L'eau

 

L'eau est rare et chère, apprenons à la récupérer et à l'utiliser à
bon escient

C'est devenu un bien précieux jusque dans le nord de l'Europe. Les
anciens, même quand ils ne manquaient pas d'eau, devaient la puiser, la
charrier faute de l'avoir au robinet.

Ils avaient un dicton :"Deux binages valent un arrosage". Pas
tout à fait exact ! Mais il est juste qu'un sol travaillé en surface freine
l'évaporation tout autant qu'il maintient la terre propre en la débarrassant
des plantes indésirables, des mauvaises herbes, qui puisent, elles aussi, ce
dont elles ont besoin pour se développer dans le sol.


Bonnes ou mauvaises, toutes les plantes consomment de l'eau et
des éléments nutritifs que leurs racines prennent à la terre. Autant faire
en sorte que seules celles que l'on cultive en profitent sans être
concurrencées par celles dont on ne veut pas.

Le jardinier qui, il y a quelques années encore, pouvait se
permettre de laisser son tuyau couler sans trop se préoccuper de sa
consommation d'eau y regarde désormais à deux fois vu le prix de ce qui est
devenu un nectar. Il fait d'autant plus attention qu'il a un comportement
responsable et que des arrêtés municipaux et préfectoraux lui intiment de ne
pas arroser son jardin.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces interdictions dont certaines
ne sont pas toujours frappées de bon sens. Il est par exemple pertinent
d'interdire l'arrosage des pelouses, mais beaucoup moins celui des jardins
potagers. Ils sont une source d'économies non négligeable pour certaines
familles comptant sur leur petite production personnelle pour manger des
légumes frais, bien cultivés, goûteux, dont le prix est celui du paquet de
graines et de la sueur du cultivateur. Et puis le préfet, le maire ne sont
pas dans les maisons et ne voient ni les machines à laver tourner quand bien
même elles ne sont pas pleines, ni les robinets de cuisine couler pour rien,
encore moins les fuites d'eau du réseau d'adduction ou celles des châsses
d'eau.

Il faudrait un peu plus de discernement parfois pour que le
jardinier prenne suffisamment au sérieux de telles interdictions et qu'il
s'y conforme.

Il y a cependant quelques astuces qu'un jardinier, aussi
soucieux de ses deniers que d'une attitude responsable vis-à-vis de la
collectivité, se doit de connaître et d'appliquer pour ne pas gaspiller
l'eau du ciel, de son puits ou du robinet.

A la campagne ou dans la banlieue des grandes villes, il faut
réellement penser à investir dans des réserves d'eau de grande contenance.
Branchée sur la gouttière, une citerne d'un mètre cube récupérera l'eau à
chaque pluie. Un robinet permet d'en soutirer le contenu à volonté. Le
système D des anciens n'est plus tellement à l'ordre du jour qui consistait
à recycler des bidons et des fûts métalliques plus ou moins cachés dans un
coin du jardin, comme on pouvait en voir dans les jardins ouvriers ou à la
campagne.


NE RIEN ARROSER DU TOUT


Il faut également sérieusement songer à faire vider une ancienne
fosse septique ou dite "toutes eaux" inutilisée depuis le branchement au
tout-à-l'égout. Après l'avoir retrouvée, il faut la faire vider, investir
dans une petite pompe pour en tirer l'eau de pluie qu'on y conduira en
branchant une descente de gouttière dessus.

Voilà pour les solutions qui consistent, à peu de frais, à ne
pas laisser toute l'eau du ciel partir par profits et pertes : il ne s'agit
pas de puiser de l'eau dans une source mais de différer son utilisation dans
le temps et ainsi de ne pas prélever d'eau de ville pour arroser ses
plantes.

Il y a maintenant des solutions plus radicales. Ne pas arroser
du tout son jardin à fleurs et laisser faire la nature de façon que la
sélection naturelle joue à plein. Et toujours privilégier la plantation
d'arbres et arbustes à l'automne plutôt qu'au printemps, voire en été, ce
que la plantation de végétaux cultivés en conteneur a promu depuis des
années.

Ne pas arroser son jardin ! Certaines plantes, comme les
rosiers, s'en portent très bien dans la majeure partie de la France, ainsi
que nombre de vivaces comme les pivoines, les iris, les joubarbes par
exemple. Le temps fera lui-même son choix. Le jardinier avisé s'adaptera et
ne cultivera alors que les plantes adaptées au climat local.

Une solution moins drastique consiste à n'arroser que quelques
plantes qui en ont réellement besoin et, plus encore, à n'arroser que
lorsque les plantes manquent d'eau et le montrent. Mais, alors, ilfaudra
arroser franchement, en grande quantité. Cela favorise un enracinement
profond, quand des apports fréquents et superficiels font que les plantes
ont un enracinement faible et... superficiel.

Il y a enfin le paillis, qui pourra être fait de débris de
végétaux passés au broyeur, de compost bien mûr, d'écorces de pin, de paille
broyée, de noix de coco également broyées. Etalé en couche épaisse sur la
terre nue, ce paillis empêche l'évaporation et garde l'humidité dans le sol.

Certaines plantes peuvent faire l'objet d'un traitement spécial
: une bouteille d'eau dont le cul a été découpé, enfoncée des deux tiers, de
biais, au pied d'une plante exigeante (un pied de tomate, par exemple),
permet d'apporter la quantité d'eau nécessaire directement aux racines sans
arroser la terre même.

Alain Lompech
Article paru dans l'édition du 21.04.05

 

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