JARDINAGE

 

Faut-il tailler les rosiers en hiver ? Bien sûr que oui !

LE MONDE du 15.12.04

Le thermomètre descend, même à Paris, où il a peut-être gelé légèrement là où le vent souffle. Les rosiers sont donc bons à tailler. Les arbustifs comme les grimpants, ceux qui fleurissent plusieurs fois au cours de l'été comme ceux qui ne fleurissent qu'une fois. Ces derniers ne seront pas taillés de la même façon, certes, mais ils peuvent l'être et même doivent l'être dans de nombreux cas. Il n'est pas inutile de revenir sur les raisons qui font qu'il ne faut pas attendre mars pour le faire. On entend souvent dire que les rosiers taillés l'hiver risquent de geler. C'est faux ! On entend parfois dire qu'ils vivent moins longtemps si l'on pratique cette taille en décembre ou janvier. C'est encore faux. Pour la première objection, il suffit de regarder ce qui se passe quand on plante en ce moment même des rosiers à racines nues ou en motte de terre ficelée. Ils sont déjà taillés, et l'on se doit de rafraîchir les coupes faites en pépinière par le producteur. Pour la seconde objection, il suffit d'observer la végétation des rosiers. Que coupe-t-on quand on les taille en mars ? Des branches dont la végétation est déjà bien partie dans toutes les régions qui n'ont pas un climat très continental. On intervient alors sur des arbustes qui ont commencé leur cycle végétatif et l'on supprime des branches dans lesquelles la sève a commencé de circuler à nouveau. Le rosier ainsi taillé doit fournir un effort supplémentaire pour contraindre les bourgeons dormants à repercer. Si l'on taille entre la mi-décembre et la fin janvier, après la première période de gel qui met en bref repos l'arbuste, on rabat des branches sur des yeux qui vont entrer en végétation plus tard que ceux du haut des branches. Tous les jardiniers l'ont remarqué, les rosiers ont une fâcheuse tendance à toujours pousser du haut de leur branche et à se dégarnir du bas. On évite ainsi aux rosiers de fournir l'effort supplémentaire qu'impose la taille de mars, voire de février, dans les régions clémentes de type océanique. QUESTION D'YEUX Les rosiers-buissons à floraison plus ou moins continuelle pendant tout l'été doivent être taillés courts. Oubliez la fameuse recommandation de taille à trois yeux. Plus un arbuste est vigoureux et plus il pourra conserver un grand nombre de branches et de bourgeons sur les branches car il pourra les nourrir. Plus un rosier a un développement faible et plus il devra être taillé court et conserver moins de branches. Les premiers peuvent avoir cinq belles branches portant cinq ou six bourgeons - les fameux yeux. Aux seconds on ne laissera que trois branches ne portant que trois yeux. Les rosiers-tiges seront traités comme les rosiers-buissons, vu qu'ils sont des arbustes de ce type greffés en haut d'une tige de porte-greffe. Cependant, ils sont souvent à ranger dans la catégorie des rosiers à croissance un peu faible à cause de leur mode de greffe. Les rosiers à floraison unique doivent recevoir une taille d'équilibrage, nettement plus aisée à effectuer quand les arbustes ont perdu leur feuillage qu'en plein été, juste après leur floraison. La suppression des vieilles branches malingres s'impose, comme celle des rameaux qui sont mal placés. Un léger raccourcissement des branches poussées l'année précédente n'empêchera pas la floraison si cette taille consiste juste à les raccourcir d'un tiers. Certains rosiers au port un peu lâche, qui ne supportent pas le poids des fleurs épanouies, ne s'en porteront que mieux, particulièrement dans les sols fertiles où leurs branches poussent démesurément. La taille des grimpants est plus contraignante. Particulièrement celle des pseudo-grimpants, qui sont en fait des rosiers arbustifs émettant de longues et grosses branches raides qui doivent être courbées à l'horizontale pour fleurir et non grimper toujours plus haut. UN BON SÉCATEUR Si le rosier a eu ses branches courbées pendant la bonne saison, quand elles sont encore souples, il suffit bien souvent de supprimer les malingres et les plus vieilles qui montrent des signes évidents de fatigue, phénomène que l'on voit très bien en cette saison : en remontant de leur point de naissance vers leur extrémité, on constate qu'elles portent peu de nouvelles pousses. Il faut les supprimer d'une coupe nette. Et surtout bien vérifier quelle branche on va sacrifier, car dans l'entrelacs formé par celles-ci on a tôt fait de se tromper... Ensuite, on raccourcira légèrement les branchettes nées l'été passé - d'un tiers environ. Puis on accrochera celles qui poussent vers l'extérieur du rosier parallèlement à son support, de façon à plaquer le plus possible l'arbuste. Et ce toujours en les courbant le plus horizontalement possible pour favoriser la floraison tout au long de chaque branche. Sans quoi seuls les bourgeons du haut partent en végétation. Les vrais rosiers grimpants ont un bois souple et lancent de fines et longues branches. Les plus vieilles seront coupées à leur base, les autres seront rattachées de façon harmonieuse, quitte à leur faire faire des "S" horizontaux pour favoriser, là encore, la mise à fleurs. La taille sera effectuée avec un bon sécateur. Pour les grosses branches, un coupe-branche sera requis. Et toute branche sera coupée sur un bourgeon regardant l'extérieur de l'arbuste.

Alain Lompech ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 16.12.04

 

 

 

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