Jardin

Le grand nettoyage de printemps

Ce n'est pas qu'il ait fait très froid cet hiver, mais il a fait froid, ce à quoi nous n'étions plus guère habitués. L'automne avait été si doux que les arbres avaient encore des feuilles au début du mois de janvier qu'ils ont perdues sous l'effet du gel et certains, précoces, tardent à se réveiller. Le printemps a commencé depuis quelques jours, mais la végétation est en retard. De trois bonnes semaines à Paris et dans la campagne environnante. Ce qui n'est pas plus mal, en réalité, car les plantations peuvent continuer, y compris celles à racines nues, car les rosiers qui n'auraient pas été taillés, comme il se doit, cet hiver peuvent l'être encore. Les vivaces peuvent être nettoyées de leurs branches et de leurs feuilles desséchées. De préférence un jour qu'il ne pleut pas, de façon qu'il soit plus facile de les réduire en petits fagots ou de les brûler sans qu'une fumée trop épaisse ne se dégage. Quand les massifs seront propres, ne pas bêcher entre les plantes, mais étaler de l'engrais total en granulés puis griffer superficiellement la terre entre les touffes. Avant cela, on pourra prélever quelques éclats à certaines plantes pour les diviser et obtenir ainsi de nouveaux pieds. Surtout ne le faire ni avec les pivoines, ni avec les iris, ni avec les hémérocalles, car ils ne fleuriraient pas cette année. ON PEUT PRENDRE SON SARCLOIR Certaines plantes vivaces apprécient cet apport de nourriture, les grands delphiniums comme les hostas (attention à ne pas marcher dessus, car leurs bourgeons pointent déjà), les asters ou les phlox, qui ont un enracinement superficiel. D'autres plantes sont moins sensibles à cet "engraissage" superficiel, car leurs grosses racines charnues pénètrent profondément dans la terre, comme celles des pivoines, mais les pluies entraîneront peu à peu cet engrais dans le sol. Si l'on a un peu de courage, et de place pour travailler, quelques trous d'une trentaine de centimètres de profondeur, autour d'une grosse touffe de pivoines, permettront d'y jeter une poignée de granulés qui seront recouverts de terre. L'effet sera plus rapide. C'est aussi la saison pour désherber les allées gravillonnées avec un produit qui empêche les graines de mauvaises herbes de germer et qui tue les plantes sorties de terre cet hiver et qui ne vont pas tarder à se développer et à fleurir - ce qu'il faut éviter si l'on ne veut pas être envahi. On peut aussi prendre son sarcloir et couper net le collet de l'indésirable. C'est ludique comme le golf, au moins aussi précis dans le geste, et cela fait faire des économies en polluant moins que le désherbant.
Alain Lompech
Article paru dans l'édition du Monde du 24.03.06


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