JARDINAGE

 

Planter un arbre demande juste un peu de méthode et d'attention


Tant que la terre n'est pas prise par le gel, tant qu'on peut creuser un
trou à la pelle-bêche ou à la fourche-bêche, il est possible de planter des
arbres et des arbustes. Il faut juste se méfier, dans les régions les plus
froides, des méfaits du froid sur les espèces un peu frileuses et reporter
au printemps leur plantation. De cette façon, elles auront le temps de
s'acclimater pendant un été et un automne avant de passer leur premier hiver
dehors.

C'est ainsi qu'on peut par exemple planter rosiers nains, arbustifs et
grimpants, seringas, lilas, boules-de-neige ou un tilleul, un hêtre, un
chêne. Mais on ne saurait trop recommander d'attendre mars pour mettre en
terre orangers du Mexique, camélias, lavatères arbustives sauf si l'on a la
certitude qu'ils ont été cultivés dans la région par un pépiniériste local.

De splendides camélias étaient ainsi en vente dans une petite enseigne du
pays de Bray. Plantureux, ramure équilibrée, bien feuillus, faisant honneur
aux... pépinières bretonnes qui les avaient produits, ils faisaient
tellement envie qu'on a tourné autour, prêt à en embarquer un gros
spécimen - d'autant que les prix étaient vraiment raisonnables comparés à
ceux des lieux de vente parisiens qui poussent le bouchon vraiment trop
loin.

Jusqu'à ce qu'on constate que, exposés sous les verrières d'une grande serre
sur laquelle tapait le soleil de fin janvier, ils commençaient à épanouir
leurs fleurs et que leurs bourgeons avaient commencé à se développer. Mis
dehors, alors qu'il gelait assez sévèrement, les fleurs et les jeunes
feuilles de ces beaux spécimens auraient cuit en une nuit. Dans cette
région, les camélias ouvrent généralement leurs fleurs deux mois plus tard,
sauf exposition particulièrement protégée.

LA TERRE FOISONNE

Planter n'est pas compliqué, mais nécessite quelques attentions dont les
plantes mises en terre remercieront le jardinier qui les leur a accordées
par une reprise certaine et une croissance assurée dès la première saison.
Un peu de méthode n'est pas inutile pour éviter de transformer le jardin en
une succession de creux et de bosses.

En fait, c'est simple : si l'on doit planter un grand arbre dans un trou de
80 cm en tous sens, il faut étendre une grande bâche d'environ 3 à 4 m2 sur
le sol où la terre extraite du trou de plantation sera déposée. Si l'on met
en terre un arbuste moins gros, la terre sera versée dans une brouette
disposée près du trou.

Evidemment, pour un rosier, un tout petit arbuste, la terre sera déposée
juste à côté du trou de plantation sans qu'il soit nécessaire de recourir au
stratagème précédemment décrit. Certains souriront sans doute, mais pas ceux
qui ont dû racler l'herbe d'une pelouse ou qui ont commencé de creuser un
trou et ne savaient plus ou mettre la terre au troisième coup de bêche !

Du reste, les professionnels soigneux pratiquent ainsi. Il suffit ensuite de
prendre la terre extraite du sol et mise sur la bâche ou dans la brouette,
voire dans une grande poubelle de plastique, pour combler le trou. Comme la
terre foisonne quand elle est remuée, il en reste toujours en plus. Il
suffit alors de faire glisser cette terre excédentaire là où on le souhaite
de façon à laisser place nette. On peut même en profiter pour mélanger du
terreau ou du compost à cette terre retirée du trou.

La plantation proprement dite doit être soignée, le trou suffisamment large
pour que les racines nues aient la place d'être étalées, que la motte
extraite du container ou de la tontine de paille puisse être bien calée par
la terre.

D'une façon générale, un trou doit être du double en tous sens de celui de
la masse représentée par les racines de la plante mise en terre. Les gros
cailloux seront enlevés, le fond du trou sera éventuellement défoncé à la
pioche s'il est vraiment dur ou à coups de fourche-bêche si c'est un petit
trou. Si la plante nécessite un tuteur, il sera fiché en terre avant elle.
Afin qu'il ne pourrisse pas, prendre un pieu en bois traité en autoclave ou
en acacia écorcé.

Ensuite jeter quelques pelletées de terre au fond du trou de façon que, posé
dans le trou, l'arbre ou l'arbuste ait son collet pile-poil au niveau du
sol. Le collet est la ligne qui marque le passage de la par- tie souterraine
à la partie aérienne d'une plante.

En fait, c'est le moment le plus délicat de la plantation. Avant d'avoir le
coup d'oil, le jardinier est souvent contraint de sortir la plante de son
trou jusqu'à avoir trouvé sa bonne hauteur de plantation. Ne pas planter
trop profond et pas non plus trop haut.

Ensuite, seulement, le trou sera comblé avec la terre qui en avait été
extraite, à laquelle on pourra éventuellement ajouter quelques poignées
d'engrais. Prendre garde qu'elle soit émiettée et ne pas balancer des
grosses mottes qui font des poches d'air.

Bien faire glisser la terre entre les racines quand la plantation se fait à
racines nues ou autour de la motte, bien arroser pour la tasser quand on est
à mi-remplissage, attendre que l'eau passe et finir de remplir de terre puis
arroser à nouveau. Ensuite faire un cordon de terre autour du trou ou une
cuvette qui retiendra l'eau. Et fixer le tuteur à l'aide d'une attache faite
pour cela.

Alain Lompech


ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 03.02.05

 

 

 

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