Monsieur X le samedi 31 mai 2008

 

La Révolution culturelle chinoise (2)

Il fallait écraser les vieilleries, mettre le feu à la plaine, détruire pour mieux reconstruire… Les expressions imagées ne manquent pas pour symboliser la Révolution culturelle chinoise. Un événement inouï dans un pays qui était communiste depuis moins de vingt ans. Car tout s’est passé comme si le parti communiste chinois s’était dévoré lui-même… Ce mouvement d’une violence inattendue a en effet surgi au sein même des instances communistes. Et c’est Mao Zedong en personne qui a donné l’impulsion originale et qui a ensuite tenté de contrôler tant bien que mal le cours de ce torrent qu’il avait lui-même libéré… En fait, c’est ce que nous a dit Monsieur X la semaine passée, sous les apparences de Grand Guignol souvent prises par la Révolution culturelle, il s’est agi essentiellement d’une banale lutte pour le pouvoir. En effet, contre toute attente, Mao, le Grand Timonier, le père de la Révolution de 1949, avait été peu à peu mis à l’écart, payant ainsi ses erreurs et d’abord celle du Grand Bond en avant, une initiative révolutionnaire destinée à galvaniser les énergies mais qui a condamné à la famine des millions de Chinois… Symboliquement retiré à Shanghai, remplacé à la tête de l’Etat par Liu Shaoqi, son dauphin, Mao ronge son frein et prépare son retour. Pour réussir son coup d’Etat – car c’est bien de cela qu’il s’agit – il s’appuie sur l’armée noyautée par Lin Biao, les forces de sécurité du redoutable Kang Sheng, le maître des services secrets, et surtout sur l’exaltation de la jeunesse ! Une classe d’âge frustrée qui, n’ayant pas connu la ferveur de la Révolution de 1949, a soif de reconnaissance et d’héroïsme et voue un véritable culte au Grand Timonier… Un dernier mot avant d’écouter la suite du récit de Monsieur X : l’adjectif « culturel » ne doit pas faire illusion. Si cette révolution est culturelle, c’est qu’elle a commencé par la critique virulente d’une médiocre pièce de théâtre autorisée par les autorités de Pékin. Un prétexte brandi par la sinistre « Bande des Quatre » pour mettre en cause les dirigeants en place et les traîner dans la boue… En plein accord avec Mao, bien évidemment !

 

Monsieur X le samedi 7 juin 2008

 

Les Maos français : La Gauche Prolétarienne (1)

 

"Ce fut une divine surprise !" Ainsi est apparu après coup l’éruption de Mai 68 aux futurs dirigeants de la Gauche prolétarienne, ceux qu’on allait appeler les « maos », en raison de leur attachement à la Chine de Mao Zedong, celle de la Révolution culturelle dont nous avons parlé la semaine passée… Oui, une divine surprise, car ce qui s’est déroulé au cours de ce printemps échappait à leurs constructions théoriques. C’est si vrai que beaucoup d’entre eux ont failli passer à côté de l’événement et que ces gauchistes ont souvent pris le train en marche et se sont ralliés tardivement à cette révolution de petits-bourgeois, comme ils la considéraient à ses débuts. Et pourtant, c’est Mai 68, dont on vient de célébrer le quarantième anniversaire, qui va permettre aux maos d’émerger sur la place publique et d’occuper le terrain politique à la gauche de la gauche pendant plusieurs années… Une curieuse et parfois tragique aventure où la violence l’a disputé au mysticisme. Où la fidélité aux principes maoïstes a atteint des sommets d’aveuglement et où une bonne partie de l’intelligentsia française a sombré dans un culte aussi enthousiaste qu’incompréhensible… Toutefois, et c’est toujours une interrogation qui demeure, cette fièvre révolutionnaire n’a pas débouché sur une dérive sanglante comparable à celle des Brigades rouges italiennes ou de la Fraction armée rouge allemande… Pourquoi?

 

Monsieur X le samedi 14 juin 2008

 

Les Maos français : la Gauche Prolétarienne (2)

 

Ce fut un tournant dans l’histoire du maoïsme à la française : la mort en 1972, aux portes d’une usine Renault, d’un jeune ouvrier, Pierre Overney. Un tournant, oui, exactement comme si la mort n’avait jamais été envisagée dans ce grand jeu social qui, depuis la fin de mai 68, opposait des jeunes gens révoltés et sincères aux gardiens de l’ordre ! La mort ! Soudain, pour les maos comme pour leurs supporters membres de la fine fleur de l’intelligentsia française, quelque chose a changé… Quelque chose qui pourrait s’appeler la responsabilité. Monsieur X a entrepris la semaine passée de raconter cette histoire née du foisonnement de mai 68 lorsqu’une poignée de brillants élèves de l’Ecole normale supérieure a découvert que le soleil se levait à l’extrême-est… A l’ombre du grand Mao Zedong qui venait de lancer deux ans plus tôt la Révolution culturelle, un formidable coup de pied dans la fourmilière communiste chinoise. Paradoxe, c’est au moment même où ce grand chambardement se termine en Chine et où les Gardes rouges vont être victimes d’une terrible et sanglante répression que ces intellectuels s’entichent du modèle maoïste ! Il en résulte la création d’une organisation, la Gauche prolétarienne, et toute une série d’initiatives originales dont la moindre n’est pas l’établissement, c’est à dire l’immersion dans le monde du travail… Pour être au plus près des réalités de la condition ouvrière ! Et c’est justement dans une usine que le drame a surgi !

 

Monsieur X le samedi 21 juin 2008

 

Le massacre de Beslan, septembre 2004 Ce fut le fait divers de tous les superlatifs… La prise d’otages la plus importante jamais effectuée, mais aussi la plus meurtrière… Le plus grand nombre d’enfants tués au cours d’une telle opération. Mais également une pagaille et un manque de coordination rarement observés… Il faudrait encore évoquer les moyens disproportionnés employés par les forces de l’ordre pour réduire une prise d’otages : des chars, des bazookas, des lance-flammes, alors que des centaines d’enfants risquaient de périr au cours de l’assaut… Et enfin un terrible bilan : 331 civils tués dont 186 écoliers et également une grosse dizaine de membres de forces de l’ordre… Vous avez sans doute reconnu la tragédie de Beslan en septembre 2004… Une affaire confuse et qui reste à bien des égards encore très mystérieuse. C’est en tout cas l’avis de Monsieur X… Cependant, avant de l’écouter, je vous propose quelques lignes de la journaliste Yulia Yuzik, auteur d’un ouvrage bouleversant, "Requiem pour Beslan" : "La tragédie de Beslan c'est quand des millions d'hommes et de femmes adultes ont regardé pendant plusieurs jours sur tous les écrans de télévision du monde mourir des enfants. Tuer des enfants. Toute une école. Et personne n'est devenu fou. Beslan c'est quand on a appris aux enfants à boire leur urine au lieu de boire de l'eau. Beslan c'est quand on a appris aux enfants à dormir dans une flaque de sang... tout ce qu'il restait d'un père assassiné. Beslan c'est quand on a enseigné la haine au lieu de l'amour… Beslan, c'est… Beslan, c'est un degré de plus vers l'enfer. C'est notre monde révélé à des yeux étonnés d'enfants qui ont découvert qui nous sommes en réalité…".

 

Monsieur X le samedi 28 juin 2008

 

Le Front de Libération du Québec : Mario Bachand

 

(Première diffusion : 03/02/07)

 

« Vive le Québec libre ! » Personne, et surtout pas au Canada, n’a oublié la retentissante conclusion du discours du général de Gaulle prononcé au balcon de la mairie de Montréal… Comme un cri du cœur !

C’était en 1967. Et le voyage triomphal du président français au Québec avait fait sensation et allait durablement pesé sur l’évolution politique du Canada et de la « Belle province », comme on dit outre-atlantique. Encouragement aux sécessionnistes québécois, ingérence inacceptable dans les affaires d’un Etat étranger. Ou réparation de la faute commise au XVIII° siècle lorsque Louis XV a abandonné à l’Angleterre nos compatriotes installés au Canada ?… Quoi qu’on en pense, le coup d’éclat du général n’a pas laissé indifférent. Et ce n’est peut-être pas un hasard si trois ans plus tard, les indépendantistes du FLQ, le Front de Libération du Québec, sont passés à la vitesse supérieure et ont même assassiné un ministre qu’ils avaient préalablement enlevé.

Et que penser de cette affaire mystérieuse et jamais résolue ? Le meurtre, en 1971, dans la banlieue parisienne, de l’un de ces militants québécois, un fléquiste, ainsi qu’on dit là-bas. Des militants qui, après la spectaculaire sympathie pour leur cause exprimée par le général, ont rejoint Paris.

Mais qui pouvait avoir intérêt à tuer ce jeune homme exilé chez nous ? Etait-il dangereux ? Ou avait-il trahi ces amis séparatistes ? Ou encore, détenait-il des documents importants dont on voulait s’emparer ? Et pourquoi a-t-il été assassiné quelques jours avant la visite en France du Premier ministre canadien ?

Monsieur X ouvre cet étrange dossier : l’affaire Mario Bachand !

 

Monsieur x le samedi 5 juillet 2008

 

Mexico 68, le massacre de Tlatelolco (1ère diffusion : samedi 6 mai 2006]

 

Mexico, octobre 1968 : le massacre de Tlatelolco Personne n’a oublié cette image : deux poings noirs et gantés de cuir dressés contre le ciel. Les poings vengeurs de deux athlètes états-uniens, Tommie Smith et John Carlos, montés sur le podium olympique de Mexico et qui, arborant le symbole du Black Power au moment même où retentit leur hymne national, entendent ainsi dénoncer la condition des Noirs. Une attitude qui fait scandale dans le petit monde des dirigeants de l’olympisme, peu habitué à affronter de telles manifestations intempestives. Mais un geste, aussi spectaculaire soit-il, qui ne parvient pas à effacer le drame qui a ensanglanté Mexico deux semaines plus tôt et a d’ailleurs failli entraîner l’annulation de ces jeux de 1968. Un massacre ! Deux cents manifestants étudiants, peut-être même trois cents ou plus, tombés sous les balles des soldats au cours d’une interminable fusillade sur la place des Trois Cultures, dite aussi place Tlatelolco. Un lieu parfaitement symbolique car les Aztèques y ont mené leur dernier combat avant d’être exterminés par les conquistadors. Pourquoi ce massacre d’étudiants ? Qui l’a ordonné ? La prochaine tenue des Jeux olympiques ex-plique-t-elle cette féroce répression ? Y a eu-t-il des provocations ? Et enfin le grand voisin nord-américain a-t-il joué un rôle dans cette affaire ?

 

Monsieur X le samedi 12 juillet 2008

 

Les ballets roses (1ère diffusion samedi 22 décembre 2007)

 

Les ballets roses C’est une petite phrase qui a attiré mon attention. Je l’ai trouvée dans un livre au titre énigmatique, "Je ne sais rien… Mais je dirai presque tout." Son auteur, Yves Bertrand a été le patron des Renseignements généraux pendant douze ans, de 1992 à 2004. Autant dire que cette longévité exceptionnelle en a fait l’homme le mieux informé de France. Le plus informé et aussi le plus redoutable ! Quels secrets cachait-il ? Quelles informations confidentielles détenait-il ? Quels dossiers explosifs gardait-il sous le coude ? C’est dire combien d’hommes politiques pouvaient légitimement le craindre ! Alors cette petite phrase… N’allons pas trop vite ! comme dirait Monsieur X. Yves Bertrand a fait toute sa carrière dans cette véritable police politique que constitue le service des Renseignements généraux. Il a certainement eu accès à des dossiers établis avant même son engagement. Et c’est ainsi qu’il donne son sentiment – et c’est forcément proche de la vérité – sur une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre dans les commencements de la V° République. Une affaire que vous ne connaissez peut-être pas ou que vous avez oubliée mais qui a donné naissance à une célèbre expression maintes fois reprise : les « Ballets roses ». C’est à dire une affaire de pédophilie qui a secoué le monde politique et le Tout-Paris et qui a définitivement compromis la réputation d’un homme qui, au moment des faits, était le deuxième personnage de la République… Mais, première question, pourquoi André Le Troquer a-t-il été le seul homme politique à être poursuivi ? Et, deuxième question, n’a-t-il pas été victime d’une machination ? C’est pourquoi j’ai demandé à Monsieur X de se pencher sur ce dossier sulfureux, un dossier dont il se souvenait parfaitement.

 

Monsieur X le samedi 19 juillet 2008

 

Grigoulevitch (1ère diffusion : 05/05/07)

 

Dans le petit monde du renseignement, c’est une légende. Un « illégal », comme on disait à l’Est, qui a eu une carrière exceptionnelle, joué un rôle capital dans quelques-uns des événements les plus importants du XX° siècle et qui, bien sûr, s’est toujours gardé d’apparaître au grand jour. À tel point qu’aujourd’hui encore la vie de cet homme aux cents métiers et aux cents identités est auréolée d’un vrai mystère. Et s’il a accepté de se laisser photographier, c’est seulement au soir de sa vie, alors qu’il était devenu un écrivain et historien reconnu. Et encore ce membre correspondant de l’Académie des Sciences de l’URSS n’a-t-il publié sa soixantaine de livres que sous des pseudonymes ! Espion, assassin, diplomate, il a approché les plus grands personnages de son époque, même le pape Pie XII qui a accepté de se laisser photographier en sa compagnie. On y voit, selon le portrait qu’a tracé de lui l’écrivain chilien José Miguel Varas "un homme à l’énorme tête quadrangulaire, dans laquelle prédominait un très grand front ; des yeux protubérants, malicieux et généralement à moitié fermés ; un grand nez irrégulier et une bouche sardonique. Il avait la peau pâle, un peu olivâtre, et une petite moustache à peine fournie, triangulaire, qui brillait au milieu du vaste espace qui al-lait de la base du nez jusqu'à la lèvre supérieure. Son visage avait à la fois un air vaguement militaire et une touche orientale, comme on peut le voir chez beaucoup de gens de notre Continent. Dans une rue de Santiago, personne n'aurait pu le prendre pour un Soviétique. On aurait pensé peut-être à un professeur de lycée ou à un général." Tel était donc l’homme qui s’appelait peut-être Iossif Romualdovitch Grigoulevitch. À moins que ce ne soit José Grigoulievitch Lavretski. Ou même Teodoro Castro ! Dans un instant, Monsieur X éclaire la vie de cet espion exceptionnel mais pratiquement méconnu. Le « Zelig de l’espionnage soviétique », comme l’a écrit un journaliste argentin.

 

Monsieur X le samedi 26 juillet 2008

 

Avril 1964, putsch militaire au Brésil (1) (1ère diffusion : 03/11/2007)

 

On l’a appelé le « pays-continent ». 15 fois grand comme la France et aujourd’hui peuplé de 180 millions d’habitants. Le Brésil. Le pays du président Lula… Un géant économique et démographique qui ne cesse de progresser. Un Etat au passé troublé qui, ainsi que de nombreux autres pays de la région, a connu une longue dictature. Certes, les généraux brésiliens ont eu la main moins lourde qu’un Pinochet ou un Videla. Il n’empêche que des centaines de personnes ont disparu et que l’armée a torturé et assassiné. Une armée qui, même après avoir réintégré ses casernes, a longtemps inspiré une grande méfiance et n’a toujours pas répondu de ses crimes ni manifesté des regrets pour son action passée. Et ce n’est qu’en 2007 que l’Etat brésilien a reconnu officiellement sa responsabilité dans les exactions commises sous la dictature. Et il reste, selon le président Lula, une blessure toujours ouverte : la localisation des dépouilles des victimes. Une recherche macabre qui risque de durer très longtemps. Mais c’est sans doute à ce prix que le Brésil se réconciliera définitivement avec son douloureux passé. Mais il faudra aussi faire la lumière sur la mort mystérieuse de deux anciens présidents de la République, sur l’implication des Etats-Unis dans les affaires brésiliennes et même, selon Monsieur X, sur la responsabilité de quelques officiers français, devenus maîtres ès-torture, après la Guerre d’Algérie.

 

Monsieur X le samedi 2 août 2008

 

1964-1985 : la dictature brésilienne (2) (1ère diffusion : 10/11/2007)

 

Tel était le premier télégramme de félicitations qu’a reçu le général Humberto Castello Branco après le succès de son putsch. Un télégramme signé par la président américain Lyndon Johnson qui exprimait ainsi sans détour sa satisfaction d’être enfin débarrassé d’un dirigeant brésilien qui en prenait trop à son aise et mésestimait ses rapports avec le grand allié nord-américain. C’était au tout début 1964. Le président Goulart venait d’être débarqué par son armée. Un épisode presque banal au Brésil où les généraux intervenaient fréquemment dans les affaires publiques mais regagnaient aussitôt leurs casernes après avoir placé un civil au pouvoir… A la différence près que ces militaires putschistes de 1964 ne comptaient nullement s’effacer et resteraient vingt ans à la tête du pays. Vingt ans de dictature et d’exactions diverses : assassinats, emprisonnements arbitraires, tortures, etc. Même s’il faut reconnaître que les généraux brésiliens ont eu plutôt la main moins lourde que, par exemple, leurs homologues chiliens ou argentins… Monsieur X propose d’abord un petit retour en arrière sur les circonstances de ce « golpe » comme on dit en Amérique du Sud.…

 

Monsieur X le samedi 9 août 2008

 

L'affaire Boyce (1ère diffusion : 05/01/08)

 

« Le faucon et le bonhomme de neige » ! Ainsi ont-ils été appelés par la presse populaire et même par Hollywood qui a tiré un film de leur curieuse et sulfureuse histoire… Le « faucon », tout simplement parce que Christopher Boyce pratiquait la chasse au faucon… Et le « bonhomme de neige » car Andrew Lee, pour son malheur et celui de son ami, faisait une grande consommation de cocaïne. Deux jeunes Américains compromis dans une affaire d’espionnage qui les dépassait et qui a permis plus tard de jeter une lumière crue sur les pratiques des services secrets états-uniens… A commencer par la puissante NSA, la plus importante agence de renseignement aux Etats-Unis qui regrouperait – même si le chiffre est tenu secret – des dizaines de milliers d’employés. C’est en particulier la NSA qui a mis en place le fameux réseau Echelon, Une gigantesque toile d’araignée électronique qui permet en principe d’intercepter les communications dans le monde entier : fax, internet, téléphone. Même les échanges cryptés n’échappent pas à la curiosité de la NSA et de ses ordinateurs superpuissants. Toutefois, dans les années 70, lorsque le faucon et le bonhomme de neige vont, bien malgré eux, faire la une de l’actualité, on ignore encore tout de ce réseau qui se met peu à peu en place dans le plus grand secret.

 

Monsieur X le samedi 16 août 2008

 

Anthony Blunt (première diffusion : 16/06/07)

 

C’était un gentleman. Jusqu’au bout des ongles. Complet sombre à fines rayures bleues, cravate rouge, chemise bleue sur une silhouette, longue, mince, dégingandée et légèrement voûtée… Et puis surtout ce long visage osseux à l’expression mélancolique où brillait un regard clair mais froid. Et enfin cette chevelure crantée et tout juste un peu longue, séparée à gauche par une impeccable raie. Un gentleman, oui, familier de Buckingham Palace, chevalier de la couronne mais aussi commandeur dans l’ordre de notre Légion d’honneur. Et pourtant, Sir Anthony était aussi un espion. L’un de ces « Cinq Magnifiques de Cambridge », comme on les a appelés. Cinq traîtres issus de la meilleure société et qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et dans les années qui ont suivi, ont rendu d’immenses services aux Soviétiques. Monsieur X a déjà évoqué cette affaire en s’intéressant en particulier au plus flamboyant d’entre eux, Kim Philby, un personnage qui semble tout droit sorti d’un roman de John Le Carré. Mais il est resté très discret sur Anthony Blunt, grand historien d’art, conseiller de la Reine, et dont le rôle n’a été rendu public qu’à la fin des années 70. Il y avait pourtant longtemps que le service de contre-espionnage britannique savait toute la vérité sur Sir Anthony qui aurait cent ans aujourd’hui. Mais aucune poursuite n’avait été entamée contre lui. Ce n’est pas le moindre mystère d’une affaire dont tous les secrets n’ont pas été totalement révélés. L’occasion pour Monsieur X de revenir sur un dossier sur lequel flotte un parfum de scandale typiquement « british », mêlant sexe, politique et trahison.

 

Monsieur X le samedi 23 août 2008

 

l’Armée Rouge japonaise (1ère diffusion : 14/04/07)

 

Elles s’appelaient « Mademoiselle Neige » ou « Mademoiselle Pleine lune »… Elles étaient belles, délicates, élégantes, raffinées. C’étaient pourtant de redoutables terroristes qui ont longtemps tenu en haleine les polices du monde entier. Et « Neige », qu’on nommait aussi « la Reine rouge », n’a été arrêtée qu’en l’an 2000, après 30 ans de clandestinité. Toutes deux, et bien d’autres, étaient des militantes du Nihon Sekigun, c’est à dire l’Armée rouge japonaise, une organisation révolutionnaire qui, à partir du début des années 70 a perpétré des dizaines d’opérations terroristes de toutes natures. Comme les Brigades rouges italiennes, la Fraction armée rouge allemande et dans une moindre mesure Action directe en France ou les Cellules communistes combattantes en Belgique, l’Armée rouge japonaise est née des révoltes étudiantes de mai 68. Un mouvement de contestation inspiré par le marxisme, qui a traversé les continents, puisque, aux Etats-Unis aussi les campus ont flambé. Mais, au Japon, à cause des traditions locales et également d’un passé récent particulièrement violent, cette rébellion a pris un caractère original et internationaliste… C’est ce qui a surtout retenu l’attention de Monsieur X. Cela et l’histoire si étrange de Fusako Shigenobu, cette terrible Reine rouge…

 

Monsieur X le samedi 30 août 2008

 

LSD et CIA (1ère diffusion : 13/10/07)

 

C’est le rêve de tous les services de renseignement : détenir enfin une drogue ou un système qui permettent d’obtenir d’un individu la vérité. La vraie vérité, si j’ose dire. Plus de mensonge possible ! Plus de faux-fuyants, plus de truquage ! La vérité, rien que la vérité… Certes, il existe ce que l’on appelle à tort le sérum de vérité, c’est à dire le penthotal… Mais il n’est pas complètement fiable. Quant au détecteur de mensonges qui mesure les émotions d’un sujet que l’on interroge il n’est pas sûr à 100%. Et des services secrets, tels que le KGB, ont même entraîné leurs agents envoyés à l’étranger à passer avec succès l’épreuve du détecteur de mensonges… Et puis, malheureusement, vieille comme le monde, il y a la torture. Mais là encore, aussi sophistiquée et cruelle soit elle, certains individus résistent. Et même s’ils avouent, leurs tortionnaires ne pourront jamais être convaincus de leur totale sincérité… Alors on cherche toujours la substance miracle, celle qui permettrait à coup sûr de confondre les espions et de faire par exemple le tri entre les vrais et faux transfuges. Si tous les services de renseignement qui comptent ont effectué ce genre de recherches, les Américains, CIA et armée, ont été particulièrement en pointe et ont procédé à de très nombreuses expérimentations sur l’homme. Et parfois clandestinement, à l’insu des cobayes utilisés. Mais, ce qui est encore plus curieux, c’est que ces recherches sont à l’origine de la grande vague contestataire qui va submerger la jeunesse états-unienne dans les années 60. Hippies, baba-cools, femme-fleurs viennent en effet de découvrir le LSD, une drogue nouvelle tout juste sortie des laboratoires de la CIA.

 

Monsieur X le samedi 6 septembre 2008

 

La Géorgie

 

Poutine en rêvait, Saakachvili le lui a accordé… Ainsi pourrait-on résumer grossièrement les derniers événements de Géorgie qui amorcent peut-être l’émergence d’une nouvelle guerre froide !

Alors ce rêve de Vladimir Poutine ? Il tient tout entier dans cette ancienne déclaration du président russe devenu aujourd’hui Premier ministre mais qui demeure toujours l’homme fort de son pays : « L’éclatement de l’URSS a été la plus grande tragédie que mon pays a vécu. » Un aveu qui explique la politique russe dans le Caucase. Car Poutine, en accord avec une large majorité de ses concitoyens, n’a toujours pas accepté que l’implosion de l’Empire soviétique ait ruiné l’œuvre colonisatrice de la Russie traditionnelle. Des regrets d’autant plus amers que dans tous les Etats issus de ce démembrement les Américains taillent des croupières aux Russes et essaient de s’imposer, tant politiquement qu’économiquement.

C’est pourquoi l’initiative du président géorgien Saakachvili en Ossétie du Sud a été pain bénit pour Poutine qui a aussitôt lancé ses troupes en Géorgie sous le prétexte de venir au secours des Ossètes… Une revanche qui préfigure peut-être d’autres reconquêtes…

J’ai donc demandé à Monsieur X de décrypter cette actualité qui a dominé le mois d’août… Une actualité qui a aussi une forte odeur de pétrole et de gaz !

 

Monsieur X le samedi 13 septembre 2008

 

Le Niger (1ère partie)

 

On les appelle « les hommes bleus »… Et leur seule apparence fait rêver tant ils respirent un parfum d’aventure. Visages dissimulés derrière leur chèche, ces seigneurs du désert, guerriers mythiques des sables, ont toujours enflammé les imaginations… Et d’abord à cause de la singularité de leur existence. Nomades, indépendants, faisant fi des frontières, ils semblaient appartenir de toute éternité à un monde légendaire. Mais la réalité les a cruellement rattrapés.

Les Touareg d’aujourd’hui sont souvent les oubliés d’une société en recomposition qui n’a que faire de ces marginaux dont la seule patrie est le désert ! Pire, certains, et parmi eux des ethnologues de renom, estiment qu’il faut en finir avec les mythes et que les « hommes bleus » doivent abandonner leur nomadisme et leurs mœurs archaïques pour entrer de plain pied dans l’ère moderne. Et donc renoncer à ces rébellions absurdes qui les opposent aux gouvernements en place. Pour d’autres, au contraire, il existe une nation touarègue qui doit être reconnue en tant que telle et doit bénéficier d’une réelle représentation dans les Etats où ils vivent. C’est en particulier le cas au Niger où un conflit meurtrier embrase de nouveau depuis février 2007 tout le nord du pays sur fond de guerre de l’uranium. Monsieur X s’est penché sur ce dossier où se joue une partie du destin de l’Afrique !

 

Monsieur X le samedi 20 septembre 2008

 

Le Niger (2ème partie)

 

Des Touareg, un voisin très, trop remuant, la Libye, et de l’uranium, beaucoup d’uranium : voilà comment on peut résumer les trois questions les plus brûlantes du petit Niger, petit par la population, grand par l’espace… Trois questions auxquelles il faut ajouter celle-ci : une extrême pauvreté qui vaut à ce pays d’être classé au dernier rang mondial du développement par les instances internationales, alors même qu’il possède un très riche sous-sol… Mais il y a aussi la sécheresse qui accable régulièrement le Niger et affame ses populations les plus vulnérables, c'est-à-dire d’abord les centaines de milliers de nomades qui vivent dans les zones désertiques du Sahel et du Sahara… Depuis l’indépendance acquise en 1960, la France a toujours surveillé de près son ancienne colonie, ne serait-ce que parce qu’elle y contrôle la production de l’uranium nécessaire au fonctionnement de ses centrales nucléaires et à la fabrication de son arsenal atomique… Mais des intrus venus de Pékin ont commencé à mettre en cause ce monopole, de même intéressés par le pétrole prêt à jaillir en quantité dans la région, une nouvelle calamité pour le Niger. D’autre part – c’était l’essentiel du propos de Monsieur X la semaine passée – le Niger doit composer avec une population nomade impatiente qui revendique sa différence et réclame des droits… Une composante ethnique qui a souvent été le jouet du voisin libyen, toujours prêt à fomenter des troubles dans le pré carré français… En 1985, pour la première fois, les armes parlent lors d’un grave incident qui oppose un commando Touareg aux forces nigériennes… La situation se tend un peu plus. Le calme ne reviendra plus jamais et le Niger doit aujourd’hui faire face à une vraie rébellion dans un contexte international de plus en plus sensible : les Etats-Unis considérant aujourd’hui que le Sahara est un nouveau sanctuaire du terrorisme islamique… Et donc d’Al-Qaïda !

 

Monsieur X samedi 27 septembre 2008

 

Magda et Günter Quandt (1)

 

Comment et pourquoi sont-ils passés à travers les gouttes ?

 

La question demeure mystérieuse, encore aujourd’hui… Je veux parler ici des Quandt, une des familles d’industriels allemands parmi les plus riches mais aussi les plus discrètes… Et il suffira que je vous dise que les Quandt possèdent la moitié des actions de BMW pour que vous compreniez quelle place ils occupent en Allemagne ! BMW, la firme prestige, le fleuron de l’industrie allemande, une entreprise dont les automobiles sentent bon le luxe, le cuir et le bois précieux…
Oui, mais voilà : à la fin de l’année dernière, deux documentaristes allemands jettent un vrai pavé dans la mare ! Le film qu’ils ont réalisé pour la télévision révèle le passé nazi des Quandt. Et donc l’origine d’une partie de la fortune familiale ! Certes, la plupart des grands industriels allemands ont été favorables à Hitler et l’ont soutenu activement tout en profitant du système concentrationnaire des nazis… Certains, les moins nombreux, ont payé après guerre… D’autres ont été beaucoup plus tard contraints de reconnaître leurs fautes et ont essayé de réparer ce qui pouvait encore l’être. Mais les Quandt, eux, avaient jusque là échappé à tout acte de contrition… C’est pourquoi ce film, d’abord programmé dans la plus grande discrétion, a fini par faire scandale outre-Rhin, obligeant même la famille à charger un historien de faire la lumière sur son passé. Une affaire d’autant plus troublante qu’on y croise une des figures les plus sulfureuses de la saga criminelle nazie, Magda Friedländer, épouse de Gunther Quandt avant de devenir celle de l’âme damnée du Führer, Joseph Goebbels !

 

Monsieur X samedi 4 octobre 2008

 

Magda et Günter Quandt (2)

 

Pendant des dizaines d’années, ils ont cru échapper au passé… Et puis, soudain, il a suffi de la simple diffusion d’un film de télévision pour que le scandale éclate…
Les Quandt, propriétaires entre autres de la firme BMW, doivent aujourd’hui faire face : leur famille, comme d’autres grandes familles d’industriels allemands, a bâti une partie de sa prospérité sur les monstruosités nazies… D’ores et déjà, les Quandt ont annoncé qu’un historien sera chargé d’examiner les archives familiales et de faire la lumière sur les liens tissés entre leur entreprise et le régime nazi. Des liens très anciens qui, c’est ce qu’a affirmé Monsieur X la semaine passée, doivent beaucoup à une très jolie femme, Magda, épouse de Gunther Quandt avant de devenir celle du ministre de la Propagande d’Adolf Hitler, Joseph Goebbels ! Magda qui, dans une première vie, s’est appelée Friedländer, du nom juif de son beau-père, et a aussi connu un premier grand amour avec un certain Victor Arlosoroff, futur dirigeant sioniste.

Alors, je vous propose de retrouver le récit de Monsieur X au moment où celui-ci raconte comment au tout début des années 30, Magda Quandt, riche et belle divorcée, est subjuguée par l’orateur Goebbels et adhère sans restriction à l’idéologie nazie !

 

Monsieur X samedi 11 octobre 2008

 

L'affaire Mécili

 

"La démocratie s’arrête là où commence l’intérêt de l’Etat !" La phrase est signée Charles Pasqua.

 

Et justement, dans le dossier que Monsieur X ouvre aujourd’hui, il va beaucoup être question de Charles Pasqua, alors qu’il était ministre de l’Intérieur du premier gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac. André Mecili était un avocat français d’origine algérienne. En 1987, Il a été assassiné sur le sol français et le tueur, rapidement identifié par la police, a été expulsé en urgence absolue vers Alger. Exactement comme si Paris ne voulait pas s’impliquer dans une af-faire algérienne ! Ou plutôt exactement comme si la France ne voulait pas contrarier l’Algérie avec laquelle elle entretient des rapports aussi houleux que passionnels. Pendant plus de vingt ans, et malgré les efforts incessants de la veuve de Mecili, le dossier de ce crime d’Etat – car c’est bien de cela qu’il s’agit – n’a guère progressé. La Justice ne s’est pas hâtée et a même, à plusieurs reprises, essayé d’enterrer purement et simplement l’affaire. En octobre 1992, par exemple, la Cour d’appel de Lyon juge irrecevable la plainte d’Annie Mécili au motif qu’elle ne saurait prétendre avoir personnellement souffert de préjudice ! Et, bien sûr, aussitôt après, le juge d’instruction prononce un non-lieu. Mais, enfin, cet été, l’affaire rebondit de façon spectaculaire : un certain Hasseni est appréhendé à l’aéroport de Marseille. C’est lui, ancien officier de la Sécurité militaire algérienne, qui aurait peut-être payé le tueur ! Monsieur X qui avait déjà évoqué cette affaire il y a plusieurs années rend compte des derniers développements et rappelle les faits…

 

Monsieur X samedi 18 octobre 2008

 

Le Carrefour du Développement Le « vrai-faux passeport » !

 

L’expression a fait florès. Mais qui se souvient qu’elle est apparue il y a plus de vingt ans lors d’une affaire qui, plus que tout autre, a contribué la première à ternir les mœurs de notre classe politique ? Argent sale, corruption, financement illégal des partis, fausses factures, on trouve en effet de tout dans l’affaire du Carrefour du développement ! Un vrai résumé de toutes les infractions et scandales qui jalonneront ensuite l’actualité politique jusqu’à nos jours… Et puis il y a ce nom bizarre à l’accent topographique et vaguement intrigant : le Carrefour du développement ! Officiellement, il s’agissait d’une association régie par la loi de 1901, destinée à participer au développement des pays africains. Mais en réalité, on s’en apercevra peu à peu, c'était aussi d’une officine destinée à fabriquer de l’argent sale et à financer des opérations illégales. En 1986, la découverte du scandale doit beaucoup à la première cohabitation qui s’instaure entre un Premier ministre de droite et un président de la République de gauche. En jeu, il y a bien sûr la future élection présidentielle de 1988 et tous les coups bas sont permis. Mais la déflagration sera telle qu’elle dépassera bien vite ceux qui ont allumé la mèche et jettera une lumière crue sur les rapports entre l’argent et la politique… En même temps qu’elle révèlera, s’il en était encore besoin, un éclairage cruel sur la politique africaine de la France. Monsieur X revient donc sur une affaire qui, malgré ses nombreux aléas judiciaires, conserve encore des zones d’ombre…

 

Monsieur X le samedi 25 octobre 2008

 

Le complot de la ricine

On l’a appelé « le complot de la ricine » ! La ricine, un poison végétal extrêmement dangereux, extrait de la graine de ricin, qui tue s’il est ingéré, inhalé ou injecté. Car cette substance provoque une défaillance des organes vitaux et on ne lui connaît aucun antidote…

Le ricin a d’abord fait parler de lui dans l’Italie fasciste. Les séides de Mussolini utilisaient en effet son huile, un puissant purgatif, pour humilier leurs adversaires politiques. Mais c’est pendant la Guerre froide qu’on évoque à nouveau le ricin et la toxine qu’on tire de sa graine : les deux victimes du fameux parapluie bulgare ont en effet été empoisonnées avec de la ricine. Et l’une d’entre elles, un Bulgare réfugié en Grande Bretagne, en est morte.

Mais c’est après le 11 septembre 2001 que la ricine va faire, si j’ose dire, sa véritable entrée dans le domaine public ! En effet, et presque simultanément, aux Etats-Unis, en Angleterre et aussi en France, il se dit que Al-Qaïda prépare des attentats à la ricine… La petite graine de ricin est soudain devenue une ADM, une arme de destruction massive ! Et la presse britannique de s’enflammer : après la découverte d’une cellule terroriste islamiste susceptible de fabriquer de la ricine, un tabloïd titre : « 25.000 d’entre nous auraient pu mourir ! »

Et ce n’est certainement pas un hasard si seulement quelques semaines plus tard, les Etats-Unis et la Grande Bretagne se lancent à l’assaut du régime de Saddam Hussein. Monsieur X nous aide à comprendre et décortique cet étrange complot de la ricine !

 

Monsieur X le samedi premier novembre 2008

 

Le génocide rwandais et la France

 

La France est-elle coupable ? Directement ou indirectement, porte-t-elle une responsabilité dans le drame rwandais de 1994, un génocide qui a causé au bas mot la mort de huit cent mille personnes… Peut-être même un million… La question est récurrente depuis de nombreuses années et ici-même nous en avons déjà parlé avec Monsieur X… Mais, au beau milieu de l’été dernier, l’affaire a rebondi de façon spectaculaire avec la parution d’un gros rapport rédigé à l’initiative du gouvernement rwandais. Un véritable réquisitoire contre l’action de la France et des accusations extrêmement graves qui, de l’avis des meilleurs spécialistes du dossier, ne peuvent pas être traitées par le mépris et mises simplement sur le compte de la rancœur et de la revanche. Ce document de plus de trois cents pages fourmille en effet de témoignages très précis et relate des faits difficilement contestables.

C’est pourquoi j’ai demandé à Monsieur X d’ouvrir à nouveau ce douloureux dossier. Un mot auparavant : en 1998, les parlementaires français – et il s’agissait d’une première – ont créé une mission d’information sur les opérations militaires menées par la France au Rwanda. Présidée par l’ancien ministre de la Défense, Paul Quilès, cette mission, après neuf mois de travail et de nombreuses auditions, a souligné – je cite le journal Le Monde – "les erreurs, les fautes et l’aveuglement de la France avant le génocide." Elle a aussi critiqué l’opacité de sa politique africaine, domaine réservé de l’Élysée. Toutefois,
elle a conclu, de façon assez paradoxale, que Paris n’avait aucune res-onsabilité dans les massacres de 1994.

Alors qu’en est-il exactement ? Monsieur X essaie d’y voir plus clair.

 

Monsieur X le samedi 8 novembre 2008

 

Le Chemin des Dames

 

Rarement aussi joli nom n’aura symbolisé une telle tragédie ! Le Chemin des Dames ! Une route empierrée qui flânait au pied des falaises calcaires de la vallée de l’Aisne et qu’empruntait autrefois le carrosse des deux filles de Louis XV et de leurs dames d’atour lorsqu’elles allaient visiter leur bonne amie, Françoise de Chalus en son château de Bove. Ainsi passaient les belles dames de la Cour qui ont baptisé sans le savoir ce charmant chemin qui sillonnait entre bois et taillis. Et sans doute valait-il mieux oublier que des siècles plus tôt les reines Frédégonde et Brunehaut avaient réglé sur ce même vieux sentier une querelle qui avait laissé au sol trente mille cadavres… Alors peut-être faut-il penser que le sang appelle le sang : plus de treize siècles après ce premier massacre, des dizaines de milliers de soldats allaient trouver la mort sur ce Chemin des Dames au cours de l’une des batailles les plus meurtrières de la Grande Guerre… Une véritable boucherie qui a marqué les mémoires pour toujours, illustrant à jamais les absurdités d’une guerre et les erreurs de commandement d’une caste militaire aussi obtuse qu’aveugle. Un engagement qui a aussi engendré les mutineries qui ont marqué l’année 1917 et forgé quelques mythes dont celui d’un certain général Pétain, sauveur de l’armée française et économe du sang de ses poilus… Une fois n’est pas coutume, au moment où l’on commémore le quatre-vingt dixième anniversaire de l’armistice novembre 1918, j’ai demandé à Monsieur X d’exhumer quelques-uns des feuillets jaunis du dossier du Chemin des Dames !

 

Monsieur X le samedi 15 novembre 2008

 

La Transnistrie (1)

 

Impossible de ne pas penser à Tintin et au "Sceptre d’Ottokar" ! Souvenez-vous, les méchants Bordures voulaient provoquer un putsch en Syldavie et en profiter pour annexer cette charmante royauté située quelque part dans les Carpates… Mais Tintin, heureusement, a éventé le complot et mis fin aux activités criminelles d’un certain Müsstler, chef d’une Garde d’Acier qui n’est pas sans rappeler les SA d’Adolf Hitler ou les chemises noires de Benito Mussolini. Car l’ouvrage d’Hergé a été écrit avant la Seconde Guerre mondiale. Mais quel rapport avec notre monde contemporain ? Eh bien, il existe aujourd’hui au cœur de l’Europe un pays oublié, la Moldavie, une ancienne République soviétique, qui est en conflit depuis de longues années avec une partie sécessionniste de son propre Etat, la Transnistrie… Un conflit qui a même dégénéré en véritable guerre au début des années 1990. Alors, dans cette affaire, qui sont les Syldaves et les Bordures ? D’une façon un peu simpliste, il est difficile de ne pas associer Syldaves et Moldaves tandis que les Bordures pourraient se trouver en Transnistrie, un territoire indépendant de fait qui est aussi un musée vivant du stalinisme et bénéficie du puissant soutien de Moscou ! Il n’est jusqu’aux récentes menaces du Kremlin qui ne rappellent Hergé et son idée d’annexion ! Le président russe Dimitri Medvedev vient en effet de lancer une sévère admonestation aux Moldaves : l’intervention militaire de l’ex-Armée rouge en Géorgie doit être comprise comme un avertissement ! Restons-en là, au moins provisoirement.

Monsieur X se penche sur cette question trop souvent ignorée mais qui concerne toute l’Union européenne : depuis l’intégration de la Roumanie, la Moldavie, pays le plus pauvre d’Europe, se trouve aux frontières de l’Union ! Et avec elle, c’est un foyer de tensions et de trafics divers qui s’installe durablement dans notre voisinage. Car la Transnistrie est aussi devenue un hypermarché mondial clandestin des ventes d’armes. Des plus simples au plus sophistiquées ! Une vraie poudrière à nos portes!

 

 

Monsieur X le samedi 22 novembre 2008

 

La Transnistrie (2)

 

Certains l’ont appelée le « Trou noir » de l’Europe. Un pays improbable, sans véritable existence légale, qui tiendrait d’un album de Tintin revisité par le George Orwell de « 1984 » ou le Alfred Jarry d’ « Ubu roi ». Ce pays, c’est la République moldave de Transnistrie, capitale Tiraspol. Nichée au cœur de l’Europe centrale, coincée entre la Moldavie et l’Ukraine, la petite Transnistrie, à peine quatre mille km², a connu en 1992 une guerre meurtrière qui est pratiquement passée inaperçue en Occident. Un conflit où l’on a vu surgir, vestiges anachroniques de l’époque tsariste, des Cosaques venus combattre
au côté de leurs frères russophones.

 

Musée vivant du communisme à la soviétique pour les rares visiteurs autorisés à y entrer, ce morceau de Moldavie qui a proclamé unilatéralement son indépendance et qui n’est reconnu par aucun Etat, est aussi une sorte de supermarché de la mort. On y trafique, on y vend des armes de toutes catégories qui vont alimenter les conflits du monde entier. Autant dire qu’il s’agit d’une véritable poudrière située aux portes de l’Europe depuis l’adhésion de la Roumanie à l’Union en janvier 2007… Mais c’est aussi et surtout un bastion avancé de Moscou, bien que la Transnistrie se trouve à six cents kilomètres de la frontière russe.
Un coin enfoncé entre deux pays qui regardent résolument vers l’ouest. Bref une situation qui ne manque pas de rappeler celle de la Géorgie qui vient de subir un sévère rappel à l’ordre du Kremlin.

 

Monsieur X le samedi 29 novembre 2008

 

L'affaire Pietro Tresso

 

Jamais autant de Résistants ne s’étaient évadés ensemble en une seule fois ! Cette nuit du 1er octobre 1943, ils étaient en effet quatre-vingt prisonniers politiques à franchir les hauts murs de la prison du Puy… Une prison jugée parmi les plus sûres de France. L’événement est sans précédent et fait sensation à Londres dans les milieux de la France Libre tandis qu’à Vichy et à la Gestapo on fait grise mine… Malheureusement, pour cinq de ces évadés, il ne s’agit pas d’une véritable libération. Non pas qu’ils ne soient pas d’authentiques Résistants mais, tenus pour trotskistes, ils font l’objet d’une véritable suspicion de la part de leurs camarades communistes… Cette défiance va même si loin qu’on ne reverra jamais quatre d’entre eux…

Qui a ordonné leur exécution ? Et au nom de quels intérêts supérieurs ?

Monsieur X essaie de débrouiller cette ténébreuse affaire qui ne sera jamais éclaircie, malgré des demandes pressantes adressées aux instances dirigeantes des partis communistes français et italiens jusque dans les années 90… Quels secrets détenaient donc ces quatre militants trotskistes morts au maquis mais abattus par leurs propres camarades de combat ? Et pourquoi cette chape de silence qui perdure jusqu’à aujourd’hui ?

 

Monsieur X le samedi 6 décembre 2008

 

La Papouasie Occidentale annexée et pillée par l'Indonésie

Interdit ! C’est clair, net, sans aucune ambiguïté ! Les journalistes étrangers ne sont pas autorisés à pénétrer sur le territoire de la Papouasie occidentale.
Dans cette colonie verrouillée par d’anciens colonisés, les Indonésiens, on doit pouvoir continuer à spolier, tuer, massacrer et exploiter la nature en toute discrétion. Et en toute impunité. Une situation particulièrement révoltante au moment où l’on célèbre le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme à laquelle France-Inter consacre ce week-end plusieurs de ses programmes.

La Papouasie ! Un pays lointain, quasi-légendaire mais qui nous est parfaitement étranger… Et cependant, lorsque nous nous asseyons sur nos chaises de jardin fabriquées dans un beau bois blond imputrescible, c’est souvent sur un petit morceau de Papouasie que nous nous installons… Un bois arraché à l’une des plus importantes forêts primaires du monde aujourd’hui menacée d’extinction à cause de la voracité des marchands qui l’exploitent sans vergogne. La forêt meurt mais les hommes d’abord. Victimes de la cupidté des grandes sociétés anglo-saxonnes qui fouillent leurs montagnes pour y extraire l’or et le cuivre et polluent irrémédiablement leurs terres. Victimes d’une armée qui sert de garde-chiourme à ces industriels. Victimes d’un système qui les exclut et n’a de cesse de vouloir détruire leur civilisation et leurs croyances… Bref, leur âme !

 

Monsieur X le samedi 13 décembre 2008

 

La guerre en République démocratique du Congo (1)

 

« Ce qui se passe aujourd’hui au Congo, c’est l’équivalent d’un "11 septembre" par jour ! » Ainsi parle Brian Wood, un responsable sur place d’Amnesty International. Et pourtant qui s’intéresse vraiment à ce drame humain, sans comparaison ou presque, dans notre monde assommé par la crise financière et d’abord soucieux de sauvegarder ses privilèges ? La République démocratique du Congo, ex-Zaïre, connaît donc sa troisième guerre civile en une décennie. Un conflit qui déchire en ce moment le Kivu, une province située à l’est du pays, c'est-à-dire dans une région limitrophe du Rwanda et de l’Ouganda, deux Etats qui n’ont jamais réellement dissimulé leur intérêt pour ce territoire où abondent les richesses naturelles tant minières et même gazières et pétrolifères qu’agricoles ou forestières. Outre ces convoitises, il faut aussi souligner que la crise actuelle découle directement des événements tragiques qui se sont déroulés au Rwanda en 1994, un génocide qui a provoqué la mort d’au moins huit cent mille Tutsi et qui a été suivi par d’autres massacres au Congo même. Au Kivu on assiste donc à une sorte de répétition tragique de ces horreurs où, comme d’habitude, ce sont les civils qui paient le prix fort : assassinats, viols, pillages, épidémies et, bien sûr, déplacements de populations qui fuient par dizaines de milliers et se réfugient tant bien que mal dans la jungle. Et ceci malgré la présence du plus gros contingent de Casques bleus jamais mobilisés par l’ONU…

Monsieur X, qui m’a souvent parlé du Congo, revient donc d’abord aux sources de ce drame dont on voit mal l’issue et qui ne semble guère préoccuper la communauté internationale.

 

Monsieur X samedi 20 décembre 2008

 

La guerre en République démocratique du Congo (2)

 

Viols, assassinat, pillages, et toujours ces réfugiés qui cheminent sur des routes improbables, le dos chargé du bagage de toute une vie… Telles sont les images qui nous viennent du Kivu lorsque la grande presse daigne s’intéresser à cette province orientale de la République démocratique du Congo déchirée pour la troisième fois en un peu plus de dix ans par une terrible guerre civile… La semaine passée, Monsieur X est remonté à la genèse de cette crise permanente ou presque qui a déjà provoqué des millions de morts et continue de meurtrir les deux Kivu. L’événement déclencheur a été le génocide rwandais qui a précipité vers la frontière congolaise des centaines de milliers de Hutu fuyant les représailles des Tutsi. Et parmi eux se trouvaient des acteurs du génocide… Une présence sans cesse dénoncée par le régime de Kigali et son président, Paul Kagame, qui y a trouvé prétexte pour intervenir au Kivu, une région excessivement riche en minerais de toutes sortes et qui suscite maintes convoitises. Cette première intervention, en 1996, se fait sous couvert d’une rébellion conduite par un ancien guérillero congolais, Laurent-Désiré Kabila, qui s’appuie sur les Tutsi autochtones et bénéficie donc d’un appui militaire rwandais. L’aventure se traduit par des massacres à grande échelle de Hutu réfugiés dans des camps à la frontière. Mais l’ambitieux Kabila, qui marche jusqu’à Kinshasa et finit par s’emparer du pouvoir corrompu du maréchal-président Mobutu, échappe bientôt à ses maîtres rwandais accusés de vouloir annexer le Kivu. C’est le début, en 1998, d’une deuxième guerre civile encore plus meurtrière que la première. Cependant, en 2002, après l’assassinat de Kabila et l’intervention de troupes étrangères qui ne pensent qu’à dépecer le trop riche Congo, la paix revient. Kabila junior, légitimé par les urnes en 2006, essaie de reconstruire son pays. Mais les ferments de la division n’ont pas disparu… Et malgré la présence d’un contingent de Casques bleus fort de 17.000 hommes pour l’ensemble du Congo dont 6000 au Kivu, le Kivu qui demeure un foyer d’agitation où l’antagonisme entre Tutsi et Hutu, autochtones ou pas, perdure et où les Etats voisins, Rwanda et Ouganda, ne cessent de lorgner sur ses richesses minières et encouragent les dissidences. Quitte à provoquer une troisième guerre civile dont on voit mal aujourd’hui quelle pourrait en être l’issue.

 

Monsieur X samedi 27 décembre 2008

 

Cuba, octobre 1959, la mort de Camilo Cienfuegos

 

C’était il y a exactement soixante ans. Presque au jour près. Des individus barbus et rigolards, vêtus de treillis verts défraîchis, descendaient de la montagne et investissaient tranquillement la première ville du pays tandis que les troupes gouvernementales se débandaient et leur abandonnaient le terrain. La révolution cubaine était victorieuse et, quelques jours plus tard, un grand barbudo, un cigare perpétuellement planté entre les lèvres, commençait une marche triomphale qui le conduirait une semaine plus tard dans les rues de La Havane… Il y a soixante ans, donc. Et Fidel Castro, bien qu’affaibli par la maladie, est toujours là, même s’il a confié le pouvoir à son demi-frère Raúl. Un vrai record de longévité, donc, pour ce dictateur qui a soulevé autant de haines que de ferveurs… En effet, la tyrannie et les crimes de Fidel Castro ont été impuissants à effacer totalement le halo de romantisme révolutionnaire qui a auréolé la victoire des barbudos cubains. Les raisons en sont multiples, à commencer par le fait qu’il était tentant de prendre le parti du faible, Cuba, qui osait résister au puissant, c’est à dire les Etats-Unis. Sans compter l’anti-américanisme latent qui demeure sur le Vieux Continent. Mais il y avait aussi, dans les milieux de gauche, l’agréable surprise de découvrir des dirigeants révolutionnaires qui n’étaient pas engoncés dans les lourds pardessus gris des caciques du Kremlin… Ajoutez à cela la gaieté naturelle de la musique cubaine et vous avez tous les ingrédients qui ont trop longtemps mystifié l’opinion et dissimulé les dévoiements de cette joyeuse révolution tropicale. Parmi les héros de cette aventure commencée de façon si romanesque se trouvait, aux côtés de Castro et Guevara, un personnage singulier, peut-être même encore plus populaire que ces deux derniers personnages : Camilo Cienfuegos ! Un héros qui n’aura cependant vécu que les premiers mois de la révolution car il a péri en octobre 1959 dans un mystérieux accident d’avion. Mais s’agissait-il vraiment d’un accident ? Monsieur X a son idée.

 

Monsieur X samedi 3 janvier 2009

 

Jonas Savimbi (1)

 

L’actualité l’imposait.

 

L’actualité, c’est à dire le procès de ce que l’on a appelé « l’Angolagate » ou encore « l’affaire Falcone » du nom de cet homme d’affaires français qui a conclu un formidable contrat de ventes d’armes avec l’Angola. Mais un contrat qui, aux yeux de la loi, aurait été illégal et vaut aujourd’hui à une impressionnante brochette de personnalités de s’asseoir dans le box des accusés pour un procès qui va durer des mois ! J’ai donc demandé à Monsieur X de se pencher sur ce dossier sulfureux et, plus largement, sur l’implication de la France dans les affaires angolaises. Notre pays a en effet joué un rôle essentiel en Angola, ancienne colonie portugaise, qui ne faisait pourtant pas partie de son pré carré en Afrique, c’est à dire ce qu’on a appelé la Françafrique. Mais il y avait les gigantesques ressources pétrolières de l’Angola, principal producteur africain avec le Nigeria. Des richesses qui ont donné le tournis à une myriade d’hommes d’affaires et de politiciens de tout poil et ont engendré une atroce guerre civile qui s’est prolongée pendant plus d’un quart de siècle… Au beau milieu de ce désastre humain, la stature d’un homme émerge, celle de Jonas Savimbi, un dirigeant qu’un ancien chef de nos services secrets n’a pas hésité à qualifier de de Gaulle africain ! Savimbi est mort les armes à la main il y a six ans au cours d’un épisode qui ressemble à une exécution en bonne et due forme. Et là encore, des Français sont impliqués. C’est en tout cas la conviction de Monsieur X…

 

Monsieur X samedi 10 janvier 2009

 

Jonas Savimbi (2)

 

Pierre Falcone a-t-il sauvé le président Eduardo dos Santos ? La question n’est pas aussi absurde qu’il y paraît. Le président angolais affirme en effet que les armes que lui a livrées Falcone, figure centrale du procès de l’Angolagate qui se déroule en ce moment à Paris, lui ont permis de triompher des forces de l’Unita alors que sa situation était désespérée ! Et cela explique pourquoi Dos Santos a continué à soutenir bec et ongles son ami Falcone en essayant d’obtenir que son procès n’ait jamais lieu. Un procès qui, par ailleurs, embarrasse autant la France que l’Angola eu égard aux rapports commerciaux que les deux pays ont noués. Des liens, nous a rappelé Monsieur X la semaine passée, qui sont aussi anciens qu’ils ont été ambigus ! En effet, en Angola, pendant fort longtemps, le champion de Paris a été le meilleur ennemi de Dos Santos et de son prédécesseur, le président Agostino Neto. C’est à dire Jonas Savimbi, le chef du mouvement rebelle Unita. Un héros du monde libre, selon Ronald Reagan et l’ancien chef de nos services de renseignement, Alexandre de Marenches. Ou encore l’un de nos ex-ministres de la Défense, François Léotard ! Mais la realpolitik a fini par l’emporter : lorsque d’énormes ressources pétrolières sont en jeu, on ne peut guère hésiter. Quand Savimbi a été abattu en 2002, les armes à la main, il était devenu un homme traqué, abandonné par tous ses sponsors internationaux. Monsieur X revient sur cette histoire qui dissimule encore pas mal de secrets !

 

Monsieur X samedi 17 janvier 2009

 

L'Affaire Alexi

 

On l’a appelé « l’affaire Alexi ». Un fait divers terrifiant : un sextuple assassinat dans une paisible villa de Louveciennes, banlieue parisienne paisible s’il en est ! Un massacre quasi-familial puisque quatre des victimes sont parentes. Mais c’est surtout le personnage du principal suspect qui provoque un choc : un adolescent aux joues rondes, un gamin trop sérieux qui affirme avoir tué avec le plus grand sang-froid son père, sa belle-mère, les père et mère de cette dernière et un couple d’amis qui séjournait dans la maison. Avec le plus grand sang-froid, oui… Sur les seize coups de feu tirés, une seule munition n’a pas atteint sa cible !… L’adolescent, Alexi, avoue presque d’emblée être le sextuple meurtrier… L’affaire est donc entendue. La suite appartient aux experts et autres psychiatres qui devront essayer de comprendre. Et peut-être même expliquer cette folie meurtrière ! Oui, mais voilà, l’adolescent ne tarde pas à se rétracter. Et ce théâtre d’ombres s’écroule ! Apparaît alors un fond de décor qui n’est pas moins terrifiant : des hommes en noir ca-goulés qui menacent avant de disparaître dans la nuit à bord d’une puissante voiture sombre… Et un spectre qui surgit, celui de la mafia russe qui, en ces années 1990, élimine sans pitié tous ceux qui s’opposent à sa mainmise sur l’économie d’un empire à l’agonie…

 

Monsieur X samedi 24 janvier 2009

 

Reprise de l'affaire Alexi qui n'a pas été diffusée dans son intégralité la semaine dernière.

 

Monsieur X samedi 31 janvier 2009

 

Dimitri Polyakov, l'espion parfait Le plus grand espion du XX° siècle ? Peut-être. En tout cas certainement l’un des plus mystérieux… Il s’appelait Dimitri Fédérovitch Polyakov et encore aujourd’hui, nombreux sont les spécialistes états-uniens du renseignement à estimer que jamais la CIA n’a possédé une source aussi précieuse au cœur de « l’Empire du mal », pour reprendre l’expression de Ronald Reagan… Toutefois il se trouve aussi d’autres experts pour estimer que le général Polyakov était en réalité un agent double chargé d’intoxiquer la centrale de Langley. Mais alors pourquoi ce haut responsable des services secrets de l’Armée rouge aurait-il été fusillé au milieu des années 1980 ? Une condamnation à mort révélée par la Pravda en 1990. C'est-à-dire à une époque où l’URSS existait encore. Il s’agissait donc d’une information officielle directement téléguidée par le Kremlin… C’est pourquoi ces mêmes experts, qui mettaient en cause la duplicité de Polyakov, ont estimé qu’il y avait là un subterfuge, une manœuvre de désinformation, un classique du KGB. Où se trouve la vérité ? C’est bien sûr la question que j’ai posée à Monsieur X… Autant le dire tout de suite, la chute de l’Empire rouge n’a guère permis d’éclaircir les mystères des services secrets soviétiques qui ont été soigneusement protégés par leurs avatars actuels, le FSB ou le SVR. Mais comment s’en étonner quand on sait que l’homme fort de la Russie est un ancien du KGB qui a fait en sorte de placer à la tête de son pays un grand nombre de ses ex-camarades ?

 

Monsieur X samedi 7 février 2009

 

La Bolivie (1)

 

C’est le pays des Indiens… C’est à dire le pays où les Indiens d’Amérique, comme Christophe Colomb les a nommés à tort, sont proportionnellement les plus nombreux : la Bolivie ! Le pays aux presque deux cents coups d’Etat mais où, depuis 2005, c’est un authentique Indien qui est aux commandes. Ou plutôt, car le mot « Indien » est péjoratif dans les pays andins, un indigène, Evo Morales ! Le premier élu indigène depuis l’indépendance acquise en 1825 et un ardent représentant de tous ces dirigeants d’Amérique latine qui rejettent désormais de plus en plus la tutelle traditionnelle de l’encombrant grand voisin du nord, les Etats-Unis. Une conquête du pouvoir encore fragile dans l’un des pays les plus pauvres du continent où les inégalités sont criantes, où l’oligarchie économique blanche n’a toujours pas accepté de se voir déposséder et où la lutte contre la drogue sert trop souvent de prétexte aux Américains pour reprendre pied dans le pays. Il faut aussi rappeler, au moment où Cuba célèbre le cinquantième anniversaire de la révolution castriste, que c’est en Bolivie que le Che a été capturé et assassiné et que le bourreau de Jean Moulin, Klaus Barbie, y a longtemps trouvé refuge et même accédé à de hautes fonctions grâce à la complicité des services nord-américains.

 

Monsieur X samedi 14 février 2009

 

La Bolivie (2)

 

Trop d’Indiens, pas assez de Blancs ! Qu’à cela ne tienne ! Il faut faire venir des colons d’origine européenne pour blanchir ce pays… Et pas n’importe lesquels ! Des individus originaires d’Afrique australe, élevés au lait de l’Apartheid ! Tel est le projet raciste qui a germé au début des années 1970 dans le cerveau des généraux boliviens qui régnaient d’une main de fer sur leur pays depuis 1964… Nous avons vu la semaine passée avec Monsieur X que ce plan, soutenu par des organisations internationales respectables, et que l’Allemagne fédérale était disposée à financer en partie, a fini par capoter. Inutile d’ajouter que le puissant parrain de la Bolivie, je veux parler des Etats-Unis, n’était nullement hostile à ce projet secret… Bien au contraire, puisqu’il s’agissait aussi de construire au cœur de l’Amérique du Sud un bastion blanc et anticommuniste. Car c’étaient aussi les belles années du « Plan Condor », une sorte de coopérative des dictatures de la région qui mettaient en commun leurs moyens policiers pour traquer et parfois assassiner leurs opposants… Enfin, la Bolivie, « le pays du coup d’Etat », comme on l’a appelé – 187 en un siècle et demi – abritait aussi quelques nazis notoires, dont un certain Klaus Barbie qui n’était d’ailleurs pas étranger à la conception de ce projet destiné à « blanchir » la Bolivie, c’est-à-dire à continuer à dominer et exploiter encore un peu plus les autochtones. Ces Indiens, souvent descendants des Incas, qui forment les deux-tiers de la population du pays et ont enfin élu à la présidence l’un des leurs en 2005. Pour la première fois depuis l’indépendance acquise en 1825 !

 

Monsieur X samedi 21 février 2009

 

Le 11 septembre 1968, le crash de la caravelle Ajaccio-Nice Un autre « 11 septembre » !…

 

Il y a un peu plus de quarante ans. À l’aéroport de Nice, des familles, des amis, attendent l’arrivée de la Caravelle d’Air France qui a décollé moins d’une demi-heure plus tôt d’Ajaccio… Un saut de puce au-dessus de la Méditerranée. Mais l’appareil n’atterrira jamais… Après de longs moments d’angoisse, tous apprendront enfin la terrible nouvelle : la Caravelle s’est abîmée en mer alors qu’elle se trouvait en phase d’approche de la piste de Nice. Il n’y a aucun survivant, 89 passagers et 6 membres d’équipage ont péri. Au-delà de la légitime émotion des proches de tous ceux qui ont trouvé la mort, la polémique ne va pas tarder tant cette catastrophe semble inexplicable… On va même imaginer les hypothèses les plus échevelées dont celle de l’attentat. Mais, progressivement, une autre version s’impose pour ceux qui ont perdu un ami ou un parent : celle d’une erreur militaire ! C’est un missile qui aurait frappé la Caravelle. Le ministère des Armées, alors dirigé par Michel Debré, a beau démentir avec fermeté, la lenteur de l’enquête et la mauvaise volonté des autorités militaires accréditent peu à peu l’hypothèse du missile. Et malgré le non-lieu prononcé par la Justice en 1973, le doute subsiste. À tel point qu’en septembre 2008, il y a donc seulement quelques mois, un collectif de proches des victimes a déposé une plainte contre X pour homicide volontaire en se basant sur de nouveaux témoignages. Mais quarante ans après, est-il encore possible d’approcher la vérité ?

 

Monsieur X samedi 28 février 2009

 

L'affaire René Lucet

 

L’affaire, si elle a incontestablement déclenché un véritable séisme politico-financier, restera aussi à jamais une énigme pour la police scientifique… Je veux parler de l’affaire Lucet, du nom de ce directeur de la Caisse primaire de l’Assurance maladie de Marseille qui se serait suicidé en se tirant deux balles de gros calibre dans la tête… Et j’emploie le conditionnel à dessein car, au moins techniquement, la thèse du suicide paraît hautement improbable… Mais si, en 1982, quelques mois après la victoire présidentielle de François Mitterrand, René Lucet ne s’est pas vraiment suicidé, qui l’a tué ? Et pourquoi ? Monsieur X va bien sûr essayer de répondre à ces questions… Cependant, avant de l’écouter, il n’est pas inutile de rappeler à tous ceux qui auraient pu oublier cette affaire vieille de plus d’un quart de siècle, qu’elle a d’abord suscité une polémique politique d’une rare violence et qu’elle a débouché ensuite sur la révélation d’un vaste système de corruption. Le début d’une avalanche d’affaires qui conduira la classe politique à tenter de réglementer le financement des partis et de le moraliser un tant soit peu. ème Dans cette mesure, ce curieux épisode a donc marqué durablement l’histoire de la Vième République, bien au-delà du simple fait divers…

 

Monsieur X samedi 7 mars 2009

 

Mai 1967 : émeutes et massacre à Pointe-à-Pitre

 

Une fois n’est pas coutume, mais je voudrais commencer par le propos d’un ancien footballeur… Lilian Thuram, en l’occurrence. Interviewé il y a quelques semaines par un journaliste du Monde à propos de la grève générale en Guadeloupe, le sportif déclare : "La Guadeloupe est souvent en avance sur la métropole en matière de conflit social. Si je vous demande ce que vous inspire «mai 67», vous allez me répondre que je me trompe d’une année ou que je ne connais pas l’histoire de France !" Mai 67. Je dois moi aussi avouer, sans doute comme la majorité d’entre vous, que cette date ne m’inspirait aucun souvenir. Je me suis donc plongé dans les archives. Que s’était-il donc passé en Guadeloupe, en mai 1967 ? Et c’est ainsi que j’ai découvert une information assez stupéfiante : la Guadeloupe, département français, a connu à l’époque trois journées de grande violence qui ont provoqué la mort de nombreuses personnes. Vraisemblablement plusieurs dizaines abattues par les forces de l’ordre… Et pourtant, il faut se rendre à l’évidence : ni la grande presse ni le monde politique ne s’y sont vraiment intéressé ! Alors imagine-t-on un pareil massacre resté inaperçu dans tout autre département français de métropole ? C’est pourquoi j’ai demandé à Monsieur X de m’éclairer. Car, malgré le temps qui a passé, la vérité ne s’est toujours pas fait jour et certains documents sont toujours inaccessibles ! Notre ancienne colonie antillaise n’était donc pas un département comme un autre et il faut bien constater, à la lumière des récents événements, que cet état d’exception demeure !

 

Monsieur X samedi 14 mars 2009

 

L'Estonie (1)

 

Monsieur X samedi 21 mars 2009

 

L'Estonie (2)

 

La statue de la colère ! Une modeste statue réalisée dans le plus pur style stalinien, et qui représente un soldat de l’Armée rouge… Mais une statue qui est devenue en Estonie un enjeu symbolique et a même provoqué en 2007 de véritables émeutes au cours desquelles un jeune homme est mort. Cependant, à la différence de l’urinoir de Clochemerle, la présence de ce monument sur une place de Tallinn, la capitale de l’Estonie, a fait resurgir un passé douloureux : celui d’un pays qui, après avoir été brièvement indépendant, a été successivement occupé par les Soviétiques puis par les Nazis avant de subir à nouveau pendant presque un demi-siècle la férule de Moscou… Un passé douloureux parce que chaque oc-cupation a déchiré le pays entre collaborateurs et résistants… Aujourd’hui, l’Estonie, comme les deux autres Républiques baltes a recouvré son indépendance. Mais la présence d’une forte minorité russophone exacerbe toujours les tensions et permet au puissant voisin russe de peser sur les affaires d’un pays qui a pourtant rejoint l’Alliance atlantique. Car, à côté de cet épisode de la statue de la division, se livre une confrontation beaucoup plus souterraine à base d’espionnage, de guerre du gaz, de cyber-attaques et même, plus surprenant encore, qui a fait naître de terribles soupçons à propos du naufrage d’un ferry qui a précipité dans la mort plus 850 passagers… Monsieur X poursuit son récit : une histoire à forte odeur de guerre froide !

 

Monsieur X samedi 28 mars 2009

 

Mai 1999, le bombardement de l'ambassade chinoise à Belgrade par l'OTAN

 

Etait-ce une bavure ? Ou bien une action délibérée ? Il est question ici du bombardement de l’ambassade chinoise de Belgrade lors de la Guerre du Kosovo, en 1999. Il y a donc tout juste dix ans… Dans la nuit du 7 au 8 mai, des bombardiers furtifs B-2, arrivés tout droit des Etats-Unis, larguent trois bombes auto-guidées sur le bâtiment neuf abritant la mission diplomatique chinoise. Les dégâts sont considérables et trois citoyens chinois périssent dans les décombres. Très vite, les autorités de l’OTAN qui supervisent ces frappes aériennes sur la Serbie de Milosevic présentent leurs excuses : une erreur de cartes serait à l’origine de cette tragique erreur. Mais, naturellement, Pékin refuse cette version et évoque un crime de guerre et une action barbare perpétrée par la CIA. Alors que le président Clinton, embarrassé, exprime ses regrets sincères et adresse ses condoléances au peuple chinois et à ses dirigeants, des centaines de milliers de manifestants envahissent les rues chinoises et s’en prennent aux ambassades états-unienne et britannique. Bien évidemment, la spontanéité de ces mouvements de foule ne fait pas illusion : ces manifestations sont orchestrées par le gouvernement communiste ; de même que les attaques de hackers chinois qui ont suivi contre les sites gouvernementaux Etats-Uniens Les relations sino-américaines, déjà affectées par une récente affaire d’espionnage, sont alors au plus mal. Et il faudra plusieurs mois avant qu’elles ne s’apaisent. Mais au-delà de ces excuses et des éruptions de mauvaise humeur, que cache exactement cette affaire qui ne doit peut-être rien au hasard ? Dissimule-t-elle des deux côtés des objectifs inavouables ?

 

Monsieur X samedi 4 avril 2009

 

Madagascar et La France (1)

 

Et la France dans tout cela ? ai-je demandé à Monsieur X, paraphrasant Jacques Chancel, lorsque j’ai pris connaissance des derniers événements de Madagascar. La France qui, malgré l’indépendance de l’Île rouge, a conservé avec son ancienne colonie des liens étroits, autant passionnels qu’économiques… La France qui, sans toutefois l’avouer, ne pouvait que se réjouir de voir un président qui ne l’aimait guère, Ravalomanana, être chassé du pouvoir… La France enfin qui demeure le principal bailleur de Madagascar où réside toujours 25.000 de nos compatriotes. Alors, en attendant la réponse de mon interlocuteur, il faut observer que cette île grande comme la France, connaît régulièrement des crises politiques qui voient s’affronter pendant des semaines, parfois des mois, des hommes qui revendiquent également la légitimité du pouvoir. Autre observation préliminaire : Madagascar, qui occupe une position stratégique dans l’Océan indien, est potentiellement riche et possède de nombreux atouts économiques. Et pourtant une partie de sa population vit encore dans la misère et l’île a même connu des périodes de famine ! Un dernier mot avant d’écouter Monsieur X : la France a aussi laissé de terribles souvenirs à Madagascar où personne n’a oublié qu’en 1947, la répression d’une révolte indépendantiste par les troupes françaises a provoqué la mort de cent mille Malgaches… Un bain de sang passé quasiment inaperçu en métropole mais qui n’a cessé de hanter la mémoire des habitants de l’île.

 

Monsieur X samedi 11 avril 2009

 

Madagascar et la France (2)

 

Tous les dix ans ou presque, l’Histoire semble bégayer à Madagascar… Des manifestations pacifiques, parfois violemment réprimées, finissent par avoir raison du président en place. Mais celui-ci résiste et pendant une période plus ou moins longue, deux pouvoirs, et donc deux dirigeants, revendiquent également leur légitimité… C’est le cas aujourd’hui dans l’Île rouge… Comme ça l’a été en 2002, 1991 et 1975…

Mais, et c’est ce que Monsieur X a commencé à développer la semaine dernière, l’ancien colonisateur n’a pas toujours été un spectateur neutre de ces crises politiques à répétition. La France demeure en effet le principal bailleur de Madagascar et il y réside toujours une importante communauté française. Et même lorsque l’île a connu un raidissement idéologique et collectiviste, les ponts n’ont jamais été rompus, bien que l’ancienne puissance colonisatrice ait servi de repoussoir et parfois cristallisé les haines et les ressentiments. En 1991, alors que l’Amiral rouge, c’est à dire le président Ratsiraka, vit une lune de miel avec la France de Mitterrand après avoir longtemps flirté avec la Corée du Nord de Kim Il Sung, les Malgaches expriment leur mécontentement… La socialisation forcée de l’économie a en effet produit des effets désastreux et même affamé une île qui était autrefois auto-suffisante sur le plan alimentaire… Il est d’autre part reproché à Didier Ratsiraka ses méthodes de gouvernement autoritaires. Jour après jour, les manifestants défilent dans la capitale, Antananarivo, pour demander la démission du président. Mais en août, alors qu’un défilé monstre marche vers le palais présidentiel, la garde, entraînée par des gendarmes français, ouvre le feu. Il y a des dizaines de morts. L’opposition annonce la formation d’un gouvernement provisoire. Mais Ratsiraka, reclus dans l’un de ses palais, n’entend pas se retirer… Quant à la France, elle tergiverse et essaie surtout de conserver ses positions, sans trop donner l’impression de s’ingérer dans les affaires intérieures de Madagascar.

 

Monsieur X samedi 18 avril 2009

 

Janvier 1991, les chars soviétiques dans Vilnius

 

Deux dates pour commencer. 15 octobre 1990, Mikhaïl Gorbatchev reçoit le prix Nobel de la Paix à Stockholm. 13 janvier 1991, trois mois plus tard, donc, les troupes spéciales soviétiques interviennent à Vilnius, capitale de la Lituanie : 14 personnes tombent sous leurs balles. Est-ce le même homme, le chouchou de l’Occident, qui, après avoir été encensé en Suède, a ordonné ce massacre ? Ou bien Gorby, comme on l’appelle désormais familièrement à l’Ouest, a-t-il été victime d’un complot ? Le début d’un processus qui conduira inévitablement à l’implosion de l’Empire et donc à la fin de l’URSS quelques mois plus tard ? Telle est la question à laquelle Monsieur X a choisi de répondre au cours de ce nouvel entretien. Une question qui demeure controversée aujourd’hui encore et qui peut se résumer ainsi : Gorbatchev est-il tombé dans un piège tendu par ses adversaires ? Mais qui étaient ces adversaires ? Les conservateurs putschistes qui tenteront au mois d’août 1991 de le renverser ? Ou les modérés qui ont dénoncé un peu plus tôt sa dérive dictatoriale et qui, sous le drapeau de Boris Eltsine, viendront à bout du régime soviétique peu après l’échec du putsch et démembreront l’URSS… La question est d’autant plus actuelle que l’homme fort de la Russie d’aujourd’hui, Vladimir Poutine, a toujours considéré que ce démantèlement avait été la plus grande catastrophe géopolitique qu’ait connue son pays. Et qu’il rêve de reconstituer cet empire défunt. Par exemple en envoyant des troupes en Géorgie, en semant la confusion en Ukraine ou en resserrant ses liens avec les Républiques d’Asie centrale… Tout en appelant aux mannes de Staline !

 

Monsieur X samedi 25 avril 2009

 

Ed Wilson, l’agent voyou de la CIA

 

À peine sorti de prison, il a clamé sa volonté de se battre… C’était en 2004. Edwin Wilson, condamné à 52 ans de prison pour haute trahison et libéré après plus de 20 ans passés dans un pénitencier états-unien, a décidé qu’il consacrerait ses dernières forces à obtenir sa réhabilitation… Aujourd’hui, à plus de 80 ans, il n’a toujours pas renoncé. Mais il semble bien que sa cause soit désespérée… Et d’abord parce que l’innocence de cet étrange personnage semble hautement improbable. Bref, Wilson n’est certainement pas un Dreyfus américain. Mais son existence est suffisamment mystérieuse pour qu’on puisse encore se poser de nombreuses questions. Et d’abord celle-ci : Wilson, ancien de la CIA, accusé d’avoir trahi les Etats-Unis au profit de la Libye, n’a-t-il pas été un bouc émissaire ? Et lorsqu’il fournissait Kadhafi en armes, explosifs et même mercenaires, ne continuait-il pas à travailler secrètement pour la centrale états-unienne ? A moins, autre hypothèse, qu’il n’ait été un agent de l’Est, manipulé par le KGB… Monsieur X a donc choisi cette semaine d’élucider cette énigme où apparaissent le bouillant et déconcertant leader libyen Kadhafi mais aussi de hauts personnages états-uniens. Il faut enfin noter que la libération de Wilson a coïncidé avec la fin de l’embargo international sur les armes destinées à la Libye d’un Kadhafi soudain assagi et presque recommandable… Un simple hasard ? Mais, dans le monde obscur de Monsieur X, il y a décidément beaucoup de curieux hasards !

 

Monsieur X samedi 2 mai 2009

 

Le DC3 fantôme

 

On l’a appelé le « DC3 fantôme » ! Un DC3 ! L’un de ces bons vieux Dakotas qui a été si utile aux parachutages alliés pendant la Seconde Guerre mondiale et qui a ensuite été la bête de somme du transport aérien sur de nombreux continents… Celui-là, immatriculé Fox Bravo Indiana Echo Echo, a disparu quelque part au nord de l’Afrique en 1978. Et l’on ne sait toujours pas ce que sont devenus ses deux pilotes et son passager, tous trois partis de l’aérodrome de Toulouse-Blagnac, un jour de la fin du mois de juillet. Trois hommes qui partaient accomplir une étrange mission dont ils ne sont donc jamais revenus. J’ai demandé à Monsieur X d’essayer d’éclaircir ce mystère. Surtout depuis qu’il m’a appris la semaine passée que le non moins curieux Edwin Wilson était vraisemblablement mêlé à cette affaire… Je résume : Wilson, ancien agent de la CIA, est devenu dans les années 70 un marchand d’armes qui a longtemps fricoté avec le colonel Kadhafi à qui il a fourni des tonnes d’explosifs, de détonateurs et d’autres joujoux du même ordre. Mais il est allé encore plus loin puisque, toujours à la demande du dictateur libyen, il s’est mué en sergent recruteur en envoyant à Tripoli nombre d’anciens Bérets verts. C’est à dire des mercenaires. Wilson, en agissait ainsi, travaillait-il encore pour son ancien employeur, la CIA, qui, à l’évidence, n’ignorait rien de ses activités, malgré de nombreuses mises en garde ? Quoi qu’il en soit, Wilson a fini par devoir rendre des comptes à la Justice de son pays et il a été lourdement condamné. Mais le doute demeure. Car, Wilson, qui a bénéficié d’une libération conditionnelle, continue à clamer son innocence. En tout cas, il semble bien qu’il ait été à l’origine de la mission confiée aux trois occupants français du DC3 fantôme.

 

Monsieur Xsamedi 9 mai 2009

 

11 septembre 2001 : le jihad afghan (1ère partie)

 

Enfin! se diront certains d’entre vous… Oui, enfin, Monsieur X, répondant aux très nombreux courriels ou lettres que vous lui avez envoyés, a accepté de parler du 11 septembre 2001, c’est à dire de la plus importante action terroriste jamais perpétrée… Mais, disons-le tout de suite, s’il a tant tardé à évoquer ce sujet brûlant, c’est qu’il voulait échapper à toute accusation de manipulation et qu’il tenait essentiellement à écarter tout soupçon de « conspirationnisme », ainsi qu’on qualifie désormais quelques-unes des théories qui remettent en cause la version officielle de l’administration états-unienne. Aussi, pour inaugurer cette série sur le 11 septembre, a-t-il d’abord voulu remonter aux sources, c’est à dire à l’invasion soviétique de l’Afghanistan et à l’implication des services américains dans le combat des moudjahidin contre l’Armée rouge. Mais, sans déflorer la suite de ce nouvel entretien avec mon interlocuteur, je peux d’ores et déjà vous dire que Monsieur X a systématiquement mis en évidence toutes les zones d’ombre qui obscurcissent toujours cette monstrueuse affaire. Zones d’ombre à tous les niveaux, c’est à dire avant, pendant et après les attentats qui ont anéanti les tours emblématiques du World Trade Center. Zones d’ombre enfin qui ont permis de nourrir tous les fantasmes possibles… Et d’abord parce que les Etats-Unis n’avaient jamais été frappés aussi durement sur leur propre territoire ! L’ampleur de l’événement justifiait donc la prolifération des théories et des hypothèses… D’autant que les mensonges et les manœuvres dilatoires des autorités de Washington ont forcément contribué à alimenter ce foisonnement de contestations et de questions, dont certaines demeurent malheureusement sans réponse !

 

Monsieur X samedi 16 mai 2009

 

Le 11 septembre 2001 (2ème partie)

 

Le trou existe toujours.

 

Ce que les Américains ont appelé « Ground Zero ». C'est-à-dire l’endroit d’où s’élevaient autrefois les « Twin Towers », les deux célèbres tours jumelles du World Trade Center. Et cette gigantesque absence se prolongera encore longtemps puisqu’on vient d’apprendre que la construction de la tour centrale avait été retardée et que ses locaux ne pourraient pas être mis en service avant 2019 ! Vous l’avez compris, Monsieur X a donc décidé de répondre aux nombreuses sollicitations d’auditeurs qui lui demandaient de les éclairer sur les mystères du 11 septembre 2001… En fait, il nous l’a dit dès la semaine dernière, il veut surtout faire la part entre ce qui relève du fantasme et un certain nombre de questions qui n’ont toujours pas obtenu de réponses. Ainsi a-t-il déjà mis en évidence le fait que Ben Laden, commanditaire présumé des attentats, était à la fois une créature des services secrets pakistanais et saoudiens qui se sont servis de lui pour recruter des moudjahiddin au cours de la guerre d’Afghanistan. Une complicité qui s’est poursuivie bien au-delà du retrait des forces soviétiques en 1989… Mais Monsieur X a aussi évoqué les liens étroits qui unissaient la famille Bush aux milieux d’affaires saoudiens et en particulier au puissant groupe Ben Laden. Ce qui explique pourquoi, deux jours après la tragédie du 11 septembre, alors que l’espace aérien états-unien était encore fermé, 140 citoyens saoudiens ont pu rejoindre leur pays en toute hâte… Et parmi eux, il y avait des membres de la famille Ben Laden…

 

Monsieur X samedi 23 mai 2009

 

Le 11 septembre 2001 (3ème partie)

 

George Bush était parfaitement informé des desseins de Ben Laden. Mais il ne prenait pas cette menace au sérieux… Non, pour lui, le danger venait principalement de l’Irak. L’Irak où, dès son installation à la Maison Blanche en janvier 2001, il avait l’intention de porter le fer et de châtier Saddam Hussein que son père avait eu la faiblesse d’épargner… Telle était la conclusion de Monsieur X la semaine passée. Monsieur X qui continue aujourd’hui à nous entretenir du 11 septembre et des nombreuses zones d’ombre qui persistent autour de ces attentats monstrueux et permettent de formuler les hypothèses les plus échevelées… Malgré les bévues des agences de renseignement, leur manque évident de coordination, bien des lourdeurs administratives et surtout des effectifs pléthoriques qui nuisaient à leur efficacité, le président états-unien savait donc que Al-Qaïda se préparait à frapper son pays. La preuve en a été apportée tardivement lorsque la Maison Blanche a enfin autorisé la publication d’un mémorandum destiné au président, mémo remis à Bush le 6 août 2001 alors qu’il passait des vacances dans son ranch texan. Mais, à l’évidence, le président a négligé l’avertissement précis que contenait ce texte. Pour autant, cette négligence coupable permet-elle de crier au complot ? samedi 23 mai 2009 Le 11 septembre 2001 (3ème partie) George Bush était parfaitement informé des desseins de Ben Laden. Mais il ne prenait pas cette menace au sérieux… Non, pour lui, le danger venait principalement de l’Irak. L’Irak où, dès son installation à la Maison Blanche en janvier 2001, il avait l’intention de porter le fer et de châtier Saddam Hussein que son père avait eu la faiblesse d’épargner… Telle était la conclusion de Monsieur X la semaine passée. Monsieur X qui continue aujourd’hui à nous entretenir du 11 septembre et des nombreuses zones d’ombre qui persistent autour de ces attentats monstrueux et permettent de formuler les hypothèses les plus échevelées… Malgré les bévues des agences de renseignement, leur manque évident de coordination, bien des lourdeurs administratives et surtout des effectifs pléthoriques qui nuisaient à leur efficacité, le président états-unien savait donc que Al-Qaïda se préparait à frapper son pays. La preuve en a été apportée tardivement lorsque la Maison Blanche a enfin autorisé la publication d’un mémorandum destiné au président, mémo remis à Bush le 6 août 2001 alors qu’il passait des vacances dans son ranch texan. Mais, à l’évidence, le président a négligé l’avertissement précis que contenait ce texte. Pour autant, cette négligence coupable permet-elle de crier au complot ?

 

Monsieur X samedi 30 mai 2009

 

Le massacre de la place Tiananmen Tiananmen connais pas !

 

C’est, pour reprendre le titre du célèbre documentaire de Bertrand Blier, la réponse que peuvent faire les jeunes Chinois si on les interroge sur les événements dramatiques de Tiananmen dont on va célébrer dans quelques jours le vingtième anniversaire. Tiananmen connais pas, car aucun livre d’histoire chinois n’en fait mention et la presse locale n’est pas autorisée à évoquer ce massacre qui a provoqué la mort de centaines, peut-être même de plusieurs milliers de Chinois. Un bilan précis étant impossible à établir tant que le sujet restera tabou pour les autorités de Pékin qui s’en tiennent par ailleurs à la version officielle, je cite : "Les manifestants étaient des criminels et des voyous, sans lien avec les étudiants. Et l’armée est intervenue pour sauver le socialisme en Chine." Malgré cette chape de plomb, le souvenir du «Printemps de Pékin », qui s’est terminé dans le sang sur la place Tiananmen, reste vif dans la mémoire de tous les contemporains. Et le gouvernement communiste redoute que ce vingtième anniversaire ne donne lieu à de nouveaux épisodes contestataires dans cet immense pays où les signes de rébellion se multiplient. Paysans déracinés rejetés des villes par la crise économique, chômeurs, victimes du lait frelaté, habitants du Sichuan ravagé par le dernier séisme qui accusent la mauvaise qualité des constructions, contempteurs de la corruption des fonctionnaires du Parti, sinistrés de la pollution industrielle, dissidents politiques régulièrement embastillés, ou encore Tibétains opprimés… Monsieur X, qui m’a déjà entretenu des événements de Tiananmen, revient donc sur cette tragédie à la lumière des dernières informations qui ont filtré de Chine malgré le silence officiel et le contrôle rigoureux des médias et de l’Internet. Des révélations souvent surprenantes ! Le massacre de la place Tiananmen Tiananmen connais pas ! C’est, pour reprendre le titre du célèbre documentaire de Bertrand Blier, la réponse que peuvent faire les jeunes Chinois si on les interroge sur les événements dramatiques de Tiananmen dont on va célébrer dans quelques jours le vingtième anniversaire. Tiananmen connais pas, car aucun livre d’histoire chinois n’en fait mention et la presse locale n’est pas autorisée à évoquer ce massacre qui a provoqué la mort de centaines, peut-être même de plusieurs milliers de Chinois. Un bilan précis étant impossible à établir tant que le sujet restera tabou pour les autorités de Pékin qui s’en tiennent par ailleurs à la version officielle, je cite : "Les manifestants étaient des criminels et des voyous, sans lien avec les étudiants. Et l’armée est intervenue pour sauver le socialisme en Chine." Malgré cette chape de plomb, le souvenir du «Printemps de Pékin », qui s’est terminé dans le sang sur la place Tiananmen, reste vif dans la mémoire de tous les contemporains. Et le gouvernement communiste redoute que ce vingtième anniversaire ne donne lieu à de nouveaux épisodes contestataires dans cet immense pays où les signes de rébellion se multiplient. Paysans déracinés rejetés des villes par la crise économique, chômeurs, victimes du lait frelaté, habitants du Sichuan ravagé par le dernier séisme qui accusent la mauvaise qualité des constructions, contempteurs de la corruption des fonctionnaires du Parti, sinistrés de la pollution industrielle, dissidents politiques régulièrement embastillés, ou encore Tibétains opprimés… Monsieur X, qui m’a déjà entretenu des événements de Tiananmen, revient donc sur cette tragédie à la lumière des dernières informations qui ont filtré de Chine malgré le silence officiel et le contrôle rigoureux des médias et de l’Internet. Des révélations souvent surprenantes

 

Mosieur X samedi 6 juin 2009

 

Les Tamouls du Sri Lanka

 

Combien de civils ont-ils payé de leur vie l’atroce guerre du Sri-Lanka qui vient de s’achever ? Au moins sur le terrain. Des civils qui étaient les vrais otages de ce conflit vieux d’une trentaine d’années. Pour le gouvernement de Colombo qui fête avec une ostentation impudique sa victoire, les redoutables Tigres tamouls se servaient des civils comme de boucliers humains. Ce qui est aux termes des lois internationales un crime de guerre. Mais, de leur côté, les Tigres accusaient l’armée gouvernementale de bombarder à l’arme lourde les populations qui se trouvaient encore confinées dans leur dernier réduit… Et c’est aussi un autre crime de guerre ! Mais, au-delà de cette controverse où la mauvaise foi le dispute au mensonge, il y a les chiffres. Terribles ! Au moins 6.500 personnes ont péri et 100.000 autres, peut-être même plus, ont dû quitter en toute hâte leurs villages et vivent désormais derrière les barbelés de camps d’internement dans des conditions d’extrême précarité… Devant ce drame lointain, il faut bien reconnaître que la communauté internationale, comme on a l’habitude de la nommer, n’a guère réagi, pire l’ONU a minimisé le nombre de victimes civils dans les récents massacres. Certes, le Conseil de sécurité a débattu de cette grave question. Mais il n’en est rien sorti : et d’abord parce que la Russie et la Chine ne voulaient surtout pas que l’organisation internationale intervienne dans les affaires internes d’un pays-membre… La peur sans doute qu’un jour l’ONU ne s’intéresse au Tibet ou à la Tchétchénie… Quant au gouvernement sri-lankais, il est demeuré sourd aux appels de ses homologues occidentaux. Car il entendait bien mener cette guerre à son terme et donc exterminer jusqu’au dernier des Tigres tamouls. Monsieur X a déjà évoqué ce conflit qui a ensanglanté cette île paradisiaque de si longues années. A l’occasion des derniers événements, il revisite cette question.

 

Monsieur X samedi 13 juin 2009

 

rediffusion de l'émission de mars 2007 :

 

1964, le putsch raté contre Léon M’Ba, 1er président du Gabon, et l’ascension vers le pouvoir d’Albert-Bernard Bongo

 

C’était une première dans cette Afrique francophone qui venait tout juste d’accéder à l’indépendance : une intervention militaire française visant, non pas à venir en aide à un pays en proie à une agression extérieure mais à permettre à un dirigeant mal en point de récupérer son pouvoir. Et donc une ingérence armée de l’ancien colonisateur dans la vie politique d’un Etat en principe indépendant. Une première mais pas une dernière. C’était en 1964, au Gabon. Le président M’Ba, renversé par un putsch militaire, a donc récupéré le pouvoir grâce aux paras français. Une manière, pour le général de Gaulle et son fidèle Jacques Foccart, grand manitou de la politique africaine de la France, de rassurer les autre dirigeants de notre pré carré. Menacés d’être déposés par leurs opposants, ils pourraient toujours compter sur la main armée de la France. Et c’est ainsi que l’on a découvert que notre pays et certaines de ses anciennes colonies étaient liés par des accords secrets, accords qui permettaient ce genre d’intervention militaire. Néocolonialisme ou défense de nos intérêts économiques et stratégiques menacés par des rivaux étrangers ? Ou bien les deux ? Monsieur X revient sur cette curieuse mais exemplaire histoire au fort parfum barbouzard.

 

Monsieur X samedi 20 juin 2009

 

La sulfureuse affaire Altantuya en Malaisie

 

On l’a appelée, bien à tort, la « Mata Hari mongole ». A tort, parce qu’elle n’était sans doute pas une espionne et qu’elle était beaucoup plus belle que Mata Hari ! Mais si quelques journalistes l’ont ainsi nommée, c’est que dans sa brève existence on trouve les ingrédients qui ont servi à bâtir la légende de la danseuse nue : le sexe, l’argent et la mort… Altantuya Shaaribuu – mais ses proches l’appelaient plus simplement « Tuya » – a été assassinée en octobre 2006 en Malaisie. Elle avait alors 28 ans. Et si je vous parle d’elle aujourd’hui, c’est qu’elle est au centre d’un scandale politico-policier qui n’a pas fini de créer des remous à Kuala-Lumpur et qui concerne aussi une importante firme française exportatrice de matériels militaires. Et, disons-le tout de suite, cette affaire n’est pas sans rappeler une autre histoire qui n’a toujours pas livré ses secrets, celle des fameuses frégates de Taïwan ! Bref, vous l’avez compris, Monsieur X nous propose dans ce nouvel entretien d’effectuer aussi une plongée dans le monde obscur des marchands d’armes. Ce que d’aucuns ont appelé les « marchands de mort ». Un commerce dangereux, pas très moral, mais qui rapporte aussi beaucoup de devises à la France ! La sulfureuse affaire Altantuya en Malaisie On l’a appelée, bien à tort, la « Mata Hari mongole ». A tort, parce qu’elle n’était sans doute pas une espionne et qu’elle était beaucoup plus belle que Mata Hari ! Mais si quelques journalistes l’ont ainsi nommée, c’est que dans sa brève existence on trouve les ingrédients qui ont servi à bâtir la légende de la danseuse nue : le sexe, l’argent et la mort… Altantuya Shaaribuu – mais ses proches l’appelaient plus simplement « Tuya » – a été assassinée en octobre 2006 en Malaisie. Elle avait alors 28 ans. Et si je vous parle d’elle aujourd’hui, c’est qu’elle est au centre d’un scandale politico-policier qui n’a pas fini de créer des remous à Kuala-Lumpur et qui concerne aussi une importante firme française exportatrice de matériels militaires. Et, disons-le tout de suite, cette affaire n’est pas sans rappeler une autre histoire qui n’a toujours pas livré ses secrets, celle des fameuses frégates de Taïwan ! Bref, vous l’avez compris, Monsieur X nous propose dans ce nouvel entretien d’effectuer aussi une plongée dans le monde obscur des marchands d’armes. Ce que d’aucuns ont appelé les « marchands de mort ». Un commerce dangereux, pas très moral, mais qui rapporte aussi beaucoup de devises à la France !

 

Monsieur X samedi 27 juin 2009

 

Le Congo Brazzaville

 

Étrange et dramatique coïncidence : le 21 janvier 2009, à 6000 kilomètres de distance, deux journalistes franco-congolais ont vu leurs maisons ravagées par un incendie. Deux journalistes qui, autre coïncidence, ne craignaient pas de critiquer avec virulence le président de leur pays d’origine, Denis Sassou Nguesso, lui reprochant son autoritarisme, son népotisme mais surtout le fait de s’être fabuleusement enrichi au détriment du peuple congolais. Une information qui, il faut bien le dire, n’a guère été relayée par les médias français… Pourtant, le premier journaliste, demeurant à Brazzaville et dont la compagne et les deux enfants ont péri dans l’incendie, possédait aussi la nationalité française. Et il est mort assez mystérieusement une dizaine de jours plus tard, alors qu’il n’était pas grièvement brûlé. Quant au deuxième journaliste, également professeur dans un collège français, il habitait Orléans… Autant dire que cette double information, outre la coïncidence de ces deux incendies qui ont éclaté le même jour et à peu près à la même heure, aurait pu éveiller la curiosité de la presse. Mais il faut bien avouer que tout ce qui touche la Françafrique, car c’est bien de cela qu’il s’agit, demeure toujours un domaine sensible. La récente affaire des « biens mal acquis » par trois présidents africains l’illustre de façon spectaculaire… Et justement, ce dernier développement n’est pas absent du dossier qu’ouvre aujourd’hui Monsieur X.

 

Monsieur X samedi 4 juillet 2009

 

Jonas Savimbi (1) (1ère diffusion le 03/01/09)

 

L’actualité l’imposait. L’actualité, c’est à dire le procès de ce que l’on a appelé « l’Angolagate » ou encore « l’affaire Falcone » du nom de cet homme d’affaires français qui a conclu un formidable contrat de ventes d’armes avec l’Angola. Mais un contrat qui, aux yeux de la loi, aurait été illégal et vaut aujourd’hui à une impressionnante brochette de personnalités de s’asseoir dans le box des accusés pour un procès qui va durer des mois ! J’ai donc demandé à Monsieur X de se pencher sur ce dossier sulfureux et, plus largement, sur l’implication de la France dans les affaires angolaises. Notre pays a en effet joué un rôle essentiel en Angola, ancienne colonie portugaise, qui ne faisait pourtant pas partie de son pré carré en Afrique, c’est à dire ce qu’on a appelé la Françafrique. Mais il y avait les gigantesques ressources pétrolières de l’Angola, principal producteur africain avec le Nigeria. Des richesses qui ont donné le tournis à une myriade d’hommes d’affaires et de politiciens de tout poil et ont engendré une atroce guerre civile qui s’est prolongée pendant plus d’un quart de siècle… Au beau milieu de ce désastre humain, la stature d’un homme émerge, celle de Jonas Savimbi, un dirigeant qu’un ancien chef de nos services secrets n’a pas hésité à qualifier de de Gaulle africain ! Savimbi est mort les armes à la main il y a six ans au cours d’un épisode qui ressemble à une exécution en bonne et due forme. Et là encore, des Français sont impliqués. C’est en tout cas la conviction de Monsieur X… Jonas Savimbi (1) (1ère diffusion le 03/01/09) L’actualité l’imposait. L’actualité, c’est à dire le procès de ce que l’on a appelé « l’Angolagate » ou encore « l’affaire Falcone » du nom de cet homme d’affaires français qui a conclu un formidable contrat de ventes d’armes avec l’Angola. Mais un contrat qui, aux yeux de la loi, aurait été illégal et vaut aujourd’hui à une impressionnante brochette de personnalités de s’asseoir dans le box des accusés pour un procès qui va durer des mois ! J’ai donc demandé à Monsieur X de se pencher sur ce dossier sulfureux et, plus largement, sur l’implication de la France dans les affaires angolaises.

Notre pays a en effet joué un rôle essentiel en Angola, ancienne colonie portugaise, qui ne faisait pourtant pas partie de son pré carré en Afrique, c’est à dire ce qu’on a appelé la Françafrique. Mais il y avait les gigantesques ressources pétrolières de l’Angola, principal producteur africain avec le Nigeria. Des richesses qui ont donné le tournis à une myriade d’hommes d’affaires et de politiciens de tout poil et ont engendré une atroce guerre civile qui s’est prolongée pendant plus d’un quart de siècle… Au beau milieu de ce désastre humain, la stature d’un homme émerge, celle de Jonas Savimbi, un dirigeant qu’un ancien chef de nos services secrets n’a pas hésité à qualifier de de Gaulle africain ! Savimbi est mort les armes à la main il y a six ans au cours d’un épisode qui ressemble à une exécution en bonne et due forme. Et là encore, des Français sont impliqués. C’est en tout cas la conviction de Monsieur X….

 

Monsieur X samedi 11 juillet 2009

 

Jonas Savimbi (2)

 

(1ère diffusion le 10/01/09)

 

Pierre Falcone a-t-il sauvé le président Eduardo dos Santos ? La question n’est pas aussi absurde qu’il y paraît. Le président angolais affirme en effet que les armes que lui a livrées Falcone, figure centrale du procès de l’Angolagate qui se déroule en ce moment à Paris, lui ont permis de triompher des forces de l’Unita alors que sa situation était désespérée ! Et cela explique pourquoi Dos Santos a continué à soutenir bec et ongles son ami Falcone en essayant d’obtenir que son procès n’ait jamais lieu. Un procès qui, par ailleurs, embarrasse autant la France que l’Angola eu égard aux rapports commerciaux que les deux pays ont noués. Des liens, nous a rappelé Monsieur X la semaine passée, qui sont aussi anciens qu’ils ont été ambigus ! En effet, en Angola, pendant fort longtemps, le champion de Paris a été le meilleur ennemi de Dos Santos et de son prédécesseur, le président Agostino Neto. C’est à dire Jonas Savimbi, le chef du mouvement rebelle Unita. Un héros du monde libre, selon Ronald Reagan et l’ancien chef de nos services de renseignement, Alexandre de Marenches. Ou encore l’un de nos ex-ministres de la Défense, François Léotard ! Mais la realpolitik a fini par l’emporter : lorsque d’énormes ressources pétrolières sont en jeu, on ne peut guère hésiter. Quand Savimbi a été abattu en 2002, les armes à la main, il était devenu un homme traqué, abandonné par tous ses sponsors internationaux.

Monsieur X revient sur cette histoire qui dissimule encore pas mal de secrets !

 

Monsieur X samedi 18 juillet 2009

 

L'affaire René Lucet

 

1ère diffusion le 28/02/09

 

L’affaire, si elle a incontestablement déclenché un véritable séisme politico-financier, restera aussi à jamais une énigme pour la police scientifique… Je veux parler de l’affaire Lucet, du nom de ce directeur de la Caisse primaire de l’Assurance maladie de Marseille qui se serait suicidé en se tirant deux balles de gros calibre dans la tête… Et j’emploie le conditionnel à dessein car, au moins techniquement, la thèse du suicide paraît hautement improbable… Mais si, en 1982, quelques mois après la victoire présidentielle de François Mitterrand, René Lucet ne s’est pas vraiment suicidé, qui l’a tué ? Et pourquoi ? Monsieur X va bien sûr essayer de répondre à ces questions… Cependant, avant de l’écouter, il n’est pas inutile de rappeler à tous ceux qui auraient pu oublier cette affaire vieille de plus d’un quart de siècle, qu’elle a d’abord suscité une polémique politique d’une rare violence et qu’elle a débouché ensuite sur la révélation d’un vaste système de corruption. Le début d’une avalanche d’affaires qui conduira la classe politique à tenter de réglementer le financement des partis et de le moraliser un tant soit peu. Dans cette mesure, ce curieux épisode a donc marqué durablement l’histoire de la V° République, bien au-delà du simple fait divers…

 

Monsieur X samedi 25 juillet 2009

 

Dimitri Polyakov, l'espion parfait

 

(1ère diffusion le 31/01/09)

 

Le plus grand espion du XX° siècle ? Peut-être. En tout cas certainement l’un des plus mystérieux… Il s’appelait Dimitri Fédérovitch Polyakov et encore aujourd’hui, nombreux sont les spécialistes états-uniens du renseignement à estimer que jamais la CIA n’a possédé une source aussi précieuse au cœur de « l’Empire du mal », pour reprendre l’expression de Ronald Reagan… Toutefois il se trouve aussi d’autres experts pour estimer que le général Polyakov était en réalité un agent double chargé d’intoxiquer la centrale de Langley. Mais alors pourquoi ce haut responsable des services secrets de l’Armée rouge aurait-il été fusillé au milieu des années 1980 ? Une condamnation à mort révélée par la Pravda en 1990. C'est-à-dire à une époque où l’URSS existait encore. Il s’agissait donc d’une information officielle directement téléguidée par le Kremlin… C’est pourquoi ces mêmes experts, qui mettaient en cause la duplicité de Polyakov, ont estimé qu’il y avait là un subterfuge, une manœuvre de désinformation, un classique du KGB. Où se trouve la vérité ? C’est bien sûr la question que j’ai posée à Monsieur X… Autant le dire tout de suite, la chute de l’Empire rouge n’a guère permis d’éclaircir les mystères des services secrets soviétiques qui ont été soigneusement protégés par leurs avatars actuels, le FSB ou le SVR. Mais comment s’en étonner quand on sait que l’homme fort de la Russie est un ancien du KGB qui a fait en sorte de placer à la tête de son pays un grand nombre de ses ex-camarades ?

 

Monsieur X samedi 1er août 2009

 

1959, la mort de Camilo Cienfuegos

 

(1ère diffusion le 27/12/08)

 

C’était il y a exactement cinquante ans. Presque au jour près. Des individus barbus et rigolards, vêtus de treillis verts défraîchis, descendaient de la montagne et investissaient tranquillement la première ville du pays tandis que les troupes gouvernementales se débandaient et leur abandonnaient le terrain. La révolution cubaine était victorieuse et, quelques jours plus tard, un grand barbudo, un cigare perpétuellement planté entre les lèvres, commençait une marche triomphale qui le conduirait une semaine plus tard dans les rues de La Havane… Il y a soixante ans, donc. Et Fidel Castro, bien qu’affaibli par la maladie, est toujours là, même s’il a confié le pouvoir à son demi-frère Raúl. Un vrai record de longévité, donc, pour ce dictateur qui a soulevé autant de haines que de ferveurs… En effet, la tyrannie et les crimes de Fidel Castro ont été impuissants à effacer totalement le halo de romantisme révolutionnaire qui a auréolé la victoire des barbudos cubains. Les raisons en sont multiples, à commencer par le fait qu’il était tentant de prendre le parti du faible, Cuba, qui osait résister au puissant, c’est à dire les Etats-Unis. Sans compter l’anti-américanisme latent qui demeure sur le Vieux Continent. Mais il y avait aussi, dans les milieux de gauche, l’agréable surprise de découvrir des dirigeants révolutionnaires qui n’étaient pas engoncés dans les lourds pardessus gris des caciques du Kremlin… Ajoutez à cela la gaieté naturelle de la musique cubaine et vous avez tous les ingrédients qui ont trop longtemps mystifié l’opinion et dissimulé les dévoiements de cette joyeuse révolution tropicale. Parmi les héros de cette aventure commencée de façon si romanesque se trouvait, aux côtés de Castro et Guevara, un personnage singulier, peut-être même encore plus populaire que ces deux derniers personnages : Camilo Cienfuegos ! Un héros qui n’aura cependant vécu que les premiers mois de la révolution car il a péri en octobre 1959 dans un mystérieux accident d’avion. Mais s’agissait-il vraiment d’un accident ? Monsieur X a son idée.

 

Monsieur X samedi 8 août 2009

 

Le Carrefour du Développement (1ère diffusion le 18/10/08)

 

Le « vrai-faux passeport » !

 

L’expression a fait florès. Mais qui se souvient qu’elle est apparue il y a plus de vingt ans lors d’une affaire qui, plus que tout autre, a contribué la première à ternir les mœurs de notre classe politique ? Argent sale, corruption, financement illégal des partis, fausses factures, on trouve en effet de tout dans l’affaire du Carrefour du développement ! Un vrai résumé de toutes les infractions et scandales qui jalonneront ensuite l’actualité politique jusqu’à nos jours… Et puis il y a ce nom bizarre à l’accent topographique et vaguement intrigant : le Carrefour du développement ! Officiellement, il s’agissait d’une association régie par la loi de 1901, destinée à participer au développement des pays africains. Mais en réalité, on s’en apercevra peu à peu, c'était aussi d’une officine destinée à fabriquer de l’argent sale et à financer des opérations illégales. En 1986, la découverte du scandale doit beaucoup à la première cohabitation qui s’instaure entre un Premier ministre de droite et un président de la République de gauche. En jeu, il y a bien sûr la future élection présidentielle de 1988 et tous les coups bas sont permis. Mais la déflagration sera telle qu’elle dépassera bien vite ceux qui ont allumé la mèche et jettera une lumière crue sur les rapports entre l’argent et la politique… En même temps qu’elle révèlera, s’il en était encore besoin, un éclairage cruel sur la politique africaine de la France. Monsieur X revient donc sur une affaire qui, malgré ses nombreux aléas judiciaires, conserve encore des zones d’ombre…

 

Monsieur X samedi 15 août 2009

 

L'affaire Alexi (1ère diffusion le 24/01/09)

 

On l’a appelé « l’affaire Alexi ». Un fait divers terrifiant : un sextuple assassinat dans une paisible villa de Louveciennes, banlieue parisienne paisible s’il en est ! Un massacre quasi-familial puisque quatre des victimes sont parentes. Mais c’est surtout le personnage du principal suspect qui provoque un choc : un adolescent aux joues rondes, un gamin trop sérieux qui affirme avoir tué avec le plus grand sang-froid son père, sa belle-mère, les père et mère de cette dernière et un couple d’amis qui séjournait dans la maison. Avec le plus grand sang-froid, oui… Sur les seize coups de feu tirés, une seule munition n’a pas atteint sa cible !… L’adolescent, Alexi, avoue presque d’emblée être le sextuple meurtrier… L’affaire est donc entendue. La suite appartient aux experts et autres psychiatres qui devront essayer de comprendre. Et peut-être même expliquer cette folie meurtrière ! Oui, mais voilà, l’adolescent ne tarde pas à se rétracter. Et ce théâtre d’ombres s’écroule ! Apparaît alors un fond de décor qui n’est pas moins terrifiant : des hommes en noir ca-goulés qui menacent avant de disparaître dans la nuit à bord d’une puissante voiture sombre… Et un spectre qui surgit, celui de la mafia russe qui, en ces années 1990, élimine sans pitié tous ceux qui s’opposent à sa mainmise sur l’économie d’un empire à l’agonie.…

 

Monsieur X le samedi 22 août 2009

 

Mai 1967, le massacre de Pointe-à-Pitre (1ère diffusion le 07/03/09)

 

Une fois n’est pas coutume, mais je voudrais commencer par le propos d’un ancien footballeur… Lilian Thuram, en l’occurrence. Interviewé il y a quelques semaines par un journaliste du Monde à propos de la grève générale en Guadeloupe, le sportif déclare : "La Guadeloupe est souvent en avance sur la métropole en matière de conflit social. Si je vous demande ce que vous inspire «mai 67», vous allez me répondre que je me trompe d’une année ou que je ne connais pas l’histoire de France !" Mai 67. Je dois moi aussi avouer, sans doute comme la majorité d’entre vous, que cette date ne m’inspirait aucun souvenir. Je me suis donc plongé dans les archives. Que s’était-il donc passé en Guadeloupe, en mai 1967 ? Et c’est ainsi que j’ai découvert une information assez stupéfiante : la Guadeloupe, département français, a connu à l’époque trois journées de grande violence qui ont provoqué la mort de nombreuses personnes. Vraisemblablement plusieurs dizaines abattues par les forces de l’ordre… Et pourtant, il faut se rendre à l’évidence : ni la grande presse ni le monde politique ne s’y sont vraiment intéressé ! Alors imagine-t-on un pareil massacre resté inaperçu dans tout autre département français de métropole ? C’est pourquoi j’ai demandé à Monsieur X de m’éclairer. Car, malgré le temps qui a passé, la vérité ne s’est toujours pas fait jour et certains documents sont toujours inaccessibles ! Notre ancienne colonie antillaise n’était donc pas un département comme un autre et il faut bien constater, à la lumière des récents événements, que cet état d’exception demeure !

 

Monsieur X samedi 29 août 2009

 

L'occupation et le pillage de la Papouasie Occidentale par l'Indonésie

 

(1ère diffusion le 06/12/08)

 

Interdit ! C’est clair, net, sans aucune ambiguïté ! Les journalistes étrangers ne sont pas autorisés à pénétrer sur le territoire de la Papouasie occidentale. Dans cette colonie verrouillée par d’anciens colonisés, les Indonésiens, on doit pouvoir continuer à spolier, tuer, massacrer et exploiter la nature en toute discrétion. Et en toute impunité. Une situation particulièrement révoltante au moment où l’on célèbre le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme à laquelle France-Inter consacre ce week-end plusieurs de ses programmes. La Papouasie ! Un pays lointain, quasi-légendaire mais qui nous est parfaitement étranger… Et cependant, lorsque nous nous asseyons sur nos chaises de jardin fabriquées dans un beau bois blond imputrescible, c’est souvent sur un petit morceau de Papouasie que nous nous installons… Un bois arraché à l’une des plus importantes forêts primaires du monde aujourd’hui menacée d’extinction à cause de la voracité des marchands qui l’exploitent sans vergogne. La forêt meurt mais les hommes d’abord. Victimes de la cupidté des grandes sociétés anglo-saxonnes qui fouillent leurs montagnes pour y extraire l’or et le cuivre et polluent irrémédiablement leurs terres. Victimes d’une armée qui sert de garde-chiourme à ces industriels. Victimes d’un système qui les exclut et n’a de cesse de vouloir détruire leur civilisation et leurs croyances… Bref, leur âme !

 

Monsieur X samedi 5 septembre 2009

 

La taupe du quai d'Orsay

 

Est-ce un retour au bercail ? La France, selon le désir de Nicolas Sarkozy, a donc regagné le commandement intégré de l’Alliance atlantique 43 ans après la décision du général de Gaulle de s’en éloigner… Une décision qui n’était d’ailleurs pas un réel divorce mais exprimait simplement la volonté du président français d’afficher l’indépendance de notre pays en matière de défense, sans toutefois remettre en cause nos alliances traditionnelles. Si Monsieur X revient sur cette affaire, c’est qu’elle illustre clairement l’ambiguïté des rapports que la France a toujours entretenus avec les Etats-Unis. Un mélange de cordialité et de méfiance, d’amitié et de soupçon, traversé régulièrement par des crises : la dernière étant celle ouverte par la décision de Paris de ne pas participer à la guerre en Irak … Dans les années 60, c’est la question de l’OTAN qui fait débat. Washington ne se fait guère d’illusion. Dès le retour au pouvoir du général, on sait à Washington que le président français sera un allié incommode. Mais osera-t-il pour autant rebattre toutes les cartes et par exemple se rapprocher de l’URSS ?… C’est dire que la Maison Blanche suit l’affaire avec attention. La Maison Blanche qui dispose au plus haut niveau de notre diplomatie d’une taupe qui l’informe semaine après semaine. Trahison d’un haut fonctionnaire pro-américain ? Ou, plus prosaïquement, volonté d’un diplomate atlantiste d’empêcher la catastrophe que serait pour lui la rupture avec les Etats-Unis ? Monsieur X décrypte ce curieux épisode…

 

Monsieur X samedi 12 septembre 2009

 

Réseau Ergenekon : le Gladio turc?(1)

 

Ce pourrait être le titre d’un roman gothique du 19° siècle : Ergenekon ! Et, effectivement, ce nom mystérieux recouvre une histoire aussi fantastique qu’inquiétante : un complot à l’échelle de tout un pays et dont on ne cesse depuis deux ans de démêler difficilement les fils tant les conspirateurs bénéficient de nombreuses complicités… Ce pays, c’est la Turquie où l’on découvre avec effarement que la pieuvre Ergenekon avait lancé ses tentacules au plus profond de l’Etat et des institutions. Alors, avant d’ouvrir ce dossier avec Monsieur X, une explication sur cette appellation ténébreuse… Ergenekon, c’est le nom d’une vallée mythique des montagnes de l’Altaï, au fin fond de l’Asie centrale. Là d’où seraient originaires les tribus turques originelles… Selon la légende, une louve au pelage gris-bleu aurait incité ces féroces guerriers à quitter leurs montagnes pour se lancer à la conquête du vaste monde. Et c’est ainsi que, conduits par ce fauve, les Turcs auraient abandonné l’Asie centrale pour avancer vers la Méditerranée et se rendre d’abord maîtres de l’Anatolie… Avant de conquérir une grande partie du bassin méditerranéen et des Balkans. Et ce n’est pas par hasard si, plus tard, au XX° siècle, une redoutable organisation turque nationaliste et terroriste a choisi de s’appeler "Les Loups gris". Les Loups gris qui seront le bras armé et clandestin du complot Ergenekon ! Et ici, il faut rappeler que c’est à l’occasion de l’attentat contre Jean-Paul II, en 1981, que les Loups gris accèderont, si j’ose dire, à une notoriété internationale lorsqu’on apprendra que l’homme qui a tiré sur le chef de la catholicité, Ali Agça, était membre de cette organisation criminelle… Mais au-delà de cette appellation folklorique ou légendaire, c’est donc la réalité d’une vaste opération conspirationniste qui est en train d’être mise au jour en Turquie. Une entreprise née au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, qui n’a cessé de peser sur les orientations politiques du pays et qui est responsable des épisodes les plus sanglants de l’histoire récente de la Turquie.

 

Monsieur X samedi 19 septembre 2009

 

Réseau Ergenekon : le Gladio turc ? (2)

 

Les Turcs l’ont appelé « l’Etat profond » ! Et l’expression dit bien ce qu’elle veut dire : pendant des années, il a existé en Turquie, dissimulé derrière les acteurs visibles de la vie publique, une structure secrète qui détenait la réalité du pouvoir et qui se trouvait dans les mains des militaires… L’armée turque, Monsieur X le rappelait la semaine passée, a en effet toujours joué un rôle éminent depuis l’accession au pouvoir du père de la Turquie moderne, Atatürk. L’armée qui, à la suite de l’un des nombreux putschs qu’elle a perpétrés, s’est même arrogé le droit constitutionnel d’intervenir dans la vie publique du pays dès lors qu’elle estimait que les principes républicains étaient menacés… Cette toute puissance des militaires a été récemment battue en brèche par l’irruption dans l’arène politique des Islamistes du parti de La Justice mené par le Premier ministre Recep Tayep Erdogan… Un véritable bouleversement qui a permis, non sans difficultés, de mettre en lumière la réalité de ce mystérieux « Etat profond » mais aussi l’existence d’une vaste conjuration visant à restaurer le pouvoir des militaires, le complot Ergenekon… Ergenekon étant le nom d’une vallée asiatique légendaire d’où les premiers Turcs seraient sortis, guidés par une louve au pelage gris-bleu, afin de conquérir le monde. Le complot Ergenekon se réfère donc aux mythes fondateurs… Il n’en a pas moins une véritable existence, celle d’une pieuvre où l’on retrouve pêle-mêle des généraux, les services secrets, la section turque de Gladio, l’organisation terroriste des Loups gris et les principaux parrains de la mafia locale

 

Monsieur X samedi 26 septembre 2009

 

Mai 1987, l'attaque du USS Stark en pleine guerre entre l'Iran et l'Irak (1)

 

C’est l’un des grands mystères de la première guerre du Golfe, c’est à dire celle qui a opposé pendant huit longues années l’Irak et l’Iran. Une guerre particulièrement meurtrière… En mai 1987, un navire de patrouille états-unien croisant dans le Golfe, le Stark, est victime d’une attaque de missiles. 37 marins sont tués. L’agresseur est assez vite identifié : contre toute attente, il s’agit de l’Irak… Alors même que, de longue date, Bagdad bénéficie d’un soutien actif de Washington en matière de fourniture d’équipements militaires… Est-ce cette violente agression va modifier le jeu diplomatique ? Est-ce que les Etats-Unis, comme ils en ont souvent l’habitude, vont procéder à des représailles et punir les Irakiens ? Pas du tout. Saddam Hussein présente des excuses, immédiatement acceptées par le président Reagan. Et on en reste là. Mieux, on assiste au contraire à un rapprochement entre les deux Etats… Alors que s’est-il passé ? Pourquoi un pilote irakien a-t-il ouvert le feu contre un bâtiment états-unien ? S’agit-il d’une méprise ? Et comment expliquer l’absence de réaction américaine dont la marine n’a pourtant jamais été aussi durement frappée depuis 1967 ? Et enfin, cette passivité s’explique-t-elle par les embarras de Ronald Reagan, empêtré dans le scandale de l’Irangate ? Monsieur X revient sur tous ces mystères dont le moindre, on le verra, n’est pas la nature de l’avion qui a frappé le Stark… L’occasion aussi d’examiner avec un œil neuf cette sanglante guerre du Golfe.

 

Monsieur X samedi 3 octobre 2009

 

Mai 1987, l'attaque du USS Stark en pleine guerre entre l'Iran et l'Irak (2)

 

Il s’agit sans doute de l’un des événements les plus incompréhensibles de la première guerre du Golfe, celle qui a opposé huit années durant l’Irak à l’Iran : la frappe en 1987 d’une frégate américaine, l’USS Stark, par des missiles tirés par un appareil irakien… Alors même que les Etats-Unis avaient nettement choisi le camp de Bagdad dans cet interminable et meurtrier conflit… Un choix purement stratégique : Saddam Hussein apparaissant comme le meilleur rempart contre la contagion islamique téléguidée par les ayatollahs de Téhéran. Et nous avons vu la semaine passée avec Monsieur X que ce soutien s’est traduit par une aide massive, tant militaire qu’alimentaire. Un puissant lobby pro-irakien s’est alors constitué à Washington et les représentants des plus grandes entreprises états-uniennes se sont précipités à Bagdad pour signer de fructueux contrats, en parfait accord avec l’administration et la Maison Blanche. Quitte à planter des banderilles aux industriels français qui étaient jusqu’alors les principaux fournisseurs de l’Irak. Quitte surtout à accroître encore plus la faramineuse dette d’un Etat qui mène depuis longtemps sa guerre à crédit… Et sera bien sûr incapable de rembourser. Ce qui sera l’une des causes principales de la deuxième guerre du Golfe, celle qui opposera l’Irak seulement trois ans plus tard à une formidable coalition alliée conduite par les mêmes Etats-Unis ! Mais, comme dirait Monsieur X, n’allons pas trop vite : en 1987, donc, entre Washington et Bagdad c’est la lune de miel. Et rien n’est trop beau pour équiper l’armée irakienne et lui permettre de résister aux coups de boutoir des combattants iraniens qui déferlent par vagues sur le front ! Alors, dans ces conditions, pourquoi un appareil irakien va-t-il attaquer un bâtiment états-unien qui navigue tranquillement dans les eaux du Golfe ?… Une frappe meurtrière qui provoque la mort de 37 marins américains… Et qui, paradoxalement ne donnera lieu à aucune réaction belliqueuse de Washington. Mais ce n’est pas la seule question posée par cette mystérieuse agression…

 

Monsieur X samedi 10 octobre 2009

 

Retour en Somalie (1)

 

Est-ce le pays le plus dangereux du monde, comme certains l’ont écrit ? En tout cas, il est vrai que la Somalie concentre aujourd’hui un grand nombre de situations et de faits dramatiques… Non seulement ce pays sans Etat vit une guerre civile pratiquement ininterrompue depuis 1991 mais il s’enfonce dans la misère et le chaos qui poussent sur les chemins toujours plus de déplacés. Un million déjà !… On n’y compte pas non plus les prises d’otages d’étrangers et enfin, personne ne peut plus ignorer que c’est aussi des côtes somaliennes que partent en mer ces redoutables pirates afin d’arraisonner les bâtiments qui osent toujours s’aventurer dans la Mer rouge ! Cette route maritime indispensable au commerce international. Enfin, et ce n’est pas la moindre des difficultés que connaît le pays, l’ombre de Ben Laden et d’Al-Qaïda plane sur la Somalie. Et certains experts occidentaux n’hésitent pas à proclamer qu’on se trouve devant un nouvel Afghanistan ! C’est à dire une zone noire où le terrorisme se développerait en toute quiétude avant de déferler plus tard sur tous les pays qui se refusent à l’islamisme… Fantasmes, propagande ? Il y a certainement de cela. Mais il y a sans doute aussi une part de vérité…

 

Monsieur X samedi 17 octobre 2009

 

Retour en Somalie (2)

 

La Somalie ne quitte plus guère la une des journaux… Quand il ne s’agit pas d’un affrontement qui, une fois de plus, ensanglante les rues de Mogadiscio, on évoque une nouvelle tentative de piratage en Mer rouge… Ou encore une prise d’otages, la dernière étant celle de deux agents français des services de renseignement. Un chaos qui dure depuis 1991, c’est à dire depuis la fin de l’existence de l’Etat somalien… Un régime qui n’aura donc vécu qu’une trentaine d’années car, avant l’indépendance intervenue en 1960, il n’existait pas d’Etat mais une juxtaposition de clans, divisés eux-même en sous-clans et en lignées… Une démocratie pastorale ou une hyperdémocratie anarchique, comme la décrit l’un des meilleurs connaisseurs de la région, Gérard Prunier. Et, pour lui, il était donc vain d’essayer d’imposer aux nomades somalis les structures d’un Etat conçu à l’image de nos démocraties occidentales… L’ONU et les Etats-Unis s’y sont cassé les dents… Cependant, malgré ces échecs retentissants, la communauté internationale continue à s’intéresser de très près à la Somalie… Ou plutôt aux trois Somalies puisque deux provinces à l’extrême nord ont fait sécession, le Somaliland, ancienne colonie britannique, et le Puntland, l’ancien pays de Pount des Egyptiens, un territoire accroché à la Corne de l’Afrique qui est aujourd’hui la Côte des pirates. Et justement, c’est d’abord la question du piratage qui préoccupe au premier chef les grandes puissances… La Mer rouge est en effet l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde : vingt mille bâtiments y naviguent chaque année et cette insécurité grandissante est une menace pour le commerce international… Mais il y a ensuite le terrorisme ! Selon certains experts occidentaux, la Somalie serait devenue un nouveau sanctuaire pour Al-Qaïda. Vrai ou pur fantasme ? C’est l’une des questions auxquelles Monsieur X se propose de répondre, après avoir esquissé la semaine passée l’histoire de la Somalie jusqu’au début des années 90…

 

Monsieur X samedi 24 octobre 2009

 

Le Tunnel sous Berlin, 1955-1956

 

Il s’agit certainement de l’une des opérations d’espionnage la plus audacieuse du siècle dernier. La plus audacieuse mais aussi la plus méconnue… Et si j’ai voulu vous la raconter aujourd’hui avec Monsieur X, c’est qu’elle a eu pour théâtre Berlin… Berlin dont nous allons beaucoup parler les jours prochains en raison de la célébration du vingtième anniversaire de la chute du Mur… Alors quelle est cette opération ? C’est la construction, dans la première moitié des années cinquante, d’un tunnel sous Berlin. Un tunnel d’un demi-kilomètre qui a permis aux services secrets anglo-saxons d’espionner pendant presque un an les communications militaires des Soviétiques. Mais, vous le savez si vous êtes des auditeurs fidèles de « Rendez-vous avec X », les dés étaient pipés dès le départ puisqu’un agent double avait alerté le KGB avant même la construction de ce tunnel. En effet, avec Monsieur X, nous avons déjà évoqué il y a une dizaine d’années cette extraordinaire affaire. Mais si j’ai voulu y revenir, c’est non seulement à cause de l’actualité mais aussi parce que des documents récemment déclassifiés par la CIA jettent une lumière nouvelle sur cette opération et sur cette taupe qui y a joué un rôle essentiel. Un certain George Blake, l’un des plus grands espions du XX° siècle ! « L’espion qui ne regrette rien ! » comme l’ont appelé d’aucuns.

 

Monsieur X samedi 31 octobre 2009

 

Les liens entre Berlin-Est et le terrorisme dans les années 70 et 80

 

Quand saura-t-on la vérité ? La vérité sur les vrais rapports qui ont existé entre la RDA, l’ex-Allemagne de l’Est, et le terrorisme. Alors que l’on célèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, la question est toujours disputée et fait débat dans la nouvelle Allemagne réunifiée où l’on n’a pas oublié le menace qu’a longtemps fait peser sur le pays la RAF, la Fraction Armée rouge… C’est à dire ce que l’on a appelé aussi la « bande à Baader » ! Dans quelle mesure, la Stasi, la police politique de la RDA, a-t-elle aidé les terroristes en leur offrant assistance matérielle et asile ? Et a-t-elle même été à l’origine de certaines actions criminelles de la RAF ? Autre question : quel a été le rôle de la RDA dans l’orchestration du terrorisme international ? Berlin-Est a vu passer la fine fleur des maîtres en terrorisme… A commencer par l’incontournable Carlos qui s’y est même installé quelque temps à l’heure où la France était frappée par de terribles attentats. Et là encore on peut se demander s’il a ou non bénéficié de la collaboration des services secrets est-allemands… L’ouverture des archives, en particulier celles de la Stasi, a permis d’apporter quelques réponses à toutes ces questions… Mais dans la plupart des cas, le mystère n’est pas vraiment dissipé.

 

Monsieur X samedi 7 novembre 2009

 

Les mystères du Mur

 

On l’a oublié, mais c’était plus qu’un symbole du totalitarisme ! Une nécessité économique pour la RDA, l’ex-Allemagne de l’Est. Je veux bien sûr parler du Mur de Berlin qui est tombé il y a tout juste vingt ans sous les coups de boutoir de la démocratie… Ecoutez par exemple ce que disait le numéro un de la RDA, Walter Ulbricht, quelques mois seulement avant la construction de ce mur qui allait couper Berlin en deux : "Dans le combat économique et politique contre notre république, Berlin-Ouest joue le rôle de filière à l’aide de laquelle s’effectue ce commerce de chair humaine, et par laquelle aliments et autre produits s’échappent de notre république. Berlin-Ouest est par conséquent une énorme brèche au milieu de notre république, qui nous coûte plus d’un milliard de marks chaque année." Il fallait donc, selon Ulbricht, combler tôt ou tard cette brèche. Ce qui fut fait le 13 août 1961 avec une célérité tout à fait extraordinaire… La preuve que depuis longtemps les communistes avaient programmé cette opération qui a semblé prendre par surprise les Occidentaux… Je dis bien « semblé » car à l’Ouest, certains savaient. Ce n’est pas le moindre mystère de cette affaire qui a été aussi l’un des points culminants de la Guerre froide. Avec Monsieur X, qui nous a déjà entretenus de l’implication de la RDA dans le terrorisme et de l’édification d’un autre ouvrage exceptionnel, la construction du tunnel sous Berlin qui permettait aux Américains d’espionner les Soviétiques, nous ouvrons donc une nouvelle page du dossier Berlin.

 

Monsieur X samedi 14 novembre 2009

 

Jacques Monsieur (1)

 

On l’a appris il y a tout juste quelques semaines : l’un des plus importants marchands d’armes au monde, en tout cas l’un des plus connus, a été arrêté aux Etats-Unis. Jacques Monsieur, citoyen belge résidant en France, a été inculpé par un grand jury pour conspiration. L’administration américaine lui reproche en effet d’avoir tenté d’exporter illégalement des pièces détachées d’avions de combat vers l’Iran, un Etat frappé d’embargo par Washington ! C’est une accusation très grave dans un pays où l’on ne plaisante pas avec ce genre d’affaires : le trafiquant encourt une peine de 65 ans de prison. Cette arrestation pourrait donc sonner l’âge de la retraite – une retraite forcée – pour un homme qui a joué un rôle occulte dans la plupart des conflits armés de ces trois dernières décennies. Mais le mystère qui entoure le personnage de Jacques Monsieur sera-t-il dissipé pour autant ? Pas sûr. L’homme est habile et détient encore de nombreux secrets. Ses liens avec les services de renseignement de nombreux Etats n’ont jamais vraiment été éclaircis. Et, bien conseillé par quelques avocats éminents, il n’est pas exclu qu’il puisse une fois de plus échapper à une détention de longue durée… Comme il l’a déjà réussi en Iran, en Turquie, en Belgique et en France ! Il était donc tentant pour Monsieur X de retracer la carrière du marchand d’armes et de mettre en lumière quelques vérités très embarrassantes…

 

Monsieur X samedi 21 novembre 2009

 

Jacques Monsieur (2)

 

Espion ou marchand d’armes ? Ou bien espion et marchand d’armes ! Le mystère demeure quand on se penche sur l’existence de ce curieux personnage qu’est Jacques Monsieur ! Aujourd’hui emprisonné aux Etats-Unis, ce Belge qui a longtemps vécu en France a été un rouage de ce que l’on a appelé l’Irangate… C’est à dire la fourniture secrète et illégale, en pleine guerre Irak-Iran, de considérables quantités d’armes américaines à Téhéran par l’intermédiaire d’Israël. Un trafic auquel certaines entreprises ont aussi participé et Jacques Monsieur n’y a sans doute pas été tout à fait étranger… Mais – c’est en tout cas ce qu’a affirmé Monsieur X la semaine passée – le trafiquant ne s’est pas contenté de vendre des armes. Il a aussi effectué du renseignement et il aurait même recruté un général iranien qui a ensuite connu une fin tragique… Mais si Monsieur a espionné, pour quel service secret a-t-il travaillé ? Les Belges, les Américains ou peut-être même les Israéliens avec lesquels il était régulièrement en contact ? Quoi qu’il en soit, après la fin, en 1988, de la première guerre du Golfe, le marchand d’armes a poursuivi ses activités. Et on a retrouvé sa trace dans presque tous les point chauds du monde des années 90. Une décennie qui a aussi vu son installation en France dans une belle et discrète propriété berrichonne où il a élevé des chevaux. Un exil qui lui également permis de prendre ses distances avec les autorités belges… Monsieur X poursuit le récit de cette vie hors du commun. Quelques lignes auparavant. Je les emprunte à Johan Peleman, un spécialiste du trafic d’armes, qui parle ainsi de Jacques Monsieur en 2002 "C’est un grand professionnel par excellence. Il s’installe près du pouvoir et crée des réseaux entre Etats. Chic, à demi aristocrate, le cas typique d'un intermédiaire de la guerre froide, comme les grands intermédiaires arabes. C'est un joueur de l'ancien monde !" Sans doute. Mais Monsieur, on va le voir, prouvera aussi qu’il était très à l’aise dans le nouveau monde qui a vu le jour après l’implosion de l’empire soviétique …

 

Monsieur X samedi 28 novembre 2009

 

La Guinée (1)

 

La Françafrique, c’est un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock… On ne s’en débarrasse vraiment jamais. L’actualité nous le rappelle en permanence… Il y a eu par exemple, très récemment, l’arrêt de la cour d’appel de Paris qui n’a pas reconnu à un certain nombre d’ONG le droit de poursuivre des dirigeants africains coupables d’avoir acquis en France des biens considérables avec de l’argent volé à leur propre pays… Il y a aussi cette diplomatie parallèle française qui continue à s’exercer sur le continent africain dans la meilleure tradition d’un Foccart ! Un avocat bien connu, Me Bourgi, ne rendant compte qu’à l’Elysée, n’est-il pas en Afrique le véritable missi dominici de la France ? Bien avant le ministre de la Coopération. Et faut-il rappeler que le précédent ministre de la Coopération, Jean-Marie Bockel, a rapidement changé de portefeuille après qu’il eut osé dire qu’il fallait en finir avec la Françafrique… Comme un certain Jean-Pierre Cot avait été lui aussi remercié pour les mêmes raisons sous le premier septennat de François Mitterrand. Il n’est jusqu’aux derniers et tragiques événements de Guinée pour montrer que la Françafrique est toujours vivante. Une semaine avant le massacre de Conakry le 28 septembre 2009, Patrick Balkany, dont on sait qu’il est un proche du chef de l’Etat, affirme que la candidature du chef de la Junte guinéenne à la présidence ne pose aucun problème. Et cela en par-faite contradiction avec la position de notre ministère des Affaires étrangères ! Mais justement, les 150 opposants qui ont manifesté pacifiquement le 28 septembre à Conakry sont morts parce qu’ils estimaient, eux, que cette candidature du capitaine Camara posait un problème ! La Françafrique donc. Encore et toujours ! Monsieur X m’en a souvent parlé. Il y revient cette semaine à la lumière de la tragédie guinéenne…

 

Monsieur X samedi 5 décembre 2009

 

La Guinée (2)

 

Au moins 150 morts, des femmes violées, des gens battus… C’était le 28 septembre dernier dans un stade de Conakry, la capitale de la Guinée… Tous venaient protester pacifiquement contre la décision du chef de la Junte, Moussa Dadis Camara, qui, malgré ses promesses, avait décidé de se présenter à l’élection présidentielle… Un épisode sanglant de plus dans un pays qui vit un vrai cauchemar depuis un demi-siècle… De dictature en dictature, de massacre en massacre, de terreur en terreur… Et de misère en misère ! Alors que ce petit Etat africain dispose d’atouts considérables et d’innombrables richesses naturelles. Tout a commencé dans les années 50 avec le premier maître du pays, Sékou Touré. L’homme qui a osé dire « non » au général de Gaulle en refusant à sa façon le système paternaliste de la Françafrique. Paris lui a fait payer cher cet affront en multipliant les tentatives de déstabilisation. Mais en réalité, c’est le peuple guinéen qui a payé le prix fort : Sékou Touré, obsédé par les complots vrais ou imaginaires qu’on fomentait contre lui, a engagé son pays dans un régime de terreur inspiré par la Corée du Nord qui va perdurer pendant un quart de siècle… Pourtant, disait Monsieur X la semaine passée, la fin des années 70 et l’orée des années 80 voient un début de rapprochement avec la France qui va largement ouvrir son porte-monnaie. Les investisseurs reviennent, les vautours planent à nouveau au-dessus de Conakry. Mais en 1984, Touré meurt subitement. Et presque immédiatement, les militaires font main basse sur la Guinée.

 

Monsieur X samedi 12 décembre 2009

 

La Révolution roumaine, décembre 1989 (1)

 

C’était il y a seulement 20 ans… Et, si vous les avez vues à la télévision, vous n’avez pu oublier ces images d’un procès surréaliste… Un couple de vieillards comparaissant devant des magistrats quasi-invisibles… Une petite heure de débats au cours de laquelle les accusés se défendent bec et ongles… Et la sentence qui tombe : la mort. Et puis aussitôt après les dernières images : deux corps gisant près d’un mur… Justice avait été faite, si l’on peut dire : les époux Ceausescu avaient payé. C’était donc il y a 20 ans alors qu’un peu partout dans le monde, on ne pensait qu’à célébrer les fêtes de fin d’année. L’épilogue provisoire d’une étrange révolution roumaine qui, en dépit de la satisfaction de voir la chute d’une dictature ubuesque, laissait un mauvais goût dans la bouche… Comme si, dès la diffusion de ces images d’un procès expéditif filmées à la sauvette, on sentait le trucage… Et même l’arnaque ! Et que penser aussi de ce flot de fausses nouvelles qui avaient précédé cette double exécution ? Ces dizaines de milliers de morts qui n’avaient existé que dans l’imagination des journalistes. Ou plutôt dans les officines de très habiles manipulateurs… Monsieur X, très tôt, avait déjà suspecté la supercherie alors que la plupart des observateurs, des commentateurs et des diplomates s’accrochaient encore à la thèse d’une révolution spontanée du peuple roumain… A l’occasion du vingtième anniversaire, et à la lumière des dernières informations parvenues à sa connaissance, il revient sur les événements de cette fin de l’année 1989…

 

Monsieur X samedi 19 décembre 2009

 

La révolution roumaine, décembre 1989 (2)

 

A quelques jours près, c’était donc il y a vingt ans ! La révolution roumaine. La révolution en direct, comme on l’a appelée ! Car les caméras de télévision, omniprésentes, ont joué un grand rôle dans le déroulement de l’événement, distribuant sans compter images et commentaires… Et pourtant certaines images mentaient. Quant aux commentaires, quand ils n’étaient pas approximatifs, ils étaient tout simplement fantaisistes. Il suffit pour s’en persuader de se rappeler la fable des 60.000 morts abondamment véhiculée par les télévisions du monde entier… Mais comment s’en étonner ? La révolution roumaine était aussi une révolution en trompe-l’œil, une super-production mise en scène de main de maître. C’est ce que nous allons voir aujourd’hui avec Monsieur X. Auparavant, un rappel : la semaine passée, mon interlocuteur a énuméré un certain nombre de faits curieux qui annonçaient l’épilogue : la chute du dictateur Ceausescu. Mais le Conducator ou le « Génie des Carpates », comme une presse aux ordres n’hésitait pas à le nommer, dûment prévenu des menaces, n’a pas voulu en prendre compte tant il était certain que la Roumanie anesthésiée sur laquelle il régnait depuis 1965 ne pourrait jamais se révolter… Il comptait essentiellement sur sa police, la fameuse Securitate, qui surveillait et terrorisait toute la population. Mais, nous allons le voir, le ver était dans le fruit. Et l’affaire était préparée de longue date.

 

Monsieur X samedi 26 décembre 2009

 

Le SAC : Service d'Action civique (1)

 

(1ère diffusion le 25/02/06)

 

Il s’agit de la face obscure du gaullisme… L’existence du SAC. Ce Service d’Action civique, créé en 1959, au lendemain du retour au pouvoir du général de Gaulle et dont la raison d’être était justement de soutenir l’action du général. Mais très rapidement, cet objectif respectable a été dévoyé et le SAC est devenu une sorte de police parallèle qui a recruté ses hommes de main à la fois chez les représentants de l’ordre et dans la pègre. La possession de la fameuse carte d’adhérent, barrée de tricolore, était en effet un précieux sésame qui permettait aux truands de passer sans encombre les contrôles de police et leur assurait une sorte d’impunité… Cette dérive ne fera que s’amplifier au fil des ans car le SAC sera mêlé à la plupart des événements qui jalonnent les débuts de l’histoire de la V° République, lutte contre le FLN puis l’OAS, mai 1968, etc. Et malgré l’épuration entreprise par Georges Pompidou au lendemain de la démission du général, ses militants se distingueront encore par de nombreuses malversations et des actions violentes lorsqu’ils sont chargés, par exemple, de briser des grèves, de commettre des attentats ou de participer à des campagnes électorales musclées. Enfin, alors que l’organisation entre en déliquescence et que la gauche vient d’arriver au pouvoir, c’est l’affaire de la tuerie d’Auriol… Toute une famille massacrée par un commando du SAC. Un dossier encore mystérieux car les mobiles des tueurs n’ont pas été véritablement éclaircis… En tout cas, ce drame sera à l’origine de la dissolution du SAC en 1982. Monsieur X revient sur ces événements et essaie de faire la lumière.

 

Monsieur X samedi 2 janvier 2010

 

Le SAC : Service d'action civique (2)

 

(1ère diffusion le 4/03/2006)

 

C’est l’histoire d’une dérive… Mais une dérive presque obligée. Le climat de violence, la culture du secret, un recrutement peu scrupuleux, ont conduit presque naturellement le SAC à s’engager dans des voies de plus en plus tortueuses, de plus en plus douteuses. Pourtant, à l’origine, le SAC n’est qu’une association loi de 1901, destinée à soutenir l’action du général de Gaulle. Rien de répréhensible, donc. Mais déjà, dans l’ombre, ses dirigeants, dont le célèbre Jacques Foccart, veulent faire de ce mouvement une police parallèle chargée de surveiller les opposants et de prévenir toute contestation… Une officine qui, au fil du temps et des événements, infiltre la police et ses services secrets mais qui est aussi amenée à lancer des ponts vers le milieu pour accomplir ses besognes les moins honorables. C’est ainsi, par exemple que le caïd lyonnais Jean Augé devient aussi le chef régional occulte du SAC. Un compagnonnage dangereux car il est évident que les malfrats recrutés se soucient bien peu de politique et ne se servent du SAC que pour faire prospérer leurs propres affaires. La carte tricolore du service est en effet un vrai sésame. Et les différentes tentatives d’épuration de l’organisation n’y peuvent mais : le ver est dans le fruit. En 68, nous l’avons vu la semaine passée avec Monsieur X, le SAC contribue de façon relativement efficace à la reprise en main et au sursaut gaulliste. C’est le SAC qui a en particulier organisé la grande manifestation du 30 mai qui a scellé la véritable fin du mouvement de contestation. Monsieur X poursuit donc son récit sur l’histoire du SAC. Une histoire qui se terminera tragiquement en 1981 à Auriol par un vrai massacre.

 

Monsieur X samedi 9 janvier 2010

 

L'affaire Tinner

 

L’histoire fait froid dans le dos : des plans d’un engin nucléaire très sophistiqué se promènent dans le monde et sont peut-être déjà tombés dans des mains criminelles… Il ne s’agit pas ici d’alimenter des craintes irraisonnées ou de nourrir des fantasmes à la George Bush qui voyait des terroristes partout… Non, l’information est sérieuse et émane de sources qui ne le sont pas moins. C’est en tout cas la conclusion qu’on peut tirer de ce nouvel entretien avec Monsieur X que je vous propose aujourd’hui… A l’arrivée, il y a la découverte d’une curieuse affaire de contrebande et d’espionnage qui met en scène une famille suisse d’ingénieurs apparemment honorables, les Tinner ! Un père et ses deux fils. Aujourd’hui libres, ils ont passé plusieurs années en détention provisoire dans leur pays. Mais au départ, il y a ce qu’on a appelé le supermarché noir de la bombe, l’entreprise tentaculaire montée par le célèbre docteur Khan, le scientifique pakistanais qui a contribué à donner l’arme nucléaire à son pays mais qui a surtout vendu ses petits et grands secrets à de nombreux pays, ceux que l’Amérique de George Bush a classé parmi les Etats-voyous ! Quelle est la réalité, quels sont les vrais dangers ? Monsieur X décortique la sulfureuse affaire Tinner. Un dossier qui inquiète au plus haut point les dirigeants de la paisible Confédération helvétique. Mais pas simplement eux ! samedi 9 janvier 2010 L'affaire Tinner L’histoire fait froid dans le dos : des plans d’un engin nucléaire très sophistiqué se promènent dans le monde et sont peut-être déjà tombés dans des mains criminelles… Il ne s’agit pas ici d’alimenter des craintes irraisonnées ou de nourrir des fantasmes à la George Bush qui voyait des terroristes partout… Non, l’information est sérieuse et émane de sources qui ne le sont pas moins. C’est en tout cas la conclusion qu’on peut tirer de ce nouvel entretien avec Monsieur X que je vous propose aujourd’hui… A l’arrivée, il y a la découverte d’une curieuse affaire de contrebande et d’espionnage qui met en scène une famille suisse d’ingénieurs apparemment honorables, les Tinner ! Un père et ses deux fils. Aujourd’hui libres, ils ont passé plusieurs années en détention provisoire dans leur pays. Mais au départ, il y a ce qu’on a appelé le supermarché noir de la bombe, l’entreprise tentaculaire montée par le célèbre docteur Khan, le scientifique pakistanais qui a contribué à donner l’arme nucléaire à son pays mais qui a surtout vendu ses petits et grands secrets à de nombreux pays, ceux que l’Amérique de George Bush a classé parmi les Etats-voyous ! Quelle est la réalité, quels sont les vrais dangers ? Monsieur X décortique la sulfureuse affaire Tinner. Un dossier qui inquiète au plus haut point les dirigeants de la paisible Confédération helvétique. Mais pas simplement eux !

 

Monsieur X samedi 16 janvier 2010

 

Les Tupamaros (1)

 

Quelle revanche ! Trois décennies après l’écrasement sans pitié de leur mouvement par les militaires, un guérillero Tupamaro vient d’accéder le plus légalement du monde à la tête de l’Uruguay… José Mujica, plus familièrement appelé « Pepe », a été élu président de son pays et entrera en fonctions dans quelques semaines. Avec l’élection de ce vieux guérillero, qui a combattu les armes à la main, c’est tout un morceau de passé qui remonte à la surface… Dans les années 60-70, l’Amérique du Sud était alors le théâtre de l’éclosion de nombreux mouvements insurrectionnels, souvent d’inspiration marxiste… Ou plutôt, à l’image de ce qui venait de se passer à Cuba, guévariste… Certains, faisant référence à la lutte ancestrale des Indiens contre le colonisateur espagnol, avaient d’ailleurs choisi de s’appeler Tupamaros, du nom du chef de la plus grande rébellion indienne, Tupac Amaru, vaincu puis écartelé sur la grande place de Cuzco en 1781. Ce fut donc le cas en Uruguay où ces rebelles ont fait leur apparition dans les années 1960 en donnant naissance à une opposition clandestine très originale où, au moins dans un premier temps, ils ont mis les rieurs de leur côté en ridiculisant le pouvoir en place. Mais le grand voisin nord-américain s’en est rapidement mêlé et est venu au secours des dirigeants uruguayens… Le terrible cycle violence-répression s’est enclenché, comme dans d’autres pays du continent. Et le petit Uruguay, longtemps considéré comme la Suisse de l’Amérique latine, a sombré dans l’horreur. À tel point qu’on y a expérimenté l’utilisation systématique de la torture. Des méthodes qui feront école ailleurs sur le continent. Monsieur X a donc choisi cette semaine de revenir aux sources de cette spectaculaire guérilla qui a permis aujourd’hui à l’un des siens de devenir le numéro un de son pays !

 

Monsieur X samedi 23 janvier 2010

 

Les tupamaros (2)

 

Prendre aux riches pour donner aux pauvres ! C’était l’un des objectifs poursuivi par ces curieux Robins des Bois qu’étaient les Tupamaros uruguayens des années 60 et 70. Une guérilla parfaitement originale en Amérique du Sud et qui a d’ailleurs commencé par ridiculiser le pouvoir en place à Montevideo en mettant les rieurs de son côté… Actions spectaculaires, imaginatives et généralement pacifiques, pendant les premières années de leur existence, les Tupamaros ont multiplié les initiatives contre un gouvernement conservateur sclérosé et corrompu par les puissances d’argent… Mais, nous a dit Monsieur X la semaine passée, ça ne pouvait pas durer. La spirale de la violence a fini par l’emporter. Et d’abord parce que, très rapidement, les forces de police vont utiliser les pires méthodes contre ces guérilleros… A commencer par l’emploi systématique de la torture. Une répression qui va être puissamment aidée par les Etats-Unis, obsédés par la contagion castriste sur le continent. C’est ainsi que sous couvert de l’Agence pour le développement international, en 1969, un expert en interrogatoire, Dan Mitrione, est envoyé en Uruguay où il met immédiatement ses talents de tortionnaire au ser-vice de la police. Mais les Tupamaros l’enlèvent. Et, en échange de sa vie, demandent la libération d’un certain nombre de prisonniers… Cependant, sous la pression de Washington, le gouvernement uruguayen ne cède pas… Mitrione, sacrifié, est abattu par ses geôliers. Immédiatement une violente campagne anti-Tupamaros se développe… Le prétendu fonctionnaire humanitaire Mitrione devient un héros. Et c’est maintenant l’armée uruguayenne qui va traquer les guérilleros avec de gros moyens et une férocité inouïe… Retour donc sur l’histoire de cette guérilla pas comme les autres dont l’un des premiers militants historiques, José Mujica, vient d’être élu à la présidence uruguayenne après avoir passé de longues années en prison et avoir connu lui aussi la torture. Une revanche unique sur un continent trop longtemps gangrené par la violence !

 

Monsieur X samedi 30 janvier 2010

 

Heinz Felfe le Philby allemand

 

On l’appelait, non sans une certaine crainte, le « général gris » ! Car l’homme faisait peur, même si, une fois de plus, la légende a eu raison de la réalité… Champion de l’anticommunisme aux manières d’inquisiteur, celui qu’on nommait aussi « l’Homme de l’ombre » a longtemps été considéré comme l’un des maîtres-espions du monde libre… L’énigmatique Reinhard Gehlen ! Le fondateur des services secrets de la RFA. L’adversaire le plus pugnace des services secrets de l’Est ! Mais cette réputation n’était-elle pas usurpée ? Car, en écoutant Monsieur X, vous aurez sans doute comme moi l’impression qu’en plusieurs occasions le terrible Gehlen a fait preuve de coupables négligences. Et même d’aveuglement. A moins que son passé d’officier nazi n’ait permis à ses ennemis communistes d’avoir prise sur lui… Ce qui expliquerait ces manquements. Une hypothèse, certes hasardeuse, mais qu’il ne faut pas négliger. Pourquoi, alors que certains de ses plus proches collaborateurs, tous issus de la nébuleuse nazie, ont accepté de gré ou de force de trahir, le « général gris » n’aurait-il pas lui aussi traversé le gué ? Monsieur X a donc décidé aujourd’hui d’évoquer l’histoire de l’un de ces hommes qui, après avoir travaillé de longues années auprès de Gehlen et bénéficié de son entière confiance, s’est révélé être un agent soviétique. Un certain Heinz Felfe, un espion qui a causé des dégâts considérables aux services occidentaux, mais qui, après avoir été démasqué, a précipité la chute de Gehlen. Un homme dont le destin reste encore aujourd’hui mystérieux.

 

Monsieur X samedi 6 février 2010

 

Le Yémen (1)

 

Le modeste Yémen se serait sans doute bien passé de cette soudaine publicité… Il a en effet suffi de la tentative d’attentat ratée d’un Nigérian qui y a séjourné pour que le Yémen soit présenté comme un antre de terroristes, l’un des pays les plus dangereux au monde, un Etat qui mériterait qu’on y envoie une force internationale pour en chasser tous les fauteurs de troubles… Heureusement, la situation actuelle qui prévaut en Afghanistan a réfréné les ardeurs des plus frénétiques boutefeux. Qui sait ce qui attendrait de nouveaux coalisés s’ils débarquaient au Yémen ? Et le président Obama ne semble nullement pressé de tomber dans un nouveau piège anti-terroriste hors des Etats-Unis… La lutte contre Al-Qaïda ne peut conduire à tous les aveuglements. Il n’empêche que ce pays qui a si peu fait parler de lui jusqu’à aujourd’hui suscite légitimement de vraies inquiétudes et que la guerre interne dans le nord qui le mine depuis 2004 peut contribuer à embraser cette région déjà fragilisée par le chaos qui existe de l’autre côté de la Mer rouge, en Somalie. Il faut ajouter la position stratégique du Yémen, au sud de la péninsule arabique, c’est à dire le long de cette route maritime de l’Océan indien par où transitent les tankers pétroliers et les cargos si indispensables aux économies occidentales. Autant de raisons de s’intéresser de très près à ce pays dont la mauvaise réputation, à tort ou à raison, ne cesse de croître. Monsieur X analyse les enjeux véritables de cette nouvelle crise internationale où le puissant voisin du nord, l’Arabie saoudite, joue un rôle obscur et particulièrement ambigu. Mais on pourrait aussi s’interroger à propos des menées iraniennes au Yémen… Le début d’un long entretien.

 

Monsieur X samedi 13 février 2010

 

Le Yémen (2)

 

Est-ce la nouvelle zone noire de notre monde ? L’antre du terrorisme, le nouveau sanctuaire d’Al-Qaïda et de tous les émules de Ben Laden ? C’est en tout cas ce que l’on lit un peu partout à propos du Yémen, en particulier depuis la tentative d’attentat perpétrée dans un avion américain par un jeune Nigérian qui aurait été formé au terrorisme par un maître yéménite. Un jeune homme de bonne famille qui aurait affirmé aux enquêteurs avoir été mandaté par Al-Qaïda. Fantasmes ou réalité ? C’est l’une des questions auxquelles Monsieur X se propose de répondre dans la deuxième partie de cet entretien consacré au Yémen. La semaine dernière, il a évoqué l’histoire récente de ce pays qui est, malgré sa mauvaise réputation actuelle, la seule démocratie du monde arabe, certes de plus en plus fragilisée et tribalisée... Une histoire tourmentée qui explique en partie son destin actuel… Longtemps divisé en deux Etats, l’un conservateur et très religieux au Nord et l’autre, marxiste, au Sud, le Yémen a vécu dans la douleur sa réunification dans les années 90… C’est à cette occasion que ses dirigeants ont laissé filtré le poison tribal qui le mine aujourd’hui… Autre point essentiel : les manœuvres insidieuses du voisin saoudien qui n’a eu de cesse d’essayer de le déstabiliser, y compris en instrumentalisant les Islamistes qui n’ont cessé de gagner en influence au fil des années… Et il faudrait encore rappeler que c’est au Yémen que les Américains ont pour la première fois fait appel, bien avant l’Afghanistan, à des combattants djihadistes pour contrer les Soviétiques présents au Sud-Yémen… Un précédent très dangereux. Tel était donc le Yémen au début du troisième millénaire… Ruiné par d’innombrables guerres civiles, divisé et sur le point de devenir le nouveau foyer du terrorisme international…

 

Monsieur X samedi 20 février 2010

 

Le conflit du Haut Karabakh

 

C’est une grenade dégoupillée aux portes de l’Europe. Le conflit du Haut Karabakh ! Une enclave arménienne au sein de l’Azerbaïdjan. Un minuscule territoire, certes, et qui ne dispose pas de richesses particulières, mais qui se trouve au carrefour des principales routes du gaz et du pétrole vers l’Europe, et dans une région, le Caucase, qui est un véritable bouillon de culture nationaliste… On l’a vu en Tchétchénie, en Ingouchie, en Ossétie ou encore récemment en Géorgie. Une région aussi où les enjeux géostratégiques sont capitaux. Située au sud de la Russie, elle se trouve à mi-chemin entre l’Asie centrale et les Balkans. Autant dire que les grandes puissances veillent sur son destin. Enfin, et c’est important à une époque où on se sert de l’Islam comme d’un épouvantail, l’enclave du Karabakh est peuplé majoritairement de Chrétiens alors que l’Azerbaïdjan est musulman et que certains voudraient bien y voir la présence d’Al-Qaïda. Le conflit est né tout juste avant la dislocation de l’Empire soviétique et il a ensuite donné lieu à une guerre très meurtrière jusqu’en 1994. Depuis, c’est la paix. Mais une paix armée. Car, aucune solution politique n’ayant été trouvée, la guerre peut se réveiller d’un jour à l’autre et risquer de déstabiliser tout le Caucase. Monsieur X ouvre donc ce dossier brûlant et se demande en particulier qui a intérêt à perpétuer cet interminable conflit et cette curieuse guerre froide qui oppose l’Arménie et l’Azerbaïdjan, deux anciennes Républiques soviétiques.

 

Monsieur X samedi 27 février 2010

 

La guerre civile au Suriname

 

D’aucuns l’ont appelée la Babel tropicale… Un curieux petit pays métissé, où l’on croise des créoles, des Indiens, des Amérindiens, des Javanais, des Chinois et des Européens… Et où, malgré le fait que la langue officielle soit le néerlandais, on parle au moins 15 dialectes. Je veux parler du Suriname, l’ancienne Guyane hollandaise, un Etat situé au nord du Brésil, coincé entre le Guyana et notre Guyane française. Mais pourquoi évoquer aujourd’hui avec Monsieur X ce pays lointain dont la plupart d’entre nous ignorent l’histoire et même la localisation exacte ? D’abord parce qu’à lui seul le Suriname concentre un certain nombre des dangers qui pèsent sur notre planète : une déforestation démesurée, une exploitation irraisonnée des richesses naturelles et la pollution qui en découle, une misère latente, une violence endémique, une situation politique chaotique, une corruption latente, un trafic de drogue en expansion et, coiffant toutes ses difficultés et les expliquant en partie, la fièvre de l’or… Il faut ajouter que le voisinage du Suriname avec la Guyane française ne laisse pas d’inquiéter… Car le Suriname exporte aussi ses propres maux sur l’autre rive du fleuve Maroni… Là où se trouve la précieuse base européenne de lancement de fusées de Kourou… Autant dire l’importance stratégique du Suriname dont, pourtant, les médias parlent rarement. Monsieur X propose donc de donner un coup de projecteur sur cette région méconnue et d’analyser les menaces qu’elle représente…

 

Monsieur X samedi 6 mars 2010

 

Moussa Sadr (1)

 

Quand la réalité rejoint le mythe… L’imam caché, celui dont les Musulmans chiites du monde entier attendent la réapparition à la fin des temps, se serait-il réincarné en la personne d’un imam libanais bien réel qui, lui aussi, a mystérieusement disparu. Mais… en 1978… En tout cas, certains croyants sont tout près de le croire et identifient au moins symboliquement Moussa Sadr au douzième descendant de Mahomet, le Mahdi, c’est à dire le Guide attendu, sorte d’équivalent musulman du Jésus chrétien. Moussa Sadr, donc… Un dirigeant religieux atypique qui disparaît à l’occasion d’un voyage en Libye alors que son pays d’adoption traverse une des pires tourmentes de son histoire pourtant mouvementée. Un personnage au physique impressionnant qui jouit alors d’une grande autorité autant morale que politique… Mais aussi un homme qui dérange ! Et pas seulement au pays du Cèdre. Ses positions hétérodoxes irritent ceux qui l’ont soutenu. Le Chah d’Iran et sa police secrète, le président syrien Hafez el-Assad, le bouillant dictateur libyen Kadhafi, mais aussi ses anciens alliés palestiniens… Et n’est-il pas aussi un rival dangereux pour le futur guide iranien, l’ayatollah Khomeiny, qui va bientôt s’emparer du pouvoir à Téhéran ? Et que penser des Israéliens qui ne pouvaient que voir d’un mauvais œil ce dirigeant qui avait galvanisé les Chiites libanais et leur avait rendu d’une certaine façon dignité et fierté ? Autant de raisons qui donnent à penser que l’imam Moussa Sadr a vraisemblablement été supprimé. Mais exactement où ? Et par qui ? Ces questions demeurent encore aujourd’hui sans réponse. Et pour les Chiites, la blessure n’est pas refermée. Certains sont d’ailleurs persuadés que plus de trente ans après sa disparition, Moussa Sadr est toujours vivant… Et, assez récemment, en 2008, la justice libanaise vient même d’inculper Kadhafi pour le rôle qu’il aurait joué dans cette affaire… Monsieur X revient sur les aspects les plus obscurs de ce dossier.

 

Monsieur X Samedi 13 mars 2010

 

Moussa Sadr (2)

 

Les spécialistes de la région ne se demandent plus si la guerre va éclater. Mais quand ? Une nouvelle guerre aux frontières nord de la Palestine entre Israël et le Hezbollah libanais… Une réédition en somme du conflit de 2006 au cours duquel, pour la première fois, on a assisté non pas à une véritable défaite mais à une humiliation sans précédent de Tsahal… La semaine passée, Monsieur X a évoqué le parcours d’un imam libanais d’origine iranienne, Moussa Sadr. Un dirigeant chiite charismatique qui, le premier, a organisé une communauté chiite libanaise déshéritée et qui, en lui permettant de se doter d’un bras armé, la milice Amal, se trouve être indirectement à l’origine de la création du Hezbollah. C’est à dire du Parti de Dieu. Mais c’est surtout l’aspect le plus curieux de la vie de Moussa Sadr qui a justifié l’intérêt de Monsieur X pour ce personnage… Je veux parler de sa disparition en 1978, une disparition toujours inexpliquée aujourd’hui… L’imam a-t-il été assassiné à l’occasion d’un voyage en Libye et alors que son pays d’adoption était plongé dans une terrible guerre civile ? Ou vit-il encore, enfermé dans quelque improbable prison ? Mystère. Et l’affaire suscite toujours de nombreuses interrogations. Une plainte vient même très récemment d’être déposée par les autorités de Beyrouth. Autre question : si Moussa Sadr, comme cela paraît vraisemblable, a été liquidé, qui a ordonné son exécution ? Les candidats, si j’ose dire, ne manquent pas, tant Moussa Sadr était devenu au fil des ans un personnage encombrant. Un personnage au parcours sinueux auquel nombreux étaient ceux qui voulaient lui demander des comptes… Monsieur X poursuit son récit et revient d’abord sur tous ces ressentiments que l’imam avait suscités…

 

Monsieur X samedi 20 mars 2010

 

Katrina Leung, agent triple chinois

 

C’est une alternance de chaud et de froid… Et, en ce moment, c’est le froid qui domine ! Je veux parler des relations entre la Chine et les Etats-Unis… Le froid parce que Washington a annoncé son intention de vendre pour 6 milliards d’armes à l’ennemi de toujours, Taïwan… Cependant, il convient de relativiser : les économies états-unienne et chinoise sont désormais tellement dépendantes l’une de l’autre que la brouille actuelle, comme les précédentes, finira rapidement par s’apaiser… Même si, de plus en plus, les Chinois, conscients de leur puissance grandissante, n’hésitent plus à provoquer durablement leurs meilleurs adversaires… Il est toutefois un domaine, beaucoup plus discret, qui demeure un foyer permanent de tensions et provoque même de véritables poussées de fièvre aux Etats-Unis : celui de l’espionnage et du pillage technologique et scientifique systématique auquel se livreraient les services de Pékin… Certains spécialistes estiment même que, depuis l’implosion de l’URSS, les of-ficines de contre-espionnage n’ont jamais eu à faire face à tel défi. D’autant que le renseignement chinois semble avoir trouvé de nouvelles méthodes de collecte. On n’aurait plus affaire à des agents classiques, des professionnels, mais à des myriades de collaborateurs, des étudiants, par exemple, qui, l’air de rien, soutirent des informations apparemment sans importance à leurs relations… Autant de précieux renseignements qui, une fois triés et rassemblés, permettraient aux analystes de Pékin d’avoir une vue d’ensemble dans un domaine particulier. Mais cette pratique inédite n’a pourtant pas mis un terme à des manœuvres plus classiques. En témoigne l’histoire récente de la très énigmatique Katrina Leung… Une charmante chinoise exilée aux Etats-Unis qui, grâce à ses talents très spéciaux, a réussi à circonvenir deux agents du FBI et à causer d’importants dégâts au sein des services états-uniens…

 

Monsieur X samedi 27 mars 2010

 

Georges Albertini (1)

 

C’est un fantôme toujours embarrassant ! On l’a encore constaté très récemment lorsqu’un secrétaire d’Etat du gouvernement actuel a tout fait pour qu’il ne soit pas fait mention de son passé lors de la campagne électorale… Un passé d’extrême droite qui, justement, avait à voir avec l’homme dont Monsieur X a choisi de nous parler aujourd’hui ! Georges Albertini ! Un homme de l’ombre, un mystérieux personnage qui a joué un rôle occulte dans l’histoire de notre pays après avoir été mêlé à ses épisodes les plus nauséabonds. Aujourd’hui, presque trente ans après sa mort, l’homme n’a toujours pas livré tous ses secrets… Et ne dit-on pas qu’il existe, quelque part au fond d’un coffre-fort, des papiers qui pourraient encore être très compromettants pour quelques acteurs de la scène politique ?... « Monsieur Georges », comme certains l’appelaient, fait donc toujours peur. Mais il est vrai qu’il suffit de se pencher sur quelques affaires récentes, comme le scandale de la caisse noire de l’Union des Industries métallurgiques et minières, pour renifler la présence de Georges Albertini… Qui était donc réellement ce personnage ? Une éminence grise ? Un homme d’influence ? Ou le deus ex machina de la politique française pendant les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre Mondiale ?

 

Monsieur X samedi 3 avril 2010

 

Georges Albertini (2)

 

L’énigme Albertini ! Ainsi concluait Monsieur X dans la première partie de notre entretien consacré à ce personnage mystérieux, Georges Albertini. Je résume : Albertini est d’abord un ardent militant socialiste, pacifiste et antifasciste, avant de basculer au tout début de la Seconde Guerre mondiale dans l’extrémisme de droite. Apôtre d’une collaboration totale avec l’Occupant, il devient secrétaire général du RNP, Rassemblement national populaire, une mauvaise copie française du parti nazi. Dans ses écrits, dans ses discours, il professe alors un antisémitisme virulent et appelle les adhérents de son parti à pourchasser les Juifs partout où ils se trouvent… Quand vient la Libération, contrairement à son mentor et patron Marcel Déat, Albertini demeure en France. Fin septembre 1944, il est arrêté. Inculpé d’intelligence avec l’ennemi, il risque la peine de mort. Ce sera le sort réservé à d’autres éminentes figures de la Collaboration. Mais Albertini, jugé fin décembre 44, écope d’une peine qui est sans aucune mesure avec les faits qui lui sont reprochés : cinq ans de travaux forcés… Ce qui lui permet de recouvrer la liberté dès 1948 ! Pourquoi cette clémence assez incompréhensible, surtout à un moment où l’épuration bat son plein ? De quels puissants soutiens a bénéficié Albertini ? Ces mêmes soutiens qui vont lui permettre dès sa libération de devenir un personnage incontournable de la vie politique… Une éminence grise consultée par quelques-uns des politiciens les plus importants de la IV° et de la V° République.

 

Monsieur X samedi 10 avril 2010

 

Victor Bout

 

Dans sa partie, c’est le plus grand ! Plus grand encore que ce Jacques Monsieur dont nous avons parlé il n’y a pas si longtemps… Oui, c’est le plus grand. Ou plutôt, c’était le plus grand marchand d’armes du monde. Car depuis le printemps 2008, Victor Bout dort dans une prison thaïlandaise ! Un seul chiffre donne une idée de l’envergure de son entreprise : Bout a possédé jusqu’à soixante avions de transport. La flotte aérienne privée la plus importante au monde ! Des appareils appartenant à des compagnies fantômes ou éphémères qui ont déversé des centaines de tonnes d’armement dans les endroits les plus chauds du monde et qui ont donc alimenté les guerres les plus atroces et permis qu’elles se poursuivent. Marchand de mort, comme l’a qualifié un ancien ministre britannique des Affaires étrangères, Victor Bout était par conséquent une multinationale à lui seul. Un personnage qui a bâti une immense fortune et qui a pendant des années nargué les polices de nombreux pays malgré les mandats d’arrêt internationaux décernés contre lui. Mieux, en dépit de ces poursuites, il a parfois mis ses avions au service de l’ONU ou des forces armées américaines ou britanniques… Victor Bout, c’est évident, a donc bénéficié tout au long de sa carrière criminelle de puissantes protections…

 

Monsieur X samedi 17 avril 2010

 

Le Nigéria (1)

 

L’ombre du Biafra ! Elle plane à nouveau au-dessus du Nigeria, ce colosse africain aux pieds fragiles ! A tous moments, comme il y a plus de quarante ans, les mêmes causes entraînant les mêmes effets, la région du Delta du Niger, au sud du pays, pourrait s’embraser et dégénérer en une véritable guerre… Mais déjà, une guerre de basse intensité, comme disent les spécialistes en stratégie, sévit dans cette vaste région marécageuse qui regorge de pétrole… Car une fois encore, c’est le pétrole, comme autrefois, qui est au cœur du conflit… « La merde du Diable », comme l’appellent les habitants du Delta, car cette ressource génère autant de convoitises que de malheurs de tous ordres, à commencer par une gigantesque pollution qui transforme cette région grande comme quatre fois la Corse en poubelle nauséabonde ! Mais d’autres catastrophes menacent le Nigeria, géant économique et pays le plus peuplé d’Afrique… Il y a quelques semaines, un massacre perpétré par des commandos musulmans a endeuillé la communauté chrétienne du Plateau, région située au centre du pays. Plus de 400 personnes, y compris des enfants, ont été tuées à coups de machettes ou brûlées vives dans leurs maisons… Peu de temps auparavant, dans le même secteur c’étaient également près de 400 Musulmans qui étaient victimes de la colère des Chrétiens. Une guerre religieuse est-elle en train de s’allumer dans cette région qui se trouve entre le nord musulman qui a adopté la charia et le sud chrétien et animiste ? Nous verrons avec Monsieur X que c’est beau-coup plus compliqué que cela et qu’il faut se garder de toute simplification hâtive. Enfin, Il faut ajouter que ces désordres qui menacent la cohésion du Nigeria surviennent à un moment où le pouvoir est quasiment vacant, ce qu’il en reste étant partagé entre un président moribond et un vice-président aux dents longues… Une situation dont pourraient bientôt profiter les militaires qui n’ont cessé, depuis l’indépendance de cette ancienne colonie britannique, d’intervenir dans la vie politique du pays… Y compris en instaurant d’impitoyables dictatures. Monsieur X ouvre donc ce dossier complexe, suivi de près par toutes les capitales. Car une déstabilisation du Nigeria pourrait entraîner de graves conséquences pour tous les pays de l’Afrique de l’Ouest et les économies occidentales qui ont besoin de son pétrole.

 

Monsieur X samedi 24 avril 2010

 

Le Nigéria (2)

 

"Le Nigeria va jouer sa dernière chance dans les mois à venir !" C’est un citoyen de ce pays qui parle ainsi. L’un des plus prestigieux, le premier prix Nobel africain de littérature, Wole Soyinka. Et celui-ci d’énumérer les signes annonciateurs de la crise : les attaques armées dans le delta du Niger, les massacres entre communautés religieuses dans le centre du pays et enfin la vacance du pouvoir depuis plusieurs mois. Et toujours selon l’écrivain, très engagé dans la défense des droits civiques, la colère du peuple nigérian est à son paroxysme… "Si rien ne change, dit-il encore, un risque de fracture n’est pas exclu. C’est le risque que court un Etat défaillant." Le Nigeria, nous l’avons vu la semaine passée avec Monsieur X, est un géant africain, le pays le plus peuplé du continent et une incontestable puissance économique grâce à ses formidables réserves en pétrole. Mais c’est aussi un colosse aux pieds d’argile qui connaît depuis l’indépendance, acquise en 1960, un climat de violence ininterrompu : assassinats politiques, coups d’Etat et tueries collectives n’ont cessé de jalonner l’histoire récente du Nigeria sur fond de corruption généralisée. Il faut ajouter que cette ancienne colonie britannique est un pays profondément divisé où coexistent tant bien que mal quelques 250 ethnies. Division aussi en matière de religion : le nord est musulman – une douzaine d’Etats ayant même décrété la loi coranique – tandis que le sud est chrétien et parfois animiste. Toutefois, et c’était la conclusion de Monsieur X dans son premier entretien consacré au Nigeria, il faut se garder de qualifier les derniers massacres du mois de mars de conflits strictement religieux. La possession de la terre, la lutte pour le pouvoir et les rivalités ethniques sont en réalité les véritables ferments de ces confrontations sanglantes… Enfin, il y a le pétrole, principale richesse du pays et source de toutes les convoitises… Le pétrole qui fait aujourd’hui du vaste delta du Niger une zone de guerre qui inquiète tous les voisins du Nigeria et même les économies occidentales qui redoutent de voir cette indispensable ressource pétrolière s’assécher.

 

Monsieur X samedi 1er mai 2010

 

Jimmy Hoffa, patron des Teamsters

 

Qu’est-il devenu ? A-t-il été haché menu, incinéré dans une usine de retraitement d’ordures du Michigan ou coulé dans le béton du Giant Stadium de New York ? A moins qu’il n’ait été jeté dans un marais de Floride où les alligators n’auraient pas tardé à dévorer son cadavre ? Mystère ! En tout cas, on n’a jamais retrouvé son corps ! Et ça dure depuis 35 ans. Depuis qu’un jour de 1975, à Detroit, Jimmy Hoffa a purement et simplement disparu. Hoffa, un syndicaliste emblématique, le patron du puissant syndicat des camionneurs américains, les fameux et redoutables Teamsters. Une personnalité charismatique, un entraîneur de foule et donc un agent électoral de première importance, courtisé par les hommes politiques. Mais aussi un homme lié à la mafia nord-américaine, maintes fois inculpé et même emprisonné pendant plusieurs années à cause de ses relations douteuses et des malversations commises dans le cadre de ses activités syndicales. Pour compléter le tableau, il faut ajouter que Jimmy Hoffa, comme ses amis, les parrains de la pègre, a été soupçonné d’avoir été mêlé à l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy et de son frère Robert, son meilleur ennemi, le ministre de la Justice qui avait juré de le perdre. La mystérieuse disparition d’un tel personnage ne pouvait donc passer inaperçue. Et elle n’a cessé de donner lieu aux hypothèses les plus diverses… Monsieur X fait le point, propose sa propre explication et revient sur la carrière d’un homme qui a été autant détesté qu’adulé.

 

Monsieur X samedi 8 mai 2010

 

Septembre 1989, l'attentat contre le DC10 d'UTA (1)

 

Le sujet est aussi délicat que douloureux. C’est sans doute pourquoi Monsieur X a tant tardé à l’évoquer, même si, il y a presque dix ans, il avait brièvement abordé cette affaire et déjà esquissé un commencement d’explication qui allait à rebours de la thèse officielle. Je veux parler de l’attentat qui a frappé le vol UTA 772 au-dessus du désert de Ténéré, le 19 septembre 1989. Un drame qui a provoqué la mort de 170 personnes, passagers et membres d’équipage, et dont la responsabilité a été attribuée à la Libye du colonel Kadhafi… Une responsabilité que Tripoli a apparemment reconnue puisque les Libyens ont dédommagé les familles des victimes après des années de tergiversations et de difficiles négociations. Et pourtant, une relecture minutieuse et objective du dossier incline à penser que le vrai commanditaire de l’attentat se trouvait peut-être ailleurs qu’en Libye. Ce qui d’ailleurs n’exonère pas totalement la responsabilité de Kadhafi : il est en effet certain que des agents libyens ont joué un rôle dans la préparation de ce monstrueux attentat. Monsieur X revient donc longuement sur cette affaire où il sera aussi question des otages français capturés au Liban et des actions terroristes qui ont frappé Paris au cours de la décennie 80.

 

Monsieur X samedi 15 mai 2010

 

19/09/1989, l'attentat contre le DC10 d'UTA (2)

 

Le crime était signé, le coupable rapidement désigné. L’affaire était entendue : c’était Kadhafi ! Un trublion international déjà responsable de tant de mauvais coups qu’on pouvait sans crainte lui attribuer ce nouveau forfait. Et d’ailleurs le fait qu’il ait consenti tardivement à indemniser les familles de ses victimes était bel et bien un aveu de culpabilité. Certes, c’était troublant. Mais pour autant ce n’était peut-être pas l’entière vérité. C’est en tout cas ce que semble penser Monsieur X qui a commencé la semaine passée à rouvrir le dossier de l’attentat contre le DC 10 d’UTA en 1989. Un drame qui a provoqué la mort de 170 personnes. Bref, si, dans cette affaire, la Libye n’est pas absolument innocente, bien au contraire, on s’est peut-être trompé de commanditaire. Je résume le propos de mon interlocuteur avant de lui donner à nouveau la parole. Immédiatement après ce terrible attentat, les services secrets français ciblent un pays du Moyen-Orient, Syrie ou Iran. Le mode opératoire utilisé, une valise tapissée d’explosif, porte en effet la signature d’un groupe terroriste, le FPLP-Commandement général du Syro-Palestinien Ahmed Jibril. Un homme qui, à l’époque, s’est rapproché de l’Iran et de son pays d’adoption, la Syrie, et qui a été expulsé de la Libye où il s’était établi depuis de longues années. Cependant, la Sécurité militaire congolaise qui mène l’enquête de son côté, puisque l’appareil a décollé de Brazzaville, produit un témoin qui accuse les services libyens et en particulier son représentant sur place, Abdallah Elazrag. Ce diplomate, membre des services spéciaux, aurait manipulé le porteur de la valise piégée, un certain Apollinaire Mangatany. Le magistrat instructeur français, le célèbre Jean-Louis Bruguière, accrédite aussitôt cette version. Il n’en démordra plus. Pourtant un certain nombre de spécialistes de la guerre secrète font observer que la Libye, qui a été longtemps en conflit avec la France au sujet de ses prétentions territoriales au nord du Tchad, vient de faire la paix avec notre pays, quelques jours seulement avant l’attentat. Kadhafi n’aurait donc plus de mobile pour frapper la France. Cela ne suffit pas à convaincre le magistrat. Bientôt, il va pouvoir faire état d’une nouvelle preuve mettant en cause la Libye

 

Monsieur X samedi 22 mai 2010

 

Mars 1968, le mystérieux naufrage du sous-marin soviétique K129 Il s’agit là sans doute d’une des affaires les plus mystérieuses de l’histoire de l’espionnage… Mais une histoire qui, a posteriori, fait froid dans le dos. Car, si elle avait été menée à son terme, elle aurait pu donner lieu à une terrible conflagration mondiale, une véritable guerre atomique… Mais, comme dirait Monsieur X, n’allons pas trop vite… Au départ de cette histoire se trouve la disparition d’un sous-marin soviétique… Une disparition parmi beaucoup d’autres car nombreux ont été ces engins de la marine soviétique à connaître de sérieux incidents entraînant la mort de dizaines de sous-mariniers… Celui-là, de la classe Golf II, portait le matricule K129. A la fin du mois de février 1968, ce sous-marin équipé de missiles nucléaires quitte sa base de Riba-chiy, dans la péninsule du Kamchatka. Il doit en prin-cipe effectuer une mission de routine dans le Pacifique. Mais on le verra, c’était un camouflage. Le K129, commandé par un officier très compétent, embarque 98 marins. Aussitôt après son départ, il prend la direction du sud. On ne le reverra jamais et on ne sait toujours pas vraiment ce qui lui est arrivé. Seule certitude, une explosion s’est produite à bord dans la nuit du 7 au 8 mars alors qu’il remontait en surface. Il se trouvait alors à 355 miles nautiques de Hawaï et de sa fameuse base de Pearl Harbour. Grâce à leur système de surveillance satellitaire et hydrophonique des mers du monde entier, les Américains ont été les premiers à détecter la catastrophe. Dès lors, une authentique course à la montre va s’engager entre les marines des deux super-puissances afin de percer le mystère de la disparition du K129 et tenter de surprendre les secrets qu’il a emportés avec lui jusqu’au fond de l’océan.

 

Monsieur X samedi 29 mai 2010

 

John Walker ou l’espionnage en famille

 

Il avait constitué une petite entreprise familiale… Et, comme dans la chanson de Baschung, cette petite entreprise ne connaissait pas la crise… Bien au contraire. Et les dollars arrivaient par milliers… Jusqu’à ce jour de 1985 où, à la suite de la trahison d’un membre de la cellule familiale, tout s’est écroulé… À ma connaissance, dans l’histoire de l’espionnage, le cas de la famille Walker est unique. Unique aussi la masse de renseignements, plus d’un million, que cette entreprise familiale, nichée au sein de la marine états-unienne, a transmise au KGB contre de solides rétributions. Sa situation était si prospère que John Anthony Walker, le chef de famille, a pu envoyer benoîtement à ses employeurs soviétiques la note suivante : "Aucun des membres de l'organisation ou futur membre n'a les problèmes qui sont la plaie habituelle de ce type de business : drogue, alcool, homosexualité. Nous sommes tous psychologiquement sains et matures. Et l'organisation a la capacité de blanchir les fonds que vous nous adressez !" La semaine passée, Monsieur X a brièvement évoqué John Walker et son rôle dans l’affaire du naufrage du sous-marin soviétique, K129. Je résume : à Moscou, en 1968, quelques hauts dirigeants communistes proches du KGB auraient mis sur pied un plan machiavélique destiné à provoquer un conflit entre les deux meilleurs ennemis de l’URSS, les Etats-Unis et la Chine… Pour ce faire, ils auraient imaginé d’utiliser un sous-marin soviétique déguisé en submersible chinois… A portée de la base américaine de Pearl Harbour, un missile nucléaire aurait alors été tiré. Mais la fusée se serait autodétruite car les comploteurs ne connaissaient pas la totalité du protocole à respecter avant le lancement d’un tel engin nucléaire. Et l’explosion aurait entraîné le naufrage du K129. Tant à Washington qu’à Moscou, cette effrayante histoire a été étouffée. Mais les Américains, qui ont récupéré une partie de l’épave du K129, aurait découvert le fin mot de l’histoire… Une vérité rigoureusement tenue secrète jusqu’à aujourd’hui malgré quelques fuites dans la presse. Quant à l’intervention de Walker, elle aurait constitué à informer le KGB que Washington s’attendait à être attaqué par la Chine. Munis de cette précieuse information, les félons du Kremlin seraient donc passés à l’action en escomptant que leur action criminelle serait aussitôt attribuée aux Chinois. Mais, nous allons le voir avec Monsieur X, la capacité de nuisance de Walker est allée bien au-delà…

 

Monsieur X samedi 5 juin 2010

 

Deborah Palfrey, la Madame Claude Américaine

 

C’est un des classiques de la télévision et de la vie politique américaine : un politicien, accompagné de son épouse, se présente devant les caméras. La main sur le cœur, il reconnaît qu’il a péché, offensé gravement ses électeurs et sa famille, mais qu’il a renoncé à ses turpitudes. A côté de lui, l’épouse opine et pardonne. Et, dans le meilleur des cas, on essuie quelques larmes furtives avant de s’embrasser… L’un des derniers à se livrer à cet exercice de repentir médiatique était un sénateur de Louisiane, David Vitter. Un client parmi d’autres, tous appartenant à la fine fleur de l’establishment de Washington, d’une agence d’accompagnatrices ou escort-girls en anglais, dirigée par celle qu’on a appelée la « Madame Claude » américaine, Deborah Palfrey. Si Monsieur X a décidé cette semaine d’évoquer cette affaire de mœurs, c’est justement parce qu’elle va bien au delà d’un banal scandale sexuel. Et qu’elle jette une lumière crue sur la pratique politique états-unienne et l’exploitation ou la manipulation de la vie privée. Et qu’elle illustre les liaisons dangereuses qui existent entre le sexe et la politique. Une affaire qui s’est terminée de façon tragique et où l’on rencontre quelques grands noms de la politique américaine. À commencer par celui de Dick Cheney, le sulfureux vice-président de George Bush, l’homme qu’on a parfois présenté comme étant le véritable homme fort de la Maison Blanche sous les deux mandats de Bush junior ! Et par conséquent, l’inspirateur de sa politique !

 

Monsieur X samedi 12 juin 2010

 

Le nucléaire syrien (1)

 

Mais que se passe-t-il à Damas, capitale du plus secret des pays arabes, et traditionnellement l’un des plus sûrs ? On a assisté assez récemment en Syrie à toute une série d’événements mystérieux : assassinats et même attentats… Et les observateurs les plus perspicaces n’ont pas manqué de noter que cette série meurtrière a été précédée en 2007 par un audacieux raid israélien sur un bâtiment qui abritait peut-être un réacteur nucléaire, susceptible de fournir un jour à la Syrie l’arme atomique… Y a-t-il vraiment un rapport entre ce bombardement aérien et les épisodes sanglants qui ont suivi ? Et que penser de la politique de ce pays qui, tout en affichant des liens étroits avec l’Iran, le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien, semble dans le même temps vouloir se rapprocher de l’Occident et en finir avec sa réputation d’Etat-voyou ? C’est à dire, pour reprendre une expression chère à l’ancien président états-unien, d’un Etat protégeant et accueillant des organisations terroristes… Monsieur X, dans ce nouvel entretien où il sera aussi question du nucléaire iranien, essaie de répondre à ces questions et de dissiper quelques-uns des mystères de ce pays qui a été pendant trente ans dirigé d’une main de fer par le « Bismark » du Moyen Orient, Hafez el-Assad, Au pouvoir depuis maintenant dix ans, son fils, Bachar, peut-il lui aussi continuer à faire de son pays un acteur incontournable de cette région aussi tourmentée ? Au risque de mener en permanence un double-jeu

 

Monsieur X samedi 19 juin 2010

 

Le nucléaire syrien (2)

 

La Syrie a-t-elle tenté de se doter de l’arme atomique ? Et l’aviation de l’Etat hébreu a-t-elle brisé dans l’œuf cette tentative ? Tel était le sujet la semaine passée de mon dernier entretien avec Monsieur X. Et selon mon interlocuteur, l’audacieux et mystérieux bombardement effectué en septembre 2007 d’un site syrien situé dans le désert visait une installation nucléaire secrète, sans doute un réacteur destiné à produire la matière fissile d’une bombe… Mais le silence observé tant à Damas qu’à Tel Aviv à propos de cette affaire n’a guère permis d’en savoir beaucoup plus… Même s’il semble à peu près avéré que la Corée du Nord a été impliquée dans la tentative syrienne… Et peut-être aussi l’Iran, le meilleur allié de la Syrie. En effet, selon les révélations d’un général de Téhéran qui a fait défection, ce réacteur aurait été une installation nucléaire délocalisée financée par l’Iran et destinée à expérimenter l’autre filière de fabrication d’une bombe, celle du plutonium. Alors que sur leur propre territoire, les Iraniens ont choisi la technique de l’uranium enrichi. En détruisant ce réacteur, Israël aurait donc aussi frappé l’Iran dont les ambitions nucléaires inquiètent au plus haut point les dirigeants israéliens. Monsieur X annonçait aussi que le raid des F15 israéliens était vraisemblablement à l’origine d’une série d’événements mystérieux, assassinats et attentats, qui ont été observés récemment en Syrie, l’un des pays les plus secrets du monde arabe.

 

Monsieur X samedi 26 juin 2010

 

8 mai 1945, les massacres de Sétif

 

(1ère diffusion : 04/11/2006)

 

Il a failli faire un scandale à Cannes! "Hors la loi" le dernier film de Rachid Bouchareb, simplement parce qu'il consacrait quelques minutes aux événements de Sétif. Un massacre survenu alors que la France fêtait le retour à la paix en mai 1945. et c'est justement à l'occasion de la sortie d'un autre film de Bouchareb, "Indigènes" que Monsieur X m'a entretenu de ces événements dramatiques. Le jour même où l’on célébrait dans la joie la Capitulation, c’est à dire la fin de ce conflit mondial, l’Algérie prenait feu et que certains de ces valeureux soldats de l’armée coloniale qui venaient d’en finir avec l’ennemi nazi, tirailleurs sénégalais ou tabors marocains, ont peut-être dû faire feu sur leurs frères indigènes. Combien de morts à Sétif, à Guelma et dans tout le Constantinois ? Difficile à dire. Seule certitude, ils ont été des milliers à tomber sous les balles des soldats, des policiers et des milices dites civiques, constituées à la hâte pour réprimer ceux que l’on appelait encore les Indigènes. Un véritable bain de sang qui passe pratiquement inaperçu en métropole. Les événements de Sétif, comme on les nomme pudiquement de l’autre côté de la Méditerranée, ne provoquent guère d’émotion. Et d’ailleurs on fera tout pour occulter ce massacre. Quant au général de Gaulle, président du gouvernement provisoire, il n’y consacre que deux lignes dans ses Mémoires. Pourtant, aujourd’hui, la plupart des historiens s’accordent à dire que ces jours sanglants de mai 1945 ont constitué le vrai commencement de la Guerre d’Algérie.

 

 

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