JARDINAGE

 


Tailler la lavande pour qu'elle ne pousse pas en tous sens


Il faut bien l'avouer, la taille des lavandes devient un casse-tête, si l'on
n'y prend garde. Sous les climats secs, sa végétation est relativement peu
fournie et cette plante garde un port relativement compact moyennant la
cueillette des longues tiges fleuries quand elles sont bonnes à couper. Sous
les climats plus frais, dans des terres plus riches, la lavande a tendance à
se développer vite et à adopter un port dégingandé si l'on n'est pas un
virtuose du sécateur, et plus encore si l'on se contente d'attendre le
printemps pour intervenir. A cette saison, les vieilles tiges défleuries
sont sèches et cassent facilement, certes, mais bien souvent elles restent
vertes et poussent sur une bonne moitié de leur hauteur.

Le pied de lavande se dégarnit alors peu à peu du bas, le centre de la
touffe dépérit, tandis qu'une branche ou deux se développent en hauteur,
déséquilibrant le pied, qui finit par devoir être supporté par un ou deux
tuteurs, faute de quoi, un orage ou une chute de neige viendra l'éclater.

En fait, plutôt qu'être un casse-tête, la taille de la lavande obéit à une
règle très simple qui nécessite, pour bien comprendre comment s'y prendre,
de bien observer comme la plante pousse. Regardons une tige défleurie du
haut vers le bas. En haut et un peu tout le long, reste aujourd'hui la base
des fleurs contenant des graines. Si l'on porte le regard de plus en plus
bas, on observe que, sur une longueur d'environ 15 centimètres, des petites
pousses ont commencé à croître et qu'elles sont de plus en plus serrées
jusqu'à la naissance de cette tige. C'est au point le plus bas qu'il faut
couper, une à une, ces tiges passées et, avec elles, des départs de
végétation indésirables. Surtout pas plusieurs tiges à la fois, mais bien
une par une, car cette plante redémarre plus que difficultueusement sur le
vieux bois. En fait, une touffe de lavande comprend quelques branches qui se
terminent par un groupe de petites touffes serrées d'où partent, chaque
année, les tiges portant les fleurs. Ces petits groupes de branches ne
doivent en aucun cas être coupés, mais chaque tige coupée au-dessus des
petites pousses qui commencent à se développer à sa base. En sorte que,
taillé, le pied de lavande adulte sera à peine plus volumineux qu'à la fin
de la saison précédente. C'est la seule façon de lui conserver une forme
ramassée et arrondie typique, annonciatrice d'une floraison abondante.

Il existe quantité de variétés horticoles de lavande, à port plus ou moins
développé, au parfum plus ou moins tenace. Certains hybrides ne se
reproduisent pas de semis, le lavandin par exemple, tandis que le type se
sème on ne peut plus facilement, au printemps. Dénommé lavande vraie sur les
paquets de graines, le type produit des plantes florifères au parfum délicat
et à la culture facile.

Cependant que nos voisins britanniques ont produit de nombreux cultivars,
dont certains blancs, qu'il vaut mieux reproduire de boutures à l'automne ou
au printemps dans un sol léger, voire sableux, de préférence.

SUR LE BALCON

Si l'on hérite d'un vieux pied trouvé dans un jardin dont on prend
possession, il ne faudra surtout pas le rebattre, car il ne s'en remettrait
pas neuf fois sur dix, mais juste tenter de le rééquilibrer en supprimant
carrément une ou deux de ses branches les plus élevées... si ce ne sont pas
les seules qui restent sur le pied, de façon que celles qui sont encore près
du sol puissent bénéficier de la sève qui, jusque-là, partait vers le haut
de la plante.

Evidemment, la taille branche à branche de la lavande doit s'accompagner
d'un examen minutieux de chaque pied, qui sera débarrassé de ses branches
mortes. Après quoi, on secouera la lavande pour faire tomber les feuilles
mortes. On complétera la taille d'une seconde passe qui visera à lui donner
une forme bien arrondie en raccourcissant le haut des branches qui
dépasseraient un peu. Il ne faut pas chercher à avoir un coussin parfait,
mais juste à donner une forme harmonieuse au pied.

Avec les années, une belle touffe occupe une bonne cinquantaine de
centimètres de diamètre au sol et autant de hauteur dans les terres riches
et arrosées du Nord et de l'Ouest. En Provence, en plein champ, elles
restent plus petites, mais leur parfum y est plus délicat et moins fugace à
la fois. Il ne faut donc pas la planter trop serré, ce que la petite taille
des plantes vendues provoque trop facilement. Et il faut résister à l'achat
des gros pieds vendus en conteneur. Poussés aux engrais et aux arrosages
automatiques, ils sont néanmoins vendus cher. Les citadins sont parfois
tentés de les acheter et, sans autre forme de procès, de les installer sur
leur balcon. Moyennant quoi, ils crèvent généralement vite, au premier coup
de chaud en fait, car les racines sont si compactes et la terre vient si
près du rebord du pot qu'ils sont difficiles à arroser autrement qu'en les
plongeant dans un seau.

Si l'on craque pour une telle plante déjà élevée, il faudra impérativement
la replanter immédiatement dans un grand pot, non sans avoir supprimé un bon
tiers de sa masse racinaire en la désagrégeant sur son pourtour et sur le
fond. Après quoi on raccourcira les racines d'une moitié et l'on rempotera
le tout dans une terre légère en prenant garde de laisser 2 ou 3 centimètres
de vide au sommet du pot pour les arrosages.

Alain Lompech


ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 07.10.04

 

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