LIVRE DE JEAN ANGLADE

LES VENTRES JAUNES

Extrait que je porte à votre connaissance avec la bienveillante autorisation de l'Auteur.

Avant-propos : Etrange population établie sur les rives escarpées d'un torrent auvergnat : les couteliers de thiers.

Couchés côte à côte au-dessus de leurs meules, les émouleurs reçoivent douze heures par jour les projections de grès et de limaille qui font d'eux des ventres jaunes.

On pourrait en fin de journée, les gratter comme des carottes. Mais dans leur atelier insalubre, obscur, infect, chaque équipe forme une communauté libertaire qui règle son temps et son travail comme il lui plaît, se fiche des lois, de la République et des partis, se console de sa crasse et de ses infirmités en buvant des chopines, en jouant du pipeau, en élevant de chardonnerets.

Sur ce fond truculent se déroule la saga des Pitelets, ses drames, ses idylles, ses moqueries, ses tendresses, ses ascensions. Mais aussi la saga d'une ville sans pareille par son corps et son esprit, sa mentalité "punk" avant la lettre, sa ferme volonté de rire de tout, du bonheur et du malheur, de Dieu, du diable et de la bête pharamone. Comme nous allons le voir dans l'extrait que voici :

 

1885

 

Jacques Pitelet, dit Pitelet l'Artiste, entra dans sa vingtième année. C'était un garçon timide, quelque peu ratatiné de corps et de caractère, merveilleusement habile de ses doigts dans les travaux les plus divers. Chez Barrier III, on recourait à lui pour réparer les pannes des turbines, les avaries des transmissions, surveiller l'installation des machines nouvelles. Rue des Barres, il avait transformé le galetas en atelier où il construisait des engins surprenants. Un battoir hydraulique fonctionnant sur le principe du martinet, afin de soulager sa mère dans son travail de lessiveuse. Un masque-filtre qui devait permettre à son père et à tous les Ventres Jaunes de rufer leurs meules sans avaler la poussière de grès, et avec elle une mort prématurée.

« Tout irait bien, disaient des émouleurs sur la cinquantaine lorsqu'ils grimpaient en suffoquant les rues thiernoises, tout irait bien si le soufflet fonctionnait mieux. »

Le soufflet : les poumons. Un effet de la silicose. Tchoucossa n'en était pas encore incommodé, et Jacques rêvait de le prémunir. Mais le vieux protestait en riant, tu me vois travaillant avec un masque sur la figure comme un carnaval ?

L'Artiste cherchait aussi le moyen de récupérer la moulée pour fabriquer des meules artificielles qui eussent allié les vertus du métal et celles de la pierre, le problème était de trouver un ciment capable d'assurer ce mariage de raison.

Comme lui, les couteliers avaient une activité accessoire qu'ils exerçaient le dimanche, le lundi ou les soirs des longs jours. Beaucoup cultivaient un jardin plein de carottes - qu'ils appelaient pastonades- de choux, de poireaux, de laitues. Ces légumes atteignaient des dimensions fabuleuses grâce à un engrais mirifique, sous-produit des usines où l'on taillait les côtes et les manches. L'os et la corne arrivaient de pays lointains, Argentine, Australie, Laponie. Mais les gens de SaintRémy, à trois lieues de là, étaient accusés par les chansons de se ravitailler au cimetière sans payement

Lou Sanromiou, cou lamparou,

Co i de gran voleu de marco...

Lou où de lou mouô

Lhi fason pa to (1).

Les Saintrémois, ces grands gosiers,/Sont des canailles patentées... /Les os de leurs morts/Ne leur font pas tort.

Quelle qu'en fût l'origine, les scies découpaient donc cornes et tibias aux dimensions convenables, produisant une quantité de fine poussière dont une part s'en allait, selon l'habitude du pays, tapisser les alvéoles pulmonaires des travailleurs; le reste était vendu aux jardiniers. Un peu de cette poudre de perlimpinpin suffisait à assurer des récoltes miraculeuses.

Beaucoup de couteliers donnaient aussi leurs soins à un lopin de vigne, avec quelques pêchers, quelques pruniers, des fraises, des noisettes. Ils y construisaient une cabane de planches afin de remiser leurs outils, mais elle abritait souvent une table et des tabourets, le dimanche ils y venaient faire quatre heures, savourer le pain bis, le saucisson, l'andouille froide, cette vigne était leur villégiature.

Ceux qui préféraient une occupation artistique se consacraient au flageolet ou à l'élevage des oiseaux chanteurs. Ils disposaient des gluaux sur les arbres fréquentés par les chardonnerets à la saison des amours, il y fallait de longues patiences nocturnes, beaucoup de ruse et d'adresse, et aussi l'aide inconsciemment perfide de leurs prisonniers déjà en cage qu'ils faisaient chanter au moyen de certains titillements, pour attirer leurs collègues. Mais ensuite, les captifs faisaient totalement partie de la famille du coutelier, il avait pour eux les plus tendres sollicitudes, veillait lui-même à leur alimentation, à leurs commodités, à leur moral. S'il lui arrivait de déléguer ses pouvoirs à l'un de ses enfants, c'était après un examen sévère : il choisissait le plus habile et décrétait enfin, solennellement, comme s'il l'armait chevalier :

« Co i te que sugnorà le chardë !... C'est toi qui veilleras sur le chardonneret! »

Quand la famille en question se permettait quelques heures de promenade, de visite à la vigne ou au jardin, le chardonneret n'était point laissé de côté : on emportait sa cage, il participait à la réjouissance.

Il participait aussi bien à l'ouvrage, du moins dans les ateliers indépendants. Chez la veuve Jarsaillon, Desgouttes, dit Mange-Fourme, apportait Clovis et son Opéra, et beaucoup d'ouvriers faisaient de même. L'oiseau s'habituait au vacarme, à l'odeur, à l'air rare, après quelques jours d'adaptation il se mettait à chanter comme un vrai Ventre Jaune. Tout ce qu'il demandait était une attention occasionnelle, un mot aimable, une queue de chenevis. Mange-Fourme mâchouillait personnellement les graines de son pensionnaire, puis il s'approchait de la cage, collait aux barreaux ses lèvres tendues, chargées de provende, et Clovis, tout rengorgé de plaisir, venait y prendre la becquée, on eût dit le baiser de deux amoureux.

Le premier lundi de mai avait lieu le grand championnat de Pierre-Plate. Les chardonnerets montaient de partout au sommet de la ville, se rassemblaient sur le terrain d'un jeu de quilles, gazouillaient à vous assourdir. Les paysans accouraient des villages. On désignait un jury de personnes connaisseuses et impartiales. Il allait de cage en cage - chacune marquée d'un numéro - écoutait les musiciens, leur attribuait une note. Parfois, il arrivait qu'un oiseau refusât de chanter, malgré les cajoleries.

« Ça ne fait rien, disaient les juges. Tornoren quand o chirô mey tchounà. Nous repasserons quand il sera mieux disposé. »

Mey tchounà. Il est typique de cette région que le langage populaire donne pour résidence à l'humeur des gens, non point la tête ni le cœur, mais le siège. Ainsi, dès le matin, la femme reconnaît si son mari est bien tchounà ou mo tchounà, bien ou mal luné. Les Thiernois se méfient des gens de tête.

On sélectionnait donc les meilleurs ténors, il y avait parfois de furieuses protestations chez les propriétaires éliminés, voire des empoignades, il fallait calmer les échauffés, revenir sur certaines décisions, en appeler à des arbitres. Laborieusement, tout rentrait dans l'ordre. On entendait de nouveau les finalistes, on proclamait un vainqueur « champion d'Auvergne ». D'Auvergne. Son maître n'avait qu'une vague idée de l'Auvergne, de son étendue, de ses limites, de sa variété. Il savait néanmoins qu'il la portait dans le sang, qu'il en parlait la langue, en usitait le vêtement, les coutumes, les souvenirs. Pour lui et ses pareils, l'Auvergne était seulement ce qui leur entrait dans 1'œil et dans l'oreille, cette montagne abracadabrante sur laquelle des faiseurs de couteaux parlaient de s'étriper pour une chanson de chardonneret.

Ensuite, venait le commerce : les offres pleuvaient sur la tête du nouveau champion, il n'était pas question de l'acheter pour de l'argent, mais on proposait des trocs

« Je t'en donne un jambon!... Une dinde!... Une paire de souliers neufs!... Un fourneau!... »

Mange-Fourme racontait qu'un paysan de Granetias lui avait offert, en échange de Clovis, l'année où il reçut sa médaille, un cochon de quatre cents livres!

« J'ai refusé, disait-il modestement. Clovis n'a pas de prix.

- Tout de même! faisait Bitton. La viande en a ! Quatre cents livres!

- Il y a viande et viande.

- Moi, dit le vieil Issard, j'en ai eu un jour cent soixante livres pour vingt-huit sous.

- Cent soixante livres de viande ?

- Et de la bonne! De la fine! Du moins, elle l'était à ce moment-là. Depuis, elle s'est passablement gâtée.

- De quelle viande parlez-vous ?

- Quand je me suis marié, j'ai payé vingt-huit sous pour la déclaration en mairie. Et ma femme pesait quatre-vingts kilos : faites le compte! »

Voilà. Femme, chardonneret, cochon : dans les rouets de la Durolle, on ne craignait pas ce genre de pâté.

 

La place de la Mairie était l'agora, là se donnaient rendez-vous les ouvre-bec, les oisifs du lundi, les enfants du jeudi, les marchands d'oublies et de coco, mais aussi tous les emplènes de la ville, les bons à rien, les éternels indigents, mangeurs de pain gagné, fatigués de naissance, qui n'avaient pas d'autre mouvement que de viré lo couo do pouô, de tourner la queue du cochon, c'est-à-dire de se rouler les pouces. Là couraient les nouvelles graves ou futiles, les médisances, les cancans; là se publiaient les intrigues, les coquineries, les infamies, à l'ombre des marronniers et à la fraîcheur de la fontaine. Le maître des débats était un nommé Pausin, mi-jongleur, mi-troubadour. Un petit homme barbu jusqu'aux yeux, coiffé d'un chapeau de très haute forme, avec des poches innombrables répandues sur toute sa personne, il en tirait des provisions de bouche, des flacons, des papiers, des livres. Malgré les apparences, c'était une personne instruite, il composait à la demande des chansons et des pasquinades rétribuées, en français ou en patois, sur des airs connus, laissant à ses commanditaires le soin d'en faire ensuite tel usage qu'il leur plaisait. Une autre de ses spécialités consistait à interpeller le joli monde de passage, à le surprendre par des exclamations incongrues, à jouir ensuite de sa surprise ou de son scandale. Ainsi, quand une belle dame traversait la place :

« Oh! Ma dent! Ma dent!» s'écriait-il.

Elle comprenait Madame, se retournait avec surprise, tandis qu'il répétait, se tenant la mâchoire « Ma dent! Ma dent! » Et les emplènes de rire! Ils riaient de peu de chose. Pausin avait ainsi des appels à double sens, des mimiques irrévérencieuses destinés aux ecclésiastiques, aux bourgeois, aux militaires. Mais eux, après avoir compris la farce, reprenaient leur chemin en haussant les épaules, ce qui venait de Pausin ne pouvait offenser : un paillasse, un vagabond, le prince des emplènes. Après tout, nul n'obligeait les honnêtes gens à se fourvoyer dans cette place tenue par tous comme son domaine, puisqu'on l'appelait communément le café Pausin.

En cette fin de siècle, la matière ne manque point aux commentateurs de l'agora, les moeurs auvergnates gardent quelque chose de la sauvagerie primitive, il n'est guère de semaine qui n'apporte la nouvelle d'un crime, d'un viol ou d'un suicide commis dans la région. A Dégoulat, un beau-père et son gendre en viennent aux mains après boire : il reste un mort sur le plancher. Au Moutier, un mari jaloux poignarde sa femme, qui s'enfuit, tombe dans la rue, à peine a le temps de gémir :

« Il m'a saignée!... »

A Maringues, afin de profiter de la loi militaire qui permet à certains jeunes gens de ne passer qu'un an sous les drapeaux au lieu de trois, un fils aîné assassine son père et devient de la sorte soutien de famille. Les filles séduites et abandonnées jettent un bol de vitriol au visage de leur suborneur. Quelques chômeurs à bout de ressources choisissent de mettre fin à leur misère par la corde ou le brasero. Mais peu de nouvelles atteignent l'horreur de celle qu'apporta le mois de mai 1885.

Près du pont de Seychal vivait la famille Mercier, lui façonneur de manches, elle monteuse de couteaux, avec leurs quatre enfants. Ils en élevaient trois de manière normale, mais martyrisaient le plus jeune, âgé de six ans, dont Mercier ne reconnaissait point la paternité. La mère, consciente peut-être de sa faute ou terrorisée, laissait faire, ne craignant pas d'ajouter quelques calottes aux coups qui pleuvaient sur le pauvre Camille afin d'obtenir par ces pénitences le pardon de son mari. Les voisins entendaient les cris de l'enfant, protestaient auprès du façonneur qui répondait .

« Balayez donc devant votre porte! Si je corrige mon fils, c'est pour son bien! »

La correction fut un jour si rude que le petit Camille en mourut. L'indignation secoua la ville : tuer son fiancé, son beau-père, son père, son patron, se tuer soimême, passe encore, chaque Thiernois s'en sentait capable, les circonstances aidant, pour rire ou pour sérieux; mais tuer une innocente créature qui n'avait commis d'autre crime que de naître était faute inexpiable.

Les époux Mercier devaient passer en jugement le 10 juin. Ce jour-là, les rouets s'arrêtèrent, les couteliers désiraient assister à l'audience, et, si le tribunal ne pouvait les contenir tous, ils se presseraient sur le. parcours des criminels afin de clamer leur mépris. Quand les époux Mercier arrivèrent par le trou de Mme Hormey, ils se trouvèrent face à une meute hurlante et reculèrent de terreur. Hortense Pitelet, tardivement venue, se tenait au milieu des autres sur la place de l'ancien cimetière, au bras de Maurice. Autour d'eux, la foule vociférait, ne pouvant s'empêcher de rire dans son courroux, car c'est un autre trait thiernois que de rire en toute occasion, en maudissant, en souffrant, en poussant le dernier soupir :

« Oh! la genta gogna ! Ipoutchinga lou ! Fasa nen de burico !... Oh! les jolies trognes! Ecrabouillez-les ! Faites-en du babeurre! »

Les gendarmes, péniblement, durent s'ouvrir un couloir, protéger les assassins, leur faire gravir l'escalier jusqu'au premier étage, les introduire dans la salle archicomble. Accusés seulement de « coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner », ils comparaissaient devant le tribunal correctionnel, échappant aux Assises. De nombreux assistants connaissaient bien ces lieux où ils avaient comparu pour délit de pêche, de chasse, de vendanges, tapage nocturne, outrage à agent de la force publique, violences, maraudage et autres bagatelles. Ils violaient des lois inventées par les gros pour se protéger des petits qui avaient le nombre, mais non point le savoir. Le visage du président Calmier encadré de rouflaquettes étroites, pareilles à des pattes de lapin, leur était familier, de même que ses sentences :

« Huit jours de prison. Dix francs d'amende. Affaire suivante. »

Ils se sentaient donc mal à l'aise devant l'appareil judiciaire et eussent de loin préféré rendre eux-mêmes leur justice expéditive : le babeurre.

Calmier agita cependant sa sonnette, obtint non sans peine quelque silence, et l'interrogatoire commença. La femme Mercier, en bonnet blanc, pleurait dans son mouchoir à carreaux, tandis que l'homme dressait crânement la tête et regardait la foule d'un air de défi.

Noms, prénoms, dates de naissance, domicile, professions.

On en est à ces détails quand se produit la fin du monde. La fin du monde. Un craquement inoui, des bramées, un nuage de poussière, Feu de Dieu, la charpente du ciel nous est tombée sur la tête, ô Bouno Vierjo, et je suis en état de péché mortel, périr par la faute de ces deux fidegarces. Le monde n'en finit pas de s'écrouler, pourtant le tribunal et son plancher demeurent suspendus, mais la muraille du fond s'est évaporée. Hurlements infinis, au secours, aidez-moi, maman, maman, salauds de Mercier, si j'en réchappe je promets de, ayayaye, que personne ne bouge, restez à vos places, pourquoi suis-je venu, Jeanne je t'aime, ma dernière pensée aura été pour toi, ayayaye, quel désastre, qui m'eût dit ce matin que je devais mourir aujourd'hui, c'est nous qui allons être réduits en babeurre.

Surchargé par l'affluence, l'escalier vient de s'effondrer. A sa place, un vide énorme, au fond duquel grouillent les vivants et les morts, un horrible mélange de gravats, de poutres rompues, de lourdes dalles en pierre de Volvic. Les badauds qui se pressaient sur la place accourent, saisissent des bras et des jambes à travers le brouillard, étendent les blessés et les cadavres sur la terre nue, oh bonnegent, oh bonnegent ! Mais, profitant de la confusion, le sieur Mercier échappe à ses gardes, court vers l'emplacement de l'ancienne cloison, se laisse tomber sur les victimes pantelantes.

« Arrêtez-le! Arrêtez-le! C'est Mercier qui se sauve! » crient ceux d'en haut sans oser bouger.

Les sauveteurs d'en bas le reconnaissent, l'empoignent, le cabossent, le maudissent. D'autres courent chercher des échelles, on fait descendre les gendarmes par une fenêtre, on leur remet l'assassin avec les recommandations qui conviennent, il saigne du nez et des oreilles.

Bilan : trente morts et cent vingt blessés. Le plus grand malheur qui eût frappé la ville depuis la peste des rizières en 1741.

Vinrent ensuite les funérailles. Grandioses. Fleuries. Préfectorales. Les survivants se frappaient la poitrine les Mercier ne sont pas les seuls coupables; le président Calmier, d'accord; les gendarmes, d'accord; mais nous aussi, les centaines d'ouvre-bec qui voulions entrer dans ce tribunal comme dans un théâtre. Il y a des curiosités qui déshonorent l'homme. Et spécialement le coutelier. Le Ventre Jaune. Ça nous apprendra à venir salir nos semelles sur le parquet des procureurs.

L'année 1885, il n'y eut pas de 14 Juillet.

Quant à l'affreux Mercier, il eût fallu le guillotiner trente et une fois, ce n'était pas tout à fait impossible, en commençant par les pieds, en le débitant en rondelles. Néanmoins, chacun préféra le chasser de son souvenir. Mercier est un patronyme répandu, quatre ou cinq autres Mercier habitaient la cité coutelière; quoique sans lien de parenté avec le criminel, ils demandèrent à changer de nom.

 

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