A Thiers

Le marteau-pilon du pont de Seychal s'est tu,
Montmillant dans l'impasse

Marquée " depuis toujours " par le rythme du marteau-pilon, l'impasse Montmillant est plongée dans le silence depuis la fermeture de la forge Anoflex, au tout début de l'année.

 

Le marteau-pilon du pont de Seychal s'est tu complètement il y a quelques semaines avec la fermeture de l'entreprise Anoflex, qui avait pris la suite des forges Delaire il y a un quart de siècle. Mais les visiteurs du Musée de la Coutellerie peuvent encore l'entendre frapper dans une vidéo sur la coutellerie.
Désormais plongée dans le silence, l'impasse Montmillant, qui mène à l'usine et
nulle part ailleurs, tourne une grande page de son histoire. Longeant la rive droite de la Durolle à partir du pont de Seychal, au bas de la rue Durolle, elle était le chemin des ouvriers de la forge dans ce quartier historiquement industriel où se concentrèrent d'abord les tanneries puis les papeteries.
C'est justement dans une ancienne tannerie que le coutelier Delaire ouvrit, vers 1830, la forge dans laquelle il mit au point, en 1888, le procédé de forge par estampage pour la fabrication des lames de couteau. Spécialisées dans le coupe-volaille et le sécateur, les Forges et manufactures de Coutellerie J. Delaire et fils ont été une des grosses entre
prises de la ville. Elle était connue pour ses marques de couteau : fleur de lys couronnée. et ID couronnée. Un entéte de papier à lettre de 1912 conservé au Musée de la Coutellerie et reproduit dans l'ouvrage "Thiers, une exception industrielle" (publié en 2004 dans la collection, "Images du Patrimoine") indigue que cette coutellerie aurait été fondée par Michel Rigaudias en 1664.

Au fil des années, transmise de
père en fils pendant quatre générations, "l'usine hydraulique et à vapeur de Montmillant" s'est centrée sur l'activité de forge, et Georges Delaire, en 1980, a vendu l'entreprise au groupe lyonnais Anoflex, qui souhaitait intégrer une forge à sa holding pour assurer ses propres fabrications de raccords de pression pour l'automobile.
Les plus anciens habitants de la rue, qui ont été pendant plusieurs dizaines d'années les concierges de l'usine, égrènent avec nostalgie les souvenirs de l'époque où le quartier du pont de Seychal fourmillait de gamins et d'allées et venues des ouvriers qui allaient chez Delaire ou bien à la Société Générale qui étaient les plus grosses entreprises de la ville, avec des centaines d'ouvriers chacune".

Court balconnet sur la rivière, à laquelle on descend par d'étroits escaliers, l'impasse ne compte plus maintenant que trois maisons habitées, et semble tourner les dernières pages d'un important volume de l'histoire industrielle thiernoise. Sans grand changement au cours des ans, cette impasse très calme au pied du coteau bien exposé de Montmillant qui remonte jusqu'à l'avenue Pierre-Guérin, comptait autrefois une boucherie, dont la démolition a dégagé la place d'un petit parking.

Journal "La Montagne"
février 2005.

 

 

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