Jardinage

 


Rangements d'automne au jardin


Détail d'un cabanon de jardin dans la région de Mulhouse. JEAN-CLAUDE
FIGENWALD

Il faut nettoyer la tondeuse, planter les fleurs d'hiver, protéger certaines
plantes et ramasser les pommes

Le début de l'automne est toujours une période un peu incertaine. S'il
ne fait plus chaud, il ne fait pas encore froid. L'air est doux et humide
quand le vent du nord ou de l'est ne s'y met pas. Les feuilles commencent à
tomber, mais il va falloir attendre le premier coup de gel pour qu'elles
tombent toutes d'un coup. Le jardin continue de fleurir, mais il
s'engourdit. Dans trois semaines, un coup de gelée blanche va venir cuire
les plantes les plus sensibles au froid et les mettre au repos pour six
mois.

L'herbe pousse encore : il faut bien choisir le moment pour la
tondre... Mouillée, elle est difficile à couper tant elle colle aux lames et
au carter de la tondeuse... Alors tant pis si le voisin sort sa machine à
moteur un dimanche pour profiter du fait que la pelouse s'est un peu "
ressuyée ", comme on le disait autrefois.

Le jardin ne connaît pas le jour du Seigneur et les règlements
municipaux portent parfois atteinte à la liberté individuelle, s'ils sont
appliqués d'une façon rigide. Et puis si le travail le dimanche se
généralise... ceux qui travaillent le dimanche auront le " leur " un jour de
la semaine... ils seront alors dérangés ce jour-là par celui qui tondra un
jour autorisé...

Bientôt, il faudra ranger la tondeuse à l'abri. Mais on peut déjà la
nettoyer pour éviter que l'herbe ne colle trop sous le carter. Il faut la
coucher sur le côté, après avoir retiré le fil de la bougie et bien gratter
l'herbe sèche.

Autre méthode, mais il faut être deux pour le faire : démarrer le
moteur de la tondeuse en plaçant cette dernière sur une surface plane et
solide, sur une terrasse ou une allée dallée, et la faire tourner à plein
régime, mais immobile... pendant ce temps, envoyer l'eau du tuyau d'arrosage
ouvert à fond sous la tondeuse en mettant 1 centimètre du tuyau sous le
carter à l'avant de la machine... la force centrifuge de l'eau projetée par
la lame à l'intérieur du carter va le nettoyer avec efficacité... Après on
arrête la tondeuse et on laisse sécher... Quand on la rentrera pour l'hiver,
on pourra refaire cette opération nettoyage que l'on fera suivre, après
séchage, d'une application de produit antirouille à l'intérieur du carter...
ou d'huile moteur à l'aide d'un pinceau. Le produit antirouille est plus
efficace encore.

Les pommes mûrissent sur les arbres, sans qu'on puisse parfois les
manger toutes. Celles qui tombent sont boulottées la nuit par les mulots et
les lérots, la journée par les merles et les grives, qui s'y attaquent en
les perçant à coups de bec violents et répétés. Ce qui n'empêche pas le
jardinier de croquer dedans à pleines dents, après avoir essuyé la pomme sur
son pantalon ou son tablier : il contourne juste les endroits attaqués par
les animaux du jardin.

Le citadin de passage fait la moue. Le jardinier répond que manger de
la salade juste lavée sous le robinet n'est pas moins ni plus sale : le
jardinier est mithridatisé depuis longtemps... On peut aussi faire des
compotes de ces fruits et, bien sûr, des tartes. Et surtout en donner aux
voisins qui n'ont pas de fruitiers chez eux.

En fait, on ne sait pas trop quoi faire en cette saison : planter ?
Oui, bien sûr... mais arracher les plantes annuelles encore en fleurs pour
installer les pensées parce que c'est la saison fait toujours mal au coeur
au jardinier, qui ne se résout pas à couper ce qui est encore fleuri. Ça
fait un peu règlement militaire, en plus : le 15 octobre, on revêt le
costume d'hiver.

On ramasse donc quelques feuilles mortes, on taille la haie, le mois
est en " r " on le peut donc, mais on a bien le temps de le faire, et ce
sera plus facile quand les feuilles seront tombées. On peut, on doit même,
planter les persistants en cette saison : magnolias, rhododendrons, azalées
et conifères. Et même les magnolias à feuilles caduques qui apprécient
d'être plantés au tout début de l'automne. Mais on n'en plante pas chaque
année.

Tiens !, on peut ranger le grand tuyau d'arrosage. Après l'avoir
soigneusement nettoyé avec une grosse éponge, vidé de son eau, roulé autour
du bras ou rembobiné sur son dévidoir, il sera mis à la cave ou dans un
cabanon de jardin. Il peut ainsi durer plus de vingt ans, si c'est un modèle
sérieux.. Comme le nôtre, qui est d'un jaune pétant : on n'est pas près de
le perdre de vue.

On peut aussi faire le tri dans les produits de traitement et faire
attention qu'ils ne soient pas dans un endroit où il risque de geler.
Certains n'apprécieraient pas. Et puis c'est dangereux.

Voilà qui rappelle que l'on peut commencer à traiter contre les
parasites et les maladies les plantes qui ne vont pas tarder à être rentrées
dans la serre, la véranda, ou plus modestement, dans une pièce claire et
faiblement chauffée. Il vaut mieux faire cela au grand air qu'à l'intérieur
: un produit de traitement total pour les rosiers est parfait pour cet
usage.

Seules les cochenilles lui résistent : pour elles, on prendra un
produit spécial. Deux pulvérisations à une semaine de distance diminueront
les risques de rentrer des plantes malades ou envahies d'oeufs d'insectes.

Alain Lompech

Le Monde du vendredi 10 octobre 2008 06:56

 

 

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