’autre qu’un conquistador. » Sigmund Freud

 

1° février 1900 Dans la capitale d’un empire vermoulu qui n’en finissait pas d’agoniser, un jeune Viennois rêvait de gloire et d’aventures, lisait Homère et Shakespeare, et admirait Christophe Colomb. Mais en cette fin de XIX° siècle, le temps des grandes découvertes était passé et, dans un monde devenu trop petit, il ne restait plus de terres à découvrir, sinon le plus inconnu, le plus secret et le plus inaccessible des continents. Celui qui, au plus profond de nous-mêmes abrite nos démons intérieurs, nos désirs les plus inavouables et nos fantasmes. C’est à la découverte de ce nouveau monde que partait un jour ce premier explorateur de notre inconscient. Il s’appelait Sigmund Freud et il allait inventer la psychanalyse.

 

Invité :

 

Elisabeth Roudinesco.

 

2000 ans d'histoire jeudi 25 mars 2010

 

Le maquis des Glières

 

Le 26 mars 1944, à 11 heures du matin, le chef de la 157° division alpine de l’armée allemande, le général Pflaum, lançait ses 7000 hommes à l’assaut du Plateau des Glières. Il avait reçu de Berlin l’ordre d’anéantir ce maquis qui depuis deux mois tenait une des régions les plus inaccessibles de la Haute Savoie. 500 hommes à peine qui, à partir des Glières lançaient des opérations meurtrières contre l’armée allemande et ses collaborateurs français. Quelques semaines avant un débarquement allié en France, il n’était pas question qu’une poignée de résistants Français continue de mobiliser la Wermacht en Haute Savoie. Et c’est ainsi que le 26 mars 1944, avec des forces dix fois supérieures en nombre le général Pflaum brisait la résistance du maquis des Glières, avec le concours de la Milice et des Groupes Mobiles de Réserve (les GMR) du régime de Vichy. Pour ces collaborateurs, et leur propagande, les résistants qui étaient en face d’eux n’étaient que des terroristes.

 

Invité :

 

Claude Antoine spécialiste de l’histoire de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie.

 

2000 ans d'histoire vendredi 26 mars 2010

 

L’assassinat d’Alexandre II

 

rediffusion du 23.04.2008

 

« Le gouvernement russe est une monarchie absolue tempérée par l’assassinat. » Custine

 

Pendant 25 ans à la tête de la Russie Alexandre II avait bouleversé l’histoire du plus grand empire du monde, en y entreprenant plus de réformes que tous ses prédécesseurs. En 1861, en abolissant le servage, il avait libéré plus de 40 millions de paysans russes et il préparait une réforme des institutions qui aurait pu faire de son pays une monarchie constitutionnelle lorsque, le 1° mars 1881, il était assassiné à Saint Petersbourg par une organisation terroriste qui le traquait depuis longtemps. Elle s’appelait Narodnaïa Volia, (La volonté du peuple), mais elle ne représentait qu’une poignée de révolutionnaires bien décidés à éliminer le seul souverain russe qui, 36 ans avant la révolution bolchevique, avait bien compris que pour empêcher l’effondrement de son empire, il fallait d’abord le réformer.

 

Invitée :

 

Hélène Carrère d’Encausse historienne de la Russie.

 

2000 ans d'histoire lundi 29 mars 2010

 

Katyn

 

« Décision du 5 mars 1940 : Confier au NKVD le cas de 25.700 prisonniers de guerre à examiner selon la procédure spéciale, avec application à ceux-ci de la peine capitale par fusillade. » Joseph Staline

 

Il y a 70 ans, en mars 1940, la police politique de l’URSS, le NKVD, recevait de Staline l’ordre d’éliminer 25.000 Polonais qui avaient été fait prisonniers quand l’Armée Rouge avait envahi la Pologne en septembre 1939. Staline venait alors de signer avec Hitler un pacte par lequel leurs deux pays s’étaient mis d’accord pour se partager la première victime de la 2° guerre mondiale. Puis, pendant trois ans, en dehors des plus hauts responsables soviétiques, personne n’a su ce qu’étaient devenus ces prisonniers polonais. Jusqu’à ce qu’en avril 1943, après l’invasion de l’URSS par les Allemands, ceux-ci retrouvent le corps de plusieurs milliers d’entre eux, enterrés dans un charnier à quelques km de Smolensk. C’était le 13 avril 1943, dans la forêt de Katyn, la découverte d’un des plus grands crimes de guerre du XX° siècle.

 

Invité :

 

Alexandra Viatteau historienne, politologue spécialiste de l’étude de la désinformation André Versaille Editeur.

 

2000 ans d'histoire mardi 30 mars 2010

 

L’amitié

 

« En l’amitié dont je parle, les âmes se mêlent et se confondent l’une en l’autre d’un mélange si universel qu’elles ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. » Montaigne

 

L’amitié, que les Grecs appelaient la Philae, et les Romains l’amicitia, est un sentiment aussi vieux que le monde et qui, à la différence de l’amour, ne repose ni sur la parenté, ni sur l’attirance sexuelle. Un sentiment universel qui pendant des siècles est resté réservé aux hommes sur les champs de bataille, dans les stades, les pensionnats ou les clubs pendant que les femmes restaient cantonnées chez elles, incapables croyait-on d’éprouver de l’amitié. Celle d’Achille et de Patrocle qui ont poussé l’amitié jusqu’à mourir l’un pour l’autre pendant la guerre de Troie, celle des chevaliers du Moyen Âge, de Montaigne et La Boetie, de Rousseau et Diderot, ou, plus près de nous, des copains de Georges Brassens.

 

Invité :

 

Anne Vincent-Buffault historienne.

 

2000 ans d'histoire mercredi 31 mars 2010

 

Histoire de la bande dessinée en direct du Salon du livre

 

« Les dessins sans le texte n’auraient qu’une signification obscure ; le texte sans les dessins, ne signifieraient rien. » Rodolphe Töpffer

 

Rodolphe Töpffer était maître de pensionnat à Genève, lorsqu’un jour, en 1827, il eut l’idée d’ajouter des dessins au texte d’une histoire qu’il avait écrit pour ses élèves. « Les amours de Monsieur Vieux-Bois ». Sans le savoir, Rodolphe Töpffer venait d’inventer la Bande Dessinée. « Les dessins sans le texte, n’auraient qu’une signification obscure, disait il, le texte sans les dessins, ne signifieraient rien. ». Aujourd’hui, tout le monde a oublié « Monsieur Vieux-Bois. », le premier héros de la première BD de l’histoire, et Rodolphe Töpffer est mort en 1846, bien avant de pouvoir connaître le succès de son invention, et ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

 

Invité :

 

Patrick Gaumer écrivain et journaliste spécialiste de la bande dessinée.

 

2000 ans d'histoire jeudi 1er avril 2010

 

Charlemagne

 

« Le pape et l’empereur faisant refondre en bloc peuples et Royaumes pour en faire une Europe nouvelle ! Avoir été aussi grand que le monde. Ah, dis-moi ce qu’on peut faire après Charlemagne ? » Victor Hugo Hernani

 

Le roi des Francs est déjà le souverain le plus puissant d’Europe lorsque le 25 décembre 800, le jour de Noël, il entre dans la basilique Saint Pierre de Rome. Accompagné des évêques et des comtes de son royaume, et des ses fils Charles et Pépin, il s’agenouille devant le pape Léon III qui pose sur sa tête un diadème en prononçant trois fois ces mots : « A Charles, Auguste, couronné par Dieu, grand et pacifique empereur des Romains, vie et victoire. ». Puis le pape s’agenouille à son tour devant ce roi qu’il vient de proclamer successeur des Césars, le premier empereur en Occident depuis la chute de Rome : Charlemagne.

 

Invité :

 

Georges Minois historien spécialiste du Bas Moyen Age.

 

2000 ans d'histoire vendredi 2 avril 2010

 

Histoire du duel

 

rediffusion du 02.10.2008

 

« La lessive de l’honneur se lave dans le sang » Théophile Gautier, "Le capitaine Fracasse"

 

Qu’il soit le moyen de laver un affront, d’éliminer un rival ou de montrer son habileté avec une rapière, une épée, un sabre ou un pistolet, les duels ont fait naguère tant de ravages que dès le XVIème siècle tous les rois de France avaient tenté de les interdire. Mais ni Henri III, ni Louis XIII et Richelieu, ni même Louis XIV n’ont réussi à empêcher leur noblesse de se battre en duel. Encore moins la Révolution qui, en abolissant tous les édits royaux, avait du même coup supprimé ceux qui les interdisaient. Si bien que c’est au XIXème siècle que les duels ont fait le plus de victimes. On croisait le fer pour un oui et pour un non, jusqu’au 21 avril 1967. Ce jour là deux députés français s’étaient battus en duel tout simplement parce que l’un avait traité l’autre d’« abruti ».

 

Invité :

 

François Guillet.

 

2000 ans d'histoire lundi 5 avril 2010

 

L’obésité

 

« Il était gros, marchait avec peine, soufflait beaucoup et souffrait affreusement des pieds qu’il avait fort gros". Maupassant

 

Depuis l’empereur romain Maximin qui était si gros que deux hommes étaient chargés de lui tenir le ventre, jusqu’au bailli de Suffren qui ne pouvait monter sur son bateau sans y être hissé par un palan, en passant par Guillaume le Conquérant, Louis le Gros, le Falstaff de Shakespeare, Marie de Médicis Louis XVIII et Goering, l’obésité a toujours existé. Mais le regard qu’on porte sur elle a changé. Dans l’antiquité, elle était la marque de l’opulence et de la prospérité jusqu’à ce que, dès le Moyen Âge, on en comprenne les risques pour la santé. Mais les obèses étaient moins nombreux qu’aujourd’hui et se trouvaient surtout chez les privilégiés. Maintenant l’obésité concerne toutes les couches sociales, et se développe si vite qu’on parle d’elle comme d’une épidémie.

 

Invité :

 

Georges Vigarello directeur d’études à l’EHESS.

 

2000 ans d'histoire mardi 6 avril 2010

 

L’Italie des années de plomb

 

Le 9 mai 1978, dans le coffre d’une voiture garée en plein cœur de Rome, la police retrouvait le corps criblé de balles d’Aldo Moro. Depuis qu’il avait été enlevé 55 jours plus tôt, personne ne savait où se trouvait celui qui était à l’époque un des plus hauts responsables de la politique italienne. Sur sa dernière photo prise par ses ravisseurs et diffusée dans le monde entier, rien n’indiquait où il était séquestré. Rien sinon l’emblème d’une organisation mystérieuse : l’étoile à cinq branches des Brigades Rouges qui pendant des années ont terrorisé l’Italie. C’était « Les années de plomb », l’époque où à Rome, à Milan, à Venise, à Bologne ou à Turin, on apprenait presque tous les jours l’explosion d’une bombe, et l’enlèvement où l’assassinat d’un policier, d’un magistrat, d’un chef d’entreprise ou d’un responsable politique. Mais jamais la violence n’est allée aussi loin que 16 mars 1978. Ce jour là, toutes les radios et les télévisions d’Italie interrompaient leurs programmes pour annoncer l’enlèvement du président du plus grand parti politique du pays.

 

Invitée : Marie-Anne Matard-Bonucci professeur d’histoire contemporaine à l’université de Grenoble II, spécialiste de l’Italie.

 

2000 ans d'histoire mercredi 7 avril 2010

 

Mirabeau

 

« Je suis l’homme du rétablissement de l’ordre et non d’un rétablissement de l’ordre ancien. » Mirabeau

 

A l’époque où Danton, Marat et Robespierre n’avaient pas encore fait parler d’eux, Mirabeau fut la figure la plus importante des débuts de la Révolution française. A cette époque où la parole a tant compté, il était -disait Michelet- « la voix de la Révolution ». Au point qu’on se demande ce qu’elle serait devenue si Mirabeau n’était pas mort en 1791, trop tôt pour avoir pu empêcher la proclamation d’une République dont il ne voulait pas. Ce que voulait cet aristocrate provençal quand il était venu à Versailles en 1789 pour siéger aux Etats Généraux, ce n’était pas la fin de la monarchie, mais la fin de la monarchie absolue. Et dans ses discours, à l’Assemblée, ce n’est jamais au roi qu’il s’en prenait, mais toujours à ses conseillers.

 

Invité :

 

Charles Zorgbibe historien, juriste, ancien doyen de la faculté de droit Paris Sud.

 

2000 ans d'histoire jeudi 8 avril 2010

 

Khrouchtchev

 

« J’ai commencé à travailler dès que j’ai appris à marcher. J’ai gardé des veaux, des moutons. J’ai travaillé dans une usine, puis dans des mines, et maintenant je suis Premier ministre du grand état soviétique. » Khrouchtchev en 1959

 

« Après ma mort, on posera mes actes sur une balance. Le mal sur un plateau, le bien sur l’autre. J’espère que le bien l’emportera. » Khrouchtchev

 

De tous les dirigeants de l’ancienne URSS, Khrouchtchev est le seul à n’avoir pas été inhumé sur la place rouge, derrière le mausolée de Lénine. Il fallait oublier celui qui, 20 ans avant Gorbatchev, avait été le premier à tenter de réformer le communisme, à entreprendre une politique de coexistence pacifique avec les Etats-Unis, à lancer le premier homme dans l’espace, et surtout le premier à révéler et à dénoncer les crimes de Staline en 1956. Mais, quand il est mort en 1971, sept ans après avoir été chassé du pouvoir, celui qui avait été le maître d’une des deux plus grandes puissances du monde, n’était plus qu’un simple retraité que plus personne ne venait voir dans sa datcha de la banlieue de Moscou. Et l’annonce de sa disparition a provoqué plus de réactions à l’étranger que dans son propre pays.

 

Invité :

 

Jean-Jacques Marie spécialiste de l’Union soviétique et du communisme.

 

2000 ans d'histoire vendredi 9 avril 2010

 

Saint-Jacques-de-Compostelle

 

rediffusion du 15.12.2008

 

Un Musulman du XIXème siècle Il y a 1200 ans, un ermite de Galice guidé par une étoile avait affirmé avoir découvert dans un champ le tombeau de Saint Jacques le Majeur mort martyrisé 800 ans plus tôt. Sur ce champ qu’il appela le champ de l’étoile (en latin campus stellae) qui est devenu Compostelle, le roi des Asturies, Alphonse II fit aussitôt construire une église, transformée plus tard en cathédrale et qui est devenue depuis le lieu de pèlerinage les plus célèbre de la chrétienté. Saint Jacques de Compostelle sur les chemins de laquelle, depuis plus de dix siècles, marchent encore aujourd’hui des dizaines de milliers d’hommes et de femmes venus des quatre coins d’Europe. Invitée :

 

Danièle Bélorgey auteur.

 

2000 ans d'histoire lundi 12 avril 2010

 

Beethoven

 

« Faire tout le bien qu’on peut, aimer la liberté par-dessus tout ; et, quand ce serait devant un trône, ne jamais trahir la vérité. » Beethoven

 

« Quand l’art s’élève à une pareille hauteur, il appartient à l’histoire générale de l’humanité ». Ce que disait Edouard Herriot de Beethoven plus d’un siècle après sa mort, les contemporains de celui qui fut un des plus grands compositeurs de l’histoire le pensaient déjà de son vivant. Partout où il passait, Beethoven déchaînait autant de passions que les stars du rock d’aujourd’hui. Et lors de ses obsèques, le 29 mars 1827, dans la même ville de Vienne où, 36 ans plus tôt, Mozart n’avait eu droit qu’à un enterrement de 3° classe et à la fosse commune, les Autrichiens étaient plus de 20.000 à suivre le cercueil de Beethoven dans les rues de la ville où il avait écrit et joué l’essentiel de son œuvre. Une œuvre commencée 45 ans plus tôt, dans sa ville natale où le jeune Beethoven émerveillait déjà les habitants de Bonn en jouant ses toutes premières sonates écrites à l’âge de 11 ans.

 

Invité :

 

Bernard Fauconnier écrivain et biographe.

 

2000 ans d'histoire mardi 13 avril 2010

 

Les Arts premiers

 

En direct et en public du Pavillon des Sessions du Musée du Louvre, à l’occasion des 10 ans de son inauguration

 

Invités :

 

Stéphane Martin Président du Musée du Quai Branly Marie Mauzé anthropologue.

 

2000 ans d'histoire mercredi 14 avril 2010

 

L’enseignement privé

 

« Nous avons sur l’Angleterre et sur les Etats-Unis cette supériorité de considérer que l’enseignement n’est point matière d’industrie mais matière d’Etat. » Jules Ferry

 

En instaurant l’enseignement laïc, en 1882, Jules Ferry ne savait pas qu’il allait déclencher une guerre scolaire qui pendant plus d’un siècle a opposé les défenseurs de l’école publique et ceux de l’enseignement privé dominé par les catholiques. Une guerre marquée par quelques grandes batailles comme celle qui avait eu lieu dans l’ouest de la France quand la III° République avait interdit l’enseignement aux congrégations religieuses. Ou encore celle qu’avait provoquée François Mitterrand lorsque, juste après son élection à, la Présidence de la République, il avait voulu créer un grand service public de l’enseignement. Un projet qui allait mobiliser contre lui une des plus grandes manifestations de l’histoire de France. Mais en 1982, pour le centième anniversaire des lois de Jules Ferry, son Premier Ministre ne s’en doutait pas.

Invité :

 

Bruno Poucet professeur de sciences de l’éducation à l’université de Picardie Jules-Verne .

 

2000 ans d'histoire jeudi 15 avril 2010

 

Le procès de Louis XVI

 

« Un roi doit régner, ou il doit mourir. » Saint Just

 

Le 11 décembre 1792 dans la salle du Manège des Tuileries où, trois mois plus tôt, la Convention avait proclamé l’abolition de la monarchie, commençait un des plus grands procès de l’histoire. Le procès de Louis XVI. Mais ce jour là, pour ses juges, celui qui, pendant 18 ans avait régné sur la France n’était plus que le citoyen Louis Capet accusé disait la Convention « d’avoir commis une multitude de crimes pour établir sa tyrannie » Au terme d’un procès de 38 jours, le verdict ne faisait aucun doute. Condamné à mort le 19 janvier 1793, Louis XVI était guillotiné trois jours plus tard devant des milliers de Parisiens qui étaient venus voir tomber la tête de ce roi de 38 ans dont la famille avait régné sur la France pendant plus de huit siècles. C’était le 21 janvier 1793, à Paris, sur la place de la Révolution.

 

Invité :

 

Marie-Hélène Baylac historienne.

 

2000 ans d'histoire vendredi 16 avril 2010

 

Greta Garbo

 

rediffusion du 20.09.2005

 

Greta Garbo…fut la fondatrice d’un ordre religieux appelé cinéma. Federico Fellini Rien ne prédisposait cette petite suédoise un peu boulotte à devenir un jour l’actrice la plus célèbre de l’entre-deux guerres. La plus mystérieuse aussi. Après 25 films tournés en 20 ans, celle que tout le monde avait surnommé la Divine, décidait un jour de quitter les studios d’Hollywood pour se cacher pendant 50 ans dans un appartement de Manhattan. Refusant les interviews, mais traquées par les photographes et quelques admirateurs qui n’avaient pas oublié celle qu’ils avaient aimé dans les rôles d’ Anna Karénine, de Mata Hari, de la Reine Christine, de la Dame aux Camélias ou de Marie Walewska, Greta Garbo est morte dans la solitude, à 85 ans, en emportant tous les secrets qui ont fait d’elle l’actrice la plus fascinante de l’histoire du cinéma.

 

Invité :

 

Jean Ollé-Laprune .

 

2000 ans d'histoire lundi 19 avril 2010

 

Le crime - 1ère partie

 

« Tu ne tueras point » 5° commandement du décalogue

 

Au dessus des simples contraventions et des délits, les crimes sont les infractions les plus graves du code pénal. Celles qui sont jugées en cour d’assise. Qu’ils soient reconnus coupables de terrorisme, de pédophilie, de corruption, de fabrication de fausse monnaie, de trafic d’armes ou de stupéfiants, ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat, les criminels peuvent y sont condamnés aux plus lourdes peines. Mais le crime des crimes, celui qui dans plusieurs pays peut encore faire condamner son auteur à la peine de mort, c’est l’homicide. Ces meurtres qui nous fascinent et nous font horreur à la fois parce qu’ils transgressent un interdit sans lequel la société serait invivable. Un des dix commandements de la Bible dont s’était pourtant affranchi le premier meurtrier de l’histoire.

 

Invité :

 

Bernard Oudin journaliste, essayiste et écrivain.

 

2000 ans d'histoire mardi 20 avril 2010

 

Le crime - 2ème partie

 

« Lorsqu’un bon crime éclate, le tirage des journaux triple. » Jean Cocteau

 

Qui parlerait encore du crime de Médée assassinant sa rivale et ses propres enfants, ou d’Œdipe tuant son père, si Euripide et Sophocle ne les avaient immortalisés dans les premières pièces de théâtre de la littérature. Et qui se souviendrait aujourd’hui de Mandrin, de Landru, des sœurs Papin, de Violette Nozière, de l’affaire Dominici si le roman ou le cinéma ne s’étaient emparés de leurs histoires. Des crimes dont personne n’aurait peut-être jamais parlé sans la presse. Depuis l’invention de la rubrique des faits divers au XIX° siècle, les médias le savent bien, si le crime ne paye pas, il peut rapporter gros. « Lorsqu’un bon crime éclate, le tirage des journaux triple » disait Cocteau. Et lorsque le tirage triple, les journaux, la radio et la télévision peuvent transformer un des milliers de crimes qui se commettent chaque jour dans le monde en événement international.

 

Invité :

 

Bernard Oudin journaliste, essayiste et écrivain.

 

2000 ans d'histoire mercredi 21 avril 2010

 

Brasilia

 

A l'occasion du 50ème anniversaire de sa création

 

« Comme toutes choses, les villes naissent d’un germe infime. Ensuite, celles que leur courage et les dieux favorisent s’acquièrent grande ressource et grand nom. » Tite Live, Histoire de Rome

 

Il faisait gris sur Rio le 20 avril 1960 lorsqu’à 9h.30 du matin, le président brésilien Kubitschek quittait son palais du Catete, avec sa famille et les membres de son gouvernement. Devant le Palais, des milliers de cariocas étaient venus assister à l’événement. Ils savaient que dans quelques heures, à minuit, leur ville ne serait plus la capitale du Brésil. Après avoir fait ses adieux aux fonctionnaires de la présidence, Juscelino Kubitschek fermait lui-même les lourds battants des portes du palais et montait dans une voiture qui le conduisait à l’aéroport Santos Dumont. Une demi-heure plus tard, le Viscount présidentiel s’envolait vers les hauts plateaux méridionaux du bassin de l’Amazonie. Là où le lendemain, Kubitschek allait inaugurer la nouvelle capitale de son pays. C’était le 21 avril 1960, il y a cinquante ans jour pour jour, à Brasilia, devant des centaines de journalistes venus du monde entier. Parmi eux Daniel Garrick qui, ce jour là avait eu du mal à établir une liaison avec Paris.

Invité :

 

Laurent Vidal professeur des Universités –La Rochelle.

 

2000 ans d'histoire jeudi 22 avril 2010

 

Les volcans

 

« Rien n’est comparable à ce qu’on voit du haut de l’Etna : le cratère immense, mugissant et plein de flammes et de fumées. Sur sa tête, le ciel. Sous ses pieds, l’enfer. » Alexandre Dumas

 

500 millions de personnes vivent aujourd’hui sous la menace des volcans. Ils s’appellent le Vésuve, l’Etna, le Krakatoa, la Soufrière, la Montagne Pelée, le Nevado del Ruiz ou le Pinatubo et ils ont été responsables de quelques unes des plus grandes catastrophes naturelles de l’histoire. Incapables pendant des siècles d’expliquer leurs éruptions, les hommes ont longtemps cru que les volcans étaient les instruments de la colère des dieux. Et si dans leurs cagoules de nomex, les volcanologues d’aujourd’hui commencent à percer les secrets des volcans, à comprendre et à prévoir leurs éruptions, ils sont incapables de les empêcher.

 

Invité :

 

Jean-Claude Tanguy chercheur à l’Institut de Physique du Globe de Paris, Spécialiste de l’Etna et des volcans italiens.

 

2000 ans d'histoire vendredi 23 avril 2010

 

Histoire des légumes

 

rediffusion du 29.10.2008

 

« L’artichaut et la salade, L’asperge et la pastenade, Et les melons tourangeaux Me sont herbes plus friandes Que les royales viandes Qui se servent à monceaux. » Ronsard

 

Depuis que les omnivores que nous sommes les mangent et les cultivent, l’histoire des légumes se confond avec celle des hommes. Elle nous raconte l’invention et les progrès de l’agriculture, les inégalités sociales qui distinguent le pauvre qui n’a que des légumes pour se nourrir, du riche qui ne s’en sert que pour accompagner la viande. Elle nous raconte aussi la découverte d’autres continents et les voyages qu’ont fait la tomate, le poivron, le haricot où la pomme de terre venus d’Amérique pour arriver un jour sur nos tables. Les légumes y sont aujourd’hui si nombreux qu’on oublie à quel point leur goût nous manquerait si nous n’avions plus à manger que de la soupe en poudre, du maïs transgénique, de la pomme de terre lyophilisée, des tomates sans saveurs, ou, plus de tomates du tout. Comme dans ce film de Science Fiction où en guise de légumes, on ne mangeait plus qu’un produit étrange : le soleil vert.

 

Invité :

 

Evelyne Bloch-Dano journaliste.

 

2000 ans d'histoire lundi 26 avril 2010

 

L’affaire Stavisky

 

« On a suicidé Stavisky. Il s’est tué d’une balle tirée à trois mètres. Voilà ce que c’est d’avoir le bras long ! » Le Canard Enchaîné.

 

Janvier 1934 Le 8 janvier 1934 vers 16 heures, dans un chalet de Chamonix, des policiers découvraient le corps ensanglanté d’Alexandre Stavisky étendu sur le sol. Transporté dans le coma, la tempe trouée d’une balle, à l’hôpital le plus proche, il allait y mourir dix heures plus tard sans avoir parlé. C’était la fin d’un des plus grands escrocs du XX° siècle, et le début d’une affaire qui allait avoir des conséquences considérables. Car ce 8 janvier, quand la nouvelle a été connue, personne n’a cru la police dont l’enquête avait conclu au suicide de Stavisky. Pour l’opinion publique, on l’avait éliminé pour l’empêcher de révéler les noms de tous ceux qu’il avait compromis dans ses escroqueries, jusqu’à la dernière : l’affaire du Crédit Municipal de Bayonne qui allait provoquer sa perte.

 

Invité :

 

Pierre Cornut-Gentille.

 

2000 ans d'histoire mardi 27 avril 2010

 

Alfred de Musset

 

« Je suis venu trop tard dans un monde trop vieux » Alfred de Musset

 

Ils étaient des enfants ou des adolescents lorsqu’en 1815 ce qui restait des idéaux de la Révolution française disparaissait sous les ruines du Premier Empire. Ils s’appelaient Musset, Victor Hugo, Delacroix, George Sand, Alfred de Vigny, Gérard de Nerval, Théophile Gautier ou Berlioz. Peintres musiciens ou poètes, ces romantiques partageaient le même désespoir qu’éprouve toujours la jeunesse quand le passage à l’âge adulte lui fait perdre ses illusions. C’était ce qu’il y a 200 ans on appelait le mal du siècle, le sentiment, disait Musset d’être « Venus trop tard dans un monde trop vieux ».

 

Invitée :

 

Ariane Charton biographe, spécialiste de la littérature romantique.

 

 

2000 ans d'histoire mercredi 28 avril 2010

Les médias pendant l’Occupation

 

« Pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs. » Beaumarchais

 

Lorsqu’en temps de guerre il faut mobiliser l’opinion publique pour qu’elle accepte les sacrifices et les privations qui lui seront demandés, tous les pays, même les démocraties ont recours à la propagande et à la censure. Dès le début de la 2° guerre mondiale, la III° République l’avait bien compris en créant un Commissariat à l’Information chargé de contrôler les médias. Mais si, avant l’occupation, les journaux, la radio et les actualités cinématographiques était chargés de mobiliser l’opinion contre l’Allemagne, après le désastre de juin 40, ils ont du faire exactement le contraire. Il fallait faire accepter aux Français leur défaite, la mise en place d’un régime autoritaire, et la politique de collaboration avec l’Allemagne. C’est ce que les Allemands et Pétain attendaient des médias pendant toute la durée de l’occupation.

 

Invité :

 

Fabrice d’Almeida Historien, professeur à l'université Paris-II Panthéon-Assas.

 

2000 ans d'histoire jeudi 29 avril 2010

 

L’E.T.A.

 

« La violence est nécessaire. Une violence contagieuse, destructrice et qui appuie notre combat. » Journal de l’E.T.A. en 1962

 

Des deux côtés des Pyrénées, sur une terre qu’ils occupent depuis toujours, les basques ont résisté à toutes les invasions. Aux légions romaines, aux Wisigoths, aux Arabes et même à l’armée de Charlemagne dont ils ont massacré l’arrière garde à Roncevaux. Fiers de leurs traditions, passionnément attachés à leur langue, si vieille qu’on en ignore les origines, les basques n’ont accepté l’autorité de l’Espagne aussi longtemps qu’elle a respecté leur autonomie. Mais lorsqu’à partir du XIX° siècle, les gouvernements de Madrid ont commencé à la remettre en cause ils ont vu se dresser contre eux un mouvement nationaliste qui, en 1959, s’est lancé dans la lutte armée en créant l’Euskadi Ta Askatasuna (Pays basque et liberté) dont les initiales ETA font la une de l’actualité depuis 50 ans.

 

Invité :

 

Jacques Massey journaliste.

 

2000 ans d'histoire vendredi 30 avril 2010

 

Le dimanche

 

rediffusion du 16.12.2008

 

« Au jour vénérable du soleil, que les habitants se reposent et que tous les ateliers soient fermés. » Décret de l’empereur Constantin en 321

 

L’idée qu’il faut à l’homme un jour de repos hebdomadaire est aussi vieille que le monde. « Dans leur pitié pour notre race naturellement vouée à la peine, les dieux ont institué des haltes au milieu de nos travaux : c’est l’alternance des fêtes » disait déjà Platon il y a 23 siècles. Comme celle des Grecs, toutes les religions du monde ont toujours exigé qu’une fois par semaine au moins les hommes s’arrêtent de travailler : le vendredi chez les musulmans, le samedi chez les juifs et, dans les pays de tradition chrétienne, le sacro-saint dimanche. Le jour du seigneur où l’on consacre aujourd’hui moins de temps à la messe qu’à des activités profanes : le repas en famille, les loisirs ou le sport. Seul le travail restait prohibé jusqu’à ce qu’on remette aujourd’hui en cause le repos hebdomadaire du dimanche

 

Invité :

 

Ronan Dantec auteur.

 

2000 ans d'histoire lundi 3 mai 2010

 

Une histoire de l’humanitaire rediffusion du 21.10.2008

« La vertu d’humanité est un noble enthousiasme qui se tourmente des peines des autres et du besoin de les soulager. » Diderot, L’Encyclopédie L’histoire de l’humanitaire est aussi vieille que la charité qui depuis les Ordres Hospitaliers du Moyen-Age jusqu’aux Médecins sans Frontières d’aujourd’hui a poussé les hommes à venir en aide à toutes les victimes des guerres, des catastrophes naturelles ou de la misère. C’est l’aumône qu’impose l’Islam aux musulmans, Saint François d’Assise guérissant les lépreux, Saint Vincent ramassant les enfants perdus, ou sœur Emmanuelle dans les faubourgs du Caire. Pendant des siècles, l’humanitaire est resté presque toujours une affaire de religion. Jusqu’à ce qu’en 1863, Henri Dunant crée la Croix Rouge, la matrice de toutes ces O.N.G. que l’on voit partout dans le monde dès qu’un conflit, une famine ou une catastrophe naturelle nécessite leur intervention

Invité :

 

Philippe Ryfman professeur et chercheur associé au Département de science politique de la Sorbonne, avocat.

 

2000 ans d'histoire mardi 4 mai 2010

 

La bande à Bonnot

 

rediffusion du 21.01.2009

 

« Je suis un homme célèbre. La renommée claironne mon nom aux quatre coins du globe, et la publicité faite à mon humble personne doit rendre jaloux tous ceux qui se donnent tant de peine pour faire parler d’eux. » Jules Bonnot

 

Le 21 décembre 1911 à Paris, le jeune Pierre Brasseur se promène avec sa mère lorsqu’il voit une voiture garée devant le n° 150 de la rue Ordener. A cette époque, les automobiles sont encore rares, et tous les passants admirent cette Delaunay Belleville vert-bouteille à filet jonquille, qui se trouve juste en face d’une agence de la Société Générale. Mais personne n’imagine ce qui va se produire lorsqu’à 8h30 un encaisseur et un guichetier qui lui sert de garde du corps s’approchent de la banque avec une sacoche à la main. Aussitôt, deux hommes descendent de l’automobile, tirent deux coups de feu sur l’encaisseur, s’emparent de son sac et montent dans leur voiture. 60 ans plus tard, en 1972, Pierre Brasseur se souvenait encore de ce qui fut le premier hold-up motorisé de l’histoire. Le premier des nombreux crimes de la bande qui, pendant 4 mois, allait terroriser la France entière : la bande à Bonnot

 

Invité :

 

Frédéric Lavignette journaliste.

 

2000 ans d'histoire mercredi 5 mai 2010

 

Jupiter

 

rediffusion du 22.01.2009

 

« Tu as sur terre le nom que Jupiter porte au plus haut des cieux. Tu es Auguste, le père des hommes, il est le père des dieux. » Tacite

 

Dieu du ciel et père de tous les êtres vivants, appelé par les Romains Optimus Maximus (Le très bon, le très grand), pendant plus de mille ans, Jupiter a été associé au destin de Rome. Depuis sa fondation par Romulus il y a 2800 ans, jusqu’à ce que l’empereur Constantin se convertisse au Christianisme. Dès lors, les Romains ont commencé à se détourner du plus grand de leurs dieux. Et lorsqu’en 410, les Goths d’Alaric sont entrés dans Rome et l’ont mise à sac, il y avait déjà cent ans que, sur le Capitole, les généraux victorieux ne célébraient plus leurs triomphes devant le temple de Jupiter, que les empereurs n’y consultaient plus les augures, que la ville n’était plus la capitale de l’empire, et Jupiter, le premier de ses dieux

 

Invité :

 

Jean-Maurice de Montremy journaliste.

 

2000 ans d'histoire jeudi 6 mai 2010

 

La Bretagne

 

rediffusion du 11.09.2008

 

Invité : Alain Croix historien et universitaire.

 

2000 ans d'histoire vendredi 7 mai 2010

 

Stauffenberg et l’attentat contre Hitler

 

Le 20 juillet 1944 à 12h.30, dans son quartier général de Rastenburg en Prusse orientale, Hitler réunit comme tous les jours les officiers chargés de lui rendre compte de la situation militaire sur tous les fronts où est engagée l’armée allemande. Autour d’une lourde table de chêne, couverte de cartes d’état-major, personne ne remarque le geste du colonel von Stauffenberg quand il pose sa sacoche sous la table, avant de quitter discrètement la réunion. Quelques minutes plus tard, à 12h.42, la bombe à retardement qu’il avait dissimulée dans sa sacoche explose. Persuadé qu’Hitler a été tué, l’auteur de l’attentat est déjà loin, en route pour l’aéroport de Rastenburg où l’attend un avion pour Berlin. Stauffenberg ignore que le dictateur est indemne, que l’attentat a échoué, et que dans quelques heures il sera arrêté et fusillé avec trois autres conjurés d’un des complots les plus célèbres de l’histoire.

 

Invité :

 

Jean-Louis Thiériot historien et avocat.

 

2000 ans d'histoire lundi 10 mai 2010

 

Victor de l’Aveyron, l’enfant sauvage

 

rediffusion du 28/03/2007

 

« Citoyens, j’apprends qu’il a été trouvé dans votre département un jeune homme qui ne sait que pousser des cris confus et ne parle aucune langue. Je vous prie de me l’adresser sans délais. » Lucien Bonaparte, ministre de l’intérieur

 

Complètement nu, hirsute, se nourrissant de glands et se déplaçant comme un animal, c’était un enfant d’une dizaine d’années qui errait depuis longtemps dans les forêts de l’Aveyron lorsque le 8 janvier 1800, il était débusqué par des chasseurs près du village de Saint Sernin. Comme il était incapable de s’exprimer autrement que par des cris inarticulés, on ne savait pas d’où il venait. Ni ou, ni quand, ni pourquoi il avait été abandonné. Personne d’ailleurs ne s’y serait intéressé si, à Paris, l’annonce de la capture de cet enfant sauvage n’avait éveillé la curiosité du ministre de l’intérieur, Lucien Bonaparte, et de quelques savants comme le précurseur de la rééducation des enfants handicapés : un médecin de 26 ans : Jean Marc Gaspard Itard

 

Invitée :

 

Anne Queinnec écrivain.

 

2000 ans d'histoire mardi 11 mai 2010

 

Les femmes au pouvoir

 

« Les Français persuadent les femmes qu’elles n’ont point de génie. Qu’il faut les rapetisser pour les reléguer aux frontières subalternes du ménage. » Charles Fourier

 

Parce que les femmes représentent aujourd’hui près de la moitié de la population active en France, on oublie souvent que la parité n’est pas l’égalité, et que, si les femmes travaillent depuis longtemps déjà dans les bureaux ou dans les usines, c’était toujours pour y exercer des emplois subalternes. Vouées par leur nature, disait-on, à s’occuper d’abord des tâches domestiques, de leurs enfants et de leurs maris, on ne les voyait jamais à des postes de responsabilités dans les entreprises, l’administration et la politique. Qui aurait pu croire il y a 50 ans, qu’une femme puisse être élue Présidente de la République, devenir ministre de l’économie, de la défense ou de l’intérieur, prendre la tête de l’industrie nucléaire française, ou les commandes d’un avion de chasse.

Invitée :

 

Sylvie Schweitzer historienne, spécialiste de l’histoire contemporaine du travail,Lyon-II.

 

2000 ans d'histoire mercredi 12 mai 2010

 

L’entreprise des Indes

 

« Les bateaux ne partent pas que des ports, ils s’en vont poussés par un rêve. » Erik Orsenna

 

Parce qu’il croyait pouvoir atteindre l’Asie par l’Ouest, en traversant l’Atlantique Christophe Colomb avait appelé son voyage L’Entreprise des Indes. Et parce qu’il ignorait que sur sa route il allait découvrir un nouveau continent, on a donné à l’Amérique un autre nom que le sien. Mais si personne aujourd’hui ne sait ce qu’a fait Amerigo Vespucci pour que ce nouveau monde porte son prénom, chacun sait que c’est à Christophe Colomb que l’on doit la plus grande des grandes découvertes. Celle qui a fait entrer son nom dans l’histoire, et le monde dans la Renaissance, lorsque le 12 octobre 1492, après avoir passé 40 jours sur une mer inconnue, ses bateaux arrivaient sur une île quelque part dans l’archipel des Bahamas.

 

Invité :

 

Erik Orsenna membre de l’Académie française, romancier.

 

2000 ans d'histoire jeudi 13 mai 2010

 

Le procès Flaubert

 

« Je vous annonce que demain 24 janvier 1857, j’honore de ma présence le banc des escrocs, 6ème Chambre de police correctionnelle, 10 heures du matin. Les dames sont admises. Une tenue décente est de rigueur." Gustave Flaubert

 

On dit qu’il y a deux Flaubert. Le romantique fasciné par la mort qui rêvait d’amours impossibles et de civilisations disparues, l’auteur de "L’Education sentimentale" et de "Salammbô", et l’écrivain réaliste qui, avec des personnages ordinaires, exprimait son scepticisme, sa misanthropie, son mépris de la morale bourgeoise et son pessimisme. L’auteur de "Bouvard et Pécuchet", et surtout d’un roman qui en 1857 lui a valu à la fois la gloire, les foudres de la presse bien pensante et un des procès les plus célèbres de l’histoire littéraire. Madame Bovary.

 

Invité :

 

Emmanuel Pierrat avocat.

 

2000 ans d'histoire vendredi 14 mai 2010

 

Les Harems

 

Rediffusion du 6.01.2009

 

« Le silence régnait autour de ce palais mystérieux qui, derrière les fenêtres du harem renferme tant d’ennuis et de langueur que je pensais à tous ces trésors de beauté perdus pour le regard humain. » Théophile Gautier

 

Coupés du reste du monde, avec ses jardins, ses hammams, ses eunuques et les dortoirs ou dormaient près de 400 femmes, le harem était l’endroit le plus secret du dernier palais des empereurs ottomans. Jusqu’à ce qu’en 1909, la révolution jeune turque en chasse le sultan Abdülhamid II. Parti en exil avec ses quatre épouses et quelques concubines, il laissait derrière lui des dizaines de femmes de 15 à 50 ans à charge du nouveau gouvernement. Jusqu’à ce que la république, proclamée en 1923 décide de mettre fin à ces prisons dorées où, pendant des siècles, des dizaines de milliers de femmes, raflées dans toutes les provinces de l’empire ottoman où capturées et vendues par ses pirates, avaient été enfermées pour satisfaire les désirs des sultans et leur donner une descendance.

 

Invité :

 

Altan Gokalp directeur de recherche au CNRS, anthropologue.

 

2000 ans d'histoire lundi 17 mai 2010

 

Molière -1ère partie

 

« Les anciens, monsieur, sont les anciens, et nous sommes les gens de maintenant. » Molière, Le Malade imaginaire.

 

Avec Corneille et Racine dont il était le contemporain, Molière fait partie de la trilogie classique qui a placé la France de Louis XIV au sommet du théâtre de son temps. A ceci près que si les personnages des deux premiers nous paraissent aujourd’hui démodés, ceux de Molière n’ont pas vieilli. L’avarice d’Harpagon, l’hypocrisie de Tartuffe, la misanthropie d’Alceste, la vanité des Précieuses Ridicules, du Bourgeois Gentilhomme et des médecins de Molière nous font encore rire parce que nous les rencontrons tous les jours, tels qu’il les a décrits il y a plus de 300 ans dans ses comédies. Depuis la première, L’Etourdi, jusqu’à la dernière, Le Malade imaginaire, dans laquelle Molière, qui était réellement malade jouait si bien son rôle que personne ne s’était rendu compte qu’il était en train de mourir. C’était le 17 février 1673.

 

Invités :

 

François Rey spécialiste de Molière

 

Georges Forestier professeur de Littérature française à l’Université Paris-Sorbonne-Paris IV Molière

21

 

2000 ans d'histoire mardi 18 mai 2010

 

Molière -2ème partie

 

« Lorsque vous peignez les hommes, il faut les peindre d’après nature. Et vous n’avez rien fait si vous n’y faite reconnaître les gens de votre siècle. » Molière

 

L’Ecole des femmes Il lui aura fallu à peine 14 ans pour qu’avec ses Précieuses ridicules, L’Ecole des femmes, Tartuffe, Le misanthrope, Le médecin malgré lui, L’Avare, Le Bourgeois gentilhomme, Les Fourberies de Scapin, et Les Femmes savantes il fasse rire la France entière. Jusqu’à la 4° représentation du Malade imaginaire où il a si bien joué son rôle que personne ne s’est rendu compte qu’il était réellement en train de mourir. Aussi populaire de son vivant que critiqué par tous ceux dont il se moquait, il était devenu si célèbre qu’après sa mort on a donné son nom à la nouvelle Comédie Française. Mais pour que Molière devienne l’auteur le plus célèbre d’un siècle qui avait pourtant vu naître Racine, Corneille, la Fontaine, Bossuet et Boileau, le soutien du public ne suffisait pas. Contre ses détracteurs il lui fallait des protections. Lorsqu’en 1658, après 13 ans de représentation en province, il était revenu à Paris, Molière avait obtenu celle de Monsieur, le frère de Louis XIV. Trois ans plus tard, en créant Les Fâcheux, dans le château de Vaux le Vicomte, il pouvait compter sur celle du roi lui-même.

 

Invités :

 

Georges Forestier professeur de Littérature française à l’Université Paris-Sorbonne-Paris IV Molière 21

 

François Rey spécialiste de Molière

 

2000 ans d'histoire mercredi 19 mai 2010

 

Les Cent-Jours

 

« J’arrive parmi vous reprendre mes droits qui sont les vôtres. L’aigle, avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame. » Napoléon à Golfe Juan. 1er mars 1815

 

De toutes les campagnes de Napoléon, ce fut sans doute la plus belle. Celle qui, en 1815, lui a permis en vingt jours à peine, et sans faire couler une goutte de sang, de reconquérir la couronne qu’il avait perdue un an plus tôt. Cette couronne reconquise, il ne la gardera que cent jours. Mais sans eux, sans ce qu’on a appelé « Le vol de l’Aigle » qui, en mars 1815, l’avait conduit de Golfe Juan à Paris, sans la bataille de Waterloo trois mois plus tard, la légende napoléonienne aurait été incomplète. Car on voit mal celui qui avait régné sur la moitié de l’Europe finir ses jours en gouvernant une île de la taille d’un département français. L’île d’Elbe dans laquelle Napoléon avait été envoyé en 1814 après avoir été contraint d’abdiquer à Fontainebleau. Invité : Thierry Lentz directeur de la Fondation Napoléon

 

2000 ans d'histoire jeudi 20 mai 2010

 

Eichmann

 

Il y a 50 ans jour pour jour, le 20 mai 1960, quelques minutes avant minuit, un avion Bristol de la compagnie El Al décollait de l’aéroport de Buenos Aires à destination de Tel Aviv. A son bord, un homme, qui semblait avoir été drogué, était accompagné par deux agents des services secrets israéliens déguisés en stewards. 9 jours plus tôt, ils avaient découvert et enlevé un des plus hauts responsables du régime nazi qui avait disparu depuis la fin de la guerre. Le 23 mai, devant son parlement, le premier ministre israélien David Ben Gourion annonçait la nouvelle : « Je dois informer la Knesset, disait-il, qu’un des principaux criminels de guerre nazi, Adolf Eichmann, est en Israël, en état d’arrestation, et sera jugé prochainement. » Presque personne jusque là n’avait entendu parler de cet ancien lieutenant colonel des SS, ni du rôle qu’il avait joué pendant la guerre dans le génocide des Juifs. C’est ce qu’allait révéler le procès d’Adolf Eichmann, qui s’ouvrait le 11 avril 1961, à Jérusalem.

 

Invité :

 

Rony Brauman.

 

2000 ans d'histoire vendredi 21 mai 2010

 

Les sirènes

 

rediffusion du 25.03.2009

 

« L’amiral vit trois sirènes qui sautèrent hors de la mer. Mais elles n’étaient pas aussi belles qu’on les dépeint, et en aucune façon elles n’avaient forme humaine de visage. » Christophe Colomb Journal de bord

 

Le 9 janvier 1493, quelque part au large d’Haïti Christophe Colomb écrivait dans son journal de bord qu’il avait vu trois sirènes. C’était en fait des lamantins dont la ressemblance avec les humains est à l’origine d’une très vieille légende. Elle est née il y a près de 3000 ans de l’imagination d’Homère qui, dans l’Odyssée, parlait pour la première fois des sirènes. A quoi ressemblaient-elles ? Avaient-elles une tête humaine, un corps de poisson ou des ailes et des griffes d’oiseau comme on les a représentées plus tard ? L’Odyssée ne le précise pas. Tout ce qu’en dit Homère, c’est que le chant des sirènes est un piège mortel pour tous les marins qui osent s’approcher de leur île. « Vous ne pouvez éviter l’île des sirènes, écrit il, mais quiconque écoute leur chant est perdu. Leur séjour est bordé d’un rivage blanchi d’ossements et de débris humains dont les chairs se corrompent. »

 

Invité :

 

Pierre Chavot historien des religions

 

2000 ans d'histoire lundi 24 mai 2010

 

Saint-François d'Assise

 

« Si tu veux être parfait, vas, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres.", François d’Assise

 

Il s’appelait François Bernardone. Fils d’un riche marchand d’Assise où il est né à la fin du XII° siècle, il appartenait à la bourgeoisie qui s’était enrichie grâce à l’essor économique de l’Italie de l’époque. Une prospérité dont l’église elle-même avait profité en vivant dans un luxe, tel qu’il avait favorisé le développement des hérésies qui prêchaient un retour à l’idéal de pauvreté des débuts du christianisme. Pour lutter contre elles, les papes du XIII° siècle ont alors encouragé la naissance et le développement de deux ordres religieux : les Dominicains et les Franciscains. Les premiers chargés de l’Inquisition, les seconds de donner l’exemple d’une communauté de chrétiens qui avaient choisi de se dépouiller de tous les biens de ce monde pour se mettre au service des pauvres et des déshérités. Ces Frères Mineurs, comme ils s’appelaient, sont devenus depuis un des ordres les plus importants du christianisme : les Franciscains, qui sont aujourd’hui plus de 20.000 à suivre une règle fixée il y a 800 ans par un homme que rien ne prédisposait pourtant à devenir un saint. Dans sa jeunesse, François d’Assise aimait l’argent, les fêtes, l’amour courtois, et ne rêvait que d’en découdre, les armes à la main, pour devenir un chevalier.

 

Invité :

 

Jacques Dalarun Médiéviste, directeur de recherches au CNRS.

 

2000 ans d'histoire mardi 25 mai 2010

 

Philippe Le Bel

 

Le samedi 7 octobre 1303, dans la petite ville d’Anagni, une centaine d’hommes en arme faisaient irruption dans la résidence du pape Boniface VIII. A leur tête, Guillaume de Nogaret avait reçu du roi de France Philippe le Bel l’ordre de s’emparer du pape et de lui signifier sa mise en accusation pour hérésie. Jamais jusque là un roi n’avait encore osé s’en prendre à un pape. Jusqu’à ce roi de France qui, à la fin du XIIIème et au début du XIVème siècle, a régné pendant 29 ans avec tant de fermeté qu’on le surnommait : « Le roi de fer ». Petit-fils de Saint Louis, Philippe le Bel a utilisé tous les moyens, même les pires, pour accroître les pouvoirs d’une monarchie qui avec lui est devenue une des plus puissantes et les plus centralisées d’Europe. Au nom de la raison d’Etat, il a combattu et éliminé tous ceux qui pouvaient limiter ou menacer son autorité, même le pape. Mais si aujourd’hui tout le monde a oublié ce 7 septembre 1303, et ce qui s’était passé à Anagni, on se souvient d’une des plus grandes affaires du règne de Philippe le Bel : la condamnation à mort et l’exécution des Templiers.

 

Invité :

 

Guillaume de Thieulloy journaliste et écrivain.

 

2000 ans d'histoire mercredi 26 mai 2010

 

Les époux Thorez

 

« Quand j’étais enceinte, lorsque je marchais dans la rue, j’avais l’impression d’avoir Thorez dans mon ventre. » Jeannette Thorez Vermeersch La Vie en rouge

 

Il était fils et petit fils de mineur, elle était la fille d’une tisserande et d’un docker. Pendant 30 ans, Maurice Thorez et Jeannette Vermeersch ont marqué l’histoire du parti communiste français dont il avait pris la direction quand ils se sont rencontrés pendant un voyage à Moscou en 1930. C’était le début d’une histoire d’amour passée à l’ombre d’un parti dont ils ont partagé tous les combats. Les meilleurs comme le Front Populaire et la Libération, quand le parti communiste était devenu le premier parti de France, mais aussi les pires comme le pacte germano-soviétique et la guerre froide quand le PC derrière son chef, s’alignait systématiquement sur l’URSS, fut-elle gouvernée par un tyran.

 

Invité :

 

Annette Wieviorka.

 

2000 ans d'histoire jeudi 27 mai 2010

 

La Commune

 

« Au nom du peuple, la Commune de Paris est proclamée. » Gabriel Ranvier, 28 mars 1871

 

Le 28 mars 1871, devant l’Hôtel de ville de Paris décoré d’un drapeau rouge, plus de 100.000 parisiens entendaient un de leurs élus, Gabriel Ranvier proclamer la naissance de la Commune de Paris. « Quelle journée écrivait le soir même Jules Vallès, le soleil clair et tiède qui dore la gueule des canons, le frisson des drapeaux ! Le murmure de cette révolution qui passe ! Il y a là de quoi griser d’orgueil et de joie l’armée victorieuse des Républicains ! » La Révolution dont parlait Vallès avait commencé dix jours plus tôt, lorsque le 18 mars, les Parisiens avaient refusé de rendre au gouvernement les canons qui avaient servi à la défense de Paris pendant la guerre franco-prussienne de 1870. C’était le début d’une autre guerre, une guerre civile qui, pendant 9 semaines a opposé la Commune de Paris au gouvernement qui s’était installé à Versailles. Jusqu’au jour où à la porte de Saint Cloud, un général polonais de la Garde Nationale voyait arriver l’armée de Mac Mahon qui en une semaine allait écraser la Commune de Paris.

 

Invité :

 

Pierre Milza professeur émérite à l’IEP de Paris.

 

2000 ans d'histoire vendredi 28 mai 2010

 

Une Histoire du snobisme

 

rediffusion du 16.09.2008

 

« Au commencement, Dieu fit le monde, et avec lui les Snobs. Ils sont de toute éternité. » William Thackeray

 

En appelant The Snob le journal du Trinity College de Cambridge, en 1829, William Thackeray donnait son nom à un comportement aussi vieux que le monde. Il avait emprunté ce mot à l’argot des étudiants du collège qui appelaient snob un bourgeois par opposition aux étudiants. On dit aussi que le mot snob venait de l’abréviation du latin « Sine Nobilitas », c'est-à-dire sans noblesse. Une expression que l’on mettait sur les listes des élèves devant le nom de ceux qui n’étaient pas des aristocrates. C’était à une époque où, en Angleterre comme en France, on était prêts à tout pour avoir une particule. Comme deux siècles auparavant, ce bourgeois de Molière qui rêvait d’être un gentilhomme et qui était déjà snob, bien avant que le mot existe.

 

Invité :

 

Frédéric Rouvillois professeur de droit à l’Université Paris-V.

 

2000 ans d'histoire lundi 31 mai 2010

 

La télévision -1ère partie

 

« Le téléphone fonctionnait avec une précision si merveilleuse que deux personnes pouvaient se voir dans des glaces reliées par des fils, grâce à l’invention du téléphote. » Jules Verne le Château des Carpathes 1892

 

A l’heure des écrans plasma, des images en 3D, de la TNT et de la vidéo, on a oublié depuis longtemps quand, comment et par qui la télévision a été inventée. Et l’époque où, au XIX° siècle, Jules Verne imaginait déjà un téléphone qui pourrait transmettre des images. Il l’avait appelé joliment le Téléphote. Car avant qu’on lui donne son nom, et parce qu’on l’associait toujours à d’autres moyens de communication, la télévision s’était aussi appelée le pantélégraphe, ou la radiovision. Inventée en 1926 par un Ecossais, John Baird, elle est n’est arrivée en France que 10 ans plus tard lorsqu’en 1935, dans un studio installé au ministère des PTT, au 103 rue de Grenelle à Paris, un ingénieur René Barthélémy pouvait diffuser la première émission de télévision en France.

 

Invités :

 

Marie Lherault sociologue des médias François Tron directeur des antennes de la RTBF.

 

2000 ans d'histoire mardi 1er juin 2010

 

La télévision -2ème partie

 

« Voici que la combinaison du micro et de l’écran s’offre à moi au moment où l’innovation commence son foudroyant développement. Pour être présent partout, c’est là soudain un moyen sans égal. » Charles de Gaulle

 

Mémoires d’espoir Au lendemain de la guerre, les rares Français qui avaient la télévision ne pouvaient pas imaginer la place qu’elle prendrait un jour dans leur vie quotidienne. L’image était si mauvaise, la diffusion si limitée et le prix des premiers récepteurs si élevés qu’en France, on n’en comptait à peine 3000 pour diffuser les programmes d’une seule chaîne de télévision. Ce qui comptait à l’époque, et jusqu’à la fin des années 50, c’était la radio. Jusqu’à ce qu’avec l’amélioration de la qualité des récepteurs, la réduction de leur prix, l’apparition de nouvelles chaînes publiques et privées, la télévision équipe aujourd’hui 97% des foyers français, pour le meilleur et pour le pire.

 

Invités :

 

Marie Lherault sociologue des médias

 

François Tron directeur des antennes de la RTBF.

 

2000 ans d'histoire mercredi 2 juin 2010

 

La conquête de l’Algérie

 

« Les Français n’ont quitté leur pays que pour conquérir le nôtre. Mais je suis l’épine que dieu leur a placé dans l’œil et je les jetterai à la mer. » Abd el Kader

 

Lorsqu’il y a 180 ans, le 14 juin 1830, l’armée française du général de Bourmont débarquait dans la baie de Sidi-Ferruch en Algérie, ce n’était pas pour la coloniser, mais pour venger un affront. Ce fameux coup d’éventail que le dey d’Alger avait donné au consul de France trois ans plus tôt. Personne n’imaginait que cette expédition marquait le début de 130 ans de présence française en Afrique du Nord. Personne ne pensait non plus qu’en Algérie, l’armée française se heurterait à une telle résistance des Arabes et des Berbères qui l’ont tenu en échec pendant plus de 15 ans. Jusqu’à la reddition de celui qui, plus d’un siècle avant l’indépendance de son pays, fut le premier à incarner la résistance algérienne, et qui se rendait au général de Lamoricière le 23 décembre 1847.

 

Invité :

 

Yves Lacoste géographe et historien.

 

2000 ans d'histoire jeudi 3 juin 2010

 

Le Rideau de Fer et le début de la Guerre froide

 

« L’Europe ne formera bientôt plus que deux partis ennemis ; on ne s’y divisera plus par peuples et par territoires, mais par couleur et par opinion. » Napoléon

 

Rarement dans l’histoire un discours a eu autant de conséquences que celui prononcé par Winston Churchill le 5 mars 1946. En dénonçant le rideau de fer derrière lequel, à l’est de l’Europe, Staline était en train de mettre en place des régimes communistes dans tous les pays occupés par l’URSS au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Churchill annonçait le début d’une autre guerre : la Guerre Froide. Près de 50 ans pendant lesquels, à Berlin, à Prague, en Corée, à Budapest, à Cuba, au Vietnam ou en Afghanistan les Etats-Unis et l’URSS se sont affrontés indirectement dans un monde divisé par deux idéologies, deux systèmes politiques, deux modes de vies différents. Deux blocs soudés par la peur d’une guerre bien plus meurtrière que celle pendant laquelle Américains et Soviétiques s’étaient pourtant battus côte à côte. Car un an avant de s’affronter, l’Amérique de Roosevelt, l’Angleterre de Churchill et l’URSS de Staline, étaient encore des alliés qui, le 4 février 1945, se retrouvaient à Yalta pour préparer l’après guerre.

 

Invitée :

 

Mathilde Aycard historienne.

 

2000 ans d'histoire vendredi 4 juin 2010

 

Henry Dunant et la naissance de la Croix-Rouge

 

rediffusion du 24.06.2009

 

« Seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent » Henry Dunant

 

Quand il est mort en 1910, dans l’hôpital du petit village de Heiden, en Suisse, tout le monde avait oublié celui qui 47 ans plus tôt avait inventé l’organisation humanitaire la plus célèbre du monde. Celle qui, avec 100 millions de bénévoles dans 186 pays est présente aujourd’hui partout pour soulager les victimes des catastrophes naturelles, des épidémies, de la précarité, de la famine mais aussi celles pour lesquelles elle avait été créée, les victimes des guerres. C’est d’abord pour elles qu’Henry Dunant avait inventé la Croix-Rouge. Certes, l’idée de soigner les blessés sur les champs de bataille, quelle que soit leur nationalité, n’était pas nouvelle. En 1745, le soir de la bataille de Fontenoy, quand un officier avait demandé à Louis XV comment il fallait traiter les ennemis blessés. Comme les autres avait répondu le roi, car du fait qu’ils sont blessés, ils ne sont plus nos ennemis. Mais il a fallu attendre 150 ans encore pour qu’au lendemain d’une autre bataille, le vœu de Louis XV devienne une réalité. C’était il y a tout juste 150 ans, en Italie du nord. Lorsque le 25 juin 1859, à Castiglione, Henry Dunant découvrait dans un hôpital de fortune les blessés qui avaient été ramassé la veille sur le champ de bataille de Solferino

 

Invité :

 

Gérard A. Jaeger historien et essayiste.

 

2000 ans d'histoire lundi 7 juin 2010

 

Histoire de l'identité en France

 

« C’est de l’identité qu’est née la différence. » Heinz Pagels On utilise curieusement le même mot d’identité pour définir à la fois ce que les hommes ont en commun, et ce qui les distingue. « C’est de l’identité qu’est née la différence » écrivait le physicien américain Heinz Pagels.

 

Eric Besson vient d’en faire malgré lui l’expérience en tentant vainement de définir l’identité nationale dont il est pourtant le ministre. Mais bien avant l’existence des nations, ce n’était pas la couleur de sa peau, ni sa langue, ni sa religion, ni son pays d’origine qui faisait l’identité d’un homme ou d’une femme, c’était d’abord son patronyme. C’est par lui qu’il se rattache à une famille, c'est-à-dire à une histoire et à un terroir. Et dans un monde où l’on vit et on meurt de moins en moins souvent sur son lieu de naissance, le nom est même le seul moyen pour un homme de retrouver ses racines. Son nom et son prénom, car aujourd’hui, les Français ne partageant plus qu’un million de patronymes, c’est par les prénoms qui les précèdent que se distinguent les noms les plus répandus.

 

Invité :

 

Jean-Pierre Gutton professeur émérite à l’université Lumière Lyon 2, Etablir l’identité.

 

2000 ans d'histoire mardi 8 juin 2010

 

La dette publique

 

Invité :

 

Jacques Attali professeur, écrivain, conseiller d’Etat honoraire.

 

2000 ans d'histoire mercredi 9 juin 2010

 

Les acadiens

 

« Etre acadien, ce n’est pas occuper un territoire, c’est être descendant de quelqu’un. » Antonine Maillet

 

Tous les ans, le 15 août, où qu’ils se trouvent, les Acadiens célèbrent la fête nationale d’un pays qui n’existe plus. Découverte il y a 500 ans quelque part entre la baie de Fundy et le golfe du Saint Laurent, l’Acadie fut peuplée dès le début du XVII° siècle par une poignée de Français qui y ont installé la première colonie européenne d’Amérique du Nord. Ils y sont restés pendant un siècle et demi, jusqu’à ce que les Anglais les en chassent et les dispersent aux quatre coins du monde. Sur la côte est des Etats-Unis, au Canada français, en France où en Louisiane où les descendants des Acadiens se souviennent encore de ce qu’ils appellent pudiquement : le Grand Dérangement.

 

Invité :

 

Jean-François Mouhot historien, chargé de recherche - Université de Birmingham.

 

2000 ans d'histoire 10 juin 2010

 

L’escadrille Normandie-Niemen

 

« Sur la terre russe martyrisée comme la terre française, et par le même ennemi, le régiment « Normandie » soutient, démontre et accroît la gloire de la France. » Charles de Gaulle

 

Ils ont aujourd’hui plus de 80 ans et ne sont plus que cinq à avoir été les témoins d’une des épopées les plus extraordinaires de la France libre. Celle de la seule unité occidentale qui s’est battue avec l’Armée Rouge sur le front de l’est pendant la deuxième guerre mondiale. Le Groupe de chasse Normandie Niémen. Une centaine de pilotes français qui, se sont battus au dessus de la Russie, de la Pologne et de l’Allemagne contre les Messerschmitt et les Focke Wulf de l’aviation allemande pendant plus de deux ans. Jusqu’à leur retour en France le 20 juin 1945. Le jour là, après avoir survolé Notre Dame, les Champs Elysées et l’Arc de Triomphe, les 37 derniers avions Yakovlev du régiment Normandie Niémen étaient accueillis triomphalement au Bourget.

 

Invité :

 

Juliette Goudot historienne et journaliste, réalisatrice du documentaire Un pilote dans l’Histoire.

 

2000 ans d'histoire vendredi 11 juin 2008

 

Le Cardinal de Retz

 

« Les scrupules et la grandeur ont été de tout temps incompatibles. » Cardinal de Retz

 

Il était prêt à tout pour entrer dans l’histoire. Sans aucun scrupule -« Les scrupules, disait-il, et la grandeur ont toujours été incompatibles »- Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, était devenu prêtre sans en avoir la vocation mais en sachant qu’à l’époque c’était le meilleur moyen d’accéder au sommet du pouvoir. C’est en devenant cardinaux que Richelieu était devenu le principal ministre de Louis XIII, et Mazarin l’homme le plus puissant de France à l’époque où Louis XIV était encore trop jeune pour régner. Mais si, comme eux, Gondi a été cardinal il n’est jamais devenu premier ministre et si il est entré dans l’histoire ce n’est pas par la politique mais par la littérature. C’est en rappelant dans ses mémoires l’époque où, pendant la Fronde, il avait rêvé de devenir premier ministre. C’était au lendemain d’une victoire de l’armée française en Flandre, Gondi était alors le coadjuteur (l’adjoint) de l’archevêque de Paris et, il prévenait le cardinal Mazarin que la ville était sur le point de se soulever.

 

Invitée :

 

Simone Bertière historienne.

 

2000 ans d'histoire lundi 14 juin 2010

 

1918-1939: Chronique d'une défaite annoncée

 

« Si le hasard d’une bataille a ruiné un Etat, il y avait une cause générale qui faisait que cet Etat devait périr par une seule bataille. » Montesquieu

 

Lorsque le 10 mai 1940, Hitler envahissait les Pays Bas et la Belgique, personne n’imaginait qu’il lui faudrait six semaines à peine pour battre une armée dont on disait alors qu’elle était la plus puissante du monde. L’armée française qui en 1918 avait infligé aux Allemands une défaite humiliante et un traité de paix qu’ils n’avaient jamais accepté. 22 ans plus tard, ils prenaient leur revanche en si peu de temps que tout le monde s’est demandé comment et pourquoi un tel désastre avait été possible. Depuis 70 ans on se pose encore la question comme les Français se la posaient sûrement le jour où ils ont appris que l’armée allemande entrait dans Paris. Pour éviter qu’elle soit détruite, la ville avait été déclarée « ville ouverte » et c’est sans avoir eu à tirer un coup de feu que le 14 juin 1940, il y a 70 ans jour pour jour, la Wehrmacht entrait dans la capitale de la France tandis que dans le ciel, ses avions filmaient l’événement pour les actualités allemandes.

 

Invité :

 

Claude Quétel historien, ancien directeur scientifique du Mémorial de Caen.

 

2000 ans d'histoire mardi 15 juin 2010

 

La drôle de guerre

 

« Quand, en octobre 1939, rentrant d’un reportage en Lorraine, j’intitulai mon article : Drôle de guerre, je ne me doutais pas du retentissement que la formule allait avoir. » Roland Dorgelès

 

Les Français l’ont appelé la Drôle de guerre, les Anglais une Phoney War, un « semblant de guerre », et les Allemands la Sitzkrieg, la « guerre assise ». Une période de huit mois pendant lesquels, du 1° septembre 1939 au 10 mai 1940, le long des frontières franco-allemandes et franco-belges, des millions de soldats sont restés face à face, l’arme au pied en attendant une bataille qui ne venait pas. L’ironie du sort aura donc voulu que le conflit le plus meurtrier de tous les temps commence sur le front ouest par cette guerre étrange, sans ligne de feu, sans combats et presque sans morts. « Drôle de guerre en effet », jusqu’à la veille de l’offensive Allemande qui, le 10 mai 1940 allait provoquer en 6 semaines la défaite de la France.

 

Invité : Jean-Pierre Azéma historien, professeur émérite à Sciences Po.

 

2000 ans d'histoire mercredi 16 juin 2010

 

La bataille de France mai-juin 1940

 

rediffusion du 11 mai 2009

 

« La France a perdu une bataille, mais elle n’a pas perdu la guerre. » Charles de Gaulle, juillet 1940

 

Le 10 mai 1940, après avoir envahi la Pologne, le Danemark et la Norvège, Hitler avait concentré l’essentiel de ses forces sur le front de l’ouest, derrière la Ligne Siegfried et les frontières des Pays bas, de la Belgique et du Luxembourg. En face des 135 divisions allemandes des généraux Von Leeb et Von Bock, la France avait rassemblé la plus grande armée de son histoire. 5 millions d’hommes, 2400 chars et plus de 2000 avions qui, sous les ordres du général Gamelin, attendaient depuis 9 mois l’offensive allemande. C’était « la drôle de guerre. » Mais, du côté français, on était tellement persuadé de la victoire, et de l’invulnérabilité de la ligne Maginot, que c’est presque avec soulagement que, le 10 mai 1940, il y a 69 ans, on apprenait que les forces armées allemandes étaient entrées en Belgique et aux Pays Bas. Personne n’imaginait qu’en 47 jours à peine, elles allaient infliger à la France plus grand désastre militaire de son histoire

 

Invité :

 

Jean-Pierre Richardot journaliste et historien.

 

2000 ans d'histoire Jeudi 17 juin 2010

 

L'armistice

 

« On n’est vaincu que lorsqu’on s’avoue vaincu. » Maréchal Foch

 

Le 17 juin 1940, il y a 70 ans jour pour jour, les Français entendaient à la radio le Maréchal Pétain leur demander de cesser le combat. Depuis que les Allemands avaient franchi le 6 juin les dernières lignes de défense de l’armée française, c’était croyait-il la seule solution. Mais il fallait vaincre la résistance du chef du gouvernement français, Paul Reynaud, qui espérait encore pouvoir compter sur l’aide des Anglais et des Américains pour continuer le combat. Jusqu’à ce qu’il démissionne le 16 juin 1940. Le jour même, à Bordeaux où s’était réplié le gouvernement, le président de la République demandait au maréchal Pétain de le remplacer. Celui-ci sortait aussitôt de sa poche la liste de ses ministres. C’est dire à quel point avec son entourage, Pétain avait prévu et préparé depuis plusieurs jours son arrivée au pouvoir. Le lendemain il demandait l’armistice et, 8 jours plus tard, le 25 juin 1940, il en annonçait les conditions en même temps que son intention de renverser la République.

 

Invité :

 

Olivier Wieviorka professeur à l’Ecole normale supérieure de Cachan.

 

2000 ans d'histoire vendredi 18 juin 2010

 

L'appel du 18 juin En direct de Londres

 

Invité :

 

Eric Roussel historien président de l’Institut Pierre Mendès-France.

 

2000 ans d'histoire lundi 21 juin 2010

 

Jacques Brel

 

rediffusion du 13.01.2009

« On ne réussit que ses rêves. C’est l’intensité de la vie, plus que sa durée qui compte. » Jacques Brel

 

« J’ai longtemps débuté » disait Brel en se souvenant un jour des années pendant lesquelles il était resté dans l’ombre avant de devenir célèbre. Auteur et compositeur de quelques uns des plus beaux titres de la chanson française, il aura passé plus de temps dans les coulisses que sur la scène qu’il abandonnait en 1966 pour faire du cinéma avant de partir au bout du monde, très loin des caméras, des micros et de la ferveur du public. Aux îles Marquises pour y passer les dernières années d’une vie courte mais aussi intense qu’il l’avait souhaitée. « C’est l’intensité de la vie plus que sa durée qui compte. » disait il avant de mourir à Paris d’un cancer du poumon. C’était il y a 30 ans, le 9 octobre 1978

 

Invité :

 

Philippe Crocq et Jean Mareska Le générique de l'émission Il s'agit d'un extrait de la bande originale du film de Ridley Scott : 1492, Christophe Colomb. Composé par Vangélis, il s'intitule "Light and Shadow.

 

2000 ans d'histoire mardi 22 juin 2010

 

Tolstoï

 

« L’homme a conscience d’être Dieu et il a raison parce que Dieu est en lui. Il a conscience d’être un cochon et il a également raison parce que le cochon est en lui. Mais il se trompe quand il prend le cochon pour un dieu. » Léon Tolstoï

 

Tolstoï avait divisé sa vie en quatre périodes. « La période merveilleuse, disait-il, jusqu’à l’âge de 14 ans. Puis, ce qu’il appelait « l’horrible deuxième période » : vingt ans de dépravation, de débauche, de libertinage avant de se consacrer exclusivement à sa famille et à son œuvre jusqu’en 1881. Commençait alors la quatrième période dans laquelle, disait-il, « je vis maintenant, dans laquelle j’espère mourir et au sein de laquelle je vois toute la signification de ma vie passée. » C’est ce qu’écrivait Tolstoï dans des notes autobiographiques rédigées 7 ans avant sa mort. Scandalisé par la misère matérielle et morale des paysans russes et l’obscurantisme du régime tsariste et de l’église orthodoxe, l’écrivain s’était métamorphosé en moraliste et avait renoncé à tout, y compris aux droits d’auteurs considérables que lui avait rapportés ses romans dont le plus célèbre : Guerre et Paix racontait l’histoire de l’invasion de la Russie par Napoléon en 1812.

 

Invité :

 

Vladimir Fédorovski écrivain.

 

2000 ans d'histoire mercredi 23 juin 2010

 

L’indépendance du Congo

 

-il y a 50 ans, le 30 juin 1960 C’est en grande tenue de lieutenant général que le 29 juin 1960, le roi des Belges, Baudoin 1° atterrissait sur l’aérodrome de la Ndjili au Congo. Le lendemain il allait proclamer l’indépendance de ce qui était depuis 75 ans la plus grande colonie européenne d’Afrique Noire. Depuis qu’en 1885, l’arrière grand oncle de Baudoin 1°, Léopold II avait fait de cet ancien royaume africain une colonie. 75 ans plus tard son arrière petit neveu allait donc rendre son indépendance au Congo. A 11 heures du matin, le 30 juin 1960, au Palais de la Nation de Léopoldville, devant une foule enthousiaste et en présence du 1° président du Congo indépendant, Joseph Kasavubu et de son Premier Ministre, Patrice Lumumba, Baudoin 1° donnait leur indépendance à plus de 15 millions de Congolais.

 

Invité :

 

Marie-France Cros journaliste.

 

2000 ans d'histoire vendredi 25 juin 2010

 

La guerre de Corée

 

Le 25 juin 1950, le président des Etats-Unis, Harry Truman recevait un message urgent de son ambassadeur à Séoul : « Les forces nord-coréennes ont envahi le territoire de la République de Corée en plusieurs point ce matin. Les hostilités ont commencé vers quatre heures. Nature de l’attaque et manière dont elle a été déclenchée semblent indiquer qu’elle constitue offensive de grande envergure. » Aussitôt, Truman convoquait le Conseil de sécurité de l’O.N.U. et demandait au Commandant en chef des troupes d’occupation au Japon, le général MacArthur, d’intervenir. C’était le début d’une guerre qui allait opposer la Corée du Nord et la Corée du Sud pendant trois ans. Jusqu’à l’armistice de Pan Mun Jon en 1953. Mais la paix n’ayant jamais été conclue entre les deux pays, ils sont toujours officiellement en guerre depuis 60 ans.

 

Invité :

 

Alain Delissen Directeur Adjoint du Centre de Recherches sur la Corée, EHESS.

 

2000 ans d'histoire lundi 28 juin 2010

 

Pablo Picasso

 

rediffusion du 08.12.08

 

« La peinture est plus forte que moi, elle me fait faire ce qu’elle veut. » Picasso

 

« La peinture est plus forte que moi, disait il, elle me fait faire ce qu’elle veut. » Depuis ses premiers pigeons qu’il dessinait à Malaga à l’âge de 9 ans, jusqu’aux corridas de ses derniers tableaux, en passant par les « Demoiselle d’Avignon » et Guernica, Picasso n’a jamais cessé de peindre des tableaux qui ont bouleversé l’histoire de l’art et qui ont fait de lui, de son vivant, le peintre le plus célèbre et le plus riche de son temps. Mais l’argent l’intéressait moins que son œuvre. Il lui permettait simplement de peindre librement loin des difficultés et de la misère qu’il avait connu et partagé dans sa jeunesse avec ses amis du Bateau Lavoir. Cette maison de la butte Montmartre qui était le rendez vous de ce qu’on appelait « La bande à Picasso » De jeunes peintres et écrivains fauchés qui s’appelaient Max Jacob, Utrillo, Modigliani, Apollinaire où André Salmon et la compagne de Picasso Fernande Ollivier.

 

Invitée : Marie-Laure Bernadac historienne de l’art spécialiste de Picasso, conservateur général chargée de l’art contemporain au Louvre.

 

2000 ans d'histoire mardi 29 juin 2010

 

L’alpinisme

 

Rediffusion du 03.02.09

 

« L’alpiniste est un homme qui conduit son corps là où, un jour, ses yeux ont regardé. » Gaston Rebuffat

 

Lorsqu’en 1760, Horace Bénédict de Saussure a découvert pour la première fois la vallée de Chamonix, cet étudiant genevois émerveillé par le Mont Banc, avait décidé d’en atteindre le sommet. Encore fallait-il convaincre les Savoyards de l’y conduire. A l’époque, la haute montagne faisait si peur que seuls les cristalliers et les chasseurs la fréquentaient. Ils appelaient le Mont Blanc, la Montagne Maudite, et personne n’avait osé s’y aventurer jusqu’à ce que Saussure propose une forte récompense à celui qui trouverait la voie permettant d’atteindre son sommet. C’est ainsi que le 8 août 1786, un médecin et un chasseur de Chamonix, Michel Gabriel Paccard et Jacques Balmat sont arrivés les premiers sur le plus haut sommet des Alpes. Ils n’avaient pas seulement découvert la voie que cherchait Horace Bénédict de Saussure, ils avaient sans le savoir inventé un nouveau sport qui, après le massif du Mont Blanc a permis de conquérir les plus hauts sommet du monde : l’Alpinisme Invités : Olivier Hoibian Historien, sociologue, guide de haute montagne.

 

2000 ans d'histoire mercredi 30 juin 2010

 

Le noir

 

Rediffusion du 24.11.08

 

« Le noir est le refuge de la couleur ». Gaston Bachelard Bien avant d’être une couleur à la mode, le noir avait très mauvaise réputation. C’était la couleur de la mort et du deuil, celles de Satan et des sorcières, la couleur du pavillon des pirates et du drapeau des anarchistes, de l’uniforme des fascistes et des S.S, ou du blouson des jeunes rockers des années 1960. Pour les savants comme Newton qui, en décomposant la lumière avait trouvé toutes les couleurs de l’arc-en-ciel mais pas de noir, ou pour un peintre, comme Léonard de Vinci, le noir n’était même pas une couleur. Il n’était que le néant, les ténèbres à partir desquelles, selon la Bible, Dieu avait créé la lumière.

 

Invité :

 

Michel Pastoureau Historien spécialiste des couleurs, des emblèmes et des symboles, archiviste paléographe.

 

2000 ans d'histoire vendredi 2 juillet 2010

 

La Comtesse de Ségur

 

Rediffusion du 07.01.09

 

« N’écris que ce que tu as vu. » Comtesse de Ségur En moins de 15 ans, de 1857 à 1871, la comtesse de Ségur a écrit une vingtaine de livres dont plusieurs générations d’enfants connaissent les héros. Les Petites filles modèles : Camille et Madeleine, le général Dourakine, l’âne Cadichon, la veuve Macmiche, Gribouille, et bien sur, Sophie dont les malheurs et les bêtises faisaient le désespoir de sa mère. Mais en commençant à écrire son premier livre, sous le Second Empire, à l’âge de 57 ans, la comtesse de Ségur n’imaginait surement pas qu’on les lirait encore aujourd’hui, et qu’avec plus de 30 millions d’exemplaire vendus, elle battrait tous les records de la littérature pour enfants. Elle ne faisait qu’écrire des livres destinés à ses petits enfants pour qu’ils y apprennent les bonnes manières de l’univers qui était le sien. Une société conservatrice, hiérarchisée, attachée à l’ordre établi et à la religion. Mais elle ne savait pas que 150 ans plus tard, dans un monde très différent de celui qu’elle avait décrit, ses arrières-arrières-arrières petites filles liraient encore ses livres.

 

Invitée :

 

Hortense Dufour Ecrivain.

 

2000 ans d'histoire lundi 5 juillet 2010

 

Hans et Sophie Scholl : le complot de la Rose blanche

 

Rediffusion du 15.09.08

 

« Contre vents et marées, savoir se maintenir. » Goethe Quelques mois plus tôt, avec sa sœur Sophie et une poignée d’étudiants, Hans Scholl avait créé un mouvement « La Rose blanche » qui avait prouvé que malgré la terreur, la propagande nazie, et la passivité de la majorité des Allemands qui ont soutenu le régime nazi jusqu’au bout, il existait en Allemagne une résistance. Elle venait de toutes les familles de pensée, de toutes les classes d’âge et de tous les milieux sociaux. De la bourgeoisie, de l’aristocratie et, du monde ouvrier mais aussi de ces étudiants chrétiens qui, derrière Hans et Sophie Scholl prenaient des risques insensés en rédigeant et distribuant en pleine guerre des tracts appelant les Allemands à se soulever contre le régime nazi. Ils le paieront de leur vie. Arrêtés le 18 février 1943, ils étaient traduits 4 jours plus tard devant le redoutable tribunal du peuple présidé par Roland Freisler.

 

Invité :

 

Pierre-Emmanuel Dauzat Traducteur et écrivain.

 

2000 ans d'histoire mardi 6 juillet 2010

 

La bataille de Little Big Horn

 

Rediffusion du 25.06.08

 

Quand ils sont arrivés sur les lieux de la bataille, le 27 juin 1876, près de la Little Big Horn, les soldats du capitaine Benteen ne trouvèrent qu’un seul survivant : un cheval du 7° régiment de cavalerie qui marchait au milieu de plus de 260 cadavres. Deux jours plus tôt, les Indiens de Sitting Bull et de Crazy Horse les avaient massacrés après avoir infligé à l’armée américaine une des défaites les plus humiliantes de son histoire. C’était dans le Montana, quelque part au pied des Rocheuses le 25 juin 1876. Ce matin un héros de la guerre de Sécession et des guerres indiennes, le général Georges Armstrong Custer était arrivé en vue d’un camp de Sioux et de Cheyennes, installé tout près d’une rivière dont le nom allait entrer dans l’histoire.

 

Invité : David Cornut étudiant en histoire à l’université de Fribourg.

 

2000 ans d'histoire mercredi 7 juillet 2010

 

Mazarin et Anne d’Autriche

 

Rediffusion du 10.02.09

 

« Je voudrais dire bien des choses de vive voix qui ne se peuvent écrire, mais il faut avoir patience de votre retour que je souhaite de tout mon cœur. » Anne d’Autriche à Mazarin en août 1658 Quelles étaient donc « ces choses qui ne se peuvent écrire » dont parlait Anne d’Autriche à Mazarin dans une lettre qu’elle lui avait envoyée en 1658 ? S’agissait-il d’amour ou d’un secret d’Etat ? Personne n’en sait rien. Mais depuis plus de 3 siècles qu’ils sont morts, les historiens se demandent quelle était la véritable nature des rapports de cette reine et de ce cardinal qui ont gouverné la France pendant 18 ans. Elle était arrière-petite-fille de l’empereur d’Autriche Charles Quint, fille du roi d’Espagne Philippe IV et reine de France par son mariage avec Louis XIII. Lui était le fils d’un petit noble Sicilien, né en Italie en 1602, et venu en France à 37 ans pour se mettre au service du principal ministre de Louis XIII, le cardinal de Richelieu. Rien ne destinait Anne d’Autriche et Mazarin à se rencontrer, ni à se trouver ensemble à la tête de l’Etat le plus puissant d’Europe. Jusqu’à ce qu’avant de mourir, en 1642, Richelieu recommande à Louis XIII et à Anne d’Autriche de garder Mazarin auprès d’eux.

 

Invité :

 

Jacques Santamaria.

 

2000 ans d'histoire jeudi 8 juillet 2010

 

La Cagoule

 

Rediffusion du 05.02.09

 

« Je crois vraiment que pendant la période où j’étais le chef du gouvernement, la menace d’un putsch fasciste dont la Cagoule était l’élément le plus actif, était réel. » Léon Blum On l’appelait la Cagoule, mais son vrai nom était le CSAR, le comité secret d’action révolutionnaire. Pour certains, elle a failli faire tomber la IIIème République. Pour d’autres elle n’était qu’une conspiration d’opérette qui aurait fait sourire s’il n’y avait pas eu mort d’homme, et si on n’avait pas découvert les complicités dont elle avait bénéficié, au plus haut niveau, dans les milieux d’affaires, de la politique et de l’armée. Des complicités qui, après l’échec du coup d’état qu’elle avait tenté en 1937, ont permis à la plupart de ses membres d’échapper à la justice et de se réfugier à l’étranger, ou dans les conseils d’administration de quelques grandes entreprises françaises en attendant qu’on les oublie, et avec eux la Cagoule. Cette organisation secrète dont l’histoire commence après l’échec d’une manifestation d’extrême droite contre la IIIème République le 6 février 1934

 

Invité :

 

Frédéric Monier Professeur d’histoire contemporaine à l’Université d'Avignon.

 

 

 

[ Liste des émissions de France-Inter ]

[ Liste au fil du temps ]

[ Retour à l'accueil ]